Belgique : il était une fois un pays divisé

La division de la Belgique fait parler d’elle épisodiquement, d’autant que le pays est sans gouvernement depuis plus d’un an.

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Belgique : il était une fois un pays divisé

Publié le 11 janvier 2020
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Par Jean-Yves Bouffet1.
Un article de Conflits

La division de la Belgique fait parler d’elle épisodiquement, d’autant que le pays est sans gouvernement depuis plus d’un an. Vu depuis l’autre côté du Quiévrain, elle est souvent tournée en dérision, à la façon d’une de ces histoires drôles courantes sur les ressortissants du plat pays. Pourtant, elle est le fruit de l’histoire méconnue de ce pays, situé sur plusieurs lignes de fracture du continent européen.

La Belgique est un État né sur le tard. S’il existe bien une Gaule Belgique à l’époque romaine, qui recouvre plus ou moins le territoire que nous connaissons, elle s’étend aussi au-delà pour couvrir les rives de la Seine et les Vosges, voire le Jura pour la province éponyme créée par l’Empire.

Par ailleurs, il s’agit d’un ensemble de tribus dont l’organisation n’a pas grand-chose à voir avec un État. À la suite des invasions barbares, le territoire belge sera conquis par les Francs, et après les différents soubresauts des dynasties mérovingiennes et carolingiennes, finira divisé entre le Royaume de France et le Saint-Empire Germanique lors du tournant de l’an mil.

Une naissance qui repose sur l’identité catholique

C’est la réforme protestante qui va causer l’apparition de la Belgique. En effet, à la Renaissance Luxembourg, Belgique et Pays-Bas forment une seule entité dénommée Pays-Bas espagnols.

Mais à la suite du développement du protestantisme dans la partie septentrionale, celle-ci fait sécession et déclare son indépendance en 1581 sous le nom de Provinces-Unies. Désormais, le territoire belge a une réalité propre : celle d’un territoire sous le contrôle des Habsbourg (d’Espagne puis d’Autriche) et catholique de ce fait.

Toutefois, il faut attendre le XIXe siècle pour voir cette entité devenir un véritable État. Après une brève conquête par la France révolutionnaire puis napoléonienne, elle se voit rattachée d’autorité aux Provinces-Unies lors du congrès de Vienne en 1815. Mais supportant mal la tutelle des Hollandais calvinistes, la Belgique connaît en 1830 une révolution qui conduit à son indépendance.

Une domination francophone pendant le XIXe siècle

À sa naissance, la Belgique est un pays dominé par la francophonie, bien que les néerlandophones soient plus nombreux. En effet, grâce à l’industrialisation la Wallonie est prospère économiquement, tandis que la Flandre est pauvre, et d’ailleurs terre d’émigration.

Ainsi, le français est la langue des gouvernants de Bruxelles et cette domination se retrouve lorsque le pays s’aventure au Congo, où la langue de Molière devient langue de la colonisation tandis que le néerlandais n’y est diffusé que de façon marginale.

Pendant la guerre de 14-18, le pays est envahi par l’Empire allemand et le gouvernement se réfugie à Sainte-Adresse, à côté du Havre. À l’issue de celle-ci, la Belgique gagne un peu de territoire avec Eupen, Malmedy et Saint-Vith, mais aussi une communauté germanophone qui s’ajoute à l’édifice linguistique.

Cependant, durant le XXe siècle, le rapport de force entre Flamands et Wallons évolue. La natalité a chuté dès 1870 chez les francophones, et la population flamande voit son poids démographique s’accroître dans le pays.

Les Flamands se rebiffent

La grande rupture a lieu dans les années 1960, où les courbes des PIB flamand et wallon se croisent. Les premiers arrivent à tirer profit des ports de Zeebruges, Gand et Anvers, tandis que les seconds sont victimes de la crise du modèle industriel reposant sur le charbon et la sidérurgie.

Mais l’évènement symbolique le plus marquant à cette époque est sans nul doute l’affaire de Louvain, qui survient durant les années 1967 et 1968, où les étudiants flamands réclament le départ des francophones. Elle se solde par la décision en septembre 1968 de transférer la section francophone, et trois ans plus tard, débute la construction de Louvain-la-Neuve, ville nouvelle destinée à accueillir ladite section devenue université de plein exercice.

Malgré son dynamisme, la population flamande a toujours la sensation de se faire grignoter par les francophones. Il faut dire que l’agglomération bruxelloise, théoriquement bilingue, mais de plus en plus francophone, s’étend en « tache d’huile » au détriment des zones néerlandophones qui l’entourent. Une raison majeure de la croissance de la population francophone dans la capitale est l’immigration. Les principales régions d’origine sont en effet le Maghreb, l’Afrique de l’Ouest, mais aussi la Roumanie. Et les Français expatriés contribuent eux aussi à cet état de fait.

L’indépendance de la Flandre est principalement défendue par deux partis : le Vlaams Belang et la Nieew-Vlaamse Alliantie (N-VA), le second ayant néanmoins participé au gouvernement fédéral entre 2014 et 2018. Sur les dernières années, leur poids global sur l’échiquier politique pourrait être qualifié de minorité de blocage. En tout cas, personne ne s’est encore risqué à lancer le processus d’indépendance, à la façon de ce qui s’est produit en Catalogne.

L’opinion ne semble pas encore décidé à franchir ce pas, et de plus, les questions en suspens telles que le partage de la dette et le statut de Bruxelles seraient difficiles à régler.

Pour le reste, l’idée de rattacher la Flandre aux Pays-Bas ne fait pas florès. Il faut dire que les milieux nationalistes flamands ne sont pas très enthousiastes à l’idée de vivre sous le même toit que les Néerlandais et leurs législations très libérales sur le plan des mœurs – la division entre catholiques et protestants semble subsister sur ce terrain-là.

Côté francophone, bien que peu de gens soient engagés pour cette cause, le rattachement à la France ne serait pas improbable en cas de dislocation de la Belgique, la proximité culturelle étant plus forte. Le quotidien des Français n’est-il pas marqué par les artistes belges, que ce soit dans la bande dessinée, la chanson ou le cinéma ? Et le mouvement inverse semble également exister, ne serait-ce qu’avec le succès de Bienvenue chez les Ch’tis en Wallonie.

Schtroumpf vert et vert schtroumpf

Les Belges aiment bien rire de leurs malheurs en la matière, et c’est sous ce titre qu’une bande dessinée des Schtroumpfs se moque des divisions du pays qui les a vus naître.

Les rebondissements de cette désunion prêtent, il est vrai, parfois à sourire, d’autant que les institutions belges ont une capacité parfois méconnue en matière d’absurde, que symbolise bien la cité administrative d’État de Bruxelles. Ce projet pharaonique devait regrouper l’ensemble des services de l’État ; il mit 25 ans à être achevé et fut désaffecté 15 ans plus tard.

En 2006, ainsi, la RTBF a déclenché une véritable tempête dans l’opinion avec un docu-fiction intitulé « Bye-bye Belgium », où l’indépendance de la Flandre se voyait traitée comme une véritable actualité, et qui provoqua des remous dignes de la radiodiffusion de la Guerre des Mondes lue par Orson Welles.

En 2007, c’est Yves Leterme, qui devait alors devenir Premier ministre, qui remet le feu aux poudres en chantant la Marseillaise en lieu et place de la Brabançonne lorsqu’on lui demande les paroles de l’hymne national belge. En 2010 et 2011, le pays s’est retrouvé sans gouvernement pendant 541 jours, ce qui avait conduit l’acteur Benoît Poelvoorde à appeler à se laisser pousser la barbe en signe de protestation.

Et la situation semble devoir se renouveler, puisque le pays est actuellement sans gouvernement depuis le 18 décembre 2018. La cause de la chute de la coalition alors au pouvoir était le désaccord des nationalistes flamands du N-VA avec la ratification du pacte de Marrakech sur les migrations. Ce rejet semble devoir faire écho à celui du traité Ceta par la Wallonie en 2016. Même les accords internationaux sont source de division dans le plat pays.

Les crises gouvernementales à répétition finiront forcément par peser sur la viabilité du pays. Du reste, la désunion de ce pays où se trouve le cœur de l’Union européenne semble être un drôle de symbole. À moins qu’elle n’en soit le miroir grossissant ?

Sur le web

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  • J’ai beaucoup d’amitiés, d’estime et meme de reconnaissance envers les Belges pour des raisons à la fois personnelles et professionnelles. J’ai trouvé chez à peu près tous les Belges (qu’ils soient Wallons ou Flamands) que j’ai fréquenté des qualités humaines que je n’ai pas trouvé aussi souvent chez mes compatriotes Français. Ils ont incontestablement une meilleure mentalité, en tout cas plus positive, ils ne sont pas aussi obsédés par l’état.
    Ils sont effectivement un peu « écartelés » culturellement par les deux pays qui les entourent et dont ils partagent les langues. Mais, et je voudrais insister sur ce point, ils ne manquent pas de profiter également de cette situation , notamment sur le plan des affaires.
    Combien de sociétés Francaises qui se sont implantés aux Pays Bas l’on fait d’abord par l’intermédiaire d’une filiale Belge qui a commencé à s’implanter aux Pays Bas grace à ses salariés néerlandophones ? Et combien de sociétés Américaines ont commencés à s’installer en Belgique pour avoir accès aux marchés Français , Néerlandais et meme Allemands ?
    Les Belges s’accommodent, souvent assez bien, de leur histoire et de leur situation géographique ils n’ont pas besoin pour cela qu’un état leur donne le biberon à longueur d’années.
    Il y a beaucoup d’amitiés entre les Belges et les Français. Et c’est tant mieux. Et moi, je sais pourquoi.

  • Créée notamment sous les auspices de l’Angleterre qui voulait éviter que la France détienne Anvers et plus généralement pour conforter l’équilibre européen défini par les grandes puissances victorieuses de l’empire napoléonien, on peut de plus en plus douter que la Belgique existe en tant que nation : or, en dépit de toutes les affirmations des supranationalistes et autres européistes, la nation reste le socle d’un État. Les mots de Renan restent fondamentalement valables :
    « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. » Dans le cas de la Belgique, ce second élément existe-t-il encore ?

    Évitons une confusion : l’existence d’une nation n’implique pas obligatoirement le monolinguisme, comme le montre l’exemple de la Suisse dans laquelle l’allemand, le français et l’italien [et le romanche, pour mémoire] coexistent, même si le plurilinguisme complique souvent la situation parce qu’il va souvent de pair avec des identités et des projets collectifs différents, voire divergents.

    Pour revenir à la Belgique, tout concourt à la maintenir dans un immobilisme délétère car les frontières des 3 régions (Bruxelles, Flandre et Wallonie) sont figées par la constitution, aucune évolution n’étant possible, contrairement à ce que permettent les institutions en Suisse (cf. la création du canton du Jura en 1977-79 et les discussions complexes qui continuent sur la « question jurassienne »).
    Or, la carte linguistique évolue, surtout dans les 19 communes de la région de Bruxelles et dans maintes communes voisines, actuellement incluses dans la région Flandre, alors que la carte des régions reste figée : s’ensuivent – inévitablement : tout peuple placé dans une telle situation réagirait ainsi et il n’y a donc pas lieu de se moquer des Belges – depuis des décennies de multiples guerres picrocholines qui dégénèrent de plus en plus en propos et attitudes haineux.
    En bref, contrairement à ce qui se passe en Suisse, le système institutionnel belge oblige des populations qui ne s’aiment pas, voire se détestent, à vivre continûment dans un même espace, d’où des motifs de querelles linguistiques quotidiennes dans de nombreux domaines (école, formalités notariales, etc.) attisant les pinaillages (ex : quelle marge de tolérance linguistique sont possibles dans les « communes à facilités » ?), les rancœurs, voire les haines.
    Et au plan collectif, le pays est totalement paralysé : je sais que certains ultralibéraux, pour lesquels l’État, même cantonné dans ses missions régaliennes, est le Mal Absolu, s’en réjouissent ; à tort : un État paralysé signifie que, sur le plan international, un pays ne peut plus défendre ses intérêts, ce qui n’est par exemple pas le cas des États-Unis, pays pourtant (très) libéral économiquement, qui, en l’absence d’un État digne de ce nom, ne ne pourraient asséner des coups puissants dans de multiples domaines aux pays dont ils veulent contrer la politique (ex : le mélange de guerre commerciale et de négociation avec la Chine, la stratégie d’affrontement avec l’Iran). Dans le cas de la Belgique, il n’y a plus de réelle politique étrangère depuis des décennies, la défense n’est qu’une aveugle soumission aux États-Unis via l’OTAN, les entreprises belges majeures sont passées sous le contrôle d’intérêts étrangers (essayez d’en faire autant dans des pays soi-disant libéraux, à commencer par les États-Unis !), etc.

    Si les Belges souhaitent continuer de vivre au sein d’un même pays, la seule solution pérenne serait d’abolir toutes les frontières régionales et de rediviser l’espace belge sur le modèle suisse, lequel permet même, si nécessaire, le fonctionnement de cantons bilingues (Fribourg, Valais) et, comme indiqué précédemment, ne bloque pas des redécoupages prenant en compte les évolutions démographiques et politiques. Ainsi, on aurait une organisation territoriale qui dépassionnerait les débats (par exemple, il n’y aurait plus de « territoire sacré » de « Vlaanderen » aux accents « Blut und Boden » chez certains extrémistes du Vlaams Belang ni de fausse fenêtre wallone) Au passage, l’adoption du modèle suisse aurait pu sauver la Yougoslavie, ce qui aurait évité les horreurs que l’on sait.

    À défaut, se pose effectivement la question de la séparation, de la dissolution de la Belgique, ce qui soulève de nombreux et sérieux problèmes, notamment :
    – le sort de Bruxelles : officiellement bilingue, la région-capitale est de facto très majoritairement francophone (en 2013, 75% des habitants avaient comme langue maternelle ou principale langue le français) en dépit des efforts frénétiques des Flamands qui déversent des millions d’euros pour soutenir à bout de bras des institutions néerlandophones : or, les Flamands ne veulent pas entendre parler de libre détermination des habitants de cette région ;
    – le sort des communes majoritairement francophones qui sont situées dans la région Flandre : les Flamands refusent totalement d’entrer en matière ;
    – à supposer qu’une séparation à peu près « équitable » puisse avoir lieu, quel serait l’avenir de Bruxelles, dépendante du reste de la Belgique ? Une sorte de « district européen » ou de « ville libre » ?
    Quid de la Wallonie, très handicapée économiquement, ce qui n’est pas le cas de la Flandre qui pourrait devenir sans difficulté majeure un pays indépendant, viable et dynamique ? Le « rattachisme » (réunion à la France) est considérée par un certain nombre de Belges francophones (mais le % est difficile à mesurer et très fluctuant) comme une option en cas d’éclatement de la Belgique : mais s’il existe d’évidentes affinités entre les Belges francophones et les Français, il faudra néanmoins éviter des erreurs comme celles qui furent commises en Alsace-Moselle après 1918 et 1945 qui ont froissé, parfois terriblement, des populations qui avaient constamment et très majoritairement refusé la germanisation…

    Bref, s’exprimer sur ce délicat problème requiert de l’humilité, de l’écoute, de la réflexion et une étude fouillée de la question. Surtout, il faut éviter la condescendance (vis-à-vis des « petits Belges », dont on sous-estime gravement en France la subtilité et la complexité) et les positions idéologiques aussi tranchées qu’infondées. Bon courage !

    • Votre appétence pour l’état, voleur et liberticide, est justement contredit par la Belgique, qui survit sans gouvernement et prouve ainsi qu’il ne sert pas à grand chose! Et la situation lamentable de la France démontre qu’il est même nuisible pour les citoyens!

  • La méfiance Wallons-Flamands n’est pas simple. Tous les reproches que les Flamands font aux wallons ne sont pas à balayer de la main en les traitant d’extrêmistes, ya du vrai. Et le poids des socialistes en Wallonie est un frein important dans la transition, le redressement de la région.
    Perso, je trouve qu’il faut sans cesse construire des ponts, des initiatives locales transfrontalières wallonie-Flandre, les écoles bilingues, la promotion de l’autre langue et culture.
    Pour le rattachement Wallonie France, l’auteur fantasme totalement !! C’est impossible !

    • @Pantone : il y a asymétrie entre les griefs – sérieux de part et d’autre – de chaque communauté à l’égard de l’autre.

      En simplifiant très grossièrement :
      – les Flamands reprochent aux Wallons
      1. de les avoir brimés dans le passé [sauf que, au bout de plus de 50 ans, il y devrait y avoir prescription !]
      2. de continuer à les mépriser, notamment en n’apprenant pas ou insuffisamment le flamand ; là, ils ont raison : si on peut à la limite comprendre cette mauvaise volonté de la part des Wallons qui veulent se séparer des Flamands (donc mettre fin à la Belgique), il y a une évidente inconséquence chez la majorité des Wallons qui veulent le maintien de la Belgique mais refusent d’apprendre la langue de l’autre au motif que  » c’est une langue qui sert à rien  » : c’est la langue de l’autre groupe de Belges, majoritaire de surcroît, avec lesquels on prétend continuer la  » vie commune  » ! Résultat : un nombre croissant de communications entre Belges se fera en étasunien, beau résultat !
      3. d’avoir des conceptions socio-économiques archaïques marquées d’un socialisme au moins aussi dépassé que celui de l’aile gauche du PS français : le reproche est justifié et, en tout cas, de nombreux Wallons n’ont toujours pas su trouver, pour succéder à l’ère de la sidérurgie et autres industries qui ont presque totalement disparu depuis bientôt 50 ans, de modèle économique qui soit réellement compatible avec l’économie de marché.

      De leur côté, les Wallons reprochent aux Flamands
      1. leur francophobie de plus en plus stridente qui prend régulièrement des accents déplaisants, pour rester gentil : par exemple, une amie belge, parfaitement bilingue, a assisté à une manifestation de nationalistes flamands dans une commune majoritairement francophone située dans la région Flandre qui hurlaient ce slogan [Mon amie me l’avait donné en flamand mais je l’ai oublié]  » Rats français, faîtes vos valises !  » : on peut penser au sinistre  » Juden raus  » des nazis… Plus généralement, maints Flamands adoptent une attitude de rejet total et haineux de tout ce qui est francophone : c’est leur droit… mais il faut alors en tirer les conséquences en demandant clairement la liquidation de la Belgique ; et, en attendant, on peut exprimer son opinion sans utiliser un ton aussi ordurier
      2. de renouer avec des attitudes politiquement malsaines rappelant de douteux rapprochements sous l’occupation entre une partie des nationalistes flamands et l’occupant nazi : on ne doit pas souffler sur ce genre de braises mais chercher à les éteindre…
      3. de chercher à les humilier systématiquement pour se venger d’avoir été des citoyens de seconde zone il y a cent ans : là aussi, il devrait y avoir prescription.

      En résumé, il existe un lourd contentieux entre Flamands et Wallons, dont le volet économique n’est souvent pas l’essentiel : il est donc faux de croire que l’indispensable et urgentissime abandon par les Wallons des vieilles et funestes lunes socialistes va résoudre la  » question belge  » et assurer la pérennité de cet indéfinissable  » pays « .

      Pour ma part, je suis incapable de prédire ce que sera l’avenir de  » l’espace belge  » et me suis borné ici à rappeler quelques paramètres fondamentaux qui ne sont pas toujours connus en France.

      • Etant wallon pur jus, ayant travaillé depuis toujours avec des Flamands, il est évident qu’au niveau culturel, nous ne vivons pas dans le même espace. Quand un Flamand de Kortrijk ignore qui est Benoit Poelvoorde, et que un Wallon de Tournai (moi) qui consulte la liste des « Bekende Vlamingen » n’en connait pas le dixième, c’est révélateur… Regardez la liste des personnes les plus recherchés en Belgique sur google : en raison de la démographie belge, ce seront des Flamands… inconnus en Wallonie.
        Pour le néerlandais, les Wallons ont une très mauvaise image de cette langue, de réels apriori, une vision de langue moche, incompréhensible… (maitrisant pas trop mal cette langue, j’avoue que mon niveau oscille entre 5% et 75% selon l’accent local de la personne… ça aide pas…).
        Au final, je pense qu’on doit se mélanger plus. Pour faire simple.

        • @Pantone : merci de ces informations… et de votre courtoisie qui, hélas, n’est pas toujours la règle sur ce forum.
          Bonne chance aux Belges, quelle que soit l’option qu’ils choisiront : ceci ne changera pas ma dilection pour cette fascinante civilisation du paradoxe où les bons vivants connaissant mieux nos vins que les Français (si, si !) nous sortent des tableaux « torturés » comme ceux d’Ensor… et où la paralysie récurrente des institutions est palliée par le dynamisme de maintes personnes. Quand on accorde à cette région d’Europe, souvent si lotharingienne, on ne s’ennuie jamais.
          PS : toute langue est assurément respectable… mais, honnêtement, il y a plus harmonieux que ces enchaînements de syllabes tellement gutturales qu’on en a mal à la gorge ; c’est en tout cas mon humble avis, ce qui ne change rien à l’impérieuse nécessité d’apprendre cette langue pour les Belges qui veulent que la Belgique continue.

          • Correctif, avec mes excuses : « … Quand on accorde à cette région d’Europe, souvent si lotharingienne, l’attention qu’elle mérite, on ne s’ennuie jamais. »

          • J’adore le terme ‘guttural’, qui nous indique tout de suite les méchants à Hollywood !

            Rappelez vous le défi que vous lançait Ricola de prononcer  » Chrüterkraft  » en Suisse allemand, un peu comme  »
            Gelukkige Verjaardag  » en Néerlandais…

            En fait, parler « Schwiizerdütsch » me facilite la prononciation du néerlandais

             » Schwiizerdütch ìsch kai Sprooch, es ìsch a Hàlschranket…  »

            (Le Suisse allemand n’est pas une langue,c’est une maladie de la gorge…)

             » Guttural (van het Latijnse guttur « keel ») is een term voor spraakgeluiden waarvan de plaats van opleiding anatomisch onnauwkeurig in de « keel » was gelegen (vandaar de term « keeltonus »)  »

            Guttural (du latin guttur « gorge ») est un terme pour les sons de la parole dont le lieu de formation était, en fait anatomiquement inexact, situé dans la « gorge » (d’où le terme « son de gorge »).

            Bedankt voor het lezen…

          • Une bonne partie de la population se contrefout de qui est au gouvernement ou pas je pense. Peut-être pas la majorité mais…
            Ya 10 jours, j’aurais été incapable de vous dire le nom de la première ministre en poste depuis fin octobre. Et entre amis et en famille, ono se demandait ce que devenait ce cher Elio… (il est juste ministre-président de la région wallonne, mais on ne savait plus…) Et en parlant à gauche à droite, j’ai le sentiment que les gens s’impliquent plus au niveau local que aux niveaux politiques supérieurs, sur lesquels ils ont peu de prise.

  • et curieusement ce pays sans gouvernement est prospère, à croire qu’en France nous devrions les imiter 🙂

  • le socle (identité) catholique s’est considérablement errodé (il n’en reste pas grand chose)… cela n’aide pas !

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