Pourquoi nous pouvons sentir l’odeur de la pluie

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Le parapluie by Jean-Daniel Echenard(CC BY-ND 2.0)

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Pourquoi nous pouvons sentir l’odeur de la pluie

Publié le 24 septembre 2018
- A +

Par Tim Logan1.
Un article de The Conversation

Dès que les premières grosses gouttes d’une pluie d’été tombent sur le sol chaud et sec, n’avez-vous jamais reniflé une odeur particulière ? Dans mes souvenirs d’enfance, des parents agriculteurs décrivaient comment ils pouvaient toujours « sentir la pluie » juste avant une tempête.

Bien sûr, la pluie en elle-même ne contient aucune odeur. Pourtant, juste au début d’une bonne averse, une senteur appelée pétrichor imprègne l’air. Issue du sol, elle semble agréable à ceux qui la distingue car musquée et fraîche.

Cette odeur résulte de l’humidité du sol. En 1964, des scientifiques australiens ont étudié pour la première fois ce phénomène. Ils l’ont baptisé pétrichor. Mais il a fallu attendre les années 2010 pour que son mécanisme soit décortiqué par des chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT).

Les composants du Pétrichor viennent des végétaux et du sol.

Le pétrichor ? Une combinaison de composés chimiques odorants issue d’huiles fabriquées par des plantes. Des micro-organismes, les actinobactéries, constituent la base du pétrichor. Ils prolifèrent dans les zones rurales et urbaines ainsi que dans les environnements marins. Minuscules, ils transforment la matière organique morte ou en décomposition en composés chimiques simples pour fabriquer les nutriments nécessaires au développement des plantes et d’autres organismes.

Sous-produit de cette activité, un composé organique appelé géosmine se combine au pétrichor et lui donne son odeur. Similaires à l’alcool dénaturé, ses molécules ont tendance à dégager une forte odeur. Et de plus, sa structure chimique complexe le rend particulièrement décelable à des niveaux extrêmement faibles : nos nez peuvent détecter quelques parties de géosmine par mille milliards de molécules d’air.

Pendant une période de sécheresse, le taux d’activité de décomposition des actinobactéries ralentit. Mais juste avant un événement pluvieux, l’air s’humidifie de même que le sol. L’activité des actinobactéries s’accélère et forme davantage de géosmine.

Ce qui fait que lorsque les gouttes de la pluie tombent sur le sol – en particulier sur des surfaces poreuses telles que des sols meubles ou du béton brut –, elles éclaboussent et éjectent de minuscules particules appelées aérosols.

La géosmine et les autres composés d’un pétrichor présents sur le sol ou dissous dans la goutte de pluie sont libérés sous forme d’aérosol et transportés par le vent vers les zones environnantes. Si la pluviométrie est assez forte, l’odeur de pétrichor se diffuse rapidement grâce au vent et alerte ainsi les gens que la pluie est imminente.

L’orage passé, le parfum disparaît, et le sol commence à sécher. Les actinobactéries redeviennent inactives. Elles sont prêtes pour la prochaine perturbation, et à nous envoyer un nouveau signal odoriférant quand la pluie menacera.

Sur le web-Article publié sous licence Creative Commons

  1. Instructional Assistant Professor of Atmospheric Sciences, Texas A&M University.
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  • Précision : cet article est destiné aux seuls bobos citadins . Rien de nouveau pour les ruraux ! MDR !

    • Vous voulez dire que les ruraux savent tous comment et pourquoi ils sentent l’odeur de la pluie…? Il faudrait peut-être arrêter de les sous-estimer, dans ce cas, leur niveau en chimie est largement supérieur à ce qu’on peut attendre d’un élève moyen de lycée.
      En ce qui me concerne, citadin ayant grandi dans une petite ville et ayant largement eu l’occasion de sentir l’odeur de la pluie, j’ai trouvé cet article intéressant, distrayant et informatif.

  • Très bon article et de nouveaux termes pour élargir notre vocabulaire!

    Je saurai désormais comment appeler les personnes qui savent qu’il y’a un budget à cramer et se réveillent à ce moment là : « géosmine » (et donc « pétrichor » quand on sent qu’on va se faire tondre)

  • En fait, il y a 2 « odeurs » : la première, celle décrite par l’article, et une seconde pendant et immédiatement après la pluie : une odeur de pureté.

    On pourrait croire que la pluie a nettoyé l’air environnant.

    En fait, il s’agit tout bonnement de l’air à l’altitude du nuage, qui a suivi les gouttes de pluie par le vide de leur chute. Ce qu’on « sent » est donc la raréfaction des aérosols à ces hautes altitudes par rapport à la surface.

    Celle-la peut être sentie par tout le monde, même les citadins.

    • La pluie « nettoie » aussi l’air en entraînant les particules fines vers le sol. Elle met ainsi fin aux pics de pollution aux PF, qui surviennent principalement en hiver par beau temps.

  • Merci pour ce petit bonheur drôlement bien fichu et exaltant.

  • J’ai toujours senti l’odeur de la pluie que ce soit en ville ou à la campagne. Le sol semble respirer!

  • Les commentaires sont fermés.

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