« J’accuse » : il n’y a rien au-dessus de la vérité et de la justice

Rien ne peut dépasser les impératifs de vérité et de justice : voilà ce que nous raconte le film de Polanski « J’accuse ».

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Capture d'écran de la bande-annonce du film J'accuse-Youtube

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« J’accuse » : il n’y a rien au-dessus de la vérité et de la justice

Publié le 25 novembre 2019
- A +

Par Nathalie MP.

Une question qu’on me pose depuis quelque temps : Vous avez vu “J’accuse” ? Vous savez, ce film de l’horrible Polanski sur l’affaire Dreyfus… Il paraît qu’en fait il est excellent.

Alors oui, j’ai vu J’accuse.

Un film à voir, non seulement parce qu’il est parfait du point de vue de sa réalisation méticuleuse et de la performance de son acteur principal Jean Dujardin, mais surtout parce que c’est un film sur la vérité et la justice comme valeurs absolues qui dépassent tout, la préservation des institutions comme les petits attachements identitaires des hommes.

Pour ce qui est de « l’horrible » Polanski, je suis d’avis que tout homme qui a porté atteinte à une personne ou à ses biens doit répondre de ses actes. Le judiciaire est là pour ça, laissons la justice faire son œuvre s’il y a lieu avant de lancer anathèmes et menaces de boycott.

Quant au film, je pense que l’affaire Dreyfus n’en est que la trame de fond, je dirais même le décor – historique, certes, mais seulement le décor. En réalité, tout tourne autour du lieutenant-colonel Picquart (1854-1914), tout tourne autour de la fabuleuse capacité qu’il a eu à mettre de côté ses réserves, ses antipathies – son antisémitisme tranquille et virulent, disons-le carrément – pour aller chercher au-delà de lui-même les valeurs intemporelles de justice et de vérité.

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Le film s’ouvre en janvier 1895 sur la grande scène de la dégradation du capitaine Dreyfus dans la cour de l’École militaire (voir bande-annonce en fin d’article). Celui-ci vient d’être condamné à perpétuité pour trahison et il sera prochainement envoyé en réclusion sur l’île du Diable.

Intense soulagement au ministère de la Guerre et chez ces messieurs de l’état-major : l’affaire Dreyfus est terminée et l’armée française est sauve ! Le Juif a été proprement mis hors d’état de nuire et la « juiverie internationale », malgré toutes ses roueries, n’a rien pu faire pour lui. Dans les salons dorés de la République, on trinque, on rit, on se congratule en prenant des airs entendus, et le commandant Picquart n’est pas le dernier à participer à la fête.

Il se trouve qu’il connaît bien le capitaine Dreyfus car il l’a eu comme élève à l’École de guerre. Il ne l’aime pas, il n’aime pas les Juifs, il n’aime pas ce qu’ils représentent – whatever that may be – mais il se targue de ne pas laisser entrer ces considérations dans le jugement académique qu’il porte sur lui en tant que professeur. On découvre un Picquart froid, sans affect, strictement rationnel et très sûr de lui.

Tiendra-t-il la distance ?

Peu après, coïncidence, Picquart est nommé chef du service de renseignement militaire avec le grade de lieutenant-colonel. Il s’agit justement du bureau qui a établi la culpabilité de Dreyfus grâce au fameux bordereau, document récupéré en mille morceaux dans une corbeille à papier de l’ambassade d’Allemagne grâce aux bons offices d’une femme de ménage cornaquée par le commandant Henry, numéro deux du service.

La routine de l’analyse des poubelles de l’ambassade d’Allemagne se poursuit. Picquart lui-même tombe sur un document connu désormais sous le nom de « petit bleu » : un télégramme rédigé par l’attaché militaire allemand et adressé à un certain Esterhazy, officier français en poste à Rouen. Le télégramme n’a jamais été envoyé à son destinataire (puisqu’il a fini dans la corbeille à papier) mais il atteste des activités de renseignement d’Esterhazy en faveur de l’Allemagne.

Jusque-là, rien à voir avec Dreyfus.

Picquart informe le ministre de la Guerre de cette nouvelle fuite et apprend alors qu’Esterhazy n’est pas un inconnu pour l’administration militaire : par deux fois il a sollicité par lettre sa mutation à Paris. Il récupère les lettres en question, rentre à son bureau et se rend compte de l’extraordinaire similitude graphologique entre ces lettres et… le « bordereau ». Similitude qui lui est confirmée par le même spécialiste qui avait attribué le bordereau à Dreyfus.

Et nous revoilà dans l’affaire Dreyfus.

Sauf qu’il n’y a plus d’affaire Dreyfus mais une seule et unique affaire Esterhazy. Autrement dit, l’armée s’est complètement trompée. S’étant trompée, elle a cherché tous les moyens de masquer ses fautes pour se protéger. On découvre dans la foulée qu’elle a non seulement accusé un innocent mais qu’elle s’est crue autorisée à forger des pièces accusatrices secrètes pour obtenir à coup sûr un verdict de culpabilité et qu’elle entravera sans états d’âme toute action ultérieure qui aurait pour but d’exposer ses mensonges.

Émergent alors deux figures, deux écoles de pensée, deux formes de loyauté.

D’un côté, on a le lieutenant-colonel Picquart. Au-delà de ses réticences personnelles vis-à-vis de Dreyfus et au-delà des circonstances particulières de l’époque, il pense qu’il existe quelque chose d’intangible, quelque chose de supérieur, quelque chose qui vaut la peine qu’on prenne des risques et qui s’appelle la vérité. Pour lui, c’est même la seule façon de protéger l’institution militaire qui reste grande à ses yeux. Cette position, qu’il va avoir le courage de maintenir jusqu’au bout, lui vaudra d’abord éloignement aux quatre coins des territoires français puis emprisonnement en bonne et due forme.

Face à lui, voici le commandant Henry. Auteur des faux versés au dossier, il préfère se dire que « ce sont les chefs qui décident ». Lui, obéissant, loyal, se contente d’exécuter. Au prix d’un écrasement de sa conscience qui finira par le pousser au suicide.

Henry est en quelque sorte un précurseur d’Adolf Eichmann. Lors de son procès (1961), ce dernier avait justement basé toute sa défense sur le fait qu’en tant qu’officier du Reich, il n’avait qu’une seule chose à faire, obéir. Il s’était même réclamé de Kant pour se justifier. Dans Qu’est-ce que les Lumières ? (1784), le philosophe déclarait en effet :

Il serait très dangereux qu’un officier à qui un ordre a été donné par son supérieur, voulût raisonner dans son service sur l’opportunité ou l’utilité de cet ordre ; il doit obéir.

Voilà qui semble régler la question. Si ce n’est qu’Eichmann a opportunément oublié la suite du texte :

Mais si l’on veut être juste, il ne peut lui être défendu, en tant que savant, de faire des remarques sur les fautes en service de guerre et de les soumettre à son public pour qu’il les juge.

Du reste, en disant dans un autre texte qu’« il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes », Kant montre qu’il reconnait parfaitement le rôle essentiel de la conscience, la nécessité du discernement et la légitimité de la désobéissance civile dès lors que des valeurs humaines absolues sont menacées.

Or c’est précisément ce que Picquart a choisi de faire, quitte à s’extraire avec force de la glaise sociale qui emprisonne trop facilement ses pairs, ses collègues, ses semblables dans leurs cadres de pensée habituels. Pas pour Dreyfus en particulier, mais pour l’idée supérieure qu’il se fait de la vérité et de la justice, idée qui doit aussi s’appliquer à Dreyfus.

Si Henry est un précurseur d’Eichmann, Picquart m’apparait comme un précurseur de Georges Bernanos, quoique dans une version nettement moins compassionnelle. Résidant à Majorque en 1936, ce dernier est le témoin quotidien de la croisade du général Franco contre le bolchévisme. Mais jour après jour, les horreurs succèdent aux abominations. Catholique, monarchiste, proche de l’Action française, Bernanos pourrait fermer les yeux. C’est ce que font les gens comme lui.

Mais lui ne peut plus. Dans un effort de totale vérité et de totale liberté, en conformité avec sa foi, mais en rupture avec toute appartenance politique et toute proximité sociale, il décide de témoigner. Ses chroniques sur les événements espagnols seront rassemblées dans Les grands cimetières sous la lune. Inutile de dire que nombre de ses amis lui ont alors tourné le dos.

Rien ne peut dépasser les impératifs de vérité et de justice – voilà ce que nous dit Bernanos, voilà ce qu’a découvert le lieutenant-colonel Picquart qui aurait pu si facilement s’en tenir tranquillement aux critères moraux de son camp et voilà ce que nous raconte le film de Polanski « J’accuse ».

 

  • Bande-annonce du film J’accuse de Roman Polanski (2019) avec Jean Dujardin dans le rôle du lieutenant-colonel Picquart :

Pour plus de détails sur l’affaire Dreyfus elle-même, on pourra visionner (sur youtube) le téléfilm réalisé par Yves Boisset en 1995.

On pourra également se reporter au chapitre que Philippe Nemo a consacré à l’affaire dans son livre Les deux Républiques françaises pour mesurer combien la gauche de l’époque s’est indûment appropriée le beau rôle (témoignages de Léon Blum à l’appui).

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  • Bonjour,
    L’affaire Dreyfus qui a divisé la France, est le bâton de maréchal de la gauche. C’est la seule fois où ils avaient raison. Le camp du bien tient à son icône. Dommage qu’ici, le porte flambeau soit si critiquable.

    • l’affaire dreyfus est surtout une exemple que l’idéologie s’empare de touts les sujets et les pourrit.
      de plus le concept de gauche se meurt… on ne sait plus ce qui définit le clivage droite gauche… si jamais cela a eu un sens défini!

      mais c’est toujours un plaisir de voir les foules partisanes se cristalliser autant sur des sujets dérisoires que vitaux..

    • Vous devriez lire « Historiquement correct » de Jean Sévilla. Où l’auteur montre avec brio que ces combats que « la gauche » s’attribue n’ont rien de gauche et dépassaient largement les clivages traditionnels – avec des personnalités de gauches anti-dreyfusardes et des personnalité de droite dreyfusardes.
      La même remarque s’applique à l’entreprise coloniale, soutenue ou combattue par les 2 côtés de l’échiquier politique.

      • Zola initialement n’était pas dreyfusard. C’est tout à son honneur d’avoir changé d’avis.
        Lui aussi d’ailleurs n’était pas ‘clean’ dans sa vie privée.

      • Très juste! La gauche falsifie comme d’habitude l’histoire avec son manichéisme. Elle prétend qu’elle était Dreyfusarde à l’exemple de Jean Jaurès. Pas de pot car celui-ci ne l’était pas, il déclara:
        les traîtres doivent être fusillés! Pas spécialement favorable à Dreyfus cette remarque. En fait les membres du parti socialiste étaient aussi divisés que le reste de la population, à en croire Theodor Herzl, en France durant cette période, qui se plaignait de l’antisémistisme régnant à droite, mais tout aussi bien à gauche.
        Pour Jaurès c’est sûr: Le libre échange livre aux frelons juifs le miel des abeilles françaises (Jean Jaurès, Programme économique, La Dépêche, 1er septembre 1889).
        Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion (Jean Jaurès, 1898, Discours au Tivoli).

        • Il faut (ré)lire l’argent d’E. Zola (1891) quand il décrit la banque juive avec des qualificatifs dignes des pires anti-semites.

    • l’affaire est plus complexe que le film forcément scénarisé.
      La lecture de l’ouvrage de Jean-Denis Bredin en donne une bonne idée.

      Concernant la gauche, elle a été très divisée sur cette affaire et nombreux sont ceux qui ont évolués dans leur opinion, sans compter tous ceux qui en ont profité pour se refaire une santé politique (Jaurès, Clémenceau…).

      Cela a été également le tremplin pour les radicaux pour s’emparer du pouvoir (avec tout ce qui s’ensuit).

    • Il y a au moins un exemple d’affaire d’espionnage ayant donné lieu à un film Français (d’historiens) « Les Rosenberg ne doivent pas mourir » dont on sait qu’ils étaient coupables.
      Une autre icône de gauche mais qui celle là n’a pas survécu à la réalité.

  • « petits attachements identitaires des hommes »
    Pourquoi les attachements identitaires seraient-ils petits ? cela traduit un parti pris de l’auteure qui insulte ce qu’elle ne comprend pas.

  • C’est bien que ce film soit fait par Polanski , une autre ‘victime’ de la vox populli….

    • bien ou mal je ne sais pas..le film est bon nous dit la dame..

      j’ai par contre jugé l’homme, et le film n’aide pas beaucoup..je SAIS déjà qu’n charcutier qui cogne sa femme peut faire une excellente andouillette.

      la vox populi n’a pas toujours tort!!! ni toujours raison…
      d’ailleurs , polanski est il victime de la vox populi…????

      • Populi est de trop , on s’en fout , ce sont les medias qui decident de la réputation des gens….pour le film..histoire connue et harchi connue et je deteste dujardin qui est une personne d’ailleurs aussi detestable que la plus part de nos artistes ,tout sourire devant tout pourri dedans…mais comme ils vivent dans milieu marecageux ,on les excusera…mais pas Polanski evidement….

    • Vous prenez parti sans savoir! Face au procureur Polanski a admis avoir violé la gamine, il s’est enfui pour éviter la prison!

      • Je ne prend pas parti ,il a , il n’a pas pas n’est pas mon sujet favori surtout pour une affaire au usa où la justice est dollarisee au maximum ,un milieu où le viol est initiatique voir consenti contre un role ….je me demande seulement si la motivation de polenski pour faire un nieme film sur Dreyfus est une affaire personnelle , son histoire.

        • @reactitude
          Bonjour,
          « un milieu où le viol est initiatique voire consenti contre un rôle »
          Du pur Gloubigoulba !

          « Dreyfus est une affaire pesonnelle, son histoire »
          Ca lui a fait une belle jambe ! son histoire personnelle, qui a bien dépassé le cadre bien ordonné de la Grande Muette.
          En fait, elle n’a de personnel que le Capitaine Dreyfus. C’est une partie de l’Histoire de l’Armée française, partie qui n’est pas très jolie.

          « la justice est dollarisee au maximum »
          J’aimerais bien que vous développiez un peu, parce que je vois plusieurs sens à cette proposition. Celui qui me vient est qu’avec des dollars on puisse acheter un juge, et que ce serait même légal.

  • oui la racisme est un procès d’intention…

    on a le droit d’en faire.. mais on garde ça en soi..

    les lois racistes ont été abolies par de parfaits racistes..
    c’est une des grandes erreurs de la gauche.. faire poser la légitimité des actes sur la qualité supposées des personnes..

    la meilleure façon de reproduire les horreurs du nazisme est de supposer que les nazis étaient des monstres…

  • Bonjour Bainville
    D’après vous, si j’ai bien compris, Dreyfus était coupable? Ce qui est possible.
    Je ne connais pas bien l’affaire Dreyfus, mais il y a eu fabrication de fausses preuves ?

    • Quand bien meme ne serait-il pas coupable, son frere était un officier de l’armée allemande et les tests graphologiques ont confirmé qu’il était l’auteur de petits billets contenant des informations secretes, a trois voix contre cinq. Bien sur il y a une marge d’erreur sur ces expériences, mais je ne vous cite que deux des arguments des anti-dreyfusards. Ils en avaient une bonne dizaine d’autre également. Soutenir que Dreyfus était coupable a l’époque n’avait rien d’un délire anti-philosémite mais bien une décision raisonnée en pondérant les pour et contre. Evidemment cela ne sera pas retranscrit dans le film et évidemment jamais les professeurs de goche ne vous évoquerent ces points-la. En revanche ils se plaisent a évoquer Zola et son « J’accuse », caricature de l’intellectuel de gauche qui se permet de parler de tous les sujets sans rien savoir dessus. Pas étonnant qu’il fut journaliste : il amorce déja la décadence journalistique dans ce pays.

  • Question moralité et justice Polanski est plutôt mal placé pour les promouvoir!

    • Seul le talent avec lequel quelqu’un promeut une valeur doit entrer en ligne de compte.

      • Je ne suis pas d’accord, car cela s’appelle hypocrisie! Tartuffe vous connaissez?

        • Oui, je l’ai cité il y a quelques jours sur ce site. L’auteur d’une oeuvre n’entre pas en ligne de compte, cette oeuvre doit être analysée et jugée indépendamment de son auteur, point.
          Idem pour les commentaires, je mets des +1 et des -1 ou rien du tout en fonction du commentaire, et j’aurais honte de tenir compte du pseudo de l’auteur.

  • Je ne suis pas sûr que j’irai voir ce film, ou plus précisément que je ferai du visionnage de ce film un acte militant pour soutenir Polanski (car c’est ce que font un certain nombre de gens – pas tous heureusement – : un acte militant, contre la curée médiatique dont est victime Polanski ces jours-ci), pour la raison suivante :
    Que je sache, Polanski a fui la justice américaine, qui s’apprêtait à le condamner pour le viol d’une jeune fille de 13 ans.
    Si comme le dit l’auteur (avec quoi je suis parfaitement d’accord), la justice rendue en bonne et due forme doit toujours l’emporter sur la « justice médiatique » qui n’a évidemment de justice que le nom, Polanski devrait se rendre à la justice américaine et purger sa peine, si peine il doit y avoir.

    • C’est peut-être un peu compliqué à comprendre mais baser votre action sur ce que vous reprochez aux autres de faire (faire du visionnage du film un acte militant en faveur de Polanski) c’est strictement faire ce que vous reprochez aux autres de faire.

      • Mon propos n’est pas vraiment celui-là : il est de dire que, contrairement à beaucoup, je n’oublie pas (Virgile en parle également plus haut) que Polanski est toujours pousuivi par la justice américaine pour une autre affaire, avérée celle-là, de viol.
        Et ce n’est pas le fait de faire un acte militant en tant que tel qui me gêne (car effectivement en n’allant pas voir ce film pour la raison susmentionnée, je fais aussi un acte militant, d’une certaine manière) mais le fait que ceux qui font ainsi, ces jours-ci, oublient cette affaire américaine. Le fond, avant la forme, si vous préférez.

        • Le problème dans tout ça c’est qu’on ne sait pas combien de gens vont aller voir ce film dans une optique militante et encore moins dans le cadre de quel militantisme et il n’est même pas certain que les personnes elles-mêmes comprennent les fondememnts de leur motivation. L’explication la plus probable du succès du film en salle est la formidable publicité dont il a bénéficié et de la coutume moutonnière du public. A partir de là, faire echo d’une motivation particulière est étrange pour dire peu.

          La seule motivation qui me semble correcr pour aller ou non voir un film est le plaisir que l’on en attend. Pas la peine de justifier cela par les autres. Personnellement je ne vais pas voir certains films avec certains acteurs car dès que je vois leur gueule, je ne vois que le connard sous-jacent ce qui m’empêche d’entrer dans la fiction et gâche donc mon plaisir. Pour un réalisateur, tant que son militantisme n’est pas l’objet de son film je ne crois pas que cela puisse me gêner.

  • Constater une culpabilité avec un dossier secret ne peut qu’être sujet à caution.

    L’affaire Patrick Dils montre que deux condamnations peuvent être invalidées par un troisième procès.

  • … L’armée est donc une administration comme une autre, avec son lot d’arbitraire et de coercition. Dés que la machine se grippe, le déni est impossible, tout les parties prenantes se soutiennent car elles n’existent qu’à travers elle.

  • Tout ca n’est pas assez précis ! :o)

  • « Il n’y a rien au-dessus de la vérité et de la justice »:
    Les personnes qui entravent le bon déroulement de ce film devraient faire leur ce principe.
    Et attendre que les faits soient avérés et que la justice passe.
    Mais en sont-elles capables?

  • @ Bainville :

    Comment expliquez-vous qu’aux yeux de nombreux Juifs, pas seulement français, l’affaire Dreyfus soit un des grands symboles d’un antisémitisme trop répandu en Europe à cette époque (affaire qui, au passage, donnera un coup d’accélérateur au mouvement sioniste, lequel aboutira à la création de l’État d’Israël en 1948) ?
    Les Juifs sont-ils donc paranoïaques ?

    • Je pense que le sionisme – une patrie terrestre pour les Juifs – à ses débuts a été avant tout un mouvement très marginal né en Europe Centrale (Herzl vivait à Budapest) et en Russie où les pogroms avaient lieu. Les premiers sionistes ont d’ailleurs été bien accueillis dans l’Empire Ottoman qui voyait avec étonnement mais d’un très bon oeil des gens voulant réellement s’installer et investir dans une des provinces les plus pauvres et les plus reculées de l’Empire Turc.

      • En quoi cela répond-il à ma question ?
        Les Juifs en général, et Herzl en particulier (et ceux qui l’entouraient) étaient/sont-ils paranoïaques pour avoir vu en l’affaire Dreyfus un grand symbole de l’antisémitisme européen, et un signal pour accélérer le mouvement sioniste ?

  • « Mais le général Mercier, dominé par le souci de mettre
    immédiatement un terme aux livraisons, ne se laissera pas
    convaincre par Sandherr et passera outre à ses objections (36) ».

    C’est quand même très léger comme réaction de la part du général Mercier : outre avoir laissé passer la chance de démasquer le coupable, il y avait quand même de quoi faire une belle intox aux allemands, ce qui est quand même le but des services de contre-espionnage !

  • Effectivement, Roman Polanski est un très grand metteur en scène. A-t-il été un affreux pervers? Possible mais pour l’instant à part l’affaire américaine qui remonte aux années 70 (toutes ces « affaires » d’ailleurs autour de Polanski sont concentrées sur ces années post assassinat dans d’épouvantables conditions de son épouse Sharon Tate) dont la victime prend d’ailleurs la défense de Polanski (!), aucune autre condamnation ni même inculpation n’est en cours! Ce qui est très curieux actuellement dans ce déferlement de haine d’une fraction de la gauche moralisante vis à vis de Polanski, c’est que personne ne manifeste contre Tariq Ramadan qui fait tranquillement la promotion de son livre de « souvenirs » alors qu’il est l’objet de poursuites judiciaires (!) ni contre l’icone de la gauche caviar Nicolas Hulot qui a fait face aux mêmes accusations que celles contre Polanski.
    Et si on ne dissocie plus l’homme de l’oeuvre, faut-il interdire le Marquis de Sade? Céline? Robert Brasillach? … Jusqu’où ira le totalitarisme du politiquement correct?

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