Les fondateurs de Google démissionnent de leurs postes de dirigeants

Eric Schmidt, Sergey Brin and Larry Page By: Joi Ito - CC BY 2.0

Loin de ses débuts de startup technologique, Google est désormais davantage dans l’actualité pour des questions de société plutôt que son impact technologique.

Par Aurélien Chartier.

Larry Page et Sergey Brin, fondateurs du géant de l’Internet en 1998, ont annoncé mardi qu’ils démissionnaient de leurs postes respectifs de CEO et président d’Alphabet, la compagnie mère de Google. Ils sont remplacés par Sundar Pichai, le CEO actuel de Google. Les deux fondateurs resteront actifs au sein d’Alphabet en tant qu’actionnaires et membres du conseil d’administration.

Dans une lettre ouverte, ils déclarent que la société est désormais majeure, en référence à 21 ans, l’âge de la majorité légale aux États-Unis et qu’ils n’estiment plus nécessaire de faire une distinction entre Google et Alphabet, la compagnie mère créée en 2015 et dont Google reste la principale source de revenus.

Larry Page et Sergey Brin s’étaient éloignés progressivement de leurs postes au cours de l’année passée. Ils ne participaient plus aux réunions hebdomadaires avec leurs employés et l’été dernier, Larry Page a été absent de la réunion des actionnaires d’Alphabet. Sundar Pichai prenait parallèlement un rôle de plus en plus important lors des réunions avec les investisseurs et les audiences du Congrès américain.

Ce tournant s’inscrit dans un contexte particulier pour Google.

Google suscite des inquiétudes

Alors que le géant était vu il y a 10 ans comme la startup cool de l’Internet, résumé par son slogan don’t be evil, il se retrouve désormais ciblé par de nombreuses critiques. La collecte massive de données effectuée dans le but d’offrir des publicités personnalisées est devenu un sujet d’inquiétudes pour de nombreux consommateurs, conduisant à l’adoption du règlement général sur la protection des données, plus connue sous le nom de RGPD en Union européenne.

Lors de l’été 2017, l’entreprise fût également dans l’actualité en raison d’un mémo interne de James Damore suggérant que le faible pourcentage de femmes bossant dans le domaine informatique est dû à des causes biologiques et non au sexisme.

La publication du mémo a causé une tempête médiatique conduisant au licenciement de son auteur. Google se retrouve à la fois attaqué par la gauche politique considérant ce mémo comme preuve de la culture sexiste des entreprises informatiques, mais aussi par la droite estimant que le licenciement est une tentative de censure.

Suite aux élections de 2016, Google est également critiqué par les deux camps politiques qui l’accusent chacun d’avoir avantagé l’autre camp, tout en se rejoignant sur le fait que l’entreprise dispose d’un pouvoir trop important.

À gauche, la campagne présidentielle d’Elizabeth Warren propose de démanteler Google et les autres géant de l’Internet.

À droite, Tucker Carlson a proposé de réguler Google comme un service public. Même chez les libéraux, on trouve de telles velléités avec Peter Thiel qui accuse la société d’être à la solde du gouvernement chinois.

Difficile de juger à quel point ce contexte difficile a pesé dans la décision des fondateurs de s’éloigner de leur création. Loin de ses débuts de startup technologique, Google est désormais davantage dans l’actualité pour des questions de société plutôt que son impact technologique. Comme un reflet de notre époque où tout doit être vu via le prisme politique.

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