Chine : le contrat secret qui a sauvé des millions de vies

Lorsque vous serez confronté à un membre de votre famille socialiste ou à des amis sur les médias sociaux qui défendent le collectivisme économique, assurez-vous de leur raconter l’histoire du contrat secret qui a révolutionné la Chine.

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Chine : le contrat secret qui a sauvé des millions de vies

Publié le 8 mai 2019
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Par Bradley Thomas.
Un article de Libre Afrique

« Travailler dur, ou tirer au flanc, tout le monde obtient la même chose. Alors, les gens ne sont pas motivés pour travailler ». Ce sont les mots de Yan Junchang, le fermier chinois qui a initié un accord secret qui a sauvé des millions de vies. De quoi s’agit-il ?

Aucune propriété privée

En 1978, les terres agricoles en Chine ont été divisées en collectivités. En raison de la révolution communiste, aucune propriété personnelle des terres agricoles n’était autorisée. « À l’époque, même une paille appartenait au groupe », a déclaré Jungchang, un agriculteur du village de Xiaogang. En 1978 « personne ne possédait rien ».

Selon NPR.org, en 1978, les agriculteurs d’un petit village chinois appelé Xiaogang se sont réunis dans une hutte en terre battue pour signer un contrat secret, en craignant que cela leur coûte la vie. Au contraire, cela a fini par transformer l’économie de la Chine d’une manière qui résonne encore aujourd’hui. À l’époque, les produits des agriculteurs appartenaient au gouvernement qui les répartissait également entre les agriculteurs du collectif.

Propriété collective

Contrairement à l’abondance que les socialistes promettaient si l’appropriation collective des moyens de production était respectée, « il n’y avait jamais assez de nourriture, et les agriculteurs devaient souvent se rendre dans d’autres villages pour mendier. Leurs enfants avaient faim. Ils étaient désespérés ». Selon China.org, la population du village n’était que de 120 avant 1958 et 67 villageois sont morts de faim lors du Grand Bond en avant de 1958-1960.

Dans le comté de Fengyang, où se trouve Xiaogang, une personne sur quatre a péri, soit 90 000 personnes. Mais sous le collectivisme, certains sont plus égaux que d’autres. Alors que les paysans mouraient de faim, « aucun fonctionnaire ne souffrait de la faim dans notre région », a rappelé Junchang. « La nourriture n’était pas suffisante pour nourrir tout le monde. Les familles ont alors bouilli des feuilles d’arbres, de l’écorce et des plantes sauvages comestibles ; nous avons mangé tout ce que nous avons pu trouver. Après avoir consulté d’autres villageois, j’ai pris la décision de céder des terres à des ménages, quelle que soit la peine qui me serait infligée. Nous ne voulions plus mourir de faim ».

Selon le contrat, « les agriculteurs ont accepté de partager les terres entre les familles. Chaque famille a accepté de remettre une partie de sa récolte au gouvernement et au collectif. Et, surtout, les agriculteurs ont convenu que les familles qui produisaient suffisamment de nourriture en garderaient pour elles-mêmes », selon le rapport de la NPR.

Les incitations comptent

Les résultats ont été époustouflants. « La production céréalière est passée à 90 000 kilogrammes en 1979, soit six fois plus que l’année précédente», selon China.org. « Le revenu par habitant de Xiaogang est passé de 22 yuans à 400 yuans ». Les agriculteurs désormais motivés par la possibilité de bénéficier même partiellement de leurs efforts plutôt que de voir leurs produits partagés de force avec le collectif, ont sans surprise déployé des efforts plus importants. « Nous avons tous participé à des compétitions secrètes », a déclaré Junchang. « Chacun voulait produire plus que les autres ».

Comme l’explique NPR.org, c’était la même terre, les mêmes outils et les mêmes personnes. Pourtant, en changeant les institutions économiques (garder une partie du fruit de son travail), tout a changé. « Avant le contrat, les agriculteurs ne se traînaient dans les champs que lorsque le coup de sifflet du village retentissait, marquant le début de la journée de travail », a ajouté NPR. « Après le contrat, les familles sortaient avant l’aube ».

Cependant, tout le monde n’est pas satisfait des actions des agriculteurs de Xiaogang. Comme le note China.org, certaines personnes ont accusé les villageois de Xiaogang de déterrer la pierre angulaire du socialisme. Heureusement, le secrétaire du parti de la préfecture de Fengyang, Wang Yuzhao, était ouvert d’esprit.

Des agriculteurs courageux

Yuzhao a été informé de la récolte favorable générée par le nouvel arrangement contractuel, et a promis de protéger le secret du village aussi longtemps que la pratique ne se répandrait pas. La nouvelle du contrat des agriculteurs s’est toutefois propagée.

Mais heureusement pour Yan et ses concitoyens du village, « il y avait des membres puissants du Parti communiste qui voulaient changer l’économie de la Chine. Deng Xiaoping, le dirigeant chinois qui allait créer l’économie moderne de la Chine, venait juste de prendre le pouvoir », a rapporté NPR. Ainsi, au lieu d’exécuter les agriculteurs de Xiaogang, les dirigeants chinois ont finalement décidé de les prendre pour modèle.

En quelques années, les fermes de toute la Chine ont adopté les principes énoncés dans ce document secret. Les gens pouvaient posséder ce qu’ils avaient produit. Le gouvernement chinois a également autorisé d’autres libéralisations économiques, ce qui a permis de stimuler la croissance historique, censée permettre à 500 millions de Chinois de sortir de la pauvreté.

L’accord des agriculteurs de Xiaogang a sonné le glas de l’agriculture communautaire en Chine il y a trois décennies, mais malheureusement le gouvernement chinois continue de refuser de légaliser la propriété des terres rurales. Les actions courageuses des agriculteurs de Xiaogang est une leçon historique. Alors que de plus en plus de gens, en particulier les jeunes, développent une vision sympathique du socialisme et de la collectivisation des moyens de production, l’histoire des agriculteurs nous rappelle à quel point le collectivisme peut être désastreux.

Les droits de propriété privée sont importants

L’élimination des incitations liées aux droits de propriété privée sur les moyens de production ne crée pas une prime égalitaire, mais un paradis pour les parasites. Séparer la récompense de l’effort tue l’initiative de travailler. Les droits de propriété privée dans une économie libre sont indispensables pour l’élimination de la pauvreté, l’accélération de la croissance de l’épanouissement humain.

Lorsque vous serez confronté à un membre de votre famille socialiste ou à des amis sur les médias sociaux qui défendent le collectivisme économique, assurez-vous de leur raconter l’histoire du contrat secret qui a révolutionné la Chine.

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  • je ne sais pas si l’histoire est réelle..mais les idées sont tellement évidentes…

  • Oui propriété privée. Et un régalien fort pour le garantir. Ce deuxième point manque souvent.

  • ‘ Lorsque vous serez confronté à un membre de votre famille socialiste ou à des amis sur les médias sociaux qui défendent le collectivisme économique, ‘
    En fait non, ne perdez pas votre temps, et parlez de la météo, car n’oubliez pas, il s’agit d’un contrat secret, et c’est là tout tout son intérêt; et le votre…

  • Pourtant c’est tellement motivant de bosser pour les autres , z’avez vu tout ces benevoles qui bossent a l’oeil dans une multitude d’associations a but vraiment pas du tout lucratives ?

  • Tout à fait la propriété privée récompense le travail, puiqu’on récolte directement le fruit de ce travail. Pour une société humaine cette « solution » optimise la production. La propriété privée révèle également les inégalités naturelles entre individus contrairement à la collectivisation qui égalise tout le monde par le bas.
    Mais voilà, ces inégalités sont la source même de la tendance de collectivisation. Les plus faibles et les moins performants, s’ils sont trop nombreux, ne peuvent s’en sortir que par une certaine recollectivisation du système. C’est par exemple, ce qui s’est passé au Vénézuela. Par conséquent les plus performants, qui sont les moins nombreux, doivent veiller à maintenir une classe moyenne afin de préserver l’équilibre social. Ils doivent céder une part de leurs potentialités sous forme d’avantages sociaux (droits, salaires..).

    C’est ainsi qu’il faut comprendre ce fameux adage : De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins.
    La première partie etant libérale, la seconde étant sociale.

  • La chine refuse de donner la propriété des terres rurales, mais celle-ci (l’utilisation) sont transmis de père en fils ou fille, pour peu que vous conserviez un « hukou » rural.
    Par exemple, le frère de ma femme a change son hukou rural en urbain, il a perdu le droit d’utiliser les terres, c’est ma femme qui en hérite les droits.
    La maison familiale étant de 2 étage, le rdc pour les parents, le 1er pour le fils, le 2em pour ma femme.

  • J’aimerais pouvoir raconter l’histoire du contrat secret mais, quand je fais face à des convertis, que ce soit du collectivisme, du socialisme ou de l’écologisme pur et dur, je me rends compte que je perds mon temps!

  • « sous le collectivisme, certains sont plus égaux que d’autres »

    Favoriser la caste de fonctionnaires aux dépens du reste de la population est l’essence même d’un projet collectiviste socialo-étatiste. Sinon, le projet n’aurait aucun but. Pourquoi collectiviser si ce n’est pour faire en sorte que certains en profitent alors qu’en situation de concurrence, ils n’auraient pas obtenu une position aussi éminente dans la société ?

    Tout projet collectiviste à une finalité inégalitaire et injuste. La revendication de l’égalité est toujours un mensonge. La France, en 2019…

  • C’est exactement la raison de la catastrophe du Venezuela. Malgré les premières réserves mondiale de pétrole le Venezuela est obligé d’importer son carburant depuis les USA :Quand vous payer les ingénieurs et les techniciens de maintenance au même prix que le balayeur, ne vous étonnez pas qu’il en fasse pas plus que le balayeur… et que tout le système s’effondre !!!

  • « vous faites semblant de nous payer, nous faisons semblant de travailler » : un des résultats du collectivisme.

  • Tout communiste bon teint qu’il était, Deng sera toujours pour moi un héros pour son slogan : « Chinois, enrichissez-vous ! Il est glorieux de s’enrichir ! »

  • Je constate que aucuns occidentaux n’a le droit d’acheter des terres agricoles en Chine, contrairement aux Chinois qui achètent partout dans le monde pour assurer leur suffisance alimentaire.
    Quand les gens n’ont plus rien dans leur assiette, c’est la que les revolutions commencent, et comme on peut pas reprendre les terres que les chinois ont achetés, ce serait contraire au droit de propriétés chez nous, j’ai le sentiment qu’on scie la branche ou l’on est assis.

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