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The Crown : un antidote au socialisme

Publié le 5 mai 2020
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Par Jean-Baptiste Noé.

The Crown est l’une des séries de Netflix les plus réussies : décors, costumes, acteurs et fidélité à la réalité historique, c’est à la fois un beau divertissement et une plongée dans l’histoire du Royaume-Uni durant le long règne d’Élisabeth II. La troisième saison, diffusée à partir de novembre 2019, couvre la période 1964-1977, c’est-à-dire les années qui ont précédé l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher. Pour les amateurs français, ils peuvent ainsi découvrir ce qu’était l’Angleterre avant elle, et donc ce qu’elle a réellement apporté au pays.

Une figure repoussoir

Honnie en France, Margaret Thatcher est une figure repoussoir de tous les fantasmes anti-libéraux. Il est bien difficile de défendre son bilan et, du reste, on comprend mal comment avec un tel bilan supposé négatif elle a pu être le Premier ministre resté en poste le plus longtemps au cours du XXe siècle, soit 11 ans, quatre fois réélues et des conservateurs qui sont restés au gouvernement jusqu’en 1997 et la victoire de Tony Blair, soit une période de 18 ans. Les Français qui regarderont la saison 3 de The Crown auront un début d’explication. Au cours de ces années, nous voyons le Royaume-Uni sombrer dans l’abîme et la faillite de l’État-providence tel qu’il fut mis en place au sortir de la guerre. État-providence que les conservateurs n’ont pas supprimé à leur retour au pouvoir.

Cette période est marquée par le retour des travaillistes, en la personne d’Harold Wilson (1964-1970 ; 1972-1974). Celui-ci se fait élire sur une rhétorique socialiste classique qu’il met en œuvre une fois Premier ministre. Les déconvenues arrivent bien vite. Alors qu’il a promis de ne pas dévaluer la livre, il est contraint de le faire, sans remettre en cause sa politique. Le déficit extérieur explose, le chômage se développe, l’économie patine. Wilson subit les premières grèves de mineurs, qui refusent tout changement et toute modification de leur statut.

L’épisode 3 est consacré à la catastrophe d’Aberfan quand, en octobre 1966, un terril s’effondre engloutissant le village situé en contre-bas et notamment une école. Cette catastrophe tue 116 enfants et 28 adultes. Les problèmes économiques additionnés au manque d’avenir de la mine ravivent le nationalisme gallois et sa velléité de rompre avec le Royaume-Uni. Wilson perd les élections législatives de 1970, laissant la place au conservateur Edward Heath. Lui-même ne parvient pas à rompre la spirale déflationniste. Il provoque des élections anticipées en 1972, qu’il perd, ce qui permet à Wilson de revenir au gouvernement.

Un Royaume-Uni menacé

Ces années sont particulièrement difficiles pour le Royaume-Uni. Outre les problèmes économiques et sociaux, les grèves ne cessent de se multiplier et les syndicats bloquent toute réforme possible. Les nationalismes se réveillent. Au Pays de Galles d’une part, en Irlande du Nord d’autre part, avec le début des affrontements violents en Ulster. C’est le début d’une guerre civile qui dure une vingtaine d’années. Les problèmes économiques et la faiblesse de l’Angleterre exacerbent les tensions sociales et nationales et menacent l’intégrité du Royaume-Uni.

La série rend très bien compte de la montée des périls, du naufrage lent et régulier du pays et de l’incapacité des gouvernements, conservateurs comme travaillistes, à trouver une solution aux problèmes. Résultat : un complot se trame contre le gouvernement. Les cadres de la Banque d’Angleterre s’allient avec les hauts gradés de l’armée pour renverser le Parlement et porter Lord Mountbatten au pouvoir. Celui-ci renonce finalement à déstabiliser davantage son pays (épisode 5).

Les difficultés culminent dans l’épisode 9. La grève des mineurs conduit à des coupures d’électricité dans tout le pays. Lors d’une scène tragique, on voit les pages de Buckingham ressortir les bougeoirs et les bougies afin d’éclairer les pièces la nuit. En quelques décennies, le socialisme a ramené le pays au XIXe siècle : pénuries d’électricité, de nourriture, de travail, problèmes sociaux de plus en plus exacerbés, hyper-inflation, menace sur l’intégrité politique du royaume. Londres doit demander trois prêts successifs au FMI, comme un vulgaire pays du tiers-monde. Il est loin le temps de la splendeur de l’Empire. La saison s’arrête en 1977, c’est-à-dire avant l’Hiver du Mécontentement (1978-1979) qui a plongé le pays dans le chaos. En 1979, le Royaume-Uni est à genoux et menacé de disparition.

Cette trame historique et sociale permet de comprendre l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher en 1979, le sens des réformes qu’elle a menées, ses larges succès électoraux et la mémoire contrastée qu’elle suscite. Les socialistes et les syndicalistes lui reprochent d’avoir brisé leurs rêves ; les conservateurs lui sont reconnaissants d’avoir sauvé le pays.

The Crown rencontre un large écho auprès du public français. Si, grâce à cette saison 3, ils peuvent mieux comprendre la situation sociale du Royaume-Uni en 1979 et l’impasse où l’a conduit le socialisme, elle pourra peut-être avoir un effet bénéfique sur la politique française. La saison 4, consacrée aux années Thatcher, sera diffusée à l’automne 2020. Peut-être l’occasion de découvrir enfin qui fut réellement Margaret Thatcher.

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  • On ne souvient plus qu’il y avait des coupures d’électricité à Londres au milieu des années 70 et que le FMI y avait débarqué.
    Le socialisme ne dure que ce que dure l’argent des autres disait la Dame de Fer. 45 ans après, on n’a pas l’impression que les choses aient beaucoup changé…

  • Le Royaume-Uni d’après guerre a sombré parce qu’il y avait un consensus politique transpartisan, peu de concurrence intra et extra donc avec une offre politique limitée à la sphère social-démocrate. Ce qui les a réveillé c’est l’apparition d’offres politiques alternatives (libéraux par exemple) avec les problèmes sociaux économiques graves et la concurrence internationale plus forte.
    On retrouve cette pauvreté politique en France ou droite et gauche sont assez peu marqués, en perdant de leur représentation ces dernières années. L’offre alternative en revanche.. c’est pas encore ça !

  • Tres tres bonne serie , on comprend mieux l’éloignement volontaire de Megan et Harry quand on a vu la série.On comprend aussi la valeur de stabilité que la Reine incarne.Des voix en France , disent que c’est coûteux tout ce cirque royale…mais je crois que les pouvoirs exorbitants de notre président le sont beaucoup plus..

    • Il y a le fait, peut être inconscient, qu’au dessus du « Prime minister » il y a une autorité morale, que ce soit royauté ou dieu…

      Et cela n’est pas sans importance; chez nous, république laïque, il n’y a rien au dessus de Macron (du président en général), et s’il merde, que reste t’il ?
      Les étatistes prétendent qu’il rend compte au peuple, la bonne blague !

      Vous me direz qu’aujourd’hui , a moins d’un miracle dans tous les sens du terme, ni Dieu ni Roy n’interviennent; mais leur silence est rassurant.

      Un peu comme l’œil de Caïn, une conscience qui donne à nos dirigeants le sentiment que quelqu’un les observe…

    • Charles-Antoine S.
      5 mai 2020 at 20 h 12 min

      Le cirque royal anglais coûte bien moins que le cirque des énarques français…
      Chez nos voisins d’outre-manche, la reine règne mais ne gouverne pas. Et le premier ministre, qui détient la réalité du pouvoir exécutif, et néanmoins tempéré par la couronne. De ce fait, le système anglais jouit d’un équilibre dont nous somme dépourvus. Certes, leur monarchie n’est peut-être pas parfaite, mais je doute fortement que nous soyons en position de leur donner quelconque leçons en matière de gouvernance.

  • Sigisbert de Motafiume
    5 mai 2020 at 11 h 34 min

    J’ai regardé les 3 saisons et j’attends en effet la 4ème avec impatience. Je trouve que c’est une super occasion de se cultiver et d’apprendre beaucoup de choses sur nos voisins.
    Et on voit « en vrai » ce que donne un bon gros socialisme appliqué à la lettre. Si la France n’était pas « protégée » par l’Euro, je pense que l’on serait déjà dans la situation de l’Angleterre avec les grèves, la famine, etc…
    Je pense que Macron devrait regarder la série, ça lui ferait du bien… même si je ne me fais aucune illusion, puisque par définition un Enarque ne se remet jamais en question !

  • L’article oublie une chose, c’est que Harold Wilson est présenté sous un jour très sympathique, alors que Edward Heath est ridiculisé. Les réalisateurs de la série sont à l’évidence favorables aux travaillistes, un biais de gauche répandu sur les les médias et dans le cinéma anglais, notamment à la BBC.
    M’étonnerait que la suite soit favorable à Thatcher…

    • bien évidement…

    • Le point de vue est celui de la Reine decrit par les scénaristes.Cette série décrit les rapports en sein des pouvoirs.Helas pour vous ce n’est pas une série anti socialiste.
      Le procès d’intention que vous faites est infantile..

  • J’ai toujours pensé que la France ne pourrait commencer à se redresser que lorsqu’on aurait atteint niveau de l’Angleterre des années 70, et la tutelle du FMI. La crise actuelle ne fait que précipiter ce mouvement. Le privé étant quasiment à l’arrêt, il n’y a plus de rentrées d’argent « des autres »

  • Bof, en France la conclusion sera simple : les anglais n’ont pas été assez loin dans le socialisme (comme l’URSS ou la chine)

  • Vous êtes en Belgique Wallonne ou en Suisse Romande?

  • Les commentaires sont fermés.

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