Allocation de rentrée scolaire : vraiment une prime à la consommation ?

Le gouvernement a annoncé la revalorisation du montant de l’allocation de rentrée scolaire. Cette augmentation est-elle une aide à la consommation post-déconfinement ?

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Allocation de rentrée scolaire : vraiment une prime à la consommation ?

Publié le 25 juillet 2020
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Par Nathalie Janson.

Le gouvernement a annoncé la revalorisation de 100 euros du montant de l’allocation de rentrée scolaire.

À l’heure de la reprise de l’activité économique, cette mesure vise essentiellement à encourager la consommation en ciblant les foyers les plus défavorisés – la population des Gilets jaunes – en répondant à la revendication sur les difficultés de boucler les fins de mois. Cette mesure revêt également un vernis égalitariste dans la mesure où les enfants devraient avoir le même accès aux fournitures scolaires, principe bien ancré dans l’esprit d’une école républicaine.

Néanmoins, compte tenu de son mode d’attribution, il est opportun de se demander si son augmentation n’est pas un simple coup de pouce à la consommation dans cet environnement post-déconfinement.

Allocation de rentrée scolaire : un peu d’histoire

L’allocation de rentrée scolaire a été créée par la loi de finance de 1974 avec comme objectif premier de permettre aux familles défavorisées le financement des dépenses imposées – dépenses contraintes –  par la rentrée scolaire. Elle est administrée par la Caisse d’allocations familiales et conditionnée aux ressources du foyer.

Aujourd’hui, elle concerne les enfants scolarisés âgés de 6 à 18 ans. Les montants revalorisés sont les suivants pour 2020 :

  • pour un enfant âgé de 6 à 10 ans : 469,95 euros
  • pour un enfant âgé de 11 à 14 ans : 490,35 euros
  • pour un enfant âgé de 15 à 18 ans : 503,88 euros

Sa perception est conditionnée aux ressources 2018 du foyer de la manière suivante :

  • un enfant à charge : 25 093 euros
  • deux enfants à charge : 30 883 euros
  • trois enfants à charge : 36 675 euros
  • par enfant supplémentaire à charge : 5791 euros

Le versement de l’allocation de rentrée scolaire par la Caisse d’allocations familiales est automatique pour toutes les familles allocataires ayant à charge des enfants âgés de 6 à 15 ans. Pour les enfants âgés de 15 à 18 ans, une simple déclaration sur l’honneur attestant la scolarisation de l’enfant suffit à son paiement.

L’allocation de rentrée scolaire concerne environ trois millions de foyers (chiffres 2018) et représente une dépense d’environ deux milliards d’euros (chiffres 2018). Elle fait partie des prestations familiales dont le montant global s’élevait en 2018 à 55 milliards d’euros sur un budget total de prestations sociales (retraites, famille et chômage) totalisant 741 milliards (chiffres 2018).

Ces montants seront en augmentation en 2020 étant donné la hausse du chômage et la dégradation des conditions économiques.

Augmentation de l’allocation : une prime à la consommation déguisée ?

Si l’intention d’origine était d’assurer un égal accès aux fournitures scolaires pour ne pas pénaliser les enfants issus de familles défavorisées, il n’est pas certain que l’objectif soit atteint aujourd’hui.

En effet, selon l’enquête annuelle de Familles de France, le coût de la rentrée scolaire en 2019 pour un enfant entrant en classe de 6ème était estimé à environ 195 euros et donc bien au-dessous du montant de l’allocation de rentrée scolaire.

En outre, certaines fournitures scolaires sont fournies par l’école publique lors de la rentrée ; les livres scolaires notamment sont pris en charge par les communes pour l’école primaire et par les départements pour les collèges.

Certains arguent que cette allocation permet d’inscrire les enfants à des activités péri-scolaires, sportives ou culturelles ; mais là encore des aides sont versées par la Caisse d’allocations familiales et/ou les services sociaux municipaux.

Il est clair qu’aujourd’hui le but premier de l’allocation de rentrée scolaire – égalité des enfants dans l’accès à l’école – est dévoyé et que l’augmentation de cette prime ressemble davantage à la prime de Noël versée en décembre 2019 lors du mouvement des Gilets jaunes pour calmer les revendications, lesquelles peuvent repartir comme une trainée de poudre compte tenu de l’environnement économique post-Covid dégradé.

Ce coup de pouce s’inscrit dans l’esprit de relance à la mode keynésienne où il importe de favoriser les foyers modestes dont la propension à consommer est la plus élevée afin de maximiser l’effet multiplicateur de la dépense publique.

En les ciblant, on réduit la probabilité que cette revalorisation de 100 euros ne finisse sur un livret A dont la collecte bat des records depuis le confinement : plus de 5 milliards en avril et 4 milliards en mai 2020.

Étant donné qu’il n’existe aucun contrôle sur la manière dont les foyers bénéficiaires dépensent cette somme et compte tenu du niveau des montants revalorisés, il est probable que cette allocation finisse en dépenses de consommation non afférentes à la rentrée scolaire.

Si son objectif était réellement l’égalité des enfants devant l’accès à l’école, alors il serait plus judicieux de verser l’allocation sous forme de bons d’achat exclusivement réservés aux dépenses scolaires. À ce propos, une proposition de loi a été déposée en février 2020 afin d’encadrer l’utilisation de cette allocation.

Il est regrettable qu’une initiative aussi louable que l’égalité d’accès à l’école finisse comme une prime à la consommation déguisée ! Ce dévoiement illustre le manque de conviction des gouvernements successifs dans la définition des objectifs de la dépense publique.

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  • versement des allocations de rentrée scolaires…..une très bonne période pour les magasins high tech…..curieux non ?…..

  • Tout ceci relève du plus profond mépris pour les petites gens.

      • non mais qu’est ce qui est dit ici qui relève du mépris pour les « petites gens », dont je fais partie d’ailleurs!! oser discuter du bien fondé du fait de prendre à une personne plus riche pour donner à une personne plus pauvre??

        si c’est ça le mépris…

        • Puls riche, pas forcément. ET c’est un problème.

        • Le mépris relève de la manière dont le gouvernement traite les problèmes. Parce que c’ est donné avec condescendance et calcul politicien à la petite semaine, sans envergure, sans réel soucis d’ apporter les solutions que tout le monde connait ici sur ces pages, c’ est du socialisme de bas étage ( forcément). Et je suis triste de ne pas voir une majorité de gens cracher sur ces 100 euros, bien au contraire, ils trouveront que ce n’ est pas encore assez. Ce pays est en déliquescence.

    • Mépris pour ceux qui n’ont pas d’enfant et que l’on force à payer, peu importe leurs revenus et leur patrimoine.

  • Demander à des socialistes d’être intelligents et de prévoir les conséquences de leurs redistributions aveugles (et électoralistes) est un vœu pieux…

  • Quand on a des enfants et que l’on a jamais eu droit à cette alllocation,mais qu’on a le privilège de la financer,je peux vous dire qu’une rentrée scolaire ne coûte pas ce prix là et sans priver les enfants pour autant!
    Ces bénéficiaires précaires qui ont tous le dernier smartphone en permanence collé à l’oreille et font la queue toute la nuit devant les magasins quand la dernière console de jeux est annoncée!Ceux-là même qui se sont plaint de ne pas pouvoir nourrir leurs enfants pendant le confinement….d’habitude c’est la cantine payée par les autres!

    • Vous avez oublié les scooters, pas les mobylettes et les solex.

    • PCC, tout à fait d’accord avec vous. Mais le bénéficiaires d’aujourd’hui considèrent que l’habillement des enfants (entre autres) fait partie des dépenses liées à la rentrée…Si leurs enfants n’allaient pas l’école, ils ne seraient pas obligés de les vêtir quand même ? La prime devrait être versée sous forme de bons d’achat pour des fournitures exclusivement scolaires

      • Bah malheureusement si…les vêtements rentre dans le calcul de la rentrée scolaire ainsi les activités extrascolaires renseignez vous car si ça n’était pas pris en compte on irait s’habiller à la croix rouge…
        Et je n’achète pas du Lacoste mais du Primark…

        • Justement, ça ne devrait pas.
          On en arrive à devoir indemniser des familles parce que les enfants n’ont pas mangé gratuitement à l’école pendant 2 mois. Comment font-elles l’été ?
          On va en arriver à devoir indemniser des familles pour leurs achats de masques.
          Il faut savoir s’arrêter aussi.
          Car ces mêmes familles ont aussi droit aux colis alimentaires, aux restos du cœur etc.
          Le problème, c’est l’excès.

        • écoutez..le simple fait de multiplier les aides pose problème..
          le SENTIMENT chez des gens qui ne reçoivent rien et ne roulent sur l’or de se faire avoir..
          en outre elles sont présentées comme des droits liés à la seule pauvreté SANS condition de comportement..

          ..on peut se sentir honteux mais on doit AUSSI se sentir redevable..

          imaginez que ce soit un voisin qui touché par votre sort vos donne de l’argent, il jugerait ce que vous en faites..
          et je suis désolé , c’est normal.

          chez l’être humain ce qui justifie la pitié et la charité ne peut pas être la seule pauvreté car celle ci peut trouver son origine dans un « vice »..

          quand ça devien tun droit l’effet est dévastateur.

  • Prime de rentrée démesurée, cantine payée, aides au logement, allocations familiales, HLM, taxe d’habitation supprimée, pas d’impôts, tarifs réduits partout, prime à venir pour l’achat de masques, tarifs sociaux pour l’énergie, etc etc
    Et ceux qui gagnent leur vie correctement (par leurs heures, leur implication, leurs efforts scolaires lorsqu’il le fallait) sont punis : non seulement ils n’ont plus les moyens de s’offrir des logements à la bonne surface selon la taille de leur famille (contrairement à celles en HLM) mais ils les paient quand même plus cher… ils n’ont plus les moyens pour l’école privée et subissent la mauvaise éducation des sauvageons à qui ils paient la cantine (et selon leurs exigences, plus de porc hein).
    Etc etc….

  • Je trouve tous ces commentaires vraiment irrespectueux et honteux de la part de personne qui apparemment n’ont pas la « chance » d’avoir la rentrée scolaire.

    Tout d’abord j’ai été dans la tranche modeste où je payais des impôts j’avais aucune aide et je ne plaignais pas car cela voulais dire que je gagnais suffisamment ma vie pour pouvoir payer les fournitures scolaires la cantine le sport pour l’année ainsi que des vêtements pour la rentrée…car oui pour information la rentrée scolaire ce n’est pas juste des fournitures à moins que vos enfants remettent des vêtements trop petits ou abîmés à la rentrée et ne font pas d’activités extras-scolaires ???
    Malheureusement la vie fait que parfois vous vous retrouvez seule avec 2 enfants à charges et pour couronner le tout vous perdez votre emploi…
    Donc pour ma part heureusement qu’il y a des aides pour pouvoir assumer mes 2 enfants sinon je n’aurai peut-être plus la garde du à un manque d’argent…
    Et croyez moi quand je vous dit que si vous faites le calcul sur les dépenses scolaires d’une années encore une fois pas uniquement les cahiers et les stylos vous ne dépensez pas 195 euros .
    J’en ai eu pour 400 pour mes 2 enfants juste pour le sport donc vous me faites tous rire avec vos critiques même si effectivement certains en profite ne mettez pas tout le monde dans le même panier mais malheureusement je crois que c’est typiquement français tout ça…
    Je vous souhaite à tous de ne pas être dans cette situation un jour car à ce moment-là vous allez sûrement être très heureux d’avoir ces aides et vous allez vous trouvez infiniment idiots ( pour rester polis)
    Allez je vous laisse avec votre bêtise humaine

    • Raté, j’ai connu cela, ou plus exactement ma mère, veuve a 30 ans avec 3 enfants. J’ai grandi en hlm, j’ai été boursière.
      Ce que je dénonce, ce ne sont pas les aides, c’est la montagne des aides qui entretient une certaine idée d’argent facile chez les bénéficiaires.
      Ma mère a été ouvrière puis sténo-dactylo, puis employée gagnant bien mieux sa vie. Mais est-ce une bonne idée de progresser de nous jours ?
      Et au final le système se mord la queue, la preuve, je le critique parce que maintenant que je gagne bien ma vie, je me rends compte qu’à la fin du mois il me reste autant (peut-être) moins que ceux qui bénéficient de la montagne d’aides. Donc le pas peut être vite franchi de se dire « à quoi bon » et se retrouver au final avec un pays constitués de plus de bénéficiaires d’aides que de pourvoyeurs de ces aides = pays pauvre (on y vient)

    • Tagada? Tagada tsoin tsoin 🙂

    • expliquez moi pourquoi je devrais payer des impôts pour que vous bénéficiez d’aides pour vos enfants? ais-je été consulté pour ça? non ais-je contribué pour quoique ce soit pour que vous décidiez d’avoir des enfants, que vous soyez seule? non alors pourquoi je devrais payer pour les autres ??? expliquez-moi cela svp

      • Le garagiste qui répare votre moto a quel âge ? Le laborantin qui vous fait la prise de sang ? Le technicien qui répare votre ascenseur ou le gars qui refait votre chaussée etc ? S’il n’y a plus d’enfants, tout le monde a votre âge…. et la société meurt avec vous. En attendant, quand vous aurez 70 ans, vous serez bien content que d’autres aient eu des enfants, non , car ce sont ces jeunes qui vont s’occuper de vous !
        Alors ok, on peut déplorer qu’il y ait trop d’aides, mais qu’il y en ait un peu, ça se justifie.

        • rien a voir avec les métiers ..le fait d’avoir des enfants est de la responsabilité d’un couple et personne ne décide a leur place, pourquoi alors d’autres personnes extérieures a cette prise de décision doivent subir des taxes pour qu’ils puissent élever leurs enfants?

  • et pourquoi je devrais payer pour celles et ceux qui font des gosses? c’est une décision du domaine privé et familial , pourquoi les autres devraient subvenir aux besoins des familles ?c’est surtout là la question…

    • Je pense que c’est une perpétuation des l’espèce lol. S’il n’y a pas d’enfants, qui s’occupera de vous, qui n’en avez pas eus, lorsque vous serez un vieux croûton ?
      Et puis, dans notre système joyeux de retraite par répartition, nous avons besoin des enfants (si tant est qu’on arrête de les dissuader de travailler).
      Enfin, je vous rassure, vous ne subvenez pas aux besoins « des » familles, juste à celles qui ont un revenu faible, pour les autres, vous ne payez rien, car leurs propres impôts paient largement le peu d’alloc qu’elles touchent. Il est même probable que ces familles normales (mais considérées comme aisées) paient beaucoup de services pour vous, médicaux par ex. Bien sûr je n’en sais rien, c’est un exemple. Mais les prestations sociales répondent à des généralités, pas à des « pourquoi moi je devrais…etc.. »

      • bah is justement, on accumule des taxes pour payer d’autres gens ou entreprises..mises bout a bout ça fait de sacrées sommes…les parents, la sncf, air france et bien d’autres , des choses qui ne me concernent pas parce que je ne les utilise pas mais que je paie au quotidien.

        • Oui je suis d’accord avec vous pour ce qui concerne les subventions aux entreprises

          • sans parler du fait que c’est une des primes familiales qui rend attractive la France pour de nombreux immigrés qui seront de parfaits patriotes bien intégrés …

  • Tout ceci d’autant plus que cet argent doit être prélevé sur le contribuable – par définition chez les plus productifs – et que, du coup, comme pour toute dépense marginale étatique, l’effet économique net d’un euro d’allocation de rentrée scolaire crée moins d’un euro de PIB additionnel. Barro et cie.

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