L’obsession anticoloniale retarde le développement africain

Ouganda - Afrique — Photo by Ninno JackJr on Unsplash,

L’époque coloniale, c’est l’histoire. C’est important, mais il faut la confier à de vrais historiens. Gouvernants et intellectuels africains doivent conduire leur pays en regardant devant eux et pas seulement dans un rétroviseur déformant.

Par Yves Montenay.

La plupart des gouvernements rejettent leurs échecs sur le pouvoir précédent. En Afrique on accuse la colonisation. Une soixantaine d’années est passée, et cette accusation perdure et même redouble. Elle s’appuie sur une mythification de l’histoire précoloniale, coloniale et postcoloniale.

Étant Français et blanc, donc a priori suspect dès que je n’adhère pas à cet anticolonialisme primaire, je vais passer la parole à des Africains. Et notamment à l’un d’entre eux, Kakou Ernest Tigori (KET dans ce qui suit), Ivoirien ayant reçu le prix Mandela de littérature 2017.

Nous parlerons principalement ici des anciennes colonies françaises.

Une histoire très arrangée

Faute d’écriture en Afrique, la plupart des témoignages historiques écrits viennent des Européens. Les Africains reprochent à l’histoire qui en découle de donner une image dégradante de leur continent (ce qui n’est pas toujours vrai) et réagissent en « l’arrangeant » à leur façon.

Une mythification de l’histoire précoloniale

Une approche assez fantaisiste, du moins pour l’Afrique ex française, est d’idéaliser le passé précolonial, d’exagérer les rares combats qui ont eu lieu à l’occasion de la colonisation et de les présenter comme une résistance de la population.

En fait, les enclaves côtières européennes étaient plutôt des pôles d’attraction (selon KET et les indications recueillies sur le terrain) et une interface entre les organisations politiques de l’intérieur et le reste du monde. La côte leur fournissait les produits demandés, notamment des armes, en échange de l’or produit localement, et des esclaves. Ces organisations politiques de l’intérieur n’étaient pas vraiment des États au sens occidental du terme, mais sont aujourd’hui idéalisés dans l’enseignement national.

Il y avait des organisations plus puissantes dans d’autres parties de l’Afrique, avec, par exemple les Zoulous au sud et les sultanats musulmans, notamment au nord de l’actuel Nigeria.

La diabolisation de la période coloniale

Carte : l’Afrique en 1914. En 1918 les colonies allemandes ont été attribués à la Grande-Bretagne, sauf la plus grande partie du Cameroun et une partie du futur Togo qui ont été attribués à la France

Cette période coloniale, toujours dans les ex-colonies françaises et contrairement au Congo belge, est loin de représenter l’oppression quotidienne souvent évoquée, surtout quand on la compare aux relations tribales précédentes. J’ai recueilli les témoignages de Français et d’Africains en charge dans les années 1940 et 1950, qui étaient surpris et choqués par la façon dont, 20 à 30 ans plus tard, on niait leur action de paix civile et de développement.

Les anticolonialistes « sérieux » font d’ailleurs prudemment référence à une époque coloniale plus ancienne, mais plus on remonte dans le temps et moins est pertinente l’idée que la situation actuelle de l’Afrique découle de cette période. Souvenons-nous que la Prusse vaincue et quasi démembrée par Napoléon était devenue 70 ans plus tard un empire puissant, le deuxième Reich, qui avait vaincu la France et faisait de l’ombre à l’empire britannique.

Voici deux de ces témoignages de cadres coloniaux.

Dans un district de Haute-Volta (aujourd’hui le Burkina Faso), Marcel Dolmaire était l’un des trois seuls Européens pour vingt-huit mille habitants, appuyé par dix-neuf gardes armés sans cartouches, et était complètement absorbé par l’action sanitaire, la gestion des conflits inter tribaux ou personnels et le développement. Si les populations avaient vraiment considéré que les Français étaient des ennemis ou des exploiteurs, il n’aurait pas survécu longtemps.

On pourrait multiplier les témoignages de ce genre pour les Européens isolés loin des villes, du bled du Sahel aux montagnes du Vietnam.

Allez lire également le témoignage de Maurice Guillaume, agronome voyageant seul dans les montagnes vietnamiennes pour former les paysans à l’usage des meilleures semences : Le cycle colonial à travers une famille.

Une première « infox » due à la guerre froide

Pendant la guerre froide dont j’ai été le témoin attentif à partir de la guerre de Corée, j’ai observé l’instrumentalisation des élites occidentales et africaines par l’URSS. La stratégie lancée par Lénine qui était persuadé que le capitalisme ne survivait que par l’exploitation coloniale, était de priver les capitalistes de leur Sud. Il y avait une distribution massive de bourses par les universités soviétiques et des actions opérationnelles directes, notamment militaires. L’élite africaine a ainsi été communiste, avant que certains ne se détachent du parti (Césaire, Senghor…), mais leurs œuvres de l’époque ont été et sont toujours diffusées.

KET rajoute que « Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah ou Thomas Sankara ne doivent leur notoriété actuelle qu’au fait qu’ils étaient au service de la propagande soviétique », dont j’ai pu constater l’efficacité en voyant des personnalités communistes secondaires, comme la sud-africaine du Dulcie September, bénéficier de manifestations dans le monde entier !

Une décolonisation calme découlant de la géopolitique

La décolonisation a eu des raisons multiples, « l’esprit du temps » certes, mais qui lui-même est la conséquence de multiples circonstances dont voici quelques-unes.

La plus souvent évoquée est la résistance des populations. Mais l’examen pays par pays montre qu’il s’agit en général d’un mythe. En effet la situation était calme au sud du Sahara, avec de rares exceptions comme celle de l’ethnie Bamiléké au Cameroun.

Le cas général a été une évolution continue avec l’étape de « l’Union française » et la carrière à la fois parisienne et locale des premiers présidents, dont ceux du Sénégal et de la Côte d’Ivoire et de nombreux hommes politiques subsahariens.

Une autre raison a souvent été avancée par des intellectuels africains : « vous nous avez enseigné la démocratie et les droits de l’Homme, et nous avons tout simplement suivi vos idées ». Mais pourquoi à cette époque ? À mon avis, c’était du fait de l’affaiblissement de l’Europe par les deux guerres mondiales et de l’action de l’URSS auréolée de son succès sur l’Allemagne nazie, qui avait fait oublier les violences staliniennes et le pacte germano-soviétique.

On parle rarement d’une troisième raison : la démographie.

La colonisation a considérablement réduit la mortalité, en premier lieu grâce au retour à l’ordre public, à la fin des guerres tribales et de l’esclavagisme, notamment arabe, qui s’était traduit par des déportations massives. Des transports moins imparfaits ont réduit les famines, tandis que les progrès de la médecine commençaient à se diffuser.

Mais la fécondité est restée élevée, notamment du fait de la faible urbanisation. Elle a même augmenté suite à la moindre mortalité des femmes d’âge fécond. L’augmentation rapide de la population a rendu plus difficile l’administration coloniale et notamment la scolarisation, difficultés qui ont continué après l’indépendance et qui perdurent encore aujourd’hui (voir une argumentation détaillée dans le cas de l’Algérie).

Cette évolution démographique est probablement à rapprocher de l’idée qui s’est répandue en France à l’époque, à savoir que les colonies coûtaient bien plus qu’elles ne rapportaient, et que cela allait s’aggraver s’il fallait financer la scolarisation et les services publics pour une population galopante.

Les indépendances et la prime médiatique aux démagogues

La décolonisation a conduit à la sacralisation des « dénonciateurs » : Sekou Touré, N’Krumah, Sankara. C’est patent dans le cas de la Guinée « De Sekou Touré à Alpha Condé, la logique du pouvoir est restée inchangée : dominer et ruiner », selon Amadou Sadjo Barry dans Le Monde à la suite des manifestations du 14 octobre 2019

Ces dictateurs ont ruiné leur pays, mais ils se sont construits une image de héros en s’opposant à la France, et leurs discours fracassants ont laissé une image positive, éclipsant les biens meilleurs dirigeants qu’ont été par exemple Senghor, Houphouët-Boigny ou, au Ghana, Rawlings qui a sorti son pays du chaos et en a fait l’un des mieux tenus d’Afrique.

Rappelons qu’au moment des indépendances, l’Afrique comptait 9 % de la population mondiale pour 9 % du commerce international.

Cette part est tombée à 2 % alors qu’elle rassemble 17 % de la population mondiale.

Il vaudrait donc mieux s’interroger sur ce qui s’est passé après la colonisation que de remonter 70 ou 150 ans en arrière

Le retour aux vieilles lunes

C’est pourtant ce que fait la mode universitaire actuelle.

La mode universitaire du « post colonialisme »

Le regain actuel de l’anticolonialisme s’appuie sur un courant d’idées international, « le post colonialisme ».

En voici deux illustrations :

    • Lors d’un récent colloque francophone international en Martinique rassemblant principalement des littéraires et des linguistes, nous avions à notre disposition la traditionnelle « librairie du colloque » montée par le libraire local et rassemblant ce qui pouvait intéresser les participants. Ce n’était qu’ouvrages de témoignages et de lamentations sur l’esclavage (aboli depuis 150 ans PAR la colonisation), qu’œuvres des grands écrivains anti-coloniaux et la dénonciation comme traître du poète de la négritude puis président du Sénégal Léopold Cedar Senghor. Bref la plupart des textes traitaient de situations vieilles de 70 à 150 ans et, à mon avis, avec un éclairage très partiel.
    • En octobre 2019 à Paris, le professeur Fauvelle lançait dans sa leçon originale au collège de France : « Cette histoire de l’Afrique, l’Occident l’a longtemps délibérément évitée pour mieux la piller, l’exploiter et réduire en esclavage ses habitants ». Mon propos ici n’est pas de discuter de cette affirmation qui est pour le moins très partielle, mais d’illustrer à quel point cette focalisation sur une colonisation diabolisée est appuyée par les plus hautes autorités intellectuelles françaises.

Pourquoi ? Dans le meilleur des cas parce que « l’on considère que le Noir aurait tellement souffert qu’il faut être indulgent envers lui » (KET), dans le pire par la prévalence de l’analyse soviétique, qui est toujours en usage dans plusieurs secteurs de la politique et de l’économie.

On objectera que les universitaires ont peu d’influence, contrairement aux politiques ou aux milieux d’affaires. C’est oublier qu’ils influencent les médias, comme le montre cet exemple de série sur « Les routes de l’esclavage », où il manque deux points clés : la traite arabe qui a ravagé une partie de l’Afrique jusqu’à ce qu’elle soit abolie par l’instauration de la colonisation dans la deuxième moitié du XIXe siècle, en même temps que l’esclavage interne.

Les universitaires influencent également les programmes scolaires et sont du pain bénit pour les dictateurs en imputant leurs échecs à la colonisation.

L’intoxication par les programmes scolaires et la politique intérieure

Commençons par les « pharaons noirs », théorie de Cheikh Anta Diop pour illustrer l’importance des Noirs dans la civilisation mondiale via l’Égypte antique. C’est une vérité officielle au Sénégal, mais qui fait lever les sourcils aux historiens.

Plus grave, les programmes scolaires utilisent des textes anti coloniaux sans rapport avec des problèmes contemporains. Notamment ceux des grands auteurs antillais (Césaire, Glissant, Zobel…) décrivant la vie difficile des campagnes dans les années 1930 et 1940. Donc des textes totalement dépassés.

En effet les misérables ouvriers agricoles décrits dans leurs livres vivent aujourd’hui en ville, ou en sont à quelques minutes avec leur voiture personnelle. Ils sont devenus citoyens français avec notamment les mêmes prestations sociales, un niveau de vie considérablement augmenté, une démocratie respectée et une scolarisation totale, qui leur permet d’ailleurs de réussir massivement les concours nationaux. Ces profondes transformations du genre de vie sont illustrées par une fécondité maintenant aussi basse qu’en métropole.

Outre cette littérature dans laquelle est formée la jeunesse, d’autres acteurs ont contribué à ce regain actuel de l’anticolonialisme primaire.

La Chine, la Russie…

Il y a bien sûr d’abord l’action de ceux qui sont intéressés à la rupture des liens avec l’ancienne métropole.

Le cas le plus fréquent flagrant est celui de la Chine qui se présentait il y a encore quelques années comme un pays pauvre victime des Occidentaux. C’est un argument qui perd de sa pertinence et les sentiments africains envers la Chine commencent à être plus mitigés. Mais son discours et la distribution de bourses par les universités chinoises entretiennent ce sentiment anticolonial.

La Russie tente aujourd’hui de concurrencer la Chinafrique, avec le sommet d’octobre 2019 entre Poutine et trente chefs d’États africains. Il s’agit de retisser les relations anciennes entre l’URSS et le continent, qui a laissé un nombre important de russophones chez les cadres africains.

Pour s’assurer la bonne grâce des dirigeants, la Russie, comme la Chine, se gardent bien de faire des remarques sur leur gouvernance, contrairement aux Européens. Mais l’état de l’économie russe ne peut pas faire grand-chose de plus que de vendre des armes et envoyer quelques gros bras de sociétés de protection privées, particulièrement remarquées en République Centrafricaine. Notons que Facebook s’est attaqué le 1er novembre 2019 à des infox russes dénigrant la France en Afrique.

Or ce regain de l’anticolonialisme primaire est catastrophique pour l’Afrique.

Des résultats catastrophiques

Il est en effet difficile de conduire efficacement des pays si on se focalise sur le rétroviseur et si ce dernier est mal réglé.

Un frein au développement africain

Ces débats détournent l’attention des peuples des graves problèmes immédiats à résoudre :

  • l’état de l’agriculture, encore aggravé par le dérèglement climatique,
  • l’urbanisation très rapide, facteur favorable à long terme, mais générateur d’immenses pollutions dans l’immédiat,
  • et surtout une scolarisation restant partielle et calamiteuse.

Mais ces problèmes n’intéressent pas la plupart des gouvernants.

Un exemple de la catastrophe générée par cet anticolonialisme primaire est celui du Zimbabwe.

Ce pays était prospère à l’époque coloniale, puis après une indépendance négociée laissant une période transitoire pour les fermiers blancs, très efficaces mais ouvertement racistes. Cette période passée, le président Mugabe, auréolé par ses discours anti-impérialistes a multiplié les répressions et lancé une guerre civile (le racisme tribal et anti-blanc remplaçant le précédent). Il a déclenché l’effondrement économique en nationalisant les terres « blanches » et par la mainmise de son clan incompétent sur le pays. À la fin de ses 37 années de règne il était néanmoins toujours respecté du fait de ses discours anti occidentaux.

Les exemples de rhétorique anticoloniale masquant les problèmes d’aujourd’hui sont nombreux.

On peut citer la revendication par Madagascar au nom de la liquidation du colonialisme, des « îles éparses », îlots inhabités restés français alors que le vrai problème est la ruine du pays par les gouvernements successifs. Avec une mention particulière pour le président « socialiste » Didier Ratsiraka, qui, comme au Zimbabwe, a poussé au départ les producteurs français et les cadres malgaches, ce dont le pays ne s’est jamais remis.

De même pour les Comores et leur revendication sur Mayotte rappelée chaque année à l’ONU, alors que la gouvernance des Comores est un échec et que le retour de Riyad des boursiers wahhabites est un péril immédiat.

Beaucoup plus grave est la réticence du Burkina envers l’aide militaire française. Le gouvernement sait qu’elle est vitale, mais une réunion « des syndicats de la société civile » (Le Monde du 4 octobre 2019) a demandé le départ pur et simple des militaires français. Cela en héritage intellectuel de Thomas Sankara au pouvoir de 1983 à 1987 dont on cite toujours avec admiration les diatribes « anti-impérialistes ».

Pourtant une grande partie du pays est dans un chaos sanglant et nombreuses sont, comme au Mali, les écoles publiques fermées et les filles renvoyées à la maison et les garçons à l’école coranique. Les soldats français de Barkhane n’ont été appelés qu’exceptionnellement et en désespoir de cause pour sauver cent cinquante soldats burkinabés.

Au Mali, donc, dont la décomposition d’une partie du territoire est encore plus avancée, et l’action militaire française demandée par le gouvernement et l’ONU, on répand la rumeur selon laquelle la véritable raison de la présence française serait « de prendre notre or » (une production notable à l’échelle locale, mais tout à fait géopolitiquement négligeable). Alors que l’exploitation est faite de manière « sauvage » par des particuliers probablement rackettés et quelques entreprises internationales dont une française, une ou plusieurs chinoises et une canadienne.

Plus généralement le comportement politique et économique catastrophique de nombreuses élites africaines a été occulté par des Français se voulant bienveillants : « il ne faut pas le dire, pour ne pas donner d’arguments aux racistes » (KET confirmant de nombreuses observations personnelles).

Enfin cela évite de parler de la brutalité et de la corruption apportées par les entreprises chinoises, indiennes, russes, turques… qui, dans les conversations privées, font regretter les entreprises françaises.

Bref tout cela est catastrophique. Pour l’Afrique d’abord et accessoirement pour la France déjà largement économiquement évincée.

Que reste-t-il des liens avec la France ?

Le lien le plus important est celui de la langue. Le français progresse rapidement dans ces pays tant comme langue maternelle que comme langue seconde. Il est indispensable à l’ouverture sur le monde et à l’accès à la documentation professionnelle, donc au développement.

Du coup le français est dans le collimateur de tous ceux qu’il gêne et notamment de nos nouveaux « anticolonialistes ». On lui oppose les langues locales ou l’arabe (proclamé non colonial et identitaire, au mépris de toute l’histoire africaine) qui n’ont pas en pratique les mêmes possibilités. On lui oppose aussi l’anglais, le chinois ou le russe, ce qui supposerait de « mettre à la poubelle » la formation de trois générations, alors que le petit nombre de personnes qui en ont besoin aujourd’hui peut parfaitement les étudier en plus du français.

Du fait de cette langue commune, les liens avec la France sont entretenus par une coopération discrète, de moins en moins exclusive, mais continue. Elle concerne les domaines universitaire, municipal et militaire et une partie des ONG présentes sur le terrain. Autant d’exemples que le Français n’est pas « un colonialiste avide » mais un partenaire bienveillant. Encore faut-il que ce dernier ne se répande pas en « repentance » pour une colonisation qu’il ne connaît pas mieux que les Africains.

Il y a également la diaspora établie en France. De façon analogue, elle transmet une vue « normale » des Français, avec la même réserve quant à leur ignorance et à leurs idées reçues sur la période coloniale.

Plus importante est la réaction des Africains eux-mêmes que nous illustrons ici par l’œuvre de KET, bien résumée dans l’article « Il est temps de décoloniser les cerveaux » dans le numéro 344 de L’Éco austral, page 60 (journal de Maurice et autres territoires « francophones » de l’océan Indien dont Madagascar).

Jeune Afrique a consacré deux pages à cet écrivain ivoirien sous le titre « L’Afrique à désintoxiquer ».

« Nous devons aider les nôtres, et surtout les jeunes à être moins ignorants de l’histoire… à arrêter de perdre leur temps en se moquant de l’Occident… et être plus exigeant envers nous-mêmes en ce qui concerne notre propre gouvernance ».

Ou encore (je résume) : le couple Afrique–Europe a été miné pendant plus quatre-vingts ans par une manipulation mensongère, menée notamment par les élites africaines qui ont imposé un « politiquement correct » sans fondement historique

Mes propres souvenirs de la guerre froide et ceux transmis par la fréquentation de la génération travaillant dans « l’outre-mer » dans les 30 dernières années de l’époque coloniale, recoupent largement ceux de KET.

Sortir l’Afrique de l’obsession coloniale

L’époque coloniale, c’est l’histoire. C’est important, mais il faut la confier à de vrais historiens. Gouvernants et intellectuels africains doivent conduire leur pays en regardant devant eux et pas seulement dans un rétroviseur déformant.

S’il fallait résumer un peu abusivement ce qui précède, je dirais, comme KET, que l’époque coloniale c’est d’abord la sortie de l’esclavage et l’ouverture sur des mondes différents.

Ouverture forcée ? Certes, comme celle des Gaulois sur la civilisation romaine, qui a brutalisé la vieille civilisation celte, mais imaginerait-on de faire porter à Rome la responsabilité du Moyen-Âge ?

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