La loi européenne sur les droits d’auteur tue Internet

Internet ordinateur (Crédits photosteve101, licence Creative Commons)

Par Jacques Henry.

C’est maintenant officiel, le Parlement européen a finalement voté la directive controversée sur le droit d’auteur dont le but est de réviser la législation sur le droit d’auteur de tout ouvrage en ligne dans l’Union Européenne. Cette loi sème la discorde, en particulier l’article 13 ; ses opposants nomment cela une « interdiction de mémoire », c’est-à-dire une limite de la liberté d’expression à l’aide de « filtres de téléchargement » sur tout contenu téléchargeable, ce qui offre aux grands de la big tech une emprise encore plus pesante sur la toile. Les défenseurs de cette directive prétendent qu’elle obligera les grands de la big tech – pour résumer, les GAFA – à payer leur juste participation aux droits d’auteur.
Ben voyons !

Ce qui est évident c’est qu’Internet en Europe ne sera plus jamais comme avant. Et l’interdiction des mèmes obligera les grandes plateformes comme Youtube à filtrer chaque téléchargement afin de prévenir les atteintes illicites aux droits d’auteur. Les partisans de cette réforme prétendent que le terme « interdiction des mèmes » est inexact car ces derniers seraient étiquetés comme des parodies de mémoire et  seraient ainsi protégés, tandis que les opposants affirment que le filtrage automatique des téléchargements n’améliorera en rien cette protection.

Cerise sur le gâteau, une autre disposition que les opposants à cette directive ont surnommé « la taxe sur les liens » obligerait les agrégateurs d’informations, y compris les poids lourds comme Google News, à rémunérer les éditeurs pour les liens vers leurs articles. La députée au Parlement européen Julia Reda, opposante à cette directive européenne sur les droits d’auteur, a déclaré que les petits éditeurs peu connus en termes de marque pourraient perdre gros. Elle a qualifié cette directive de très sombre pour la liberté de l’internet.

On entre dans le contrôle de l’Internet qui préfigure la mainmise de la gouvernance totalitaire dont l’Union européenne est le laboratoire. Aux USA, les sites d’hébergement se sont arrogé le droit de clore un compte comme par exemple le site Information Clearing House, qui n’est plus accessible. Qui a pris cette décision ? Nul ne le sait, mais il est vraisemblable qu’un ordre a été envoyé d’en haut. WordPress pourrait supprimer l’accès à mon blog parce qu’il déplairait à un politicien lambda ou que, selon la philosophie de cette directive européenne, je devrais acquitter une taxe en raison du fait que je cite des auteurs mentionnés avec des liens spécifiques.

Un jour très sombre pour Internet !

Note. Mème et mémétique : il s’agit d’un néologisme proposé par le biologiste Richard Dawkins dont la définition peut être « réplicateur », par analogie avec les gènes contenus dans l’ADN. En ce qui concerne les mèmes internet, ce concept peut prendre plusieurs formes comme par exemple un hyperlien, un site internet, un hashtag… qui peuvent être propagés sur la toile.

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