Coronavirus : Trump va-t-il sauver sa présidence ?

Donald Trump by Gage Skidmore(CC BY-SA 2.0) — Gage Skidmore, CC-BY

L’inaction du président menait à une crise humanitaire, la déroute économique et fragilisait sa présidence.

Par Daniel Girard.

Le président Donald Trump a une manière bien à lui d’affronter un problème, il commence par le nier. Puis, sous pression, il le reconnaît, mais le minimise. Si son analyse n’est pas acceptée, s’ensuivent récriminations, blâmes et accusations.

Donald Trump dit n’avoir rien à se reprocher pour la lenteur de son administration à prendre des mesures pour dépister et freiner la progression du coronavirus. Il dit avoir hérité du système mis en place par l’administration Obama ; système qui était devenu obsolète.

Peut-être le système méritait une modernisation, mais il était encore utile. Les experts du Conseil national de sécurité des États-Unis avertissaient constamment l’administration Trump qu’il était nécessaire de se préparer à une prochaine pandémie virale dont on ignorait la date mais qui allait inexorablement se produire.

Mais le président Trump n’était pas inquiet. Il a aboli l’Unité du Conseil national de sécurité consacrée à la préparation à une pandémie virale, ce qui a stupéfait Beth Cameron qui a déjà dirigé cette unité.

Beth Cameron affirme que cette unité surveillait les grippes virales en Chine et l’évolution de la fièvre jaune en Angola.

Selon elle, l’abolition de cette unité explique pourquoi l’Amérique a réagi aussi lentement à l’apparition du coronavirus.

Mais même si l’unité de préparation à la pandémie avait conservé tout son financement, il est clair qu’il était fondamental que le président Trump réalise la gravité de la situation et prenne les mesures nécessaires pour détecter le coronavirus et en limiter la propagation.

L’effondrement boursier et Joe Biden

Il aura peut-être fallu l’effondrement des marchés et le spectre grandissant de Joe Biden pour réveiller le président Trump.

Mais le réveil a eu lieu et il est spectaculaire.

Le milliardaire a déclaré l’état d’urgence, débloqué 50 milliards pour lutter contre l’épidémie, conclu des accords public-privé pour la mise en place de centres de dépistage et il s’est soumis à l’un de ces tests. Il n’a pas le coronavirus.

Un virus dévastateur

Compte tenu du caractère extrêmement contagieux du coronavirus, toutes ces initiatives sont non seulement bien accueillies, elles sont essentielles.

Les centres de dépistage ont beaucoup de pain sur la planche. Plus de 2700 cas d’infection au coronavirus ont été rapportés et la dépistage massif n’a pas encore commencé.

Mais s’il parvient à limiter les dégâts dans l’attente d’un vaccin éliminant le coronavirus, Donald Trump pourra peut-être du même coup, sauver sa présidence.

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