La réforme européenne du droit d’auteur est-elle la fin de l’internet libre ?

Internet Yami-ichi in de Brakke Grond By: Sebastiaan ter Burg - CC BY 2.0

La réforme va à l’encontre des valeurs que prône Internet depuis sa création : Liberté et partage.

Par Théophile Gacogne.

Les députés européens ont voté mardi la réforme du droit d’auteur. La fin d’une histoire à rebondissements qui a débuté en 2016. La directive sur le droit d’auteur numérique a été fortement décriée par les acteurs d’Internet. Celle-ci s’apparente a une restriction du savoir et de la liberté des utilisateurs. Des partisans sont allés manifester dans les rues par milliers afin de réclamer un “Internet libre”. De nombreuses associations proposent des pétitions et recueillent des signatures afin de lutter pour qu’Internet garde son indépendance. Que vaut réellement cette nouvelle réforme et pourquoi atteint-elle notre liberté ?

Pourquoi la réforme européenne est décriée par les internautes ?

La réforme va à l’encontre des valeurs que prône Internet depuis sa création : liberté et partage. Aujourd’hui, si la directive sur le droit d’auteur est votée au parlement européen, ces deux valeurs pourraient bien disparaître d’Internet. En effet, les internautes déclarent une censure massive de leurs contenus web.

D’une part, du côté des utilisateurs, suite à cette réforme, leurs contenus web favoris pourraient bien ne plus être disponibles gratuitement sur la toile. De nombreuses vidéos et musiques se verraient directement supprimer et deviendraient inaccessibles.

D’autre part, les créateurs de contenus ne jouiront plus de la même liberté qu’avant afin de divertir les utilisateurs. En effet, ce sont eux les plus impactés car ils n’auront pas le droit de faire usage de certains médias (photos, vidéos, musiques, citations…) dans leur contenu ou ils ne pourront plus en toucher la monétisation. Lorsque l’on connaît le nombre de personnes qui commencent à réussir à vivre pleinement de revenus gagnés en créant des contenus web, cela devient fortement décourageant pour tous ces nouveaux métiers du web.

L’article 17 : ancien article 13

La colère des utilisateurs et autres acteurs d’Internet est particulièrement due à la publication de l’article 17. Cet article s’applique directement aux grandes plates-formes qui permettent aux utilisateurs de créer et partager des contenus web ; Comme, le géant de la vidéo : Youtube. Avec le vote du texte par les eurodéputés, il n’est désormais plus possible d’utiliser quelques secondes d’une musique ou d’un film disposant de droit d’auteur pour créer une vidéo Youtube. De ce fait, de nombreuses vidéos sont vouées à disparaître car la plupart des vidéos Youtube compilent des faits d’actualités (zapping, vidéo critique, débat), d’autres compilent des chansons ou des films (critique du film, musique, vidéo voyage avec une chanson, parodie……).

Le joueur du grenier a souvent été pris comme exemple notamment sur sa vidéo Harry Potter pour laquelle il avait tout refait de A à Z : l’ambiance, les décors, les costumes… tout sauf la musique qui a été utilisée pour un très court passage :

 

La fin des petits réseaux ?

Auparavant, les utilisateurs eux-mêmes étaient les justiciers d’Internet et avaient le pouvoir de faire retirer une vidéo sur une grande plate-forme comme Youtube si celle-ci violait les droits d’auteur. Aujourd’hui, si la décision est prise, les grandes plates-formes seront obligées de retravailler leur algorithme et vérifier par elles-mêmes toutes les vidéos en ligne.

Le plus grand youtuber Français (Squeezie) dénonce d’ailleurs Universal aurait, selon lui, mis un algo en place afin de pouvoir striker un maximum de vidéos dans un minimum de temps tout en restant très bon joueur via ses propres démonétisations. Ce sont des millions qui sont en jeu, ce qui amène aussi à un autre fait, et une question peut faire débat.

Les jeunes start-ups ne pourront pas trouver la capacité financière de vérifier tous les contenus web de leur réseau, de ce fait, seules les grosses plates-formes pourront survivre. C’est ce qui peut amener à la mort d’Internet, lorsque les petits réseaux ne pourront plus concurrencer les gros.

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