Banana spleen, de Joseph Incardona

Le lecteur de « Banana spleen » est ballotté par l’auteur et reçoit de sa part une douche écossaise : à des séquences dures succèdent des séquences douces, voire poétiques sur fond de Velvet Underground.

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Banana spleen, de Joseph Incardona

Publié le 14 avril 2018
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Par Francis Richard.

On m’a posé la question du titre : pourquoi Banana Spleen ? Il fait moins allusion à un dessert qu’à une fameuse pochette de disque du Velvet Underground, créée par Warhol en 67. C’est le point de départ : un spleen mâtiné de culture pop…

L’album auquel Joseph Incardona fait allusion en quatrième de couverture est celui où Nico chante trois chansons sur onze et où sur la pochette il y a une banane autocollante avec pour légende : Peel Slowly and See… En-dessous, une banane rose…

Les chansons du groupe américain ont pour thèmes les drogues dures, le sado-masochisme, l’homosexualité… Dans Banana Spleen, le narrateur André Pastrella boit sec, a des rapports musclés avec les femmes, est vigoureusement hétéro…

André Pastrella est écrivain, du moins est-ce son ambition, sinon il est prof dans une école où il ne se plait pas. Il a pour compagne Gina, jeune cadre dynamique qui le stabilise et qui a une voie toute tracée devant elle : elle sera analyste financier.

Un soir, entre Noël et Nouvel An, Gina prévient André de ne pas l’attendre : elle rentrera tard. En fait elle ne rentrera pas : elle meurt dans un accident de voiture. Commence pour André la descente : il perd son emploi, il fréquente des lieux interlopes…

André part en vrille, si l’on excepte les moments où il écrit des nouvelles, qui sont autant d’exutoires, puisqu’il s’agit à chaque fois d’individus paumés en proie à la solitude, au cul, à la violence. À la folie. Autant d’écrits en connaissance de cause.

Dans son récit le narrateur alterne périodes de rémissions – il laisse ainsi un temps entrevoir au lecteur la possibilité de sa réinsertion – et périodes de rechutes – il ne cache pas les conneries délirantes que sa déstabilisation l’entraîne à commettre.

Le lecteur est donc ballotté par l’auteur et reçoit de sa part une douche écossaise : à des séquences dures succèdent des séquences douces, voire poétiques, soit un cocktail détonnant, non dénué d’attraits pour lui, si, bien sûr, il n’est pas bégueule…

Banana spleen, Joseph Incardona, 320 pages, BSN Press

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