Les Canadiens travaillent pour vivre, et non pour payer des impôts

Comment relancer l’économie et aussi augmenter les recettes fiscales sans alourdir le fardeau de la classe moyenne québécoise ?

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Les Canadiens travaillent pour vivre, et non pour payer des impôts

Publié le 30 août 2020
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Par Gaël Campan.
Un article de l’Institut Economique de Montréal

Un dessin vaut souvent mieux qu’un long discours. La légende veut que l’économiste Arthur Laffer ait dessiné sa fameuse courbe éponyme sur la nappe d’un restaurant.

L’idée derrière cette courbe parabolique est qu’il existe un seuil optimal au-delà duquel l’augmentation des taux marginaux d’imposition réduit les recettes fiscales au lieu de les augmenter.

Bien que le concept lui-même soit largement accepté – une petite part d’un grand gâteau est plus copieuse qu’une grande part d’un petit gâteau – la question empirique de sa forme exacte et du seuil optimal dans un pays donné et à un moment donné pose débat.

Une étude récente du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal a mesuré l’effet des augmentations successives du taux marginal d’imposition de +3,63 % en 2013 et de +6,68 % en 2016 sur les Québécois à plus hauts revenus. Ainsi, le taux marginal pour les revenus plus élevés est passé de 48,22 % à 53,3 % !

Le résultat de la réforme provinciale de 2013 fut une baisse d’activité qui s’est traduit par une baisse de l’assiette fiscale de 1,19 milliard de dollars et par une baisse des recettes fiscales de 339 millions. Le résultat de la réforme fédérale de 2016 fut une baisse encore plus significative de l’assiette fiscale (2,7 milliards) et des recettes (1,17 milliard) du Québec.

Il semble clair qu’à 48,22 % en 2013, le Québec avait déjà atteint ou dépassé le seuil optimal d’imposition des Québécois à hauts revenus.

Comment alors relancer l’économie et aussi augmenter les recettes fiscales dans notre situation déficitaire sans pour autant alourdir injustement le fardeau de la classe moyenne québécoise ?

La recette est aussi dans la courbe de Laffer : une baisse des taux d’imposition sur les revenus permettrait à la fois une relance rapide de la croissance économique et une augmentation à terme des recettes fiscales.

La Nouvelle Zélande a réussi ce tour de force en 1987 en réduisant significativement l’impôt sur le revenu et en élargissant la base des impôts de consommation.

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  • Le concept de la courbe de Laffer est non seulement accepté mais démontrable, à partir de 3 valeurs du niveau d’imposition (0% donne 0, 100% donne 0, et n’importe quelle autre valeur intermédiaire donne quelque chose).

    • Il faut aussi tenir compte du délai de réaction aux variations des taux de confiscation.
      A droite de l’optimum de Laffer, l’augmentation du taux entraîne une augmentation immédiate de la recette fiscale avant de diminuer la masse imposable et la recette ultérieure (le gouffre français).
      Inversement, la diminution du taux se traduit par une immédiate baisse de recettes, source de frustrations et désordres sociaux, suivie d’un probable mais hypothétique gain de prospérité pour tous à terme.
      Par définition le politicien raisonne à court terme et n’a nulle envie de prendre les décisions salutaires incomprises qui lui coûteraient sa place au profit de ses adversaires qui ramasseraient les bénéficies de sa clairvoyance.
      On ne devrait donner le pouvoir qu’aux têtes bien faites qui n’en veulent pas.

      • Eh oui. Nos rois plantaient des forêts en prévision des besoins en mâts de navire dans 80 ans. Nos élus anticipent au mieux à 2-3 ans, et d’abord pour leur réélection… C’est la démocratie !

  • et en outre…un gouvernement n’a pas besoin de revenus les plus hauts possibles, tant que ses mission régaliennes sont assurées..

  • ben en France c’est le contraire : on travaille pour payer des impôts , des taxes , des amendes , des charges….bon j’arrête la liste est trop longue ….

    • Et beaucoup ne travaillent plus pour vivre de subventions, allocations et aides diverses! C’est bien connu, le côté obscur attire toujours comme la lumière attire les papillons vers le piège!

    • on travaille surtout pour payer grassement des incompétents notoires qui en plus nous pourrissent la vie et nous volent au quotidien, et le pire c’est que y’en a qui votent pour ça ..

  • “De nos jours, le plus grand problème du mariage est de subvenir, avec un seul salaire, aux besoins de sa femme et à ceux de l’Etat.”
    Mark Twain

  • La TVA à porter de 20 à 22 % et baisser simultanément les impôts sur le revenu et ceux des entreprises. L’ISF (IFI) sur l’immobilier coté ou pas peut être maintenu. La majorité des français pensent que cet impôt a disparu.

  • Le Canada n’est pas confit comme nous dans le socialisme collectiviste égalitariste ni dans l’assistanat érigé en mode de vie que nous subissons;Il n’est pas non plus administré par une armée mexicaine de fonctionnaires.Ceci explique cela.

    • Le Québec l’est, comme tout pays peuplé par des français, voir la Belgique francophone!

    • Le Quebec est le destin ultime de la France:

      Routes defoncees, bureaucratie debordante, sevices publics risibles, systeme de sante en faillite (voir le score record du quebec pendant la crise du covid) economie en faillite hormis certains secteurs dont la legalite est assez limite, genre pizzerias. Encouragement a la fuite des Anglophones et au depart des entrepreneurs, la mediocrite entre soi mais en Francais. lol

      Justin Trudeau (de Montreal) veux transforme le reste du Canada Anglophone en poubelle similaire.

      Avec subventions pour les copains (surtout pas qui que ce soit a l’ouest de Gatineau) si il n’y a pas d’elections le Canada est foutu

  • Décidément, tous les pays francophones sont socialo/communiste.

  • J’aime bien le concept d’optimalité: le parasite vous sucera le sang en ne se limitant que pour vous laisser tout juste en vie.
    Pour moi la region gauche de la courbe est la plus intéressante : quelle est sa dérivée en 0?

  • Tiens, c’est aussi dans un pub de Cambridge, The Eagle, que l’ADN a été découvert.

  • Les commentaires sont fermés.

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