Les crypto-devises comme espoir des populations des pays émergents

Les crypto-devises sont une alternative tout à fait crédible à la création d’un réseau bancaire : gestion des comptes, mais aussi services de crédits et par corolaire offres d’épargne, etc.

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Les crypto-devises comme espoir des populations des pays émergents

Publié le 27 mars 2018
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Par Jean-Baptiste Pleynet.

Les crypto-actifs ont dans nos pays une terrible réputation, de monnaie du crime organisé et du terrorisme.
Loin de ces discours moralisateurs, interrogeons-nous comme nous l’avons déjà fait sur ce qu’apportent ces nouvelles monnaies ainsi que leur environnement.

Une question de confiance relative

On rappelle que de longue date les monnaies classiques ne reposent sur aucun actif tangible. Elles sont donc aussi virtuelles que les monnaies du même nom.
Elles reposent par contre sur un actif intangible : la confiance qu’ont les utilisateurs dans l’État, ou le groupement d’États dans le cas de l’euro, qui les émet.
Une monnaie sera d’autant plus forte que les investisseurs et utilisateurs éprouveront également cette confiance dans leur solidité économique et politique.
Voilà qui explique les hausses, et surtout les baisses, des monnaies étatiques. L’Angleterre vote le Brexit ? La livre décroche. L’Europe prend des sanctions contre la Russie ? Le rouble s’effondre.
Parallèlement, les crypto-monnaies fonctionnent exactement de la même façon. Plus une crypto-monnaie sera reconnue comme fiable, sûre et pérenne, plus elle attirera des investisseurs au détriment des autres devises.
Aussi, ce qui fonctionne au sein de ces classes d’actif fonctionne également entre elles. En quoi peut-on avoir le plus confiance ? La gestion d’un État, ou un protocole informatique ? Le dollar ou le bitcoin ?
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Des réalités différentes

Si la réponse peut nous sembler, à nous Européens, plutôt en faveur de la confiance dans nos élites politiques et économiques, dans certains pays la réponse est clairement en faveur du protocole informatique.
Le meilleur exemple, mais pas le seul, est celui du Venezuela : en décroissance de 27% entre 2016 et 2017, une inflation de 253% en 2017, prévue à plus de 2000% en 2018, et une monnaie (le bolivar vénézuélien) qui vaut désormais moins que la monnaie de jeux vidéo.
Dans un pays tel que celui-là, les citoyens ne s’y sont pas trompés, et l’intérêt pour les crypto-devises explose, que ce soit dans leur utilisation ou dans leur minage.
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Un palliatif aux infrastructures

Les technologies blockchains publiques et ouvertes sont une alternative crédible à l’absence d’infrastructure, et surtout l’absence de tiers de confiance, tels qu’un État, des autorités de contrôle, des administrations ou des tiers agréés et réglementés.
Par exemple, la mise en place d’un cadastre par blockchain évite la création d’une administration centrale, et la mise en place d’un notariat, avec la formation des notaires ou la création d’un ordre.

Naturellement, les crypto-devises sont une alternative tout à fait crédible à la création d’un réseau bancaire : gestion des comptes, mais aussi services de crédits et par corollaire offres d’épargne, etc.

Allons plus loin. Considérons un paysan qui fait vivre sa famille de son travail de la terre. En cas d’intempérie, sa récolte peut être réduite à néant, et en l’absence d’épargne sa survie et celle de sa famille sont gravement comprises. Il a alors, plus encore que dans les pays développés, besoin d’une assurance.
Pour mettre en place une telle assurance, il est nécessaire de créer :

  • Un État de de droit, stable, capable de voter des lois et de les faire exécuter
  • Une police donc, loyale et efficiente
  • Une autorité de contrôle des compagnies d’assurance, capable d’accréditer, de contrôler et de sanctionner les compagnies
  • Une compagnie d’assurance, capable de tarifer le risque, de proposer un contrat et d’assurer sa gestion, compagnie dont la pérennité et la solidité doivent être garanties
  • Un réseau de distribution de ces contrats, avec des personnes capables de collecter les primes et faire signer les contrats

Tout ceci est à mettre en place en vue de permettre l’existence du contrat, et de garantir à l’agriculteur son exécution, donc la solvabilité de la compagnie et l’honorabilité de son comportement.
Cette infrastructure est longue et complexe à monter, et surtout très coûteuse : comment rémunérer ces acteurs sur des primes de quelques euros ?
C’est en pratique pourquoi de telles assurances ne sont pas mises en œuvre.

Dans un contexte d’assurance blockchainisée, la donne est différente. Si le même paysan souscrit à un smart-contract de police d’assurance, il accédera au même niveau de sécurité, mais sans intermédiaire, sans surcoût, et sans délais. La blockchain lui garantit l’exécution de sa police en cas de sinistre, de façon prévisible et conforme au contrat, et par corollaire lui garantit un sauf conduit pour les finances de sa famille en cas d’intempéries.
La seule et unique condition pour le fonctionnement de ce système est l’accès à internet. Un accès que les géants du web tentent de rendre disponible à tous.

Conclusion

Dans les pays qui ont déjà tout (une gouvernance efficace, une monnaie forte et stable, des tiers de confiance dignes de l’être, etc.), les crypto-actifs et leurs environnements technologiques paraissent au mieux comme une étrangeté amusante, au pire comme un vivier de criminels et anarcho-hackers.
Mais malheureusement la majorité de la population n’a pas ces standards de vie, et ces solutions révolutionnaires sont pour ces personnes un espoir d’accès à une monnaie digne de ce nom, et plus généralement à une industrie de services notamment assurantiels et financiers.

Sur le web

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  • Je suis mitigé sur la conclusion. Un pays comme la France ne possède pas les qualités pour passer ou accepter les cryptos dans son système. C’est même une concurrence intolérable. Le prétexte terrorisme ou argent sale c’est juste pour éviter de devoir afficher au monde sa propre médiocrité.
    Dans un pays pauvre ou en développement en revanche cela peut être très positif. A condition que ce pays ne soit pas corrompu et communiste.
    Ma conclusion est que cela marchera pour la Suisse, la Suède, la Norvège, le Danemark, le Canada, l’Australie, car ces pays sont honnêtes avec leur peuple. Ou en tout cas ont encore un certain respect du service public….(Au service du public et pas l’inverse)

    • Je crois que vous faites un contresens, cher Moldu : c’est bien parce que les pays que vous citez on conservé une monnaie et des politiques relativement fiables, qu’eux n’ont pas besoin de cryptomonnaies. Contrairement à ceux de la zone euro…

      • Ils en ont besoin pour mettre des distances avec le système mondial qui n’est que des dettes justement. L’Euro était déjà un échec dés le départ.

  • Les crypto-monnaies enlèvent un privilège aux états: celui d’imprimer de la monnaie. Il ne faut pas compter sur eux pour lâcher facilement un si gros morceau. Tous les arguments seront bons pour dicrediter les bitcoins, DASH etc.

    La meilleure chose qu’il puisse arriver, c’est une adoption massive de ces monnaies par les gens.

  • ne te complique pas la vie …du franc suisse ,c est du beton ,et ton billet seras valable meme dans 100 ans

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