La France fait le maximum pour l’égalisation des revenus

Le problème est de savoir comment les animateurs du Grand Débat vont pouvoir parvenir à expliquer aux Gilets Jaunes que la répartition des revenus est en France, aujourd’hui, l’une des plus équitables qui soit dans le monde.

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Paris manif gilets jaunes By: Jeanne Menjoulet - CC BY 2.0

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La France fait le maximum pour l’égalisation des revenus

Publié le 12 février 2019
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Par Claude Sicard.
Un article d’Entrepreneurs pour la France

La révolution des Gilets Jaunes qui agite très profondément notre pays, depuis plus de deux mois maintenant, et qui n’est pas près de s’achever, pose à nos dirigeants le problème de la juste répartition des revenus. Les Gilets Jaunes se plaignent des inégalités dont ils souffrent, et parlent constamment d’injustice. Ils disent ne pas pouvoir finir leurs fins de mois, et plaident pour un meilleur niveau de vie.

Unanimement, ils demandent à Emmanuel Macron de cesser de favoriser les riches, du moins est-ce ainsi qu’ils perçoivent la reforme de l’ISF qu’il a courageusement effectuée en début de mandat. Ils demandent à notre président que l’on taxe bien plus les riches afin que leur sort personnel se trouve amélioré.

Nous avons besoin des personnes qui s’enrichissent en créant des emplois

Les économistes savent qu’il s’agit, là, d’une absurdité. Ainsi Bernard Zimmern, par exemple, le fondateur de l’iFRAP, s’insurge-t-il dans un excellent article paru tout récemment sur le site du think- tank qu’’il anime (« Entrepreneurs Pour la France ») contre les économistes qui s’élèvent à tort contre les entrepreneurs qui, par leurs talents et leur capacité à prendre des risques, créent de l’emploi. Il explique qu’il serait absurde de « casser la machine qui a permis aux USA de créer un tiers des emplois actuels et d’accueillir en 30 ans 15 millions d’immigrants latino et africains, sans argent, et sans éducation ».

Il s’élève contre les thèses de l’économiste Thomas Piketty, et conseille à « ces faussaires » qui critiquent par trop les inégalités, de lire l’ouvrage de Caroline Freund, senior fellow au Peterson Institute for International Economics, à Washington : « Rich people, Poor countries ». Les personnes qui s’enrichissent en créant des emplois ont leur utilité, et nous en avons besoin. Une bonne partie de la population française ne parvient pas à le comprendre, le marxisme ayant beaucoup marqué les esprits dans notre pays, bien plus que dans les autres pays européens.

La France du mouvement En Marche est constituée des personnes qui sont convaincues qu’un pays a besoin d’entrepreneurs, quitte à ce qu’ils deviennent riches. Et, au demeurant, notre pays n’a rien a se reprocher en matière de lutte contre les inégalités : c’est, au contraire, le pays qui, dans le monde, a le plus fait depuis la fin des trente glorieuses pour réduire chez lui les inégalités de revenus entre les personnes. Mais les Gilets jaunes ignorent cette réalité : ils constatent, simplement, que leurs revenus sont insuffisants au regard de leurs besoins.

Nous allons donc montrer ce qu’il en est, et il faut, pour cela, s’en référer à ce que les économistes appellent « l’indice de Gini ». C’est l’indice le plus fiable existant actuellement pour mesurer dans les pays les inégalités : il va de zéro à un, et plus l’indice est proche de 1, plus sont grandes les inégalités.

Des pays fortement inégalitaires comme le Brésil, le Guatemala, le Honduras… ont des indices de l’ordre de 0,6 et des pays très égalitaires comme les pays scandinaves ont des indices de l’ordre de 0,25 : la Norvège est à 0,27 et la Suède à 0,28. Les États-Unis en sont, eux, à 0,39. La France se situe très près des pays scandinaves, et son évolution se fait dans le sens d’une réduction des inégalités : l’indice de Gini de la France est passé de 0,38 en 1984, à 0,34 en 2012, pour se situer à présent à 0,29.

La France est en tête dans la lutte contre les inégalités

La réduction des inégalités s’opère, dans les pays, par la fiscalité, ce que les économistes appellent les « Prélèvements Obligatoires » (PO). En France, les PO n’ont pas cessé d’augmenter, et à un rythme supérieur à celui du PIB, pour en arriver à être, aujourd’hui, les plus importants de tous les pays de l’OCDE : 47,6% du PIB. Le Danemark, qui était en tête, jusque là, vient maintenant en seconde position.

Comme le montre le graphique ci-dessous, il existe une bonne corrélation, sur le plan international, entre les prélèvements obligatoires dans les pays et l’indice de Gini qui les caractérise :

Notre pays, sur ce graphique, se trouve en tête en matière de lutte contre les inégalités, à en juger par l’importance relative de ses prélèvements obligatoires sur la collectivité. La corrélation n’est certes pas parfaite, car les politiques des Etats sont plus ou moins généreuses en matière de lutte contre les inégalités.

En fait, l’égalisation des revenus s’effectue par les dépenses publiques, et notre pays dépense plus que ne lui permettent ses prélèvements obligatoires, car l’Etat, depuis maintenant 40 ans, pour couvrir toutes ses dépenses, recourt régulièrement, chaque année, à l’endettement, au point que la dette extérieure du pays atteint à présent 100% du PIB, ce qui est une limite qu’il serait dangereux de dépasser.

Le graphique ci-après montre ce que sont, en valeur réelle, les prélèvements obligatoires dans les pays :

Plus les pays sont riches et plus sont importants les montants prélevés. C’est, comme on le voit sur ce graphique, le cas des pays scandinaves qui ont des indices de Gini très faibles. La France, bien moins riche que les pays du nord de l’Europe, se trouve juste derrière. Les États-Unis, relativement peu égalitaires (0,39) ont des prélèvements obligatoires bien inférieurs à ce qu’indique la droite de corrélation.

La France n’est pas un pays vraiment riche, en tous les cas, pas assez

Le mécontentement des Gilets Jaunes vient, il faut le comprendre, de ce que la France n’est pas un pays vraiment riche : son PIB/tête vient seulement en onzième position en Europe. La Suède a un PIB/tête supérieur au nôtre de 39% et la Norvège de 96%. Si bien que le phénomène d’égalisation des revenus dans ces pays permet aux personnes qui se situent en bas de l’échelle sociale, d’accéder à un revenu satisfaisant. Ce qui n’est pas le cas de la France : d’où le révolte des Gilets Jaunes.

Le problème est, à présent, de savoir comment les animateurs du Grand Débat qui a été lancé par le président de la République vont pouvoir parvenir à expliquer aux Gilets Jaunes que la répartition des revenus est en France, aujourd’hui, l’une des plus équitables qui soit dans le monde.

Notre pays qui est contraint de s’endetter pour mener une politique aussi avancée ne peut pas aller plus loin. Il s’agit là d’un message essentiel à faire passer aux Gilets Jaunes. On doit craindre qu’une fois de plus ils ne voudront rien entendre : ils accuseront les experts qui tenteront de leur tenir ce langage de ne pas connaître les réalités du terrain : ils ne manqueront pas de les traiter de privilégiés, de mondialistes nourris par les idées libérales.

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  • les français ont de ma m dans les yeux… toutes les expériences égalitaristes sombrent dans la faillite

  • ça c’est sur le nivellement par le Bas fonctionne plein pot !
    Le nombre des smicards ne cesse pas d’augmenter, Le smic lui n’augmente pas grâce aux arrivées massives d’immigrés, musulmans a 90 %, et d’au moins un million de clandestins en permanence du même modèle. Le nombre des bénéficiaires des minimums sociaux et chômages divers ne cesse d’augmenter lui aussi.
    Il est effectivement difficile d’imaginer une mer.. plus égalitaire.

  • Il fau voir de quoi l’on parle quand on dit « riches ». Ce que les statistiques cachent c’est que le dernier centile, qui compte très peu d’individus, s’est considérablement enrichi depuis l’arrivée d’E. Macron. Ce n’est peut-être pas un hasard si ce sont les mêmes qui ont fait une promotion éhontée pour le candidat En Marche. Cet enrichissement ne serait pas un problème si en même temps, toute la classe moyenne, y compris la classe moyenne supérieure n’avait pas été accablée d’impôts et taxes supplémentaires. On ne peut dès lors reprocher à des gens qui pensent « vases communcants » de croire qu’on leur a fait les poches pour enrichir les riches.
    Macron a été maladroit et incompétent parce qu’il est déconnecté des realités. Il a manqué aussi du courage pour baisser les dépenses publiques, remettre en cause la transition écologique, limiter les conditions d’accès au système social pour les immigrés de manière à baisser TOUS les impôts et charges. Ce qui aurait permis de faire accepter une suppression totale de l’ISF.

  • Je serais curieux de connaître une étude rapprochant (dans le temps, ou dans les différents pays) les niveaux de redistribution et les écarts de rémunération avant impôts.
    Logiquement il devrait y avoir une corrélation entre ces 2 variables, due à une relation de cause (la redistribution) à effet (la rémunération avant impôts) – ou bien l’inverse si l’on est socialiste.

  • L’article omet de dire et de tenir compte que la révolte anti taxes supplémentaires était une seine réaction . Car si ce qu’énonce l’article est fondé il n’évacue pas l’inefficacité, l’injustice , et la bêtise de taxations et prélèvements proliférants ,appauvrissants et peu efficaces .

  • Oui je serais curieux de connaitre les salaires des pays scandinave brut de brut et comparé au notre.
    j’ai un doute sur la capacité et le financement de nos services à assurer le boulot eu égard au prélèvement mais je me trompe peut etre.

  • Comme Maduro, et elle y parvient très bien puisque le nombre de pauvres en témoigne!

  • Le lavage de cerveaux a été tel dans ce pays que beaucoup ne veulent pas être plus riches mais veulent juste que les plus riches deviennent plus pauvres.

  • « permet aux personnes qui se situent en bas de l’échelle sociale, d’accéder à un revenu satisfaisant. Ce qui n’est pas le cas de la France » le revenu est satisfaisant, c’est le nombre de ponctions étatiques qui l’est moins.

  • Article incompréhensible, empli d’illusions, ignorant la distorsion dramatique entre la parole et les actes de Macron et de ses sicaires, terroristes de la taxe.

    Egaliser les revenus par la redistribution n’est pas équitable. Donner plus à ceux qui produisent moins ou rien, en spoliant le fruit de leurs efforts aux plus productifs, est foncièrement inéquitable. L’égalitarisme est une injustice.

    La suppression partielle et injuste de l’ISF serait passée inaperçue si l’ensemble des taxes et des dépenses publiques avait été abaissé au lieu d’être encore augmenté. Les revendications initiales des GJ étaient sans ambiguïté, exprimant le ras-le-bol de la France vis-à-vis de son Etat obèse.

    Depuis, comme prévu, le mouvement de colère a été en partie récupéré. Il est devenu cacophonique. Les commentateurs affidés pernicieux lui font dire ce qu’ils veulent, sauf précisément ce qu’il exprime en réalité. Le débat dérisoire est une autre illusion qui ajoute à la confusion en servant de caisse de résonance aux idéologies minoritaires les plus délétères, accessoirement de propagande électorale pour Macron. C’est un outil de division des Français afin que l’Etat puisse continuer à régner. Pourtant, la majorité des Français rejette clairement l’Etat obèse, d’abord par l’abstention aux élections, désormais par les protestations, demain par la révolte si l’Etat persiste à l’ignorer au mépris des principes de la démocratie.

    Non, le gouvernement et son parti LREM ne sont pas favorables à la baisse des dépenses publiques et des taxes. Ils le déclarent peut-être mais, en « même temps », ils les augmentent toujours plus. C’est l’illusion politicienne du « en même temps » cher à Macron. Si ce n’est plus au nom du socialisme, c’est désormais au nom de l’écologisme. Demain, une autre idéologie fera l’affaire, peu importe laquelle tant que l’Etat obèse survit.

    Non, Macron le mondialiste n’est pas nourri d’idées libérales mais plutôt d’idées totalitaires. Ses interventions le démontrent chaque jour un peu plus. Le mondialisme est un totalitarisme, un parmi tant d’autres dans la longue histoire des désordres mentaux politiciens. Les nations lui survivront.

    La France du mouvement En Marche n’est pas constituée de personnes convaincues que le pays a besoin d’entrepreneurs. Ca, c’est LREM fantasmée. Il est possible que quelques entrepreneurs égarés y participent, dans l’espoir d’en retirer un avantage personnel. La réalité est beaucoup moins reluisante et elle est dramatique pour la plupart des entrepreneurs. L’URSSAF n’est pas leur amie. L’URSSAF agit comme un occupant pillant le pays à loisir.

    LREM est le parti de l’Etat obèse, le parti de l’étatisme, le parti de la collectivisation en marche. Macron est le Gorbatchev de l’étatisme forcené de la petite URSS franchouillarde. Macron, c’est tout changer en apparence pour que rien ne change au fond, pour sauver le système collectiviste à tout prix, au prix de la destruction de la France (Marrakech, Aix…) et de la ruine des Français.

  • Ce qui est terrible, c’est que les personnes qui disaient il y a encore quelques années à celui qui gagne plus de 3000€/mois que c’est bien normal qu’il paye des impôts lourdement car il est riche.
    Maintenant qu’on a bien fait les poches aux classes moyennes sup, moyennes, et qu’on ne sait toujours pas où trouver plus d’argent, on commence à raser les différentes aides, les dotations de collectivités… et ça gueule!

    • Eh oui parce que ceux qui disaient, il y a quelques années, que c’était normal que les riches paient pour les autres, sont petit à petit devenus des « riches », grâce au nivellement vers le bas et doivent à leur tour se serrer la ceinture. Eux ne paient pas plus, mais perçoivent moins. A chacun selon ses moyens…

  • On a même réussi la modulation des allocations familiales pour égaliser les revenus entre différentes classes, alors que le rôle des allocations familiales étaient, et a toujours été, d’atténuer l’écart de revenus entre foyers de même catégorie mais ayant ou non des enfants. On a osé dire qu’il n’était pas normal que les foyers de cadres sup aient les mêmes allocations que les foyers d’ouvriers, alors qu’il fallait comparer les foyers d’ouvriers entre eux, et de cadres sup entre eux, uniquement sur le sujet : présence d’enfants ou non. Mais voilà, l’égalitarisme jaloux est passé par là… il me semble en plus que les cadres sup font nettement plus d’heures que les ouvriers. Pourquoi comparer les revenus mensuels ? Si on les ramène en taux horaire, la différence sera nettement moindre…

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