Coronavirus : le spectre de l’Italie plane sur l’Amérique

Un navire hôpital servira à accueillir les patients souffrant d’autres pathologies que le coronavirus et qui se trouvent hospitalisés dans l’État de New York.

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USNS Comfort by Mobilus in Mobili(CC BY-SA 2.

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Coronavirus : le spectre de l’Italie plane sur l’Amérique

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 30 mars 2020
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Par Daniel Girard, depuis les États-Unis.

Pour éviter le scénario italien, l’Amérique doit redoubler d’ardeur dans le confinement et la fourniture de matériel aux hôpitaux pour freiner le COVID-19.

Pour l’Italie, c’est un cauchemar qui ne finit plus. Le pays vient de franchir la barre des 10 000 décès, ce qui en fait la nation où le coronavirus est le plus mortel.

Le gouvernement italien avait tenté de prendre les grands moyens, le 8 mars, en plaçant en confinement onze villes très infectées de la région de Lombardie. Mais, alertés par des fuites sur les réseaux sociaux, des milliers de résidents avaient quitté la région avant le confinement.

Infectés et se trouvant à l’extérieur du territoire où ils devaient rester, ces résidents sont devenus des vecteurs majeurs de propagation du COVID-19. La famille élargie étant à la base de la société italienne, il est probable que ces gens ont fui chez parents et amis sans aucune distanciation sociale.

Le manque absolu de distanciation sociale est d’ailleurs illustré par la frénésie de la foule lors d’un match de foot du 19 février entre Valence et Bergame qui serait à l’origine du pic de contagion dans cette région.

Ainsi après le départ vers d’autres cieux des résidents de Lombardie qui ne voulaient pas être confinés, des hordes de malades se sont rendus dans des hôpitaux mal équipés avec un personnel médical débordé. Ces citoyens ne se sont pas précipités vers leurs familles et amis la tête la première.

Le coronavirus est souvent asymptomatique. Bien des gens ne sont pas conscients qu’ils sont infectés et transmettent le virus sans le savoir. À cause de cet aspect asymptomatique, plusieurs virologues italiens estiment que le nombre réel de personnes infectées doit être multiplié par cinq.

Les États-Unis premiers dans le monde

L’Amérique c’est l’Italie multipliée par cinq et demi. Au niveau des infections, elle se trouve en première place dans le monde avec 123 271 infections devant l’Italie à 92 472. Une courbe de COVID-19 comparable à l’Italie tant au niveau de la progression des infections que de la létalité frapperait durement, humainement et économiquement les États-Unis.

L’administration Trump a peut-être tardé à prendre les mesures nécessaires pour freiner la propagation du COVID-19, mais elle a compris l’urgence de la situation. Donald Trump ne manquera désormais pas une occasion de montrer qu’il a le gouvernail bien en mains, comme lors de sa visite, le 29 mars, devant le navire hôpital USNS Comfort à Norfolk en Virginie.

Ce navire hôpital servira à accueillir les patients souffrant d’autres pathologies que le coronavirus et qui se trouvent hospitalisés dans l’État de New York. Les espaces libérés seront occupés par des malades atteints du COVID-19. Le sentiment d’urgence de l’administration Trump se voit aussi dans la décision du président d’utiliser la Loi sur la production de la défense pour obliger la firme General Motors à produire des respirateurs artificiels.

Donald Trump s’attaque aussi au manque criant de matériel médical essentiel pour soigner les patients montrant des symptômes du coronavirus. La pénurie de ce type d’équipement a causé la mort de 50 médecins en Italie.

Cela rend le travail des professionnels de la santé extrêmement difficile alors que les hôpitaux sont congestionnés. La gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer, qui était ouvertement critique de Donald Trump pour sa gestion de crise, a démontré sa joie d’avoir reçu 112 000 masques N95 qu’elle estimait essentiels.

Les États-Unis sont encore bien loin de la méthode de Wuhan en Chine qui a pratiquement effacé le COVID-19 de son territoire en deux mois d’isolement presque total. La distanciation sociale là-bas incluait l’isolement des médecins et des membres de leurs familles pour éradiquer tout risque de contamination.

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Créer un compte Tous les commentaires (14)
  • Et si coco19 comme l’appelle les urgentistes permettait à l’Asie de prendre un ascendant sur l’Occident. Tous les règnes ont une fin…

  • Les Etats-Unis suivent exactement la même courbe de mortalité que l’Italie en phase initiale. Il leur revient de prendre les bonnes mesures pour juguler le point chaud dans le Nord-Est. Plus ils attendent, plus le nombre de décès sera élevé.

  • Je recommande vivement ce site qui présente quotidiennement les chiffres par pays et une analyse qui me semble assez objective de la situation
    https://reseauinternational.net/coronavirus-situation-statistique-au-30-mars-0h10-gmt/

  • Il faut faire attention à ce que l’on écrit concernant la Chine, en particulier en annonçant la fin ou le contrôle de l’épidémie.
    Les informations émanant d’une dictature totalitaire communiste sont à prendre avec beaucoup de circonspection. Personnellement j’ai beaucoup plus confiance dans les informations taïwanaises qui estiment à au moins 100.000 le nombre de morts du covid19 en Chine…

    • La Chine n’est pas la seule à biaiser les infos qu’elle donne. Ca ne sert pas à grand chose de douter des infos au prétexte qu’elles seraient chinoises. Il vaut mieux analyser ce qui est donné, en cherchant à en tirer des enseignements malgré les biais, que s’écrier systématiquement « c’est faux ! ». Et le premier critère est de s’interroger sur l’intérêt que la Chine (ou un autre) pourrait bien avoir à fausser les chiffres. Ensuite ou en même temps, appliquer le rasoir de Hanlon…

      • Effectivement, la Chine n’est pas la seule. Il y a aussi l’Iran qui raconte n’importe quoi.

        La limite de votre proposition est que si vous ne connaissez pas le biais, vous ne pouvez pas valablement recueillir les données en espérant les corriger ensuite. Ce n’est pas la même chose de diffuser des mensonges volontaires (la Chine, biais inconnu) et de diffuser des données incomplètes en précisant pourquoi elles le sont (la France qui n’indique que les morts à l’hôpital, biais connu).

        • Quand le sujet vous intéresse, et que vous avez eu de bons professeurs, vous pouvez tirer beaucoup d’information de la propagande grâce à l’expérience de ce qui se passait du temps du bloc soviétique. Là on a eu la validation de nos analyses, et la confirmation que la propagande avait un côté naïf et des oublis qui dévoilaient beaucoup, pour qui observait sans préjugés. En résumé, ne cherchez pas à évaluer les biais, recherchez ce qui n’a pas été dit et qui transparaît involontairement dans les informations officielles.

          • J’ajoute que pour la France, par exemple, la conf. de presse quotidienne révèle l’amateurisme complet de notre directeur de la santé, tant par son incapacité à mettre en perspective ceux des chiffres qu’il déclare pourtant les plus caractéristiques que par ses « réponses » convenues ou dilatoires à la plupart des questions qui lui sont posées ensuite.

          • D’accord et ça donne quoi pour la Chine ?

            • Pour la Chine, ça donne que l’épidémie est complètement maîtrisée et qu’elle l’a été au prix de mesures drastiques. Ce qui est facile dans une dictature, c’est qu’il n’y a pas besoin d’obtenir l’accord de la population sur ces mesures drastiques. Ce qui est regrettable dans nos « démocraties », c’est que bien expliquées et assumées, ces mesures pourraient obtenir un assentiment de la population suffisant pour être efficaces, toutes désagréables qu’elles sont. Mais c’est vrai que l’on découvre, quand on lit les infos chinoises, que les restrictions ont été effrayantes, et on ne le découvre qu’avec l’annonce de leur levée progressive.

              • Comment l’épidémie pourrait être totalement maîtrisée à moins que l’immunité collective soit atteinte (soit >50 000 morts). Cela voudrait dire que les mesures qui ont été prises étaient drastiques pour confiner la zone infectée et protéger les autres régions, tout en limitant le nombre de morts par la construction rapide de 2 hôpitaux géants. Ce qu’aucun pays ne pourrait faire.

            • Et ce qui me fait penser que l’épidémie est complètement maîtrisée en Chine n’est pas tant les chiffres officiels que des informations comme « The State Council meeting on March 24 urged effective measures to increase the country’s international air freight capacity and ensure unimpeded shipments. ». J’en déduis que leur problème n’est pas les usines fermées, mais les produits qui s’en accumulent sans pouvoir partir.

    • Les développements récents vous donnent raison

  • Je prends le pari que les USA feront beaucoup mieux que l’Italie en nombre de morts par million d’habitants, d’un facteur 3 à 5. En plus, en utilisant un minimum le confinement (seuls 2 ou 3 États ont opté pour le confinement pour le moment), donc avec un impact bien moindre sur l’économie.
    Les USA vont axer leur stratégie sur les tests à grande échelle, avec confinement ciblé des cas positifs. Donald Trump ne fera pas les erreurs des dirigeants français et italiens – difficile de faire pire que Macron et cie, vous me direz.
    Sur les chiffres : au-delà de l’absence de confiance à peu près totale envers la Chine communiste (cf les articles parlant du grand nombre d’urnes funéraires apportés à Wuhan et qui ne correspondent pas aux 2000 et quelques morts officiels de cette ville), même en France on peut se poser des questions, puisque manifestement les personnes âgées qui meurent dans les maisons de retraite du Covid-19 ne sont pas officiellement comptabilisées, puisque pas testées et considérées comme mortes « naturellement ».

  • Les commentaires sont fermés.

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