Iran : la chute annoncée

Iran Grunge Flag by Nicolas Raymond via Flickr (CC BY 2.0 Nicolas Raymond, CC-BY

Les mollahs iraniens sont attaqués de l’intérieur et de l’extérieur et sur tous les plans. Leur chute est inéluctable.

Par Hamid Enayat.

Lors de la dernière convention des Irano-Américains en Californie début janvier 2020, Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI) faisait le constat suivant :

« La stratégie de l’exportation de l’intégrisme et du terrorisme s’effondre sous les coups du soulèvement des peuples de la région. »

Car le peuple iranien n’est pas le seul à poursuivre la lutte. Juste à côté, le peuple Irakien milite tous les jours. Et ils sont rejoints par le peuple Libanais. Tous sont lassés de la corruption qui gangrène la vie politique et sociale de leurs nations, une vie politique placée sous l’égide des mollahs d’Iran.

Une grande révolution

Les grandes révolutions ne sont jamais nées de grandes idées philosophiques. C’est bien souvent après, lorsque l’on écrit l’Histoire de ces événements, que l’on trouve une justification idéologique quelconque.

Pour preuve, il est admis que les grandes révolutions de la fin du XVIIIe siècle en Europe sont liées aux faibles récoltes successives et à l’augmentation des impôts devant justifier les guerres incessantes menées par des dirigeants totalement déconnectés de leurs populations respectives.

Ce qu’il se passe aujourd’hui en Iran, et plus largement au Moyen-Orient, peut être considéré comme une large reproduction des mêmes schémas ; perte de pouvoir d’achat, cherté de la vie, économie exsangue, administrations corrompues et guerres idéologiques incessantes assises sur un pouvoir militaire fort.

L’ingérence iranienne

De fait, en Irak ou au Liban comme en Iran, les peuples grondent contre leurs dirigeants. Mais il ne s’agit pas de leur seul point commun.

De manière directe ou indirecte, ce que souhaitent les manifestants qui risquent leur vie dans les rues, c’est bien le départ des mollahs iraniens.

Les Irakiens n’en peuvent plus de cette mainmise de l’Iran sur la gestion de leur politique depuis le départ des Américains. Partout, à tous les échelons politiques et militaires, dans toutes les institutions, jusque dans la répression dans la rue, la main des pasdarans tire les ficelles.

Et elle fait plus que cela. Elle forme et entraîne les milices chiites (les Hachd Al-Chaabi) sur le terrain, elle délivre ses ordres politiques, elle réprime violemment la population, elle s’installe comme si elle était chez elle.

Un exemple ? En avril 2019, les députés proches de la République islamique ont présenté en urgence une loi visant à exiger le départ des troupes américaines séjournant encore en Irak pour terminer la lutte contre l’État islamique. Une façon claire de fustiger l’ingérence américaine en Irak.

La chose aurait pu s’entendre si, quelques jours auparavant seulement, le guide suprême iranien n’avait pas fait exactement la même demande au Premier ministre Irakien lors d’une réception à Téhéran. Fin de l’ingérence américaine, oui. Mais seulement pour laisser toute la place à l’ingérence iranienne…

Les peuples las

Les peuples sont désormais lassés de ces calculs politiques, de ces petits arrangements de cabinets aux conséquences gravissimes, de ces corruptions permanentes, de cette injustice latente, de cette volonté idéologique religieuse hégémonique, de cette terreur exercée au quotidien…

Il faut dire qu’en Irak comme en Syrie, au Liban ou en Iran, la pauvreté galope à la vitesse de la mer montante à Saint-Malo.

Les gens dans la rue n’ont plus rien à perdre et après des années de soumission, après de longs mois passés à subir en espérant des lendemains plus heureux, les peuples se rebellent enfin et demandent aux responsables de cet état de fait de quitter le pouvoir. Et les responsables en question sont connus de tous ; les mollahs iraniens.

Les peuples se révoltent contre la dictature

Au Liban ils financent et arment le Hezbollah. Un Hezbollah qui demande aujourd’hui à ses militants, par la voix de son secrétaire général Hassan Nasrallah, de ne plus manifester contre le pouvoir déliquescent auquel il participe.

En Syrie, la force Qods des pasdarans iraniens maintient toujours environ 80 000 hommes sur le terrain et investit la hiérarchie militaire syrienne au point de faire craindre le pire au parti Baas de Bachar Al-Assad lui-même quant à l’exercice réel du pouvoir au pays.

Le peuple demande le départ des troupes iraniennes, qui n’a plus rien à y faire depuis la fin de la bataille d’Alep, il y a deux ans et demi.

En Irak donc, les milices chiites financées et formées par la même force Qods usent des mêmes stratégies qu’en Syrie, pour finir par contrôler le pays en entier.

 

Partout dans ces pays, les peuples se révoltent contre l’envahisseur, contre la dictature, contre la corruption et pour plus de liberté et de démocratie directe.

Les mollahs iraniens, en plus de faire face aux conséquences des sanctions économiques, en plus de réprimer le peuple d’Iran depuis la fin de l’année 2017, doivent également lutter face à la colère des peuples des autres pays de la région à leur encontre.

Une colère plus que justifiée eu égard au peu de considération que peuvent avoir les mollahs pour l’humain en général. Ils inspirent la haine et la violence. Il leur est impossible de conserver toutes leurs positions géostratégiques.

Les mollahs sont attaqués de l’intérieur et de l’extérieur et sur tous les plans. Leur chute est inéluctable. Elle a déjà débuté. Reste à savoir jusqu’à quelle extrémité ces fous de Dieu sont capables d’aller pour justifier de leur place sur le trône.

Car l’important, ce n’est pas la chute. C’est l’atterrissage !

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