Comment nous deviendrons de « bons » citoyens

L’État peut essayer de nous dicter quoi faire et d’orienter nos comportements. Mais jusqu’à quel point ?

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Vidéo-surveillance by Frédéric BISSON (CC BY 2.0)

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Comment nous deviendrons de « bons » citoyens

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 16 avril 2018
- A +

Par Nathalie MP.

Êtes-vous bien certain que vous traversez toujours sur un passage piéton, que vous garez toujours votre vélo sur un emplacement réservé à cet effet, que vous payez toujours vos factures dans les temps, que vous ne fumez jamais dans les lieux publics, que vos amis sont tous « dignes » d’être fréquentés et que vous vous abstenez de toute remarque désobligeante à l’égard du pouvoir en place quand vous échangez sur les réseaux sociaux ? Bref, êtes-vous certain d’être en toute occasion un « bon » citoyen ?

Rassembler les données sur les citoyens

Drôle de question ! Qui est pourtant devenue essentielle en Chine depuis que le Parti communiste a décidé en 2014 d’étendre les notations sur la solvabilité financière des personnes et des entreprises, telles que celles réalisées par le géant chinois des ventes en ligne Alibaba, à toutes sortes de comportements jugés plus ou moins désirables par le gouvernement du Président Xi Jinping – ce que vous lisez, ce que vous mangez, à quoi vous jouez, qui vous voyez… – dans le cadre d’un système de « crédit social » basé sur les possibilités nouvelles offertes par la technologie du big data.

Il s’agit en effet de rassembler une quantité inimaginable d’informations numériques sur les habitudes de 1,4 milliard de Chinois à partir de leurs téléphones portables, des services en ligne qu’ils utilisent, des réseaux sociaux où ils échangent, des caméras de vidéo-surveillance à reconnaissance faciale qui ont fleuri absolument partout dans le pays et des données des hôpitaux, banques, administrations, sites de e-commerce etc. Ce qui était disparate, ce qui ne concernait que tel service de paiement de tel opérateur privé (Alipay de Alibaba, par exemple) devient complètement intégré et contrôlé par la puissance étatique.

La Chine a ainsi annoncé récemment qu’à partir du 1er mai prochain, elle allait appliquer systématiquement des restrictions de déplacement en train ou en avion pendant un an aux personnes dont le « crédit social » est faible, l’objectif final étant de disposer en 2020 d’un système universel obligatoire de surveillance distribuant les punitions, mais aussi les récompenses.

Coercition et récompense

Ces dernières jouent un rôle clef dans l’opération, car elles en forment la partie souriante, celle qui masque l’aspect purement coercitif de l’ensemble et assure au gouvernement la coopération pacifique, voire empressée, de la population. Outre des petits cadeaux commerciaux et autres avantages comme des bons de réduction ou la possibilité de louer un logement sans dépôt de garantie, de bons scores vous ouvrent ainsi l’accès à des écoles réputées ou à des postes enviables dans l’administration.

À l’inverse, un pas de travers, qui peut aller jusqu’à « présenter des excuses insincères » ou fréquenter une personne dont le crédit social est trop faible, vous enlève définitivement « la confiance » du gouvernement et vous exclut progressivement de toute vie sociale. Vous finissez sur une liste noire et le « name and shame » est une pratique courante, encouragée partout, clubs de sport, entreprises etc.

Comme indiqué dans les documents publiés ces dernières semaines par le gouvernement chinois, ceci répond au principe sans concession lancé par Xi Jinping :

Once untrustworthy, always restricted.

(soyez une fois indigne de confiance, et vous serez éternellement limité partout).

Il est exact de dire que la Chine a un grave problème d’observance légale et que la corruption, la fraude et la connivence entre des affairistes douteux et les responsables politiques y sont monnaie courante. Depuis 2013, la privation totale ou partielle de déplacement en train ou en avion a été utilisée avec un certain succès à l’encontre de millions de Chinois qui ne se conformaient pas aux décisions de justice les concernant.

Et il faut dire aussi que le système de crédit social marche très bien. La réaction de Monica Wang, jeune chef d’entreprise, est tout à fait similaire à ce qu’on connaît en France lorsqu’il s’agit de restreindre les libertés individuelles au nom de la sécurité, et elle est partagée par de nombreux Chinois :

La première chose qui me vient à l’esprit quand je vois toutes ces caméras, tous ces contrôles de cartes d’identité, c’est que je suis en sécurité.

De la récolte de données au contrôle des comportements

Mais le champ du « crédit social » a tellement dépassé les aspects initiaux de respect des décisions de justice et de sécurité des citoyens, il s’intéresse tellement à tous les faits et gestes quotidiens de tout un chacun, qu’on ne peut pas ignorer la domestication politique et sociale quasi pavlovienne qu’il exerce désormais sur les personnes.

On ne peut pas ignorer la dimension éminemment « big brother » de ce « big data » qui vous permet de récupérer des points si vous chantez les louanges du gouvernement sur les réseaux sociaux. On ne peut pas ignorer son but ultime de mettre un terme à toute opposition politique via un maniement subtil de carotte et de bâton.

Il suffit de se rappeler que Xi Jinping a été réélu pour un second mandat en mars 2018 dernier à l’unanimité des députés chinois, non sans avoir d’abord obtenu la modification de la Constitution afin de pouvoir rester Président à vie, pour comprendre que l’enjeu de tout ceci est bien évidemment l’instauration d’un contrôle des comportements et des opinions, peut-être « soft » en apparence, mais insidieux, permanent, omnipotent et tous azimuts.

Une telle opération, d’envergure si évidemment « orwellienne », semble inconcevable à nos yeux d’Occidentaux. Et pourtant, l’idée qu’il faut pousser les citoyens dans de « bons » comportements n’est pas totalement étrangère sous nos latitudes. À ce sujet, j’ai eu récemment l’occasion de traduire pour Contrepoints un article de la FEE intitulé « L’appli canadienne qui donne la chair de poule ».

Il s’agit de l’application Carrot Reward pour smartphones. Elle ressemble à un jeu et elle vous accorde des points chaque fois que vous faites un choix approuvé par le gouvernement fédéral du Canada en matière de santé, d’environnement et de finances personnelles. Les points accumulés vous donnent droit à des récompenses variées du type places de spectacles, bons d’achat, etc. Vous devez juste autoriser le gouvernement et l’entreprise qui développe l’appli à accéder à toutes les données de votre téléphone portable (géolocalisation, contacts, photos, calendrier, etc.).

Quand le fondateur et dirigeant de Carrot Reward lança l’application en 2015, il avait en tête d’apporter aux utilisateurs des informations sur les problématiques de santé, mais lui et les gouvernements partenaires « ont vite compris qu’elle pouvait modifier les comportements dans d’autres domaines également ».

Pas de punitions dans ce système, mais une volonté toujours plus grande de tout savoir sur vous pour mieux vous encadrer. Préférez-vous utiliser les transports en commun plutôt que votre voiture personnelle, mangez-vous bien vos cinq fruits et légumes par jour, bougez-vous assez, triez-vous bien tous vos déchets et surveillez-vous le gaspillage au grain de riz près dans chaque assiette ? On connaît les obsessions des dirigeants français. Ce pourrait être des critères de récompense et pourquoi pas, un jour, de punition.

L’opinion des citoyens sous surveillance ?

Mais, me direz-vous, si c’est bien – et tout le monde sera d’accord pour dire qu’il faut manger sainement, faire du sport, sauver la planète… – pourquoi craindre la généralisation de ces systèmes ?

D’abord parce que justement, tout le monde n’est pas d’accord sur tout, parce que tout le monde n’a pas les mêmes idées sur comment il faut vivre « bien », et parce que tous les sujets qui affectent les comportements ne font pas consensus.

Ensuite parce que, s’il est parfaitement légitime pour de multiples acteurs de donner des conseils et de faire valoir leurs points de vue sur tel ou tel comportement à adopter, l’État, qui a souvent changé d’avis sur ce qui est bon et moins bon, n’a pas à agir avec nous, citoyens adultes, libres et responsables, en maître d’école détenteur du vrai et du faux, du bien et du mal. Même pas sous les dehors plus tendres de l’État nounou.

Et surtout parce que tous les exemples montrent que l’État, dans son appétit vorace à « faire le bien », à condition que ce soit le bien conforme à son idéologie, est très loin de se limiter à des questions de fruits et légumes. Ce sont les opinions qui sont ultimement visées. La nouvelle fureur sur le contrôle des fake news est là pour nous le rappeler.


Sur le web.

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  • Cet environnement de surveillance numérique correspond bien à une aliénation volontaire de sa propre liberté. Déjà considérer que l’on peut proposer ce type de « surveillance » fait peur.
    Comment peut on proposer le « flicage’ de l’alimentation ? Même restreinte à ce sujet, avec « carotte » des Mutuelles, cette surveillance est malsaine. Je réclame le droit de manger des frites si JE veux !

    Ensuite, l’outil étant présent et fonctionnel, les gouvernements, voir d’autres pouvoirs, peuvent (donc le feront) écraser LA liberté aisément.
    A proscrire ! que l’on nous laisse nous protéger, et que le poids de l’état se limite aux domaines strictement régaliens.

    • Scientifique et n’ayant plus vingt ans depuis longtemps, ma expérience me conduit à penser que tout ce qui est techniquement possible SERA inéluctablement FAIT un jour ou l’autre, sans aucune considération morale, démocratique ou eschatologique. C’est l’application de la formule alchimique et maçonnique « Visita Interiorem Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem », qui pourrait se traduire par « « Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée (c’est à dire la vérité) ». Message qui peut se traduire par « Tout ce qui est possible à un être humain, il doit et peut se le permettre. « 

  • Devenir de « bons » citoyens…
    Un objectif louable si l’on se donne les moyens de l’atteindre dans le respect de la liberté et de la démocratie.
    Mais aussi un alibi destiné à justifier une politique d’oppression et de perte de liberté dans un régime totalitaire.

    • Il n’y a aucune différence de fond que cet objectif vous soit imposé par une dictature ou par la pression sociale amicale de vos concitoyens. A la limite, je crois que je préfère même la franchise de la dictature à l’hypocrisie de certains prétendus démocrates…

  • Et ce n’est pas fini, que vous soyez en voiture, en vélo ou simplement à pied, tout est fait pour dirriger les personnes sur des chemins ou des voies bien déterminées qui deviennent dans certaines régions déjà des chemins payants même à pied. La société est devenue honteuse et les Français de belles loques que l’on manipule à souhait. Bientôt va arriver l’IA ! autre momment qui va encore accentuer la différence des classes, laisser bon nombre sur le bas côtéq; tout ce petit monde là il faudra bien le canaliser lui donner un peu de breuvage comme le revenu universel, et surtout le maintenir le bon peuple dans le calme et la servitude.

    • laurent46 : tout ce petit monde là , donnez lui du pain et des jeux , et ils se tiendront tranquilles……et en ce qui concerne les jeux , dieu sait si de ce côté là ce petit monde là en est littéralement abreuvé…….

  • Bref, en Chine c’est Big Brother ainsi que le décrivait Orwell. Et si vous manifestez un soupçon de désaccord avec le gouvernement vous serez punit. La répression des fake news est la voie menant à la même chose dans le pays communiste qu’est la France!

  • La Chine se tire ainsi une balle dans le pied. Avec le développement inéluctable de la robotisation et de l’IA, la ressource essentielle d’une nation sera ceux qui sont imaginatifs, non conformistes et non serviles. Réprimer de telles catégories revient à se priver de cette ressource.

    • Les pays d’Extrême-Orient (Japon, Chine, Corée, etc.) ont développé depuis des millénaires une stratégie de joueur en second. Aux autres les inventeurs non-conformistes, à eux les bénéfices de l’exploitation commerciale que la plupart de ces imaginatifs sont incapables de mettre en place. Ca fait des siècles que ça marche très bien, pourquoi cela devrait-il s’arrêter ? Le problème est beaucoup plus aigu pour les pays occidentaux, qui abandonnent moins autoritairement, mais tout autant, le respect et la mise en valeur des imaginatifs, non conformistes et autres politiquement incorrects qui pourtant sont, eux, à la base leur développement ces dernières décennies.

      • Oui, d’ailleurs, il est bien connu que la Chine a piqué la culture du riz à la Camargue et la fabrication des pâtes à l’Italie.
        Quant au gouvernail, à la poudre à canon, à la boussole, à l’imprimerie, à l’arbalète, à la porcelaine, sans parler de la culture du ver à soie et du thé, ils sont sans doute venus de l’Inde, et Rome ou autre, tant il est vrai que ce pays est totalement incapable de toute innovation.

        Euh… vous êtes sérieux ? Si le Japon, le Vietnam et la Corée ont effectivement grandi à l’ombre de leur grand voisin, le centre de civilisation de l’Extrême Orient est l’Empire du Milieu depuis bien avant que vos ancêtres ne sortent de leur grotte (cette dernière remarque n’étant pas à prendre au premier degré, dans la mesure où tout ce qu’il a manqué à la civilisation celtique pour pouvoir continuer à briller jusqu’à nous était l’écriture… Vae Victis, comme l’a dit le vieux Brennus en son temps…).

        • Oui je suis sérieux. Les inventions chinoises datent d’il y a des millénaires, avant que ne se développe là-bas, et aussi dans les pays voisins, un extraordinaire conformisme et un formidable rejet de l’individualisme. Je soupçonne une influence du confucianisme, qui prône le respect des ainés et la soumission à leurs directives.
          Les rites et le respect des usages, l’absence d’originalité et d’innovation, sont des préceptes qui frappent quand va dans ces pays, ce sont aussi des traits de caractère qui surprennent quand on fait partie de groupes de travail internationaux où ces pays sont représentés.

          • Merci pour la précision, qui clarifie votre position et invite à la réflexion.

            Effectivement, il semble que tout en conservant une civilisation brillante la Chine est le centre d’une lutte entre les forces progressistes et les forces conservatrices, qui a duré sur les 2 derniers millénaires – voir par exemple l’aventure sans lendemain de Zheng He, vite oublié parce-que potentiellement déstabilisateur (et plus en Cour).

  • si la démocratie est saine et les représentants du peuple aussi je crois que naturellement les citoyens deviendraient de bons citoyens….en France y’a du boulot.

  • « John Spartan, vous avez une amende d’un crédit pour infraction au code de la moralité du langage »
    — Automate de surveillance, dans Demolition Man

    … plus ça va plus ce film devient visionnaire.

    • @AxS
      Bonjour,
      Dans « 1984 », le voisin de Winston est amené hors de chez lui manu militari parce qu’il parlait « mal » en dormant. Il a droit au stage de reconditionnement dans la salle 101. En France, après le 13 novembre 2015, les Forces de l’Ordre ont été autorisées à entrer chez les gens en pleine nuit, sur simple dénonciation. Elles ne frappaient à la porte, elles la détruisaient.

      • Le problème n’est pas là. Il est que si l’intrusion n’est pas justifiée, vous n’obteniez pas automatiquement réparation et excuses.

        • @MichelO
          Bonsoir,
          Une intrusion de la sorte n’a pas lieu d’être. Si elle n’est pas justifiée, cela relève d’une violation de domcile. J’ai un gros problème avec ça.
          Vous avez raison sur l’obtention de réparations et excuses qui sont des outrages pour les autorités.

          • Vous devez accepter qu’on ne décide qu’à postériori si l’irruption était ou non justifiée, ou alors de laisser la loi protéger les criminels autant que les honnêtes gens. L’obligation de réparer et de compenser en cas d’erreur est préférable à l’inaction généralisée forcée, juste au cas où l’action serait une erreur. C’est comme pour le principe de précaution.

            • Le principe de précaution peut aussi dire « Puisqu’il y a un risque que l’irruption ne soit pas justifiée, il faut absolument tout vérifier a priori »

              … on fait comment du coup ?

              • On fait, et on vérifie ensuite. Quand je disais principe de précaution, c’est pour mieux le dénoncer (dans sa forme où il retient d’agir, pas dans celle où il oblige à penser à vérifier).

            • @MichelO
              Bonsoir,
              Une irruption, pour une perquisition ou une arrestation, doit être justifiée au préalable, avec des éléments de preuves qui démontrent la nécessité d’une perquisition. Elle se fait parce qu’on a des indices, des preuves au mieux, qui forment plus qu’un doute. La perquisition est utillisée pour trouver des indices, des petits détails. Au lieu d’être en bout de processus, elle est presqu’au tout début. Cela me tarabuste et je n’accepte pas. Tout comme je n’accepte pas le fait que lors d’un simple contrôle, un bonhomme se permette de me palper. S’il me met les pinces, je peux comprendre, autrement, il n’a pas à me toucher ni à regader ce que j’ai sur moi ou dans mes poches.
              De plus, venir la nuit, dans l’obscurité d’un couloir, et ne pas s’annoncer, puis défoncer une porte, me fait pester. Les voleurs et les criminels ne s’annoncent pas. La Police et la Justice ne « jouent » pas avec les règles des criminels.
              Le processus est court-circuité par l’Exécutif, et cela met une pierre de plus dans l’étau totalitaire qui se ressère en France.
              La France n’est plus un état de droit parce qu’elle n’est plus une démocratie. Les miettes qu’il reste des Droits nous sont vendues comme des droits, voire LA liberté.

              • Bien sûr qu’une irruption doit être justifiée au préalable. Où nous différons, c’est que je crois que donner la responsabilité d’évaluer la justification à un homme de terrain sous la menace d’avoir à rendre des comptes coûteux en cas d’erreur est bien plus efficace que de donner cette responsabilité à un magistrat à vie, membre du syndicat de la magistrature, et qui ne vous offre en fait que la protection de la lenteur et de la complexité administrative.

                • @MichelO
                  Je vous rejoins sur ce point. Les magistrats à vie ne sont pas responsables et ne rendent pas de comptes, puisque comme vous l’avez dit ils sont « à vie ». Ce sont des fonctionnaires, et à la limite ce statut pour eux ne me dérange pas. Ce qui me dérange, c’est quant ils ne font pas le boulot pour lequel nous les payons, pour des raisons politiques, qui actuellement, sont des directives descendant de l’Exécutif. Ce les raisons pour lesquelles la Justice doit être sortie de la coupe de l’Exécutif, et remise à son niveau de Pouvoir et égal aux deux autres, indépendante, avec une sorte de « Cour suprême », dont les membres seront élus par le Peuple, et non par le Président (américain pour la Cour Suprème ; français pour le Conseil Constitutionnel)
                  Les magistrats ont un syndicat pour à la base résister aux inepties de l’Etat à leur sujet, comme récemment leur protestation sur la suppression des jurés citoyens, qui est, à mon sens, une revendication honorable, et qui montre qu’il y a des magistrats, des hommes et des femmes de loi qui ont encore un sens de la Justice, ou de ce qu’elle doit/devrait être.

  • « Il est exact de dire que la Chine a un grave problème d’observance légale et que la corruption, la fraude et la connivence entre des affairistes douteux et les responsables politiques y sont monnaie courante.  »
    Du coup, il est normal d’emmerder en les suspectant les gens qui ne font pas partie des strates pourries jusqu’à l’os. Amis chinois, votre gouvernement est officiellement votre ennemi.
    La Chine avait un avenir avec sa petite ouverture sur le maché mondial. Avec l’empereur Ping, c’est fini.

    • Mais non, l’Occident devient exactement pareil, en Chine vous aurez une note prime ou subprime en fonction de votre comportement surveillé par l’Etat, ailleurs vous serez jugé en fonction de votre nombre de « likes » sur Facebook, de retweets ou de relations sur LinkedIn. Les mal-intégrés chinois seront poussés à l’autocritique publique, les gamins mal-intégrés ailleurs seront poussés au suicide par leurs « copains », c’est dans la nature humaine de demander un comportement standard, et les moyens modernes ne limitent pas aux dictateurs les possibilités d’en abuser.

      • @MichelO
        Il est dans la nature humaine d’être différent des autres, à un certain niveau. Les comportements standardisés sont le fruit de régimes basés sur la force.
        Les gamins chinois mal intégrés seront « morts » socialement, et ils se suicideront aussi. La différence est que les réseaux sociaux peuvent être stoppés plus facilement qu’un Etat, le chinois, ou le nôtre.
        En France les gamins mal intégrés socialement actuels sont soit violents, pour forcer les autres à les voir et pour exister, soit passifs et pour passer inaperçus et être tranquilles.
        La France avec son dogme d’égalité, fera que ceux qui auront plus de « like » que les autres seront punis ; que ceux qui en auront le moins gagneront des points par magie ; et cherchera la petite bête pour enlever des points à ceux qui seront entre les deux.

        • Je vous trouve très optimiste, limite inconscience euphorique. Les comportements standardisés sont dans la nature de la grande majorité des populations, les régimes autoritaires ne font que mettre à leur profit cette tendance, mais les vendeurs de modes, publicitaires, influenceurs d’opinion, bloggeurs et autres le font aussi très bien. Et non, ils ne peuvent pas être stoppés facilement, ce sont des hydres dont les têtes repoussent aussitôt coupées. L’important est de laisser un espace de développement pour les mal-intégrés. Quand je relis le règlement de ma Junior High aux USA il y a plus d’un demi-siècle, je remercie de tout coeur mes tuteurs de m’avoir obtenu d’échapper aux activités d’intégration « facultatives » (signifiant qu’on pouvait choisir sur la liste) obligatoires après la classe. Mais bien ce soit aux USA, si mes tuteurs n’avaient pas été des personnes d’exception, avec une histoire personnelle remarquable de fuite du collectivisme, j’aurais subi cela comme le gamin chinois d’aujourd’hui le subit.
          Je persiste : la seule différence, c’est que l’on voit bien que dans une dictature, les individus originaux et non-conformistes sont brisés, et que dans une démocratie, on ne le voit pas.

          • @MichelO
            Bonsoir,
            « très optimiste » et « euphorique » ne sont pas des termes qu’on utilise pour me qualifier. Inconscient, on me dit encore.
            Si les comportements standardisés étaient dans la nature, l’Homme moderne n’existerait pas. Le feu, le silex, le fer, etc… étaient hors standard et les utiliser c’était sortir du standard.

  • Si les chinois sont assez cons et lâches pour accepter ça sans se révolter , alors ils le méritent . Car franchement mieux vaut encore prendre une balle que d’accepter un flicage pareil . De plus , quand on sait que son gouvernement est complètement dictatorial , il faut être bien égoiste voire salaud pour faire des enfants qui deviendront esclaves complètement fliqué sans aucune liberté individuelle d’un gouvernement pareil . Ils ne diront pas merci !

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