Mort de Vincent Lambert : le bruit et la pudeur

La complexité et la diversité des situations imposent au politique de se limiter à faire respecter le consentement de chacun, laissant les passions publiques sur le palier de l’intimité.

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Old Bourke hospital bed by Matthew Perkins(CC BY-NC 2.0)

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Mort de Vincent Lambert : le bruit et la pudeur

Publié le 14 juillet 2019
- A +

Par Jonathan Frickert.

Trente-deux ans après la polémique Schwartzenberg, la mort ce jeudi de Vincent Lambert continue à alimenter les passions, y compris des plus talentueux écrivains français.

Ce même 11 juillet sortait une tribune de Michel Houellebecq accusant l’État d’avoir tué l’infirmier de 42 ans qu’un accident de la route fin 2008 a laissé dans un état végétatif.

Une affaire qui mêle science et éthique et où les solutions péremptoires n’ont pas leur place.

Le cas de Vincent Lambert : l’ingérence face à l’attentisme

Il faudra attendre cinq années de soins pour voir le médecin de Vincent Lambert évoquer une « obstination déraisonnable » au sens du Code de la santé publique. L’état sera ensuite jugé végétatif, devenu chronique par les experts de plusieurs juridictions.

La médecine rejoint le droit. Le diagnostic devient une qualification, le traitement, un régime, ouvrant six ans de guerre médiatico-judiciaire déchirant la famille Lambert sur la volonté d’un homme qui ne peut plus s’exprimer.

Six ans durant lesquels quatre arrêts de soins succéderont à autant de reprises. Six années où, comme le dira Roseline Letteron dans ces mêmes colonnes, la procrastination est devenue un principe jurisprudentiel. La question n’était plus de savoir si Vincent Lambert mourra, mais quand, animée par les multiples recours des parents et, en toile de fond, l’idée que la justice décidera de la vie ou de la mort d’un homme.

L’affaire connaîtra pourtant finalement l’issue fatale jeudi dernier, à 8 h 24, après une dernière salve de décisions.

Car la dialyse judiciaire a connu de récents rebondissements sous l’impulsion directe de l’exécutif, dont le chef avait toutefois promis la neutralité le jour d’un arrêt qui sera pourtant attaqué par le gouvernement quelques jours plus tard.

La faute à l’ardeur parentale ou, au contraire, à l’embarras d’un législateur qui, depuis 2002, élargit mollement les droits des patients ?

Accepter l’incertitude

Combien de cas similaires se résolvent dans la plus grande des pudeurs ?

L’affaire Lambert pose encore aujourd’hui de nombreuses questions aussi bien juridiques que politiques, médicales et morales.

À la manière des nouveaux prophètes de l’Apocalypse, certains ont pris les sciences exactes pour des vérités absolues, en contradiction totale avec l’épistémologie des sciences dures. Le fatalisme amenant à croire que l’état d’un individu ne pourra jamais être résolu suit la même logique que l’épuisement des ressources.

Personne ne voulait s’acharner sur Vincent Lambert. Personne ne voulait l’assassiner. Il n’était que la victime de l’inconscience de son époque face aux questions que son cas aura plus tard posées.

Comme l’a rappelé l’auteur de Soumission, la peur de la mort comme de la souffrance relève de l’intime. Si l’Homme a notamment créé les religions pour se rassurer sur la première, la médecine a fait d’énormes progrès sur la seconde. Les directives anticipées ne sont qu’un énième palliatif devant l’imprévisibilité de l’avenir et la fragilité de la volonté humaine.

La complexité et la diversité des situations imposent au politique de se limiter à faire respecter le consentement de chacun, laissant les passions publiques sur le palier de l’intimité.

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  • Petites questions iconoclastes:
    . Combien a coûté cette survie en état végétatif pendant plus de 10 ans, sans aucune chance d’en sortir ?
    . Combien de malades aurait on pu soigner-et-guérir- à la place ?

    • Pathétique…!!!! Combien coûte un cancer du poumon chez un fumeur moult fois informé et qui continue même pendant ses chimio , combien coûte une cirrhose décompensée par l’alcool ….Combien coûte ces leucémies tardives et chroniques que l’on éteint avec des cps journaliers à 1500 euros…Votre réponse a des relents assez nauséabonds….

    • vous avez , on maintiens en vie des personnes très âgées , qui ne demandent peut être qu’à partir ,ça aussi ça coûte cher mais s’il fallait comptabiliser tout ce qui peut coûter cher dans ce pays , on ne s’en sortirait pas car l’addition serait sans fin ;

      • @véra
         » Les personnes très âgées »,comme vous dites avec respect, pour ne pas dire « les vieux », qui sont bien entourées et surtout aimées avec sincérité et tendresse ne demandent pas forcément »à partir »ou « déguerpir », fût ce dans le cadre de cette fameuse « dignité »risquant de devenir à géométrie variable, pour des raisons très discutables qu’il est facile d’imaginer!

        • combien de vieux dans les EPAHD qui sont completement senile et que personne ne va voir ?

          Je suis pas sur que la majorite est entouré comme vous le dites. Tout simplement parce que la vie moderne fait que leur famille vit souvent loin et que faire 300 km pour voir quelqu un qui ne vous reconnait meme pas c est dur …

          • @cdg
            il est possible de s’accrocher à la vie même dans la solitude et la souffrance.Le personnel médical très dévoué dans les services de soins palliatifs et les EPAHD le vérifie au quotidien.
            Pour ce qui concerne les cas tragiques de sénilité ou autre handicap lourd,le devoir de la société n’est-il pas en priorité de leur venir en aide et de les protéger en raison de leur position de faiblesse?

      • Il y a effectivement des personnes plus ou moins âgées qui, se savent condamnées et ne demandent qu’à partir mais qui ne sont pas entendues… Et cela n’est pas normal.

    • @sigmund

      il semblerait que la notion la plus élémentaire d’humanisme fasse défaut dans ce débat que vous essayez heureusement d’élever…!!!

    • @jaja64
      Petite réponse réaliste:
      Faut-il avoir subi directement pour soi même ou indirectement pour ses proches les souffrances occasionnées par de graves maladies, ou faut il travailler dans un centre de soins palliatifs pour comprendre à quel point les idées les plus arrêtées peuvent être souvent sujettes à caution ?

    • jaja64
      Votre question est également pertinente, laissez les humanistes se draper dans l’honneur des grandes vertus, c’est beau, il y a 1500 cas comme celui de Vincent Lambert en France actuellement, alors les querelles d’épicier vous savez….
      Et puis et puis continuons!!! Un cancer coute cher!! C’est vrai, mais combien de mensualités en moins de retraite àverser, donc (A gagner) pour l’Etat! Combien rapporte un cancer? Qu’est ce qui coute 100 000 euros? Ah non, c’est pour financer la recherche suis-je bête!

      • Exact, le cout d’un cancer n’est rien par rapport à ce qu’il fait économiser à la SS: soit il en réchappe et retourne cotiser et ainsi en remboursera le cout. Soit il décède et n’engendrera pas les dépenses de retraite et de santé des pathologies chroniques dues à l’âge auxquelles très peu de personnes échappent en vieillissant.

        • @cyde

          Un détail anodin que je me permettrais de rappeler:
          Nous sommes tous des malades potentiels quelques soient les âges de la vie, mais il serait un tantinet étrange que nous puissions être prochainement concernés par une obsolescence programmée à l’instar de certains produits électroménagers !

    • @jaja64. Il a eu son accident lors d’un trajet professionnel. Son assureur l’a largement indemnisé. ça vous rassure ? Trouvez une autre question, une fois éliminé celle du fric. Essayez de penser en dehors de l’aspect financier des choses.

      • @helebore
        le fait que ca soit l assurance auto au lieu de la secu ne change rien. Il y a forcement quelqu un qui paie au final. Que ca soit dans votre prime d assurance auto ou dans vos cotisations maladie
        De Memoire, il me semble que l assurance ne prend en charge les soins que durant un certain temps. Apres c est la securite sociale. Quoiqu il en soit, 11 ans d hopital ca coute forcement tres cher, surtout si c est pour maintenir en vie artificiellemnt quelqu un qui ne pourra plus jamais faire quoique ce soit de lui meme

        • cela coûte surtout cher quand on le maintient de force dans un service de soins palliatifs pendant des années, au lieu d’accepter de le transférer dans un centre ad hoc trois fois moins cher, ou simplement chez ses parents à leurs frais !!!

    • tanpis je vais faire un point godwin mais le cout c’est exactement l’argument des nazi vis à vis des handicapés…

      • pas que des nazi…c’est une question inhérente à la collectivisation du remboursement des soins de santé…
        en fait le point godwin est pour vous. me semble t il.

  • Il est évident que le cas de V. Lambert a été, à partir d’un moment, instrumentalisé pour préparer une loi sur l’euthanasie active.

    Ni les médecins, et encore moins les politiques, ne doivent s’arroger un droit absolu de vie et de mort. On ne sait pas ce que ressentent les personnes qui ne peuvent communiquer. Ce livre vaut d’être lu:
    http://ekladata.com/DTlIV_MrGoWhivOccCZnB4Fhh_Y/Une-larme-m-a-sauvee.pdf:

    Prétendre que ce sera la liberté de choisir sa mort est une escroquerie: en réalité, ce n’est pas le malade qui choisira, mais une « procédure ».

    Ceux qui nous gouvernent rappellent de plus en plus un certain passé…
    Le 1er octobre 1939, Hitler signe un acte d’habilitation confidentiel stipulant que «le dirigeant du Reich Bouhler et le docteur Brandt sont chargés d’étendre les pouvoirs des médecins (…) à accorder une mort miséricordieuse aux malades qui, selon les critères humains, auront été déclarés incurables»

  • C’est une conséquence du collectivisme de la sécurité sociale.
    Une assurance doit rembourser le sinistre quel que soit la durée du dommage reçu sauf s’il est contractuellement indiqué.
    Pas de contrat avec la sécu.
    Imaginez que sous prétexte qu’il était en état végétatif et ne pouvais plus conduire, la voiture endommagée ne lui soi pas remboursé.
    Pour l’assurance santé, le motif d’être en « état végétatif » n’est pas un motif licite de ne plus rembourser ses soins.
    L’assurance santé n’a pas a se prononcer sur l’état de l’individu, mais a payer les soins pour rester en vie.
    Demain on admettra de ne plus rembourser les vieux, car il vont mourir bientôt.

    • Si vous aviez eu un contrat d’assurance santé privée, la question ne se serait pas posée. La prise en charge d’un état végétatif aurait été incluse avec des critères de durée et de niveau (de l’état végétatif). Le signataire du contrat aurait choisi ce qu’il désirait et la question était réglée. On peut toujours arguer que, signant ce contrat en bonne santé, il aurait eu du mal à imaginer la suite. Certes, mais cela lui aurait déjà permis d’envisager la question et d’en discuter avec ses proches. Une fois de plus, cela aurait été de sa Responsabilité. De sa Responsabilité également, la possibilité de modifier son contrat en fonction des changements survenant dans sa vie. Cette Responsabilité dont le système collectiviste nous exonère soit-disant pour notre bien mais en nous laissant pieds et poings liés au système. Comme à chaque fois…

      Si les proches avaient souhaité prolonger la durée de la prise en charge au-delà de ce que le contrat prévoyait, cela aurait été possible mais en payant de leur poche, ce qui aurait été là aussi très vite réglé au vue du montant journalier de tels soins médicaux. Et il n’y aurait pas eu ce barnum médiatico-politique moralisateur.
      Il est facile de réclamer la poursuite de soins envers et contre tout ainsi que de jouer aux pères La Morales, quand in fine, ce sont les autres qui règlent la facture…

      Cette histoire me semble symptomatique d’un système et d’un fonctionnement ayant complètement évacué la Responsabilité personnelle.

  • C’est ça les altruistes. Ils te tuent pour ton bien.

    • 1) il semble que de son vivant il ne voulait pas d acharnement therapeutique
      2) celui ci etait demande par ses parents, des cathos integristes (chose
      amusante, la mere la eut en faisant cocu son mari de l epoque … comme quoi elle n a pas tout compris des 10 commandements)
      3) on l a pas tué. on a arreté de le nourrir articifiellement (via une sonde). C est d ailleurs assez horribel comme mort. Il aurait mieux valu lui injecter un produit lethal

      • 1) c’est ce qu’affirment son épouse et son neveu, mais sans aucune preuve.

        3) je pense que si on arrête de vous nourrir, vous mourrez aussi (et dans d’atroces souffrances) : c’était un des supplices nazis dans les camps (voir la mort de Maximilien Kolbe).
        D’ailleurs, Vincent Lambert a mis dix jours à mourrir et il a fallu le sédater (pour ne pas qu’il lutte)…

  • Si il y a une leçon a tirer de ce drame, c’ est de coucher sur le papier ses directives, tant qu’ on le peut, au cas où.

    • Vous ne pouvez pas anticiper votre état d’esprit à ce moment-là.
      Quand en est en bonne santé, on a peur de souffrir, mais quand on est très malade, il arrive que la plus grande souffrance soit la peur de quitter ceux qu’on aime.

      • Tout à fait. Cela m’a toujours fait rire toutes ces personnes bien portantes sur les plateaux TV ou ailleurs qui devisent sur ce qu’il faudra faire (lois, réglementations…etc) pour leurs fins de vies ou celles des autres, avec toujours cette certitude de détenir la Vérité.
        Pour avoir côtoyer des personnes en fin de vie, les situations sont diverses. Le plus simple serait de laisser enfin les gens décider eux-mêmes… et leur foutre la paix.

        • comme d’hab y’a toujours ces cons de politocards et de moralisateurs qui viennent mettre leur grain de sel dans la situation..hypocrisie générale , lois bidons …pays de cons quoi..

      • La directive qu’on couche sur la papier est de désigner une « personne de confiance » qui prendra les décisions. C’est forcément mieux que d’attendre que la Loi en désigne une ou plusieurs que vous n’auriez pas forcément choisies.

        • @MichelO

          La loi Leonetti est une loi solide qui peut être appliquée dans la majorité des cas, sous réserve que les famille restent unies face au drame de la fin de vie, les médecins n’étant pas des juristes faut-il le rappeler.
          il n’existe donc actuellement aucune raison que la loi Leonetti soit détournée de ses principes.
          Les exemples sans cesse cités dans les médias de pays ayant autorisés l’euthanasie et le suicide assisté sont discutables, et montrent bien de possibles dérives.

          • Faire appel à la loi quand on peut s’en passer a quelque chose de troublant. Si la loi ne « marche » que quand il y déjà consensus, à quoi sert-elle ? La loi ne devrait servir que quand il y a désaccord, pour déterminer qui doit l’emporter sur qui.

            • @MichelO
              Dans le cas particulier de l’affaire Vincent Lambert il était essentiel d’arriver à déterminer « qui devait l’emporter sur qui « puisque la famille était désunie quant au sort de la personne.Un tel cas soulevé par une famille qui se déchire et qui fait appel à la loi dont les rendus se font toujours attendre pendant des années n’est pas habituel,car dans l’immense majorité des cas, la famille suit les recommandations du corps médical qui est compétent en la matière sans pour autant être spécialiste sur le plan juridique faut-il le rappeler.
              La loi Leonetti qui présente sans doute un hiatus pour certains cas, peut donc être AMÉLIORÉE et continuer à s’appliquer ,car elle représente quelque chose de solide.
              Contrairement à une idée reçue,il ne va pas de soi de déterminer « qui doit l’emporter sur qui »,et la règle qui prévaut en Belgique en privilégiant l’avis de l’épouse est discutable.
              Une chose apparaît pourtant évidente : Tout acharnement thérapeutique déraisonnable doit être écarté. »Laisser mourir sans faire mourir »qui représente l’esprit de la loi actuelle, et qui est bien appliqué dans la plupart des cas, ne doit pas permettre de passer à tout autre chose qui serait consacré au « faire mourir »,à l’issue d’un débat biaisé qui aurait évité l’explication des raisons profondes ayant amené le changement de loi avec toutes les conséquences sociétales prévisibles.

    • @Stephane

      Vous abordez le cœur du problème et il y a bien des leçons à tirer de ce drame.
      Faut-il rappeler l’esprit de la loi Claeys- Leonetti du 22 Avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie qui consacre la distinction entre le « laisser mourir » et le « faire mourir? »? Clairement cette loi est quelque chose de solide,et le texte rejette l’idée d’euthanasie ! :

      « L’obstination déraisonnable (anciennement appelée acharnement thérapeutique) est le fait de pratiquer ou d’entreprendre des actes ou des traitements alors qu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ».
      « Le médecin et les équipes médicales jugent s’il y a obstination déraisonnable selon les circonstances, mais chacun peut exprimer ce qu’il considère pour lui-même être une obstination déraisonnable, en particulier dans ses directives anticipées. »

      « La loi interdit l’obstination déraisonnable et les professionnels de santé ont pour devoir de ne jamais faire preuve d’une obstination déraisonnable ».

      « Cette interdiction oblige non seulement le médecin à ne pas entreprendre des soins et traitements dans un but d’obstination déraisonnable, mais aussi à les interrompre dans cette circonstance »

      « La loi précise que l’hydratation et la nutrition artificielles sont des traitements susceptibles d’être limités ou interrompus au titre du refus de l’obstination déraisonnable.
      Le médecin et les équipes médicales jugent s’il y a obstination déraisonnable selon les circonstances, mais chacun peut exprimer ce qu’il considère pour lui-même être une obstination déraisonnable, en particulier dans ses directives anticipées. »

      « L’arrêt ou la limitation des traitements ne peut intervenir que conformément à la volonté précédemment exprimée par le patient, notamment dans ses directives anticipées. S’il peut encore s’exprimer, sa volonté prime sur ses directives anticipées. Le médecin en discute avec lui et prend avec lui les décisions qui doivent être prises. Si le patient est hors d’état d’exprimer sa volonté, la décision de limiter ou d’arrêter les traitements ne peut être prise qu’à l’issue d’une procédure collégiale et dans le respect des directives anticipées, ou en leur absence, après en avoir discuté avec la personne de confiance ou, à défaut, avec la famille ou les proches. »

      « Les juges peuvent aussi être saisis pour juger de l’existence ou non d’une obstination déraisonnable. »
      Le respect des directives anticipées est donc essentiel,mais encore faut-il les avoir clairement et librement exprimées en temps utile. Le sujet reste tabou, puisque seul 13% des Français ont rédigé leurs directives anticipées concernant leur fin de vie.
      Le suicide assisté et l’euthanasie concernent le « faire mourir » et non le « laisser mourir ».il s’agit bien d’un tout AUTRE DÉBAT relatif à un nouveau choix de société qu’il ne saurait question d’éluder.

      • @ LEONIDES

        En vue d’une mise en œuvre d’un processus normatif , voire législatif , concernant la fin de vie , dans le cas de Vincent Lambert , le Conseil d’état , statuant en dernier ressort ,a cherché à concilier le droit à la vie consacré par la Cour Européenne (CEDH) et le droit garanti par la loi Léonetti , autrement dit celui de ne pas subir un traitement traduisant une obstination déraisonnable ( concernant la décision d’interruption du traitement du 16 01 2014 , le Conseil d’état avait déjà pris le contre-pied des médecins et désavoué le tribunal administratif , suite à un débat d’experts ) et d’aucuns pourraient y voir , un recours récurrent à la procrastination , voire une méthode érigée en principe jurisprudentiel en vue d’interpréter le concept « d’obstination déraisonnable  » et d’euthanasie passive subséquente (Les actes de prévention, d’investigation ou de soins ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable. Lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris« .) En tout état de cause , le Conseil d’état se devait de demander un supplément d’information sur la situation médicale du patient et il faut en conclure que la médecine devra faire encore beaucoup de progrès pour parvenir à un processus normatif en l’espèce plus facilement acceptable.

    • Curieusement, plus on approche la mort, plus on s’accroche à la vie.

      Ceux qui veulent vraiment mourir, et qui sont dans l’état de Vincent Lambert, ne survivent pas des années. Ils se laissent partir (sans trop prévenir).

      De fait, personne ne peut prédire sa réaction/volonté lorsque la « faucheuse » commence à se montrer.

      Donc cette histoire de directives anticipées, c’est juste pour couvrir les médecins et autres politiques qui veulent euthanasier les inutiles ou handicapés.

      • Personne ne souhaite euthanasier qui que ce soit, sauf dans votre tête.

        Quant à se laisser partir, vous vous racontez une histoire à dormir debout.

        • vous êtes bien naïf : il y a des partisans de l’euthanasie et ce n’est pas nouveau (et sous différentes couvertures (par compassion…). Et ils le disent ouvertement.

          Quant à se laisser partir, ce sont des situations réelles : dans un état de grande faiblesse, s’il n’y a pas la volonté de vivre, la personne ne survit pas.

  • « Vincent Lambert n’était ni sous respirateur ni sous assistance autre. » L’était-il pas nourri par sonde gastrique ? Si ce n’est pas une assistance médicale (particulièrement agressive et invasive d’ailleurs), qu’est-ce que c’est ?

    • « car il y a d’autres alternatives pour le nourrir. »
      Non, très peu. La seule possible étant une alimentation par voie veineuse qui ne peut être que temporaire.
      Quant à l’alimenter par la bouche, même en prenant son temps, même à petites doses, il faut savoir que sur un patient en état végétatif, en supposant que ses fonctions de déglutition soient intégralement préservées (ce qui est rarement le cas), vous risquez fausse-routes sur fausses routes avec les infections pulmonaires qui s’en suivent et bcp d’autres complications.

    • « assistance de survie » : sans espoir d’amélioration, on est au cœur du sujet, la confusion entre la survie et la vie, quand la médecine frôle la torture.

      • « La médecine frôle la torture ».
        Les mots ont un sens et ce que vous dites n’en a aucun.
        Vincent Lambert ne souffrait pas. Il vivait sans aucune assistance à part le fait d’être nourri. Il respirait naturellement comme vous et moi, avait des cycles de sommeil et d’éveil, ouvrait les yeux et les fermait, bougeait sa jambe gauche. Il n’était pas dans un état de coma ni même dans un état végétatif comme il est répété bêtement dans tous les médias, mais dans un état dit « état de conscience minimale plus ». Il n’était pas en fin de vie.
        Il était capable de déglutir et donc techniquement de se nourrir par la bouche à faible dose. Une assistance à la nutrition n’est pas un acharnement thérapeutique. Monsieur Cavaignac, que pensez vous de toutes les personnes âgées en EHPAD qui sont elles, pour le coup, en fin de vie et qui ne sont plus capables de se sustenter seules et qui ont un état de conscience altéré (alzheimer par exemple), faut il les laisser mourir de faim ? Je suis parfois atterré du peu de conscience morale envers la vie de mes concitoyens.

        • j’ai un ami, qui, suite à une polio, vit (et travaille, donc produit pour un employeur, cotise à la sécu…) avec un respirateur artificiel, en chaise roulante.
          Pas d’amélioration à attendre de son état.

          Si le respirateur s’arrête, il décède par étouffement en quelques minutes.

          Ce respirateur, c’est une assistance de survie ???

          Plus de dix ans qu’il vit comme cela et ne demande qu’à continuer à vivre !

        • Selon les cas, une assistance à la nutrition peut être un acharnement thérapeutique ou pas.

          Si vous aviez un début d’expérience en établissement, vous sauriez que les arbitrages médicaux sont quotidiens. Chaque jour, des décisions de poursuivre ou non les soins sont prises, en toute conscience, par les familles et les médecins. On estime plus généralement que la moitié des décès sont déjà le résultat de choix personnels, familiaux et médicaux. C’est normal. La médecine peut désormais maintenir indéfiniment en vie (mais quelle vie ?) pratiquement n’importe qui, peu importe les pathologies. Il ne sert à rien de se cacher. Nous serons tous inéluctablement confrontés à ces choix.

          Le cas de Vincent est différent, d’abord compte tenu de son âge, ensuite parce qu’il avait clairement exprimé sa volonté. Il n’y avait aucun doute à nourrir dès lors que sa femme l’affirmait. Son maintien en vie contre sa volonté était scandaleuse.

          • ben si on peut douter de ce que dit sa femme (par définition) : il n’y a pas d’écrit !

            • Vous pouvez douter, mais c’est juste votre problème. Ceux qui devaient décider n’avait, eux, aucun doute à avoir. La parole de sa femme vaut un écrit.

              De toute manière, vous finirez par argumenter que même avec un écrit, on peut encore changer d’avis lorsqu’on est confronté à ses deniers instants. C’est sans fin. Vos arguties ne sont pas recevables pour cette raison, l’acharnement sans fin dont vous faites preuve.

              • pourquoi n’aurait-on pas la liberté de changer d’avis lorsqu’on est confronté à ses derniers instants ?

              • @Cavaignac

                Faut il rappeler que la loi actuelle Leonetti s’oppose à » un acharnement thérapeutique sans fin »?
                Faut il rappeler que la loi Leonetti ne suggère nullement le suicide assisté ou l’euthanasie?
                il serait grand temps de recentrer ce débat sur la réalité des difficultés grandissantes dans l’organisation des soins palliatifs qui est directement liée à un budget correspondant à une demande sans cesse croissante.
                Dés lors les considérations » morales » auxquelles il est fait sans cesse référence pour éviter de poser ce vrai problème d’ordre économique difficilement avouable, expliquent pourquoi ce débat se présente biaisé auprès du grand public.
                L’économie serait-elle amorale ?
                La plupart des économistes tentent en permanence d’accréditer l’idée selon laquelle la « science » économique serait une discipline exclusivement positive pouvant être pensée hors de toute considération relative à l’éthique et à la politique.

                • L’économie est effectivement amorale. Elle est efficiente ou elle ne l’est pas. Vous pouvez produire de manière inefficiente un temps, mais ça ne durera pas et, à terme, le prix à payer sera douloureux. La gabegie n’est jamais gratuite. Quand la France fera défaut, vous pouvez être sûr et certain qu’il y aura des coupes budgétaires profondes dans les hôpitaux publics, ressemblant à ce qui s’est produit en Grèce. Mais après le défaut, il n’y aura plus le choix.

                  Il n’y a de problème économique que dans le cadre de l’assurance santé collectivisée, sans même parler des soins étatisés, qui sont une immense perte de chance pour les malades scandaleusement désolvabilisés par la spoliation de la SS. La santé n’échappe pas à la loi économique. Seuls le marché et la concurrence permettront de trouver des solutions économiques conformes à l’éthique de chacun, bénéfiques pour tous.

                  Enfin, la loi sur la fin de vie est encore imparfaite, donc susceptible d’être améliorée.

                • @Cavaignac

                  « Enfin,la loi est encore imparfaite,donc susceptible d’être améliorée »

                  Tout à fait d’accord avec votre conclusion,sous réserve que les débats actuels qui sont trop souvent biaisés ne puissent aboutir qu’à un détournement au mépris de l’esprit cette loi pour imposer in fine tout autre chose.
                  Laisser mourir est bien distinct de faire mourir !
                  Petit à petit la médecine a appris à se retirer devant l’évidence de son impuissance.
                  L’importance accordée à des soins palliatifs adaptés représente bien le cœur du problème et relève aussi de considérations économiques délicates à aborder, mais qu’il serait vain d’éluder, au risque d’oublier que l’enjeu déterminant est bien un choix de société.

                • « Laisser mourir est bien distinct de faire mourir ! »

                  Il faut être clair sur les termes. Le progrès aidant, la médecine permet de nous maintenir en vie indéfiniment, ce qui implique que quelqu’un doit tôt ou tard décider de notre mort par arrêt des soins, si nous ne sommes plus en mesure de nous exprimer. Les morts dites naturelles vont devenir l’exception. Collectivement, nous n’avons aucun moyen d’échapper à la contrainte d’avoir à assumer cette nouvelle responsabilité. Nous devons admettre que laisser mourir par arrêt volontaire des soins, quand il n’y a plus de possibilité d’expression personnelle et qu’il ne subsiste aucun espoir d’amélioration, n’est pas faire mourir.

  • Bah , on n’a aussi nos integristes religieux ,ils ne coupent pas de tetes mais adorent faire souffrir les hommes..et avec notre justice d’extreme gauche ,si la societe peut avoir mal….

    • @breiz

      Merci pour ce lien qui met parfaitement en exergue le dessous des cartes : »La mort de Vincent Lambert est bien un carrefour civilisationnel »

      • Dans un registre complètement différent cela me fait penser à l’affaire Jacqueline Sauvage. Carrefour civilisationnel légitimant le droit au meurtre par vengeance d’une femme sur un homme. Idem dans cette affaire, l’opinion publique était fortement influencée et manipulée par des médias malhonnêtes et l’Etat était venu avec ses gros doigts se mêler de ce qui ne le regardait pas.

    • Le lien fait référence à un article qui ne démontre rien, expose simplement un point de vue, une opinion fondée sur une affirmation sans preuve passablement indigne et immorale.

      • S’il n’y avait pas de volonté d’euthanasier Vincent Lambert, il suffisait de le rendre à ses parents qui l’auraient installé chez eux ou dans un établissement ad hoc.
        Et sa femme pouvait demander le divorce par rupture de la vie commune (c’est souvent ce qui se passe dans ce genre de situation).

        L’acharnement jusqu’au sommet de l’Etat, alors que de nombreux médecins ont exprimé publiquement leur désaccord sur les expertises, le maintien de Vincent Lambert dans un service inadapté et coûteux (soins palliatifs pendant 6 ans, alors que la moyenne des patients n’y restent que 15 jours) montre bien une volonté de faire un cas d’école.

        La phase suivante (que l’on commence à voir apparaître http://www.godf.org/index.php/actualite/details/liens/position/nom/Prises-de-position/slug/communiqu-du-11-juillet-2019-suite-au-dcs-de-vincent-lambert) : changer (« faire évoluer ») la loi Léonetti pour permettre l’euthanasie active et éviter que cela dure 10 jours comme pour Vincent Lambert (par compassion bien sûr !).

        • Vincent n’appartenait pas à ses parents et ne pouvait donc leur être rendu. Ils n’auraient jamais dû s’immiscer dans cette affaire. Quant à pousser sa femme au divorce, compte tenu des circonstances et du courage extraordinaire dont elle a fait preuve, c’est tout simplement ignoble.

          • Un homme n’appartient à personne, même en étant complètement dépendant (ou sous tutelle).

            Qu’une mère cherche à sauver son enfant même de façon déraisonnable est un « classique » dans ces situations (il suffit de discuter avec des pédiatres qui font du soin palliatif).

            Je ne me permets pas de juger l’épouse, j’évoque juste une possibilité, qui est la plus fréquente dans ce genre de cas (le couple ne résiste pas dans 95 % de ce type d’accident).

            Je trouve moins « ignoble » de soulager que de tuer : c’est mon avis simplement.

            • Quand on ne peut plus soulager, quant tout espoir d’amélioration est perdu, l’absence absolue de compassion pour la victime dont on prolonge indéfiniment les souffrances et, pire encore, la dérive d’une foi pervertie qui imagine une forme de rédemption dans l’agonie prolongée, est ignoble. Au moins, qu’ils aient la décence élémentaire de ne pas se prétendre chrétiens.

              • Monsieur Cavaignac,
                Lorsque vous parlez de prolonger les « souffrances », vous êtes dans l’interprétation au regard de ce qui vous horrifie vous personnellement.
                De plus, on imagine qu’au bout de ce raisonnement, il y a l’idée que par la mort, on soulage l’individu de ses souffrances. Or il n’y a rien de plus faux. La mort ne soulage personne en rien puisqu’une fois mort il n’y a pas de mieux être, pas d’amélioration par rapport à un état initial de souffrance. Une fois mort il n’y a plus rien. C’est le néant. Plus de vie. C’est un état irréversible. Raisonner de cette façon c’est croire en une vie meilleure après trépas. Bref c’est être croyant au premier degré. En réalité ceux qui pensent de cette manière, ceux qui trouvent ignoble de se battre pour la vie veulent se soulager eux même d’une situation qui les horrifient eux.

                • « se battre pour la vie » : on voit bien sous quel angle vous envisagez le sujet.
                  « veulent se soulager eux même » : souffrez tant que vous le voulez mais n’obligez pas les autres à subir votre masochisme.

                  • « on voit bien sous quel angle vous envisagez le sujet. » Un angle humaniste. Quel problème avez-vous avec cela ?
                    « souffrez tant que vous le voulez mais n’obligez pas les autres à subir votre masochisme ».
                    Encore une fois, Vincent Lambert ne souffrait pas physiquement. C’est vous qui interprétez à sa place qu’il souffrait psychiquement. Je vous renvoie donc votre argument, qui êtes vous pour décider que la vie d’un individu ne mérite pas d’être vécue ?

                    • Son avis sur sa survie était clair, il convenait de le respecter, ce qui a été fait, mais beaucoup trop tardivement à cause des procédures à répétition.

                      Curieux humanisme qui relève plutôt du sadisme, consistant à maintenir les gens dans une agonie sans fin, dans le plus parfait mépris de leurs souhaits ?

                    • « Son avis sur sa survie était clair ».
                      Encore une fois, non.
                      « Sadisme », « Agonie sans fin ». Vous tenez des propos délirants. Comment peut-on se réjouir de la mort d’un Homme ? Comment en arrive t’on à discuter de la vie d’un homme de manière aussi froide ? Ainsi Vincent Lambert aurait dit (mais on en sait rien), alors en bonne santé, qu’il préférerait mourir s’il arrivait un jour qu’il se trouve dans cette état de santé ? C’est noté. Monsieur Cavaignac prononcera votre arrêt de mort sans discuter. Une parole est une parole, on ne revient pas dessus. C’est vous qui déshumanisez tout, qui ramenez la beauté de l’existence d’une vie humaine à l’insignifiance d’une procédure administrative. Vous avez énoncé une phrase un jour ? qu’il en soit ainsi, mourrez ! ainsi soit la procédure.

                    • Qui êtes-vous, vous, pour refuser d’appliquer ce que l’individu en question pensait que devait être son choix dans ces circonstances ?
                      J’ai été désigné par une certaine personne « personne de confiance ». Chaque fois que nous abordons le sujet, sa volonté est on ne peut plus claire. C’est la même qu’avait écrite mon grand-père pour conclure ses « souvenirs », je ne les ai pas sous la main, je cite de mémoire : « Quand je me retourne sur la vie que je quitterai heureusement bientôt (il a bien survécu une quinzaine d’années), j’ai vécu deux guerres, à la première j’ai perdu 2 frères, à la seconde, ma femme et ma maison. Entre deux, que de malheurs et de difficultés ! Alors si on me proposait de recommencer, je dirais non, cent fois non, mille fois non ! Il y a quelques joies, mais bien trop de fichus moments. »
                      Si la question se posait, contesteriez-vous mon choix de laisser mourir la personne qui pense comme lui, et qui me fait confiance pour respecter sa volonté ?

                    • Michel O,
                      Je vous répondrez de réfléchir, de rediscuter avec la personne, de prendre du temps et d’essayer de la convaincre qu’elle a tout intérêt à vivre, tout simplement, même si la vie est dure.
                      Que feriez vous face à un suicidaire au bout du rouleau, menaçant de sauter dans le vide ? Vous lui répondriez quoi ? C’est ton choix mec ! Je le respecte ! Saute 🙂

                    • On sait parfaitement ce que Vincent souhaitait. Nier son expression, c’est le mépriser, mépriser son existence en tant qu’être humain autonome, libre de choisir.

                      Rassurez-vous, si vous faites un choix différent, personne ne viendra prononcer votre arrêt de mort. Respectez seulement ceux qui ne pensent pas comme vous. N’en faites pas des victimes de vos obsessions personnelles.

                      Quant à se réjouir de sa mort, propos qui ajoute encore à l’ignominie, chacun a pu observer à loisir les explosions de joies de la part de ceux qui méprisaient sa parole, niant son humanité jusqu’à la déraison. Il ne pouvait pas y avoir de spectacle plus insupportable, qui a certainement fini de convaincre ceux de nos contemporains qui avaient encore quelques doutes.

                    • @MonsieurB
                      Non, je ne prétendrais pas convertir à la « vie » mon grand-père qui m’a tant appris et qui m’avait tout au long de la mienne fait part de ses conclusions de ses 97 ans de vie admirable. Il ne s’agit pas d’appliquer une sorte de principe de précaution, comme quoi il pourrait changer d’avis, et en venir à un qui correspondrait mieux à une foi dont je ne suis pas adepte. Je respecte ces personnes, je ne conclurais pas forcément toujours comme elles, mais dans ce cas, je respecte aussi leur position. Je suis libéral, je ne décide pas à la place des gens ce qui serait mieux pour eux.

                    • MichelO,
                      La mort n’est pas un choix comme un autre. Ce ne peut être un choix raisonné. Un suicidaire n’a pas raison de faire ce choix. On peut comprendre la douleur des gens, l’entendre, l’écouter, mais en aucun cas se rendre complice de la mort d’une personne. Une personne qui dit vouloir mourir est une personne en détresse qui souffre probablement physiquement ou moralement. Toute souffrance peut être apaisée mais certainement pas par la mort. comme je l’expliquais plus haut, une fois mort, il n’y a plus de conscience et donc pas de conscience d’apaisement. La vie c’est tout, y compris la souffrance, la mort c’est le néant non concevable par l’esprit humain.
                      Las cas que vous exposez sont certainement différents de celui de Vincent Lambert. La personne qui vous a choisi comme personne de confiance se place peut être dans le cas d’un acharnement thérapeutique ou en cas de souffrances qu’on ne peut calmer ? ce qui n’était pas le cas chez Vincent Lambert à qui l’on a coupé les vivres pour qu’il meurt.

                    • MonsieurB,
                      Un suicidaire, je ne sais pas définir ce que c’est. A vous lire, je vois surtout une qualification qui permettrait à autrui de « prendre la main » sur ses choix, ce qui n’est pas acceptable. Une personne qui désigne une personne de confiance, avec des instructions claires et élaborées après des années de réflexion, en tout cas, doit voir ces instructions respectées. Ca ne veut pas dire que la personne de confiance soit d’accord avec ces instructions, qu’elle ne soit pas mortifiée de ne pas avoir su ou pu influencer l’autre pour qu’elle ne les donne pas. Mais c’est une question de principe, la volonté d’une personne en ce qui la concerne exclusivement est sacrée. Et pas d’arguties pour en faire une exégèse qui reviendrait à l’inverser, svp.

                    • MichelO,
                      le suicide est le résultat d’une forte volonté-de-vivre contrariée. L’individu, plus que tout, veut vivre, mais il ne peut supporter les conditions dans lesquelles il vit. C’est la souffrance atroce de la frustration, qu’il ne peut plus supporter, qui conduit l’homme à refuser de continuer à vivre dans ces conditions.
                      Voila ma vision des choses emprunté à la philosophie de Schopenhauer. Il ne peut exister de volonté de mourir, puisque la volonté c’est la vie. De fait « vouloir mourir » est un paradoxe. Toute personne qui dit vouloir mourir exprime en réalité une volonté de vouloir mieux vivre pensant trouver dans la mort une amélioration, un repos, un soulagement etc… or c’est une ineptie, une impasse.

                    • @MonsieurB

                      Pour illustrer vos réflexions philosophiques dignes d’intérêt,une petite fable connue de notre bien aimé Jean de La Fontaine,toujours d’actualité…….et à méditer !!!

                      https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Mort_et_le_Malheureux

                    • Les propos sur le suicide sont intéressants et on peut y souscrire sans trop d’effort. Toutefois, ils sont hors-sujet, sans rapport avec le débat sur la fin de vie. Le débat est trop important pour se laisser distraire par un hors-sujet.

    • Saint Houellebecq, priez pour nous ? On a les références qu’on peut…

      • Utiliser la dérision et la moquerie contre votre contradicteur ne sert, à mon avis, la cause que vous défendez. C’est bien dommage pour la suite de ce débat qui promettait d’être passionnant.

        • Non mais, franchement, Houellebecq, quoi ! Rien de particulier contre cet écrivain au passage, mais n’y avait-il pas un penseur un peu plus universel sous la main pour nourrir le débat ?

          • @Cavaignac
            Quel penseur « un peu plus universel » proposez-vous pour « nourrir ce débat » passionnant ?
            Si la volonté d’un oracle pouvait aboutir à une solution de nos problèmes terrestres cela se saurait !
            Ne pas apprécier Michel Houellebecq ne doit pas empêcher de rester objectif en formulant des critiques, et reconnaître qu’il est considéré comme un des plus grands auteurs contemporains de langue Française,son œuvre étant traduite en plus de 40 langues !
            Ce penseur qui a reçu le prix Goncourt en 2010, est par ailleurs réalisateur et acteur,lauréat du prix d’état Autrichien
            de littérature Européenne et choisi « pour son art de provoquer le débat »
            À notre très modeste niveau, ne faut-il pas simplement s’efforcer de faire avancer le débat dans le respect des opinions de chacun qu’il sera toujours possible de contester avec des arguments sérieux ?

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