Air France : les déboires de Mister Smith

Airbus A318 Air France (Crédits : Philippe-Noret-AirTeamimages, licence Creative Commons)

Bienvenue, Mr Smith ! Le nouveau pilote d’Air France-KLM n’a pas encore mis les pieds dans son bureau qu’il affronte déjà la vindicte syndicale.

Par Ludovic Delory.

Bienvenue, Mr Smith ! Il n’a pas encore mis les pieds dans son bureau que le nouveau pilote d’Air France-KLM affronte déjà la vindicte syndicale. En guise de cadeau : des menaces de grève. Le front commun syndical ne supporte visiblement pas que Benjamin Smith soit Canadien et qu’il encaisse, pour son futur job, un salaire trois fois plus élevé que son prédécesseur.

Les syndicats provoquent. Ils ont pourtant obtenu, eux aussi, une revalorisation salariale pour le personnel au terme d’un long bras de fer. Qu’importe ! Même si le nouveau numéro 1 n’est pas encore installé, la fronde est menée. Au nom de « la défense des intérêts français », les syndicats réclament un patron français. Alors qu’ils viennent d’en pousser un dehors.

Patriotisme d’un autre âge

La grogne contre les salaires mirobolants des patrons est une tradition hexagonale. Benjamin Smith a beau avoir fait ses preuves outre-Atlantique, il est un boss étranger en terre française. Cela déplaît.

En réagissant de manière prématurée, les syndicats français et néerlandais calquent leur attitude sur celle, par exemple, d’un Donald Trump, qui a fait du patriotisme économique sa marque de fabrique. Mais la nationalité du capitaine a-t-elle encore une importance, à l’heure de la mondialisation ? L’État français, actionnaire principal, a tranché en faveur du candidat canadien. Car à Air France comme ailleurs, les décideurs se trouvent au Conseil d’administration. Pas dans le cockpit.

Les syndicats prendront position avant la rentrée. Benjamin Smith aura comme première mission de les rassurer. De gérer l’effervescence sociale avant la compagnie.

Les passagers attendront.