L’Iran joue un rôle destructeur en Irak, en Syrie et dans 12 autres pays

Iran Teheran city of lights Arash Razzagh Karimi (CC BY-NC-ND 2.0)

Une étude conjointe de deux organisations non gouvernementales européennes accuse l’Iran de s’immiscer dans les affaires de 14 pays à majorité musulmane du Moyen-Orient et de jouer un rôle destructeur dans les affaires politiques la région.

Par Sara Meshkati. 

L’étude de l’European Iraqi Freedom Association (EIFA), dirigée par l’ancien eurodéputé conservateur écossais Struan Stevenson, et de l’International Committee in Search of Justice (ISJ), deux ONG basées à Bruxelles, dresse un tableau désastreux de l’interventionnisme iranien dans la région et accuse le Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran (CGRI) d’être directement impliqué.

L’ingérence iranienne dans les affaires d’autres pays de la région est institutionnalisée et les hauts responsables du CGRI ont été directement impliqués. Le rapport critique le CGRI pour avoir entrepris une occupation cachée dans quatre pays, à savoir l’Irak, la Syrie, le Yémen et le Liban.

Dans les quatre cas, le CGRI a une présence militaire directe et considérable, étant précisé que la seule présence de troupes en Syrie représente des dizaines de milliers de troupes de milices affiliées au régime iranien. Cela comprend non seulement les Iraniens, mais aussi les djihadistes chiites sectaires recrutés, formés, financés et contrôlés par le CGRI, originaires d’Irak, d’Afghanistan et d’ailleurs.

Le rapport révèle les sites de 14 camps d’entraînement du CGRI où les recrues sont réparties en fonction de leur pays d’origine et des tâches qui leur sont assignées, qu’il s’agisse de combats au front ou d’activités terroristes internationales.

L’Iran impliqué dans des combats de première ligne

Chaque mois, des centaines de forces irakiennes, syriennes, yéménites, afghanes et libanaises, des pays où le régime iranien est impliqué dans des combats de première ligne, reçoivent un entraînement militaire et sont ensuite envoyées pour combattre ou pour mener des actions terroristes.

Selon les chercheurs à l’origine de cette étude, l’Irak est l’un des pays les plus touchés par l’ingérence et l’interventionnisme iranien. Même l’ambassadeur d’Iran en Irak, le brigadier général Iraj Masjedi, nommé à ce poste en janvier 2017, dirigeait auparavant le bureau irakien du CGRI.

L’Iran est de plus en plus encouragé à agir depuis que l’ancien Président des États-Unis, Barack Obama, a autorisé l’accord sur le nucléaire avec le régime de Téhéran, ont annoncé les ONG.

L’accord visait à limiter les ambitions nucléaires iraniennes qui avaient vraisemblablement pour but l’acquisition d’armes nucléaires en échange d’un allégement des sanctions. Ensuite, les sanctions ont été largement levées au début de l’année 2016 et l’Iran a bénéficié d’une influence financière et économique accrue, par la suite investie non pour son peuple mais pour déstabiliser plus d’une douzaine de pays du Moyen-Orient. La manne financière n’a pourtant point amélioré les finances de l’Iranien de la rue. Par ailleurs, depuis l’arrivée de Donald Trump, la situation a basculé. Le Président américain s’est retiré de l’accord et a rétabli les sanctions contre l’Iran.

Les principaux pays cités dans ce rapport sont les suivants : Arabie saoudite, Irak, Syrie, Yémen, Liban, Bahreïn, Turquie et Palestine. Les experts de la région considèrent cette dernière comme une sorte de campagne de relations publiques pour Téhéran. Une campagne pour renforcer ses références à l’islam en soutenant les Palestiniens contre Israël, tout en aidant les régimes de la région à écraser les communautés de réfugiés palestiniens.

Contre les Palestiniens

Un exemple frappant du soutien de l’Iran à la répression brutale contre les Palestiniens est celui qui a eu lieu en Irak après l’invasion menée par les États-Unis en 2003, où les réfugiés palestiniens étaient perçus par l’Iran et leurs djihadistes chiites comme des pro-Saddam Hussein. Une assistance iranienne visant à tuer des Palestiniens a également été fournie dans le camp de réfugiés de Yarmouk en Syrie, pendant la guerre en cours contre le dictateur Bashar Al-Assad.

Parmi les recommandations figurant dans les conclusions, le rapport indique que le CGRI devrait être désigné comme une organisation terroriste en Europe. Les interventions et le terrorisme du CGRI pendant quatre décennies sont à l’origine de la crise actuelle dans la région. Les ONG ont également recommandé de sanctionner toutes les sources de financement et les sociétés affiliées au CGRI, ainsi que de lancer des efforts internationaux pour dissoudre les groupes paramilitaires et les réseaux terroristes affiliés à la Force Qods du CGRI.

Ces mêmes Gardiens de la Révolution ont été classés comme organisation terroriste par les États-Unis le mois dernier. Une mesure accueillie plutôt favorablement par la population iranienne maudissant cette force corrompue qui accapare l’économie iranienne et est considérée par les Iraniens comme la source du fiasco économique du pays. Plutôt que de se soucier de leurs relations avec le pouvoir iranien, les gouvernements européens devraient avoir une politique favorable à la stabilité de la région et surtout soutenir les Iraniens qui manifestent quotidiennement dans les rues et sont réprimés brutalement par les Pasdarans, l’autre nom donné au CGRI.