L’entrepreneur, grand oublié de la théorie économique

Pourquoi l'entrepreneur est-il si véhément ignoré ? Quels sont les auteurs qui donnent un rôle particulier à l'entrepreneur, et en quoi consiste ce rôle ?
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L’entrepreneur, grand oublié de la théorie économique

Publié le 20 février 2020
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Par Marius-Joseph Marchetti.

Cet article a pour but de présenter un acteur économique majeur, trop ignoré par la majorité des théoriciens de l’économie : l’entrepreneur. Pourquoi est-il si grandement ignoré ? Quels sont les auteurs qui donnent un rôle particulier à l’entrepreneur, et en quoi consiste ce rôle ?

L’entrepreneur dans la théorie économique

Il est bon de se demander pourquoi, dans les modèles néoclassiques d’équilibre général1 (qui constitue le cadre analytique de référence de la grande majorité des théoriciens de l’économie), l’entrepreneur n’a aucune place. La réponse, en réalité, est très simple.

Dans un cadre analytique qui ne s’intéresse qu’aux volumes et à la valeur des produits, l’entrepreneur n’est qu’un individu lambda caractérisé par une volonté de maximiser son profit (l’économiseur robbinsien)2.

C’est bien pour cela qu’on prend en référence la situation de concurrence pure et parfaite dans laquelle le marché est à l’équilibre (situation connue qu’on suppose connue par le planificateur social, et comme un idéal à atteindre)3. Il peut être nécessaire de noter qu’un modèle qu’on a le plus souvent qualifié de libéral a souvent servi comme outil de planification ou de justification de politique industrielle. (Mais cela n’est pas le sujet ici)4.

Les analyses des économistes mainstream ne s’intéressent qu’à l’équilibre, et non pas au processus d’équilibration, ou de retour à l’équilibre. Ils s’intéressent au situation d’un marché d’un instant t, sans se demander comment le marché en est venu à l’équilibre. Si l’entrepreneur est si éhontément absent de la théorie traditionnelle, c’est car les économistes se sont intéressés à la concurrence comme état et non comme processus (processus dont les entrepreneurs sont la base)5.

Les théoriciens des entrepreneurs

Au delà des eaux tourmentées de l’économie néoclassique présentant les entrepreneurs comme étant des économiseurs robbinsiens, c’est-à-dire des individus cherchant simplement à maximiser leur profit, plusieurs théoriciens de l’économie ont tenté d’apporter, si je puis dire, une dynamique de l’action humaine à l’entrepreneur.

Le premier des deux théoriciens dont nous allons parler est Joseph Schumpeter.

Joseph Schumpeter est un penseur et théoricien de l’économie, connu de quiconque a fait un peu d’économie dans sa scolarité.

Il est notamment connu pour la notion de destruction créatrice 6 qu’il considère comme par excellence, la loi immuable caractéristique du capitalisme7. Ce que l’on sait bien peu, c’est qu’à la base de la destruction créatrice schumpéterienne, se trouve un individu : l’entrepreneur.

Pour Schumpeter, l’entrepreneur est un individu qui rompt de manière positive l’équilibre dans l’économie par l’innovation de produits, de procédés, d’organisation. L’entrepreneur est foncièrement une force déséquilibrante. C’est ainsi que se manifeste le processus concurrentiel entrepreneurial dans le système schumpéterien8.

Ce bref résumé énoncé, nous pouvons nous pencher vers un second individu, bien moins connu et reconnu que le premier. Nous parlons bien entendu de l’économiste Israël Kirzner, économiste de l’école autrichienne. La place de l’entrepreneur est fort conséquente dans la pensée kirznérienne, tout comme celle de Schumpeter.

La théorie de l’entrepreneur-alerte, comme son nom l’indique, énonce qu’agissant en situation d’incertitude et d’ignorance (c’est pour cela que l’entrepreneur existe d’ailleurs), l’entrepreneur détecte des situations où le marché n’est pas à l’équilibre (c’est-à-dire, par exemple, qu’existent des écarts de prix entre ce que les consommateurs sont prêts à payer et ce qu’ils paient ; ou des écarts de qualité du produit, etc. et donc des opportunités de profit)9.

Chez Kirzner, le profit n’est donc pas l’écart entre le coût de production total et les recettes de ses ventes (cela s’apparente plus pour lui à un rendement). Le profit est la récompense que l’entrepreneur retire de sa détection d’un profit inexploité. Il est en quelque sorte récompensé pour sa détection d’une caractéristique inexploitée du marché et va faire circuler cette connaissance au reste des acteurs sur le marché au fur à mesure.

La théorie de l’entrepreneur-alerte prend son origine dans deux sources distinctes : la vision de la fonction entrepreneuriale chez Ludwig von Mises, et la théorie de Hayek sur l’utilisation de la connaissance dans la société10.

À ce stade, les lecteurs auront pu discerner les ressemblances et dissemblances entre les deux théories. Chez Schumpeter, les entrepreneurs sont une force déséquilibrante. Ils doivent rompre la routine. Le rôle de l’entrepreneur est autre dans le système kirznérien. En discernant des poches de profit inexploitées, ils permettent au contraire de rapprocher le marché de l’équilibre.

Les entrepreneurs-alerte sont là pour servir des biens devenus appréciables aux yeux des consommateurs, ou appliquer des nouvelles méthodes de production devenues praticables et avantageuses11. C’est le but tout déclaré de Kirzner de formuler une théorie du processus équilibrant du marché, et ce processus passe par la fonction entrepreneuriale ; fonction qui, rappelons-le, n’existe pas dans un système centralisé.

Il peut être utile de parler d’un troisième théoricien, également peu connu : George Shackle. Il est en soi inclassable parmi les différentes écoles, car tout autant influencé par Keynes que Hayek ou Schumpeter.

Il combine en quelque sorte les deux approches, schumpéterienne et kirznérienne. Il tire de Hayek l’idée de l’équilibration du marché et de Mises celle de l’entrepreneur comme tirant un revenu de sa gestion de l’incertitude. Cependant, il s’oppose à Kirzner, pour qui l’entrepreneur est en situation de vigilance, pour proposer une sorte d’individu imaginatif créant de l’incertitude (Schumpeter) et profitant ex-post d’effet d’aubaine (Keynes) : c’est la surprise potentielle.

Rien n’est sûr, rien n’est connu.

C’est pour cela que Shackle est connu sous le nom d’épistémologue nihiliste ou subjectiviste radical. L’individu vit dans une situation de non-connaissance. Et c’est pour cela que, lui répond Kirzner, les individus créent de la connaissance pour échapper petit à petit au chaos de l’existence ; et que, dans la même optique, Hayek rappelle que les individus créent des règles de juste conduite et des institutions pour limiter le degré d’incertitude et d’inconnu. Mais ne nous égarons pas plus.

Nous sommes tous des entrepreneurs

Pour en finir avec ce billet, j’aimerais en arriver à ce dernier point qui est le plus important. Il peut être opportun de faire un aparté sur les implications des vues de Mises sur la fonction entrepreneuriale : chacun, à son niveau, est un entrepreneur. Nous cherchons tous, à discerner des écarts de prix (de quantité, de qualité, etc) entre le réel et le potentiel réalisable sur l’état actuel des choses.

Ce qui fait l’entrepreneur, c’est l’aptitude à discerner une opportunité, aptitude jugée sans coût par Kirzner12. C’est pour cela que dans la théorie de l’entrepreneur-alerte de Kirzner c’est seulement lorsqu’il y a un monopole sur la ressource initiale que le processus de concurrence ne s’applique plus et que le monopole peut vraiment être nocif ; dans le giron de ce qu’en disait Ludwig von Mises.

Prenons l’exemple typique d’un type d’individu qui, pour autant, n’est pas engagé dans un processus de production : un spéculateur.

Un spéculateur, cela pourra en choquer certains, dans l’acception kirznérienne (mais aussi shackléenne), peut être un entrepreneur13. Il fait une anticipation sur ce que vaut une entreprise sur un marché et ce que, toutes choses égales par ailleurs, elle peut réellement valoir, et rapprochera potentiellement la valeur actuelle de l’entreprise à sa vraie valeur. Il exploitera une poche de profit non exploitée, et fournira de la connaissance aux autres acteurs14. Dans l’approche shackléenne, on pourrait dire que le spéculateur entrepreneur mise un degré de surprise sur la potentielle prise de valeur d’une action dans le futur.

Nous sommes tous des spéculateurs, car vivant dans un monde d’incertitude, nous spéculons sur la valeur future des choses. Nous spéculons sur le montant que nous rapportons des études dans nos emplois futurs. Nous prenons un pari sur l’avenir.

 

  1. Pour une définition de la notion d’équilibre général : « L’usage le plus courant du concept d’équilibre en économie est probablement celui de procédé méthodologique pour la théorie abstraite. Équilibre est alors employé en liaison avec des modèles contenant plusieurs variables interconnectées ; en tant que fiction utile, il est utilisé au sein d’une expérience mentale destinée à analyser les liens de cause à effet entre des événements ou des changements de variables.
    On emploie un usage différent de l’idée d’équilibre quand on se réfère à des situations économiques réelles : on l’utilise dans ce cas pour caractériser une situation historique qui a duré ou qui durera relativement longtemps sans changements importants. L’application directe du concept aux situations observées le rend opérationnel, pour ainsi dire. C’est faire un grand saut que de passer de l’équilibre en tant que procédé méthodologique (fiction utile, construction purement mentale) à l’équilibre en tant que représentation d’une situation historique réelle (concept opérationnel). Je soutiendrai que le fait que nombreux sont ceux qui l’effectuent, sans y voir la moindre tension et sans observer la différence, peut être attribué à leur incapacité de reconnaître la fonction du concept analytique et que ceci conduit à une énorme confusion. » Fritz Machlup. Pour avoir une idée plus générale de la notion d’équilibre et de déséquilibre, voir la traduction de Hervé de Quengo, d’Équilibre et Déséquilibre, de Fritz Machlup ; voir aussi Israel Kirzner, Concurrence et Esprit d’Entreprise, page 174 : « … l’état d’équilibre est l’état dans lequel toutes les actions sont parfaitement coordonnées, chaque participant ajustant ses décisions avec celles qu’il anticipe (avec une parfaite exactitude) de la part des autres participants.»
  2. Jésus Huerta De Soto, Les différences essentielles entre les théories économiques autrichiennes et néoclassiques : « La conception de Robbins implique une connaissance donnée des fins et des moyens et donc le problème économique est réduit à un simple problème technique d’allocation, de maximisation ou d’optimisation, sujet à des contraintes connues. Autrement dit, la conception de l’économique chez Robbins correspond à l’essence même du paradigme néoclassique et s’avère complètement étrangère à la méthodologie autrichienne telle qu’elle est comprise aujourd’hui. »
  3. Hans Demsetz, Information and Efficiency : Another ViewPoint, Journal of Law and Economics (avril 2019) : « L’idée qui, actuellement, inspire en grande partie la politique économique des dirigeants présente implicitement l’alternative comme un choix entre une norme idéale et l’arrangement imparfait actuellement en vigueur. » ; Voir aussi, Israel Kirzner, Concurrence et Esprit d’entreprise, page 184 : « … ce cadre d’analyse repose sur l’idée hasardeuse qu’une notion cohérente de bien-être social peut être obtenue à partir des divers ensembles de valeurs qui caractérisent individuellement les membres de la société. »
  4. Fritz Machlup, ibid : « L’équilibre devient, pour Kindleberger, un concept politique, en partie à cause des répercussions politiques qu’il prédit (sans les spécifier), et en partie (et c’est une toute autre histoire) parce qu’il s’agit pour lui d’un état de choses désiré et parfois obtenu. Pourtant, « l’obtention de l’équilibre économique » est opposé à celui « d’autres buts sociaux, tel que l’équilibre national, politique et social ou la paix internationale. » L’équilibre économique « est au mieux un objectif limité » (p. 519). Les économistes devront-ils désormais se mettre d’accord sur une philosophie politique et sur des valeurs éthiques avant de pouvoir parler d’équilibre ? »
  5. À l’état d’équilibre, comme le rappelle Hayek et Kirzner, l’entrepreneur est inutile, car tous les écart de prix, qualité, etc. ont été exploités, et l’entrepreneur n’a plus de fonction. Au contraire, prendre en référent le processus de marché nous aide à comprendre en quoi l’entrepreneur est essentiel pour tout système économique, en discernant les occasions de profit à saisir et en faisant circuler cette connaissance aux autres acteurs.
  6. Capitalisme, socialisme, démocratie (1942), Joseph Schumpeter : « L’impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d’organisation industrielle – tous éléments créés par l’initiative capitaliste. »
  7. Joseph A.Schumpeter, ibid : « Ce processus de destruction créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme : c’est en elle que consiste, en dernière analyse, le capitalisme et toute entreprise capitaliste doit, bon gré mal gré, s’y adapter. »
  8. Israel Kirzner, ibid, page 62 : « L’innovateur schumpéterien est, en somme, le décideur dont la vigilance à l’égard des occasions non perçues lui a permis de s’écarter de l’exploitation routinière et répétitive d’opportunités largement connues. La distinction, que Schumpeter établit longuement, entre la façon dont les hommes agiraient dans le flux circulaire habituel d’une part, et lorsqu’ils sont confrontés à une tâche nouvelle d’autre part, est étroitement parallèle à ma propre distinction entre la prise de décision selon Robbins et l’activité entrepreneuriale. »
  9. Ludwig Von Mises, L’Action humaine, page 337 : « Le profit, dans un sens large, est le gain découlant de l’action ; c’est l’accroissement de satisfaction (la réduction d’une gêne) obtenu ; c’est la différence entre la valeur supérieure attachée au résultat atteint et la valeur inférieure attachée aux sacrifices consentis pour l’atteindre ; en d’autres termes : le rapport moins les coûts. Réaliser un profit est invariablement le but recherché par n’importe quelle action. Si une action manque les objectifs visés, le revenu n’est pas supérieur aux coûts, ou lui est inférieur. Dans ce dernier cas, le résultat signifie une perte, une diminution de satisfaction. » ; sur le profit comme rémunération du discernement du changement dans l’appréciation des facteurs, voir aussi, ibid, page 344 : « Avant tout, nous devons bien voir que les profits d’entrepreneur ne sont pas un phénomène durable, mais transitoire. Il existe en ce qui concerne les profits et les pertes une tendance inhérente à leur disparition. Le marché est toujours en évolution vers l’apparition des prix finaux et l’état de repos final. Si de nouveaux changements dans les données n’interrompaient pas ce mouvement, et ne créaient pas le besoin de nouvelles adaptations de la production à la situation ainsi modifiée, les prix de tous les facteurs complémentaires de production devraient — compte tenu de la préférence de temps — égaler finalement le prix du produit, et rien ne serait laissé qui puisse constituer un profit ou une perte. À la longue, tout accroissement de la productivité bénéficie exclusivement aux travailleurs et à certains groupes de possesseurs du sol et des capitaux investissables. »
  10. Israel Kirzner, ibid, Préface à l’édition française : « C’est en effet dans son ouvrage de 1949, Human Action, que Mises a enrichi l’économie autrichienne en montrant le rôle que joue l’entrepreneur dans le processus marchand. C’est aussi dans un ouvrage de 49, Individualism and Economic Order, qu’Hayek a enrichi l’analyse économique en expliquant comment la dynamique concurrentielle participe à la communication des connaissances. »
  11. Israek Kirzner, ibid, page 102 : « Pour nous, le processus de concurrence par les prix est aussi entrepreneurial et dynamique que celui orchestré par le nouvel article, la nouvelle technique, ou le nouveau mode d’organisation. En fait, c’est l’essence de notre position tout au long du livre, qu’exactement le même processus de marché concurrentiel-entrepreneurial est à l’œuvre, aussi bien à travers l’ajustement des prix en direction de configurations d’équilibre général (ou partiel), qu’à travers l’ajustement des choix de produits à vendre, des techniques de production, ou encore de l’organisation des industries. »
  12. Israel Kirzner, ibid, page 38 : « La découverte d’une occasion de profit signifie la découverte de quelque chose d’accessible gratuitement. Il n’est pas acquis d’investir quoi que ce soit ; le billet de dix dollars découvert est déjà à portée de main. » ; voir aussi Ludwig Von Mises, L’Action Humaine, page 295 : « L’économie, en parlant des entrepreneurs, envisage non pas les hommes mais une fonction définie. Cette fonction n’est pas un caractère propre à un groupe spécial ou une classe d’individus ; elle est inhérente à toute action et elle repose sur quiconque agit. En incarnant cette fonction dans un personnage allégorique nous recourons à un artifice méthodologique. Le terme d’entrepreneur tel que l’emploie la théorie catallactique signifie l’homme qui agit, vu exclusivement sous l’angle du caractère aléatoire inhérent à toute action. En employant ce terme l’on ne doit jamais oublier que toute action est insérée dans le flux du temps et par conséquent implique une spéculation. Les capitalistes, les propriétaires fonciers, les travailleurs sont par nécessité spéculateurs. L’est également le consommateur lorsqu’il fait des provisions pour des besoins futurs. Il y a loin de la coupe aux lèvres. »
  13. Israel Kirzner, ibid, page 68 : « … dans un monde d’incertitude, chaque décision d’entrepreneur, quelque dose de vigilance qu’elle manifeste, doit à un certain degré constituer un parti. (…) Toute action humaine est spéculative ; mon insistance sur l’élément de vigilance dans l’action visait à montrer que, bien loin d’être immobilisés par la crainte et l’incertitude de leurs jugement quant aux opportunités demeurées inexploitées par les autres). »
  14. Israel Kirzner, ibid, page 176 : « L’entrepreneurialité – la promptitude de réaction à la nouvelle information ainsi recueillie – est ce qui conduit à réviser les plans, poussant petit à petit les prix multiples du lait dans un intervalle de plus en plus serré, l’intervalle s’approchant alors lui-même du prix d’équilibre. À chacune de ces étapes entrepreneuriales – l’abandon par les acheteurs de leurs offres irréalistes d’achat (à prix trop bas) et par les vendeurs de leurs offres (à prix trop élevé), ou l’initiative de proposer aux vendeurs des achats, ou aux acheteurs des ventes, à des prix antérieurement jugés trop peu attrayants – correspond une révision des plans qui se sont avérés plus ou moins discordants, par d’autres plans que l’on espère mieux coordonnés. »
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  • Deux points :
    – les motivations des entrepreneurs sont éminemment variables, et ne se limitent absolument pas au profit, qui est souvent vu comme une contrainte nécessaire, sauf pour des financiers purs. Avec les résultats dramatiques de Boeing, passant d’une culture d’ingénieurs fiables, à rentabilté moyenne, à une culture du moindre coût, avec les conséquences dramatiques maintenant connues.
    – il ne faut pas oublier qu’en négatif de l’entrepreneur vient le consommateur, qui veut maximiser le rapport valeur de son achat sur son coût. D’où le succès de revues informatives et de plate-formes de comparaison. Mais d’autres facteurs sont également en jeu, et le simple aspect financier n’est qu’une des facettes de la décision d’acheter.

    • faut il oser poser que le profit n’est pas unidimensionnel… pour tout le monde..

      • Osons accepter que la motivation de chacun est principalement ce qui le satisfait – et cela va du financier qui ne voit que le profit au bénévole qui se dévoue corps et âme pour 0 franc 0 centimes.
        Pourquoi les entrepreneurs ne présenteraient-ils pas la même variété, avec le bémol mentionné du minimum de profit financier nécessaire pour perdurer.

        • tout simplement que le 0 franc n’existe ^pas !

        • Le bénévole est bien obligé de vivre, comme n’importe qui. Par exemple, le médecin qui offre une consultation gratuite à son patient désargenté répartit ce coût sur le prix demandé aux autres patients. Autre exemple, les bénévoles sont souvent des rentiers sociaux, à savoir des retraités. Au passage, on note que les retraités doivent avoir vaguement conscience que leur rente contribue à créer la pauvreté qu’ils sont si prompts à vouloir aider.

          Le bénévole ne se dévoue pas pour rien. Comme n’importe qui, il est en recherche d’une satisfaction personnelle. Simplement, on ne sait pas (ou on ne veut pas) monétiser ce profit.

          Ne jamais oublier qu’une activité est forcément profitable, sinon elle n’a pas lieu. La question est seulement de savoir où sont passés les profits, entre les mains de qui ils ont atterri.

          • … »les retraités doivent avoir vaguement conscience que leur rente contribue à créer la pauvreté qu’ils sont si prompts à vouloir aider. »…

            Pourquoi attaquer les retraités? Ce que vous appelez « rente » n’est ( ou ne devrait être) qu’un salaire différé! C’est d’ailleurs ce que l’on nous affirme régulièrement, ce qui pourrait être vrai dans un système par capitalisation ( mise en réserve d’une partie des revenus du travail), mais qui bien sûr est un terme abusif dans le système actuel par répartition. C’est bien le système de la répartition qui contribue à créer la pauvreté, et non la « rente »!

            • Revenu sans contrepartie création de richesse : le système par répartition distribue effectivement des rentes, constat objectif qu’il est vain de nier.

  • Un entrepreneur ne doit avoir qu’un seul objectif quand il ouvre la porte de son bureau, de son atelier, qu’il lève le rideau de sa boutique : le profit, pour la pérennité de son activité et pour le bien de tous, pas seulement de son consommateur mais aussi plus globalement de la société ! Respect de l’adage : on ne peut pas courir deux lièvres à la fois.

  • Il manque à cette analyse une distinction essentielle entre l’entrepreneur propriétaire/créateur de son affaire et l’entrepreneur-manager salarié nommé par un conseil d’administration au commande d’une (grosse) entreprise. Il est évident que les motivations intimes de l’un et l’autre, et notamment leur conception du moyen/long terme, seront différentes, liées aux bénéfices personnels qu’ils peuvent en attendre. Distinction qui n’est donc pas sans conséquence vs le destin de l’entreprise.

  • claude henry de chasne
    20 février 2020 at 9 h 34 min

    en socialie , l’entrepreneur est un « profiteur » en puissance.. et numériquement insignifiant en matière électorale… ne cherchez plus

  • Faut-il rappeler que la plupart (pour ne pas dire tous) des théoriciens cités ne sont pas des entrepreneurs, voire n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise.

    • Je pense que si. Un entrepreneur n’est pas uniquement une personne qui créé une entreprise. C’est une personne qui créé une activité autour d’une idée, la développe et en tire profit. Un indépendant peut être entrepreneur. Je ne pense pas que Mises et Hayek qui ont beaucoup bougé et évolués diraient le contraire.

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Par la rédaction de Contrepoints.

Il arrive souvent que, même sur ce site, des commentaires témoignent d’une certaine ignorance en matière économique.

C’est l’occasion de rappeler l’existence d’un petit livre écrit il y a quelques années par notre contributeur régulier Gérard Dréan dans le but justement de combler cette lacune.

Cet ouvrage de 230 pages vise à présenter les faits fondamentaux de la réalité économique, en se gardant bien d’entrer dans la confrontation des théories et encore plus des idéologies.

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