Énergie : la filière prometteuse est sous la mer

Le génie français est adapté à ces challenges compliqués et multitechniques ; voilà un projet qu’on pourrait lancer.

Par Xavier Fontanet.

Pour se faire entendre aujourd’hui, il faut soit être gros comme la Chine et l’Amérique, soit, si on est petit, être performant économiquement comme la Suisse ou Singapour. Reconnaissons que nous sommes ni l’un ni l’autre, et que le meilleur moyen de se faire entendre est de s’être réformé.

Il est pourtant un terrain où la France peut jouer un rôle important, celui des terres rares. Elles sont en pleine explosion avec la révolution énergétique qui crée une forte demande pour ces minéraux utilisés dans les moteurs électriques, les batteries ou les alternateurs d’éoliennes. Les fans des nouvelles énergies sont très silencieux sur les dégâts que crée, chez les producteurs, l’extraction de ces minerais.

Autre réalité, qui n’est pas un détail, 60 % du marché est aujourd’hui entre les mains des Chinois. Ne nous faisons aucune illusion, ceux-ci, qui ont le sens du long terme, mènent depuis vingt-cinq ans une stratégie très judicieuse tout en payant le prix de grands dommages écologiques dans certaines de leurs régions.

Les nodules polymétalliques

La France a en main une carte maîtresse dont on ne parle pas assez : les nodules polymétalliques, déposés à 6.000 mètres de profondeur, qui ont pour propriété de concentrer ces métaux précieux. La France détient en effet le deuxième territoire maritime mondial qui en recèle d’énormes quantités. Elle pourrait faire d’une pierre trois coups : créer une industrie nouvelle, soulager les douleurs de la terre et d’un grand nombre d’habitants, peser dans le jeu qui s’annonce. Elle dispose, avec Total et Bourbon, de deux entreprises sachant travailler dans les grandes profondeurs ; sans compter ses armements de pêche capable de concevoir les méthodes de chalutage adéquates et le BRGM.

Le génie français est adapté à ces challenges compliqués et multitechniques ; voilà un projet qu’on pourrait lancer. Il ne demandera pas d’argent à l’État, il s’agira simplement pour lui d’assurer un environnement juridique et fiscal favorable au déploiement de cette filière prometteuse.

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