Perspectives économiques pour l’Afrique subsaharienne : 5 raisons d’y croire

Cinq éléments essentiels de la dynamique africaine.

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Nigeria marché - Credit shawnleishman (Creative Commons)

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Perspectives économiques pour l’Afrique subsaharienne : 5 raisons d’y croire

Publié le 12 juin 2019
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Par Sabine Patricia Moungou Mbenda, Barnabé Thierry Godonou et Lucain Some.
Un article de The Conversation

L’idée centrale de cet article est de présenter cinq raisons qui incitent à croire en l’avenir de l’Afrique subsaharienne, malgré les événements parfois violents et dramatiques dont elle peut être le théâtre.

Cet inventaire centré sur l’activité économique, les pratiques entrepreneuriales et les écosystèmes d’affaires est résolument optimiste. Notre approche n’est cependant ni angélique ni excessivement naïve. La complexité des défis économiques (dette, gouvernance, inclusion, investissement…) et surtout géopolitiques, ethniques, sanitaires, militaires, climatiques et démographiques auxquels cette région du monde doit – et devra – faire face n’est certes pas à sous-estimer !

Au regard de l’intense activité économico-managériale de l’Afrique subsaharienne et des bons résultats chiffrés récents – notamment ceux du Bénin –, nous avons retenu cinq raisons à dimension essentiellement économique. Celles-ci sont classées ci-après de façon tout à fait subjective. Elles nous apparaissent, toutefois, d’importance croissante dans l’impressionnante dynamique africaine.

1. Un numérique sobre et innovant

La place du numérique est tout à fait originale et massive en Afrique. Le continent est, en effet, le second marché au monde en termes de demande de technologies de l’information. La communication et la croissance du numérique y sont beaucoup plus fortes que celle de l’économie traditionnelle.

Malgré des infrastructures en qualité et en quantité insuffisantes, une couverture réseau fragmentaire à la merci de coupures contre-productives et épisodiques, une lourde fracture numérique, une portabilité faible et un roaming coûteux, et surtout, une alimentation électrique instable, l’économie numérique basée sur les réseaux Internet et/ou téléphonique a su se développer de façon sobre et inventive.

Autrement dit, elle se déploie remarquablement, massivement (cas de la 4G) et de façon innovante avec une économie de moyens et une forte adaptabilité aux usages, pouvoirs d’achats et pratiques.

L’Afrique nous semble prête pour les défis du numérique. Les quatre dimensions usuelles de l’économie numérique sont en effet particulièrement actives en Afrique subsaharienne : la production (équipementiers, opérateurs, télécom, téléphonie mobile), fournisseurs de services numériques (plate-forme, cloud computing, infogérance), l’offre aux ménages puis, les usagers et usages.

Depuis une dizaine d’années, cette dernière dimension a une incidence profonde sur moult secteurs. Il s’agit notamment du secteur bancaire avec les services financiers mobiles et les tontines numériques. Il s’agit aussi du commerce et de la logistique avec un e-commerce en net progrès. Notons aussi la santé voire l’éducation et l’assurance fortement impactées. Enfin, il reste l’administration et les services publics, mais dans une moindre mesure, car les défis réglementaires sont nombreux.

Il ne faut toutefois pas négliger les risques liés à la cybercriminalité qui accompagnent la croissance numérique. Cela concerne l’Afrique en général et l’Afrique de l’Est en particulier (forte croissance oblige). Les efforts de sécurisation à la fois des réseaux et des pratiques et d’information des usagers doivent être soutenus.

2. Une flexibilité qui allie informel et formel

La place de formes organisationnelles clairement hybrides est fortement ancrée en Afrique subsaharienne. En général, l’activité économique repose essentiellement sur deux types d’acteurs, soit sur de très imposantes structures de type gouvernemental ou non-gouvernemental – les ONG ou les grands groupes internationaux –, soit sur de très petites structures de type familial, flexible, agile et opportuniste.

Face à cette diversité de cas, il semble illusoire de vouloir continuer à calquer de façon un peu mécanique les approches hypothético-déductives qui ont contribué à valider des théories économiques et managériales en provenance d’Europe ou Amérique du nord.

Sans vouloir invoquer l’ambitieuse théorie économique africaine, il convient à présent :

Celles-ci s’adaptent selon les défis du contexte local et des marchés internationaux entre processus formels et pratiques informelles symbolisées par la rue. Ces organisations se connectent soit aux donneurs d’ordres pour s’adapter aux consommateurs potentiels, soit à la clientèle solvable. Cette flexibilité basée sur deux formes d’organisation apparaît comme un formidable levier de croissance que le FMI semble enfin valoriser.

3. Une croissance économique forte et soutenue

Il est fort probable qu’en 2050 l’Afrique sera à la fois le continent le plus peuplé et le plus « productif » du monde. En effet, rien que la population du Nigéria va dépasser celle des États-Unis. En outre, l’usine du monde va se déplacer de la Chine vers l’Afrique. Déjà, leurs destins économiques semblent bien liés autour de trois points stratégiques : aide, commerce et investissement.

À court terme, il s’agit donc d’intégrer et d’analyser les leviers que mobiliseront le continent pour se nourrir et se développer en s’appuyant notamment sur une main-d’œuvre jeune et inventive et sur l’exploitation inclusive de ses ressources naturelles considérables.

La zone subsaharienne est concernée au regard de l’originalité des pratiques collectives et des fortes actions entrepreneuriales qui s’y passent. Celles-ci paraissent enfin accompagnées et légitimées par les politiques gouvernementales, par certains sommets autour de la Tech for Good et par quelques outils innovants tels que des incubateurs publics/privés autour des nombreuses start-up et scale-up.

Ce dynamisme a pour conséquences une augmentation du PIB par habitant, un surendettement maîtrisé et une performance économique globalement encourageante, même si les fruits de cette croissance tardent à être largement distribués. Ces résultats positifs sont mis en avant par la BAD, l’UEMOA ou le FMI qui table notamment sur une croissance de 6,8 % à 8,3 % à l’instar du Ghana, de l’Éthiopie, de la Côte d’Ivoire, de Djibouti, du Sénégal et de la Tanzanie.

4. Une percée démocratique et sécuritaire

Autant il est paradoxal que les criminels n’aiment pas forcément le risque, autant il est évident que les entrepreneurs aiment la sécurité. Pour investir quelque part, il faut croire un tant soit peu en son avenir et en sa prospérité économique, indique le rapport de la Banque africaine de Développement.

Ainsi, la croissance actuelle de l’Afrique subsaharienne repose en partie sur un renouveau du sentiment de sécurité et de stabilité à moyen et long terme. Cette perception – supposée ou réelle – est globalement de plus en plus forte, même s’il existe toujours de vastes zones de troubles, de violences et de conflits, comme en témoigne l’actualité.

Les transitions démocratiques (relativement) apaisées qui se multiplient y sont en effet pour beaucoup. Il est donc possible de changer de pouvoir autrement que par la violence. Le pouvoir, les initiatives citoyennes et les milieux économiques influents en seront d’autant plus rassurés.

Globalement, l’horizon temporel est aussi plus lisible et serein, ce qui est fondamental pour accueillir à la fois les investisseurs étrangers – notamment via les influentes diasporas –, mais également ceux du continent lui-même.

5. Une féminisation significative de l’entrepreneuriat

Comme le notait Diaretou Gaye, directrice de la stratégie et des opérations de la Banque mondiale) en 2018 :

L’Afrique est la seule région au monde où plus de femmes que d’hommes choisissent la voie de l’entrepreneuriat, une réalité dont on ne parle pas assez.

Même si, en moyenne, les bénéfices des entreprises appartenant aux femmes restent inférieurs de 38 % aux bénéfices des entreprises appartenant aux hommes, cette réalité est à relativiser à la lumière des trois facteurs explicatifs soulignés par le sommet Women In Africa.

Tout d’abord, le premier facteur est la nécessité de nourrir « la famille ». Environ 25 % des femmes actives sont amenées à créer leur entreprise et contribuent ainsi à environ 65 % de la richesse du continent.

Le second facteur est, comme nous l’avons souligné plus haut, l’émergence d’un secteur technologique et numérique offrant de nombreuses opportunités entrepreneuriales aux femmes et à leurs familles élargies. Ces nouveaux écosystèmes d’affaires (avec de puissantes success stories féminines telles que Janngo ou Jumia) leur permettent à la fois de quitter leurs secteurs traditionnels d’activité (commerce de détail, textile, couture, alimentation, etc.) et de montrer leur solidarité, leur intégrité mais aussi leur efficacité une fois aux commandes. Ainsi, le rendement des entreprises dirigées par les femmes serait de 34 % supérieur à celles dirigées par les hommes.

Un conducteur à Abidjan en train de livrer un produit de Jumia, un cite de e-commerce du Nigéria.
Issouf Sanogo/AFP 

Enfin, le dernier de ces trois facteurs est paradoxal car les difficultés classiques d’accès au financement, à la formation, à la compétence, aux marchés ont pour conséquences d’imposer aux femmes de monter de solides dossiers et de montrer leur détermination pour développer « leur business ».

Entrepreneuses et mères de famille nombreuse

Nous conclurons sur une donnée contre-intuitive et spectaculaire soulignée notamment par le rapport GEM2017 :

De manière presque inattendue, les femmes africaines entrepreneuses sont le plus souvent celles qui ont beaucoup d’enfants. Car elles doivent subvenir, non seulement à leurs besoins, mais à ceux de toute leur famille.

Cela dit, il ne s’agit pas de se réjouir trop vite mais bien de montrer qu’à côté des drames et tragédies que traverse le continent, souvent liés directement ou indirectement à ses immenses ressources naturelles, s’installe au sud du Sahara une dynamique économique originale et inspirante.

Sabine Patricia Moungou Mbenda, Vice-Doyen, Université de Yaoundé II ; Barnabé Thierry Godonou, Docteur en sciences de gestion, Université Aube Nouvelle et Lucain Some, Docteur en Sciences de Gestion, Université Aube Nouvelle

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation

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  • Et si l’Afrique devenait le premier continent sans frontières…?

  • Vu le développement de l’Horreur criminelle Nazislamiste, dans la zone actuellement. On peut tout imaginer, la vente d’armes et la consommation de lames a égorger et de munitions devrait apporter un « Boum » économique, dans la foulée les entreprises de Fossoyeurs devraient se développer.

  • Bonjour,
    ce message est H.S mais allez-vous évoquer les résultats catastrophiques du président fasciste et ultralibéral jair bolsonaro dans tous les domaines, et particulièrement économique depuis 6 mois ? (hausse du chômage, de l’inflation, de la pauvreté accompagnées de la baisse de la croissance voire pour certaines d’une récession si la Brésil va vers ce sens)

    • @Le gaucho : Personnellement, je n’ai rien à me reprocher au sujet du président brésilien Bolsonaro, car parmi les libéraux je fais partie de ceux qui dès le départ se sont montrés prudent à l’égard de l’engouement populaire qu’il a sucité durant sa campagne électorale. J’ai tout de suite pigé que bien qu’il y avait chez Bolsonaro quelques points positifs ( sa défense du droit au port d’arme, sa volonté de sortir comme Trump des escroqueries écologistes tel que par exemple l’Accord de Paris, et le fait qu’il ait choisi comme ministre de l’économie quelqu’un n’étant pas complètement inculte) il y avait hélas aussi chez Bolsonaro beaucoup de points négatifs (ou demandant à être éclaircis.)

      Par exemple : on ne sait pas si Bolsonaro est sincère lorsqu’il défend des idées libérales sur certains sujets ou si c’est juste un opportuniste qui profite de la croissance des idées libérales au Brésil (résultant du désastre économique causé par les politiques socialistes de Lula et ses potes), car Bolsonaro ne s’est jamais véritablement excusé sur le fait qu’il défendait autrefois des positions anti-libérales sur ces mêmes sujets.

      D’autre part, un autre point négatif de Bolsonaro est le fait que, tout comme Trump, il croit que la source de tous les problèmes d’une société ce n’est pas le manque de justice mais le manque de sévérité. Il croit qu’une société sévère (pour ne pas dire cruelle) est moins merdique qu’une société juste, alors que c’est le contraire qui est vrai. Cette croyance débile qu’il suffit de tabasser violemment les voyous pour que tout rentre dans l’ordre est la raison qui explique pourquoi Bolsonaro veut continuer une politique prohibitionniste répressive contre les drogues, alors que cette prohibition est l’une des principales cause de l’insécurité au Brésil. C’est cette prohibition qui rend les voyous brésiliens aussi puissants.

      • Je vous parle surtout de son économie ! (sur la justice nous sommes d’accord)
        J’aimerais répondre en deux points :
        -D’abord, même si Bolsonaro n’est pas néolibéral car il ne sait pas de quoi ça parle, son ministre de l’économie l’est, et c’est lui qui commande face à un inculte !
        En effet, selon Wikipedia, Paulo Guedes fait partie des « Chicago Boys » et est connu pour ses orientations très libérales et pour son climatoscepticisme.

        Il a enseigné à la PUC-Rio et au FGV, et est l’un des fondateurs de Banco Pactual, de l’IBMEC (Instituto Brasileiro de Mercado de Capitais créé comme Institut brésilien de recherche sur les marchés financiers), et sociétés d’investissement et d’un groupe de réflexion conservateur baptisé Institute Millenium.

        Le 2 janvier 2019, il est présenté comme le Gourou économiste de Jaïr Bolsonaro qui l’a embauché comme conseiller technique sur l’économie lors de sa campagne présidentielle, avant qu’il devienne le nouvel « Homme fort » du nouveau gouvernement mis en place par Jair Bolsonaro (le nouveau président lui a confié cinq portefeuilles essentiels de ministre (fonctions ministérielles de l’économie, des finances, de l’industrie et du travail chargées des politiques de l’emploi, du commerce et des services, et de la planification).

        Donc, vous ne répondez pas à ma question : malgré les politiques ultralibérales déjà appliquées depuis 6 mois, pourquoi les résultats sont si catastrophiques ?

        -Deuxièmement, concernant Lula : « Élu président de la République fin 2002 et entré en fonctions l’année suivante, il met en place des programmes sociaux d’importance et améliore sensiblement la situation économique. Après avoir été réélu en 2006, il ne peut se représenter pour un troisième mandat consécutif et voit sa chef de cabinet, Dilma Rousseff, lui succéder en 2011. »
        Il a appliqué une politique keynésienne, pas socialiste : « il ne remet pas en question la rigueur budgétaire des années précédentes mise en œuvre par son prédécesseur, Fernando Henrique Cardoso, et accepte le code de conduite du Fonds monétaire international (FMI) »

        • @Le gaucho : C’est dingue, la seule chose pas trop merdique avec Bolsonaro, c’est le fait que son ministre de l’économie n’est pas trop étatiste (et aussi le fait que Bolsonaro est favorable au droit au port d’arme et sceptique à l’égard de certains écolos) , et COMME PAR HASARD c’est la seule chose que vous lui reprochez ! Vous êtes comme les opposants de Trump qui passent leur temps à critiquer les baisses d’impôts qu’il a effectué alors que c’est précisemment la meilleure chose qui s’est produite durant son mandat !

          Vous pourriez reprocher à Bolsonaro sa couteuse et inefficace politique prohibitionniste répressive contre les drogues, et vous pourriez reprocher à Trump de soutenir le génocide des dirigeants saoudiens au Yémen et de ruiner les consomateurs américains à cause de ses incessantes guerres commerciales, mais au lieu de ça vous préférez cracher sur les rares choses positives que ces deux présidents accomplissent.

          C’est à cause de gens comme vous que les présidents comme eux parviennent à rester au pouvoir.

        • « malgré les politiques ultralibérales déjà appliquées depuis 6 mois »


          Lesquelles ? À ma connaissance rien de vraiment significatif n’a encore été mis en place, notamment sur le sujet crucial des retraites. D’autre part, au risque de me répéter, la situation économique était déjà castastrophique avant l’arrivée de Bolsonaro au pouvoir (à cause de la bande à Lula, Rousseff, et compagnie.)

          • Bolsonaro avait dit : « vous pourrez me juger dès les premiers mois de mon mandat ». C’est fait, et les résultats ne sont pas là

            « malgré les politiques ultralibérales déjà appliquées depuis 6 mois »
            Je pensais aux coupes réalisées dans tous les budgets, et notamment dans l’éducation.
            Donc non, les résultats sont calamiteux, malgré l’austérité…
            Et oui, la situation était catastrophique, mais a aussi empiré (notamment au niveau social) sous la présidence de Michel Temer qui est un libéral-conservateur. La situation ne s’est pas améliorée, bien au contraire, malgré les recettes libérales. Donc oui, je critique ce bilan économique désastreux et caractéristique d’un système à la dérive…
            De plus, vous ne me répondez pas concrètement sur la politique appliquée par le gouvernement progressiste de Lula : il a appliqué (au départ) une politique austéritaire alignée sur le FMI. Il a ensuite appliquée une politique sociale et les résultats sont là.

            Concernant Dilma, elle a trahi littéralement les valeurs de la gauche au niveau économique, avec les dépenses excessives concernant le sport tandis que les brésiliens crevaient.
            Et pour répondre à ça : politique d’austérité… (alors que c’est elle qui a crée le problème)
            Alors qu’on sait qu’une politique libérale et austéritaire en temps de crise est néfaste : https://www.bancomundial.org/es/news/infographic/2017/10/12/politicas-prociclicas-politicas-contraciciclas
            (c’est en espagnol)

            Je crois que l’économie est primordial, c’est pour cela que je n’évoque pas le reste, car je sais qu’avec les libertariens n’ont pourront être d’accord sur la politique répressive et la justice à 2 vitesses (aussi sur l’immigration, la libéralisation des moeurs)…

            • excusez moi pour la faute :
              qu’avec les libertariens nous pourront être d’accord sur*

              • https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/manifestations-massives-au-bresil-signal-d-alarme-pour-bolsonaro_2078532.html

                Cet article montre deux problèmes :
                -D’abord, les coupes budgétaires de 30 % dans l’éducation (si c’est pas libéral ça mais socialiste je suis perdu)
                -Ensuite, les précédentes manifestations de cet ampleur ont eu lieu lors du gouvernement de « gauche » pour réclamer de meilleurs services publics, car il n’y en avait PAS

                • Le ministre de l’Economie Paulo Guedes a réduit mardi la prévision de croissance de 2,2% à 1,5% et lancé un appel aux parlementaires pour « faire sortir le Brésil du fond du puits ».

                  Selon les économistes, l’économie brésilienne est à l’arrêt.
                  Attendons de voir ce que va changer la réforme des retraites : nous pourrons en discuter si je ne me fais pas insulter d’ici là…

            • @Le gaucho : Vous êtes un keynésien et moi un « autrichien » : nos visions du fonctionnement de l’économie sont complètement opposées. Par conséquent, plutôt que de réfuter vos arguments critiquant le libéralisme économique, je pense qu’il est préférable que je vous pose la question suivante : selon vous quelles mesures devrait prendre Bolsonaro pour redresser l’économie de son pays ?

              • -Renforcer une politique sociale pour lutter contre les inégalités : « En 2017, le Brésil est le troisième pays le plus inégalitaire d’Amérique latine après le Honduras et la Colombie » ou encore « En 2017, les 5 % de Brésiliens les plus riches détiennent autant de richesses que les 95 % restant. Six milliardaires sont à eux seuls plus riches que les cent millions de Brésiliens les plus pauvres »
                -Nationalisation des entreprises
                -Réglementation des négociations salariales
                -Augmentation des dépenses dans les domaines sociaux, et coupes drastiques dans les domaines qui ne le sont pas (domaines régaliens), à savoir l’armée (2.5 milliards pour l’armée de terre –> au moins le réduire de moitié) et l’intérieur, mais aussi la justice.
                En effet, je pense que si le gouvernement applique une politique juste et non-répressive, la situation va s’améliorer, plutôt que de toujours continuer à dépenser pour réprimer toujours plus.
                -Indexer les salaires sur l’inflation
                -Une politique plus agressive, avec un changement de la structure économique pour rendre le pays moins dépendant des capitaux extérieurs
                -Assumer une politique de rigueur dans certaines domaines (déjà expliqué) et notamment au niveau du train de vie de l’État et des hauts-fonctionnaires.
                -Renforcer et accentuer les politiques sociales menées par Lula qui ont permis une réduction de la pauvreté et des inégalités.
                -Rendre publique la liste des entreprises accusées « d’esclavage moderne
                -Obliger les entreprises à s’acquitter de leurs amendes et à se conformer aux réglementations
                -Lutter contre les lobbys et la corruption, notamment par la baisse drastiques des salaires des parlementaires et par l’instauration d’un nouveau régime parlementaire (la corruption vient de là : le régime politique brésilien ne permettant pas d’obtenir de majorité, il faut corrompre des opposants pour réussir).
                Cela passe aussi par une réduction drastique des salaires des membres du pouvoir exécutif, de la justice et de la police, des catégories très privilégiées.
                -Renforcer les politiques publiques
                -Promouvoir l’autogestion
                -Augmenter les salaires et les pensions de retraites
                -Augmenter le nombre de bénéficiaires de la Bolsa Familia afin de réduire la pauvreté.
                -Stopper les coupes dans l’éducation et faire le contraire
                -Augmenter le budget alloué aux dépenses de la santé
                -Accorder de nouvelles prestations dignes et augmenter le SMIC
                -Baisser le temps de travail et l’âge de départ à la retraite
                -Respecter l’équilibre des dépenses : les augmenter, mais aussi savoir les diminuer
                -Renforcer les pharmacies populaires
                -Diminuer les dépenses sportives
                -Renforcer le programme Fome Zero
                -Augmenter les impôts pour les classes aisées

                • Il faut que les dépenses soient égales aux recettes.
                  Ainsi, selon les données 2017, les recettes publiques valent 733,7 milliards $ et les dépenses publiques 756,3 milliards $.
                  Il faut augmenter les impôts/taxes sur les + riches et réduire DRASTIQUEMENT les dépenses inutiles et inefficaces, tandis que les dépenses sociales doivent augmenter (dans la limite du raisonnable) pour réduire la pauvreté. Je n’ai pas les chiffres exacts…

                  Cette politique sociale a déjà fonctionné au Portugal, où les résultats s’améliorent malgré la politique dépensière du gouvernement, qui a permis la relance de l’économie par la consommation…

                  • ça peut passer aussi par la suppression des niches fiscales et la lutte virulente contre la fraude fiscale.
                    J’ai oublié d’évoquer énormément de choses… mais nous pouvons déjà débattre de ces propositions !

                    • @Le gaucho : Les libéraux/libertariens comme moi sont d’accord avec vous sur la réduction des salaires/privilèges de la classe politique et des hauts fonctionnaires, voire sur la suppression des niches fiscales (celles-ci rendent la fiscalité tellement complexe que seuls les gens bien initiés, tels que notamment les gens fortunés entourés d’avocats fiscalistes, parviennent à y comprendre quelque chose), et aussi sur la réduction des dépenses militaires (pour en revenir à Trump, un de mes reproches envers les conservateurs/nationalistes comme lui c’est justement le fait qu’ils se disent favorables à la réduction des dépenses publiques, mais qu’ils s’y opposent subitement quand ceux qui en sont les bénéficiaires font partie du complexe militaro-industriel…)

                      En revanche, comme vous vous en doutez, les libéraux/libertariens comme moi sont irréconciliablement en désaccord avec vous concernant votre souhait d’une augmentation des impôts sur les plus riches et d’une augmentation des dépenses sociales. Pourquoi donc ? Parce que, d’une part, augmenter les impôts lorsqu’ils sont déjà élevés conduit non pas à une hausse des recettes fiscales mais bien au contraire à une baisse de ces recettes étant donné, tel que le démontre la « courbe de Laffer », les gens productifs qui se font trop piller le fruit de leur travail finissent tôt ou tard par refuser d’être aussi productifs. Ou pour le dire plus simplement : si on récompense l’effort = les gens font davantage d’effort. Si on punit l’effort (via les impôts) = les gens préfèrent glander. D’autre part, lorsque l’État se donne le droit d’augmenter le pillage/les impôts sur les milliardaires, petit à petit il finit par se permettre de les augmenter sur les millionnaires, puis de les augmenter sur à peu près tout le monde. Concernant les dépenses sociales : si votre objectif c’est que la population soit mieux soignée et mieux éduquée, la chose à ne surtout pas faire c’est justemment de confier cette mission à des fonctionaires plutôt qu’à des capitalistes. Pourquoi donc ? Parce que les fonctionnaires sont incapables de connaître précisemment les besoins de la population et la meilleure façon de les satisfaire, et qu’ils se font concurrence entre eux dans le but de satisfaire les politiciens plutôt que de satisfaire la population, et qu’ils ne sont pas autant incités à s’améliorer/innover, et qu’ils ne courent pas autant le risque d’être licenciés/de faire faillite/d’être tenu responsables s’ils fournissent à la population des services (soins, éducation, etc..) de piètre qualité.

                    • Commando :
                      Je suis définitivement d’accord avec vous sur la première partie.
                      En revanche, nous ne serons jamais d’accord sur l’impôt et les dépenses sociales.
                      Comme dit précédemment, je crois profondément que le seul moyen de redistribuer passe par l’impôt ! Cependant, quand j’explique que les recettes doivent augmenter, je ne me base pas que sur les taxes/impôts, mais bien sur les niches fiscales qui nous coûtent un « pognon de dingue » (POUR 100 MILLIARDS) ainsi que la lutte contre la fraude fiscale qui est-aussi +/- égale à ce monta,t qui permettrait de rééquilibrer un peu, même si il est essentiel de réduire les dépenses non sociales et de limiter les dépenses sociales, afin de permettre l’extermination de la pauvreté tout en restant dans la sphère du possible.
                      Pour autant, étant de gauche et par dessus tout keynésien, je ne m’oppose pas contrairement à vous à la hausse des dépenses publiques, car ce sont elles qui permettent de réduire la fracture à tous points de vue : les pays disposant d’un faible niveau de taxation et de dépenses sont ceux qui souffrent le plus de la pauvreté (cf. Allemagne ; Hong Kong ; Espagne ; Portugal). Ainsi, il est essentiel dans notre société que tout le monde vive dignement, car chaque être humain mérite le respect, et le respect passe par la dignité, et par le social. Pour cela, je crois que c’est à l’autorité publique d’agir. Pour autant, et vous avez raison, la bureaucratie a une place trop importante et certaines catégories de fonctionnaires disposent d’avantages indécents (revenus exorbitants) alors qu’ils sont censés servir l’intérêt général : le prolétariat ne disposera jamais de ses revenus malgré son travail utile au quotidien ! Il faut donc régler ce problème crucial et inégalitaire.
                      Pour autant, je suis convaincu que le public gère mieux les questions sociales que le privé (c’est pour cela que je défends une économie mixte). Le privé a pour objectif de réaliser des profits, au détriment des conditions de travail (cf France Télécom qui montre le vrai visage du capitalisme libéral) et de la qualité des produits/infrastructures (cf Pont de Gênes, Pont Morandi, géré et entretenu par une société privée qui a obtenu des bénéfices records au détriment, une nouvelle fois, de l’entretien du pont qui a fini par s’écrouler et provoquer le décès). L’État social aurait du intervenir quand le secteur privé est défaillant, et il l’est souvent. Ainsi, je cite Alan Greenspan, qui se définit républicain libertarien (vos idées) et qui dit je cite : « À la suite de la crise des subprimes, ayant à s’expliquer devant le Congrès le 23 octobre 2008, il reconnait publiquement que son système consistant à faire du marché libre le meilleur moyen d’organiser l’économie était en fait faillible. »
                      Pour cette raison, je ne pense pas que le secteur privé ou les capitalistes sachent mieux ce que nécessite la population qu’un État… De plus, les grandes entreprises, qui gèrent désormais nos infrastructures, comme Condotte d’Acqua et Autostrade per l’Italia (entreprises privées) n’ont été guère inquiétés après le drame tragique.
                      Ainsi, votre première partie est exact, mais je crois que votre constat et vos solutions sont fausses : il y a un problème de bureaucratie, qui ne se résoudra pas par toujours + de capitalisme

                    • « Le privé a pour objectif de réaliser des profits, au détriment des conditions de travail et de la qualité des produits/infrastructures »

                      @Le gaucho : Dans un pays purement libéral si des employés estiment qu’une entreprise privée leur offre des conditions de travail déplorables/injustes, ces employés auront le choix entre poursuivre en justice l’entreprise si elle a manqué à ses engagements contractuels (le libéralisme n’autorise pas les entreprises à faire du profit au détriment des droits fondamentaux des employés), ou entre travailler chez un concurrent ou créer leur propre entreprise. Concernant ces deux dernières opportunités : si aucune d’entre-elles ne se présentent aux employés cela tend à signifier qu’ils ne méritaient pas de meilleurs conditions de travail / qu’ils ont surestimer la valeur du travail qu’ils fournissaient.


                      « les pays disposant d’un faible niveau de taxation et de dépenses sont ceux qui souffrent le plus de la pauvreté (cf. Allemagne ; Hong Kong ; Espagne ; Portugal) »

                      Mieux vaut être « pauvre » dans un ‘pays’ riche comme Hong Kong (ou Singapour ou la Suisse…) qu’être riche dans un pays pauvre comme Cuba (ou le Vénézuela ou la Corée du nord…) Car être « pauvre » à Hong Kong équivaut généralement à être riche à Cuba. D’autre part, il y a très peu de criminalité à Hong Kong, très peu de crimes violents (malgré l’image que revoient certains films sur la mafia), donc non seulement à Hong Kong les collecteurs d’impôts vous emmerdent peu mais en outre les voyous sont très rares (du moins comparativement à Cuba.)


                      « les grandes entreprises [ne sont guère inquiétées par l’État après les drames tragiques dont elles sont parfois responsables] »

                      L’impunité juridique dont jouissent les « cronies » (grands capitalistes/grandes entreprises qui sont très proches des politiciens) est une réalité que vous avez raison de condamner et que les libéraux digne de ce nom condamnent tout aussi fermement. Selon les libéraux cette impunité est notamment renforcée par le fait que, lorsqu’il y a trop de lois et qu’elles sont trop vagues, elles ont tendance à s’annuler les unes les autres, ce qui avantage tous ceux qui ont les moyens de se payer des bons avocats.

                      Quoi qu’il en soit, je tiens à vous remercier d’être resté courtois malgré nos nombreux désaccords semble-t-il insurmontables…

                      PS : Alan Greenspan est depuis longtemps considéré comme un traitre par les libertariens….

                    • Je vous invite à regarder le reportage réalisé par les journalistes de l’Effet papillon sur la misère crasse à Hong Kong (qui ne sont pas des gauchistes comme moi) :

                      Si on regarde les chiffres, 20 % de la pop vit dans des « logements » de 2 m2. Et ce chiffre continue d’augmenter : la pauvreté était de 19 % en 2012, elle est de 20 % en 2016… Si c’est ça le paradis, mieux vaut crever… Alors que, pendant ce temps : « ce haut PIB par habitant ne doit pas cacher les importantes disparités de revenu : ainsi d’après une étude d’Oxfam, les revenus des 10 % des foyers les plus riches étaient 44 fois supérieurs à ceux des 10 % les plus pauvres. L’indice de Gini était de 53,7 en 2011, à titre de comparaison, la même année, un pays parmi les moins avancés, la République du Congo, faisait mieux avec un indice de 48,97. En 2012, l’indice pour la Chine était de 42,28. La situation semble avoir empiré depuis.  » ça c’est la pauvreté… Ainsi je refuse TOTALEMENT de croire que le libéralise a exterminé la pauvreté : elle la crée pour une partie qu’on considère comme inférieur ! c’est toujours pareil ! En France, grâce à notre modèle social (en faillite actuellement), les pauvres ne sont pas aussi pauvres ! On ne regarde pas un pays en fonction du nombre de milliardaires, mais en fonction de son traitement humain ou non de l’ENSEMBLE de la pop…
                      Autre phénomène inquiétant : la pollution (aussi visible dans le document)
                      -Selon la banque d’affaires Merrill Lynch, la pollution atmosphérique à Hong Kong diminue fortement sa compétitivité en particulier face à Singapour, les travailleurs hongkongais et leurs familles préférant quitter Hong Kong pour préserver leur santé. Toutefois, l’indice de la qualité de l’air de Singapour atteint de temps en temps le niveau « très malsain » ou même « dangereux » à cause des incendies récurrents dans les forêts en Indonésie.

                      La population de la ville subit un vieillissement commun à l’ensemble du pays : en 2033, 27 % de la population aura plus de 65 ans selon le South China Morning Post. Le taux de natalité est l’un des plus faibles du monde (9,3 pour mille habitants). Beaucoup de Hongkongais sont partis devant l’afflux des paysans de l’intérieur et pour fuir la pollution atmosphérique. La métropole du Sud de la Chine subit les effets de l’exode rural et de la fuite des cerveaux : beaucoup de jeunes quittent Hong Kong pour étudier aux États-Unis.

                      Bon … c’est pas vraiment le paradis…

                      Cuba non plus par ailleurs… ni le Venezuela ou la Corée du nord…
                      Cependant : « Il semble ne pas y avoir de sans-abris à Cuba. Bien que le logement ne soit pas gratuit, il est fortement subventionné. Les bidonvilles ont été progressivement éliminés depuis la révolution. Une étude de l’université Harvard publiée en 2002 soutient que la proportion de logements insalubres est passée de près de 50 % en 1960 à moins de 15 % »
                      J’aimerais aussi voir comment la situation évolue avec la fin du blocus, qui a déjà coûté à Cuba 120 milliards (beaucoup plus que son PIB). De plus, si on compare Cuba (régime capitaliste d’État) à Haiti (régime capitaliste) : le choix, est selon moi, vite fait !

                    • Mon commentaire est en attente de modération.
                      Mais je voudrais aussi vous renvoyer vers le film Sicko qui montre les résultats du système libéral de santé américain (à méditer je crois)
                      Aussi, concernant la pollution, un récent article du Monde (trouvable facilement sur Internet) contredit aisément un libertarien qui défendait cette thèse : les pays libres économiquement ne polluent pas (ce qui est totalement faux, et les chiffres montrent, au contraire, que les pays polluant le plus par habitants sont les pays les + libres) Et on sait ce que produit la pollution… (rien que vivre à Hong Kong h24 avec un masque inutile c’est déjà chiant…)

                  • Navré d’être aussi pointilleux mais toutes vos sources (Oxfam, Canal+/l’Effet papillon, Michael Moore) me pose problème car elles sont toutes notoirement anti-libérales. Les activistes comme Michael Moore (réalisateur de Sicko), mais aussi de nombreux syndicalistes, politiciens, journalistes, enseignants (voire même les rappeurs comme Eminem) ont une non négligeable part de responsabilité dans le déclin du Michigan, notamment de la ville de Détroit , qui était pourtant durant la première moitié du 20e siècle l’une des villes les prometteuses des États-Unis. Michael Moore et ses potes incitent depuis des décennies les américains à détester les riches alors qu’eux-mêmes (Michael Moore et ses potes) sont richissimes. Ils vivent dans des quartiers protégées, loin de la pauvreté et de la criminilité engendré par le socialisme dont il ne cesse de vanter les soi-disant mérites.

                    Mais bon, prétendons que vos sources ne me pose aucun problème, et venons-en à vos arguments : l’idée centrale de vos messages c’est que les pays libéraux sont imparfaits, qu’ils ont de grande inégalité de richesse (et beaucoup de pollution.) La réponse des libéraux est la suivante : les pays libéraux sont effectivement imparfaits, mais ce sont les moins pires. Le libéralisme enrichit tous les gens qui sont prêts à founir les efforts nécessaires pour devenir riche ou pour le rester, et cause la perte des gens (pauvres & riches) qui n’ont aucun mérite ou qui prennent constamment de mauvaises décisions. (Dans un pays libéral un riche héritier qui ne sait pas gérer sa fortune est condamné à la perdre.) Contrairement au libéralisme, l’étatisme (de gauche ou de droite) appauvrit les gens réellement méritants et enrichit uniquement les gens qui s’accaparent du pouvoir politique et les gens qui sont proches des politiciens. ( C’est pour cette raison que pendant que les Cubains et Vénézueliens et Zimbabwéens réellement méritants s’appauvrissaient, Castro, Chavez, Mugabe et leur famille devenaient milliardaires. Et que pendant que les nord-coréens crevaient de faim dans les années 90, la dynastie des Kim s’empiffrait de plats et vins raffinés.)

                    D’autre part, vous accusez Hong Kong d’être invivable à cause du prix des logements et des loyers, mais sachez que tout est libéralisé à Hong Kong excepté justement le foncier. (La plupart des terrains appartiennent à l’État et ce dernier refuse la construction de nouveaux immeubles.) En somme : tout fonctionne bien à Hong Kong excepté la seule chose qui est gérée par l’État plutôt que par les capitalistes ! D’autre part, le texte que vous avez cité critique certes la pollution d’une cité-état libérale (Hong Kong) cependant il vante les mérites d’une autre cité-état libérale (Singapour.)

                    Pour finir, plutôt que de comparer Cuba à Haiti, il est préférable de comparer Cuba à un pays tout aussi proche mais beaucoup plus libéral : les îles caïmans. Si la bande à Castro et Che Guevera n’avait pas détruit l’économie de Cuba, (qui était autrefois l’île la plus riche des Caraïbes / presque aussi riche que le Luxembourg) Cuba serait peut être aujourd’hui encore plus prospère que les îles Caïmans. Mais bon, je vous l’accorde, la pauvreté de Cuba n’est pas entièrement la faute de Castro et ses potes, elle résulte aussi du stupide embargo américain. (Les libéraux comme Ron Paul comprennent parfaitement ce genre de subtilité.)

  • Les Africains savent se débrouiller et avoir des initiatives locales, mais dans le monde moderne, ça ne suffit pas. Tant que l’Afrique n’aura pas les ingénieurs lui permettant d’extraire et de transformer les matières premières, de réaliser des infrastructures, de produire de la technologie, de vendre au monde autre chose que des concessions ou de la matière première, elle n’y arrivera pas. Exemple: la Côte d’Ivoire produit les fèves de cacao, et les Suisses font du chocolat, alors qu’ils n’ont pas le moindre cacaoyer. Pourquoi, au lieu de se faire la guerre à propos de l’ivoirité, les Ivoiriens ne court-circuiteraient-ils pas Nestlé en exploitant et transformant directement leur matière première? Encore faut-il avoir les ingénieurs nécessaires. C’est là le vrai défi de l’Afrique, et elle n’a pas même commencé à le relever. Ni même essayé, d’ailleurs. Les Chinois attendent patiemment, ils savent qu’ils sont les seuls à pouvoir encadrer un véritable développement africain.

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