Surtaxe immobilière : encore une belle pigeonnade

Oui, certes, en France, la taxe d'habitation est en passe de disparaître. Mais l'ajustement fiscal compensatoire des mairies ainsi que la surtaxe immobilière sur les résidences secondaires achèvent de calmer les joies des propriétaires.
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Surtaxe immobilière : encore une belle pigeonnade

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 23 février 2018
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Un texte de Nafy-Nathalie et h16

Tout le monde le sait parce que c’est évident, c’est dit et répété partout, et notre Anne de Paris l’a même expliqué plusieurs fois dans le poste : l’heure est grave, puisque nous sommes en pleine crise du logement.

Oui, il y a pénurie ! Et si le citoyen ne peut plus se loger, ce n’est pas parce que les propriétaires disparaissent sous l’accumulation des taxes mortifères et des lois vexatoires, mais parce qu’ils sont d’infâmes spéculateurs, peu attachés au ♪ vivrensemble et aux valeurs de solidarité ♫ qui sont le ciment essentiel de notre société tsoin tsoin ♩♩.

Selon Anne, ce fourbe rentier de propriétaire préfère évidemment mettre son logement sur AirBnB plutôt que louer de manière classique. Quel insupportable fripouille, qui, comme nous l’explique cet article de Contrepoints, tient compte du fait que « (…) 12 nuits de loyer AirBnB sont équivalentes en moyenne à un mois de loyer dans le cadre d’une location classique » !

Mais bougre de turbocapitalistes sans foi ni loi, ce n’est pas une raison ! Même si « louer une petite surface à des touristes est en moyenne 2,6 fois plus rentable dans la capitale que de la louer à l’année », peu importe !

Peu importe également que ces locations sont a priori plutôt le fait des locataires qui utilisent AirBnB durant leurs vacances !

Peu importe que ce soit l’État qui, à force d’incitations fiscales mal calibrées et de lois contre-productives, est à l’origine du manque de logement locatif.

Peu importe aussi que l’idée même de la pénurie de logement soit plus que contestable comme nous l’indique cet article de Challenge, si l’on fait l’effort d’examiner les faits plutôt que les dogmes.

Peu importe !

Il faut contrer AirBnB en taxant les propriétaires.

Il faut obliger le vilain propriétaire à mettre ses biens en location et Anne, fièrement équipée, s’est attelée à la tâche avec l’idée (simpliste) qu’en augmentant la ponction sur les propriétaires de résidences secondaires ou vacantes, ils finiraient bien par louer leurs logements.

Cependant, ce n’est pas la première fois qu’on joue à augmenter les taxes pour libérer du foncier locatif. Et à chaque fois, le succès de l’opération a toujours été franchement mitigé.

La taxe sur les logements vacants (TLV) est en effet une invention française qui a vu le jour en 1998 avec pour objectif de sanctionner les propriétaires récalcitrants au vivrensemble qui décident volontairement (et obstinément) de ne pas proposer leur(s) logement(s) à la location. Malgré cette taxe, la part de logements vacants n’a pas cessé d’augmenter selon l’INSEE : la France comptait 8,3 % de logements vacants en 2016, soit 0,5 point de plus qu’en 2009.

De même et toujours selon l’INSEE, le nombre de résidences secondaires dans la capitale a bondi de 43 % entre 1999 et 2014 pour atteindre 7,5 % du parc de logements malgré la taxe d’habitation, créée en 1974.

Il n’y a pas à tortiller, c’est une franche réussite.

Le 14 novembre 2016, sous l’impulsion des socialistes, l’Assemblée nationale donne la possibilité aux communes situées en « zones immobilières tendues » de moduler la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, via un amendement voté dans le projet de budget 2017.

Cette mesure était avidement attendue par la Ville de Paris. Selon Jacques Baudrier (PCF), cité par Le Parisien,

pour une surtaxe moyenne actuellement de 600 euros, cela reviendrait à payer 2 500 euros. Ce montant inciterait dans son idée les propriétaires à libérer des milliers de logements.

Mais oui, bien sûr…

Vu le prix de l’immobilier à Paris, il est très facile d’imaginer que ceux qui y possèdent une résidence régulièrement vacante ont, sans que cela les mettent en difficulté, largement les moyens de supporter une augmentation de la taxe d’habitation. Si l’on oublie le dogmatisme de la Mairie, on comprend qu’elle le sait parfaitement. En revanche et de façon bien plus logique, cette mesure est une manne bienvenue pour les finances de la Capitale qui continuent de s’enfoncer dans les abysses de plus en plus fréquentés des finances publiques, après tous les projets foireux dont notre Anne de Paris s’est faite la spécialiste.

On imagine sans mal qu’il lui faut trouver des financements importants pour combler ses déficits « inattendus », d’autant plus si on tient compte de son plan d’investissements de 10 milliards d’euros sur sa mandature et des dotations de l’État qui baissent considérablement.

Toujours selon les dernières estimations de l’INSEE, il y a 1 362 182 logements à Paris répartis entre environ 7,9 % de résidences secondaires et 7,9 % de logements vacants, ce qui ferait une réserve de 215 225 logements. Afin d’éviter que leurs propriétaires fassent muter le statut de leur logement en vacant, il est aussi décidé d’augmenter la taxe sur les logements vacants dans une même proportion. Le gain pour la Ville de Paris serait de 20 millions par an pour les logements vacants et de 43 millions pour les résidences secondaires.

Lorsqu’on cumule les déficits et les mauvaises nouvelles, 63 millions ce n’est pas rien ; et moyennant un marketing citoyen, festif et bien dans l’air du temps, on peut même les faire passer auprès des électeurs comme un rééquilibrage naturel, une sorte de justice sociale.

Tant pis si les propriétaires, via leurs représentants de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), parlent de surenchère fiscale et rappellent, pour la forme, que « Certains propriétaires doivent déjà verser au titre de la taxe foncière jusqu’à trois mois de loyer. » L’injustice est sans importance puisque ces cochons de rentiers ont les moyens de payer.

« Bonne » nouvelle supplémentaire : les propriétaires de province « bénéficient » aussi des mesures.

Ainsi, le point de vue d’une association de propriétaires de résidences secondaires « Les Pigeons de Saint-Nazaire », également impactés par ces augmentations, est édifiant. Dans les colonnes de 20 minutes, ils expliquent qu’ils se sentent comme « l’os à ronger que l’État donne aux mairies. »

Dans le contexte de l’exonération de taxe d’habitation, taxer davantage une certaine partie de la population passe en effet difficilement. Et comme par hasard, dans les municipalités où cela se produit, on ressort bien vite les mêmes arguments qu’à Paris (si ça marche là-bas, pourquoi pas ici ?) : à Saint-Nazaire, la Mairie (socialiste – coïncidence ?) assume parfaitement vouloir faire rendre gorge aux proprios sa position en expliquant que « l’objectif est aussi de dissuader la spéculation, notamment via les locations Airbnb. »

Méchante spéculation qui enrichit de riches propriétaires ! Vilain AirBnB qui crée des revenus de nababs ! Vite, taxons-le afin de le punir d’avoir ainsi une résidence secondaire !

Sauf que le contribuable pourrait se montrer beaucoup plus récalcitrant que prévu et refuser de changer son mode de vie ou de se séparer de ses biens. Pragmatiquement, à Saint-Nazaire, les « Pigeons » ont déjà fait des recours et ne semblent pas vouloir s’arrêter là.

Quant au financement des surtaxes dont le coût devient de plus en plus prohibitif, ces mêmes contribuables pourraient choisir, avec une ironie qui ne manquera pas d’alimenter les conversations, de les financer en mettant pendant leurs absences leurs logements secondaires en location sur AirBnB.

Ah, décidément, qu’il fait bon vivre en Macronie ! Toute cette tempête de libéralisme, toutes ces taxes qui diminuent, tous ces impôts qui disparaissent, toute cette fiscalité qui s’allège, cela donne le tournis.

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  • Les paroxysmes et soubresauts d’un pouvoir malade et corrompu en République Populaire de France..Et votre article ne cite pas la sous division de la Stasi pardon de la police municipale charger de verifier les dénonciations festives et citoyennes. C’est devenu irrespirable. Vivement 1789.

  • Il faut contrer AirBnB en taxant les propriétaires…
    voir ici pour la solution :
    https://decentral.fr/modele-airbnb-decentralise-beetoken/

  • Si je me souviens bien, une certaine révolution a commencé sur le mot d’ordre « No taxation without representation ».
    Il y a en effet, un réel problème de légitimité pour un pouvoir municipal élu, à taxer des gens qui ne votent pas dans la commune donc à taxer des citoyens qui ne peuvent pas prendre part au vote concernant leur imposition.
    Il y a là un réel problème de logique : des citoyens peuvent élire des élus qui décident de taxer abusivement d’autres citoyens sans que ces derniers puissent se défendre ou avoir des élus pour les défendre. On a là un réel problème de démocratie !

    • @Orior
      Bonjour,
      « On a là un réel problème de démocratie ! »
      Il y’a pas de problème de démocratie : il n’y a tout simplement pas de démocratie en France. La démocratie, en France, est une farce, voire une arnaque.
      La Propriété est un droit naturel, imprescruptible, inviolable et sacré, d’après les articles 2 et 17 de la DDHC.
      « Il faut obliger le vilain propriétaire à mettre ses biens en location »
      « La taxe sur les logements vacants (TLV) est en effet une invention française qui a vu le jour en 1998 avec pour objectif de sanctionner les propriétaires récalcitrants au vivrensemble qui décident volontairement (et obstinément) de ne pas proposer leur(s) logement(s) à la location. »
      Obliger des personnes libres à louer leur(s) propriété(s) pour payer une taxe (menace, contrainte et sanction) de plus, on n’est pas supposé voir cela dans une démocratie.
      « Art. 16. Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution » Sans Constitution, pas de démocratie.

      • Nan mais la démocratie on s’en fout, c’est naze la démocratie de toute façon, d’ailleurs la DDHC ne parle nulle part de démocratie ET HEUREUSEMENT, la démocratie c’est faire croire aux gens qu’ils choisissent, alors que de facto si 60% choisissent X, ca laisse 40% de gens qui n’auront pas Y.
        La seule forme de démocratie « acceptable » c’est une démocratie directe déjà et très certainement locale pour éviter les effets de bord débile.

        • @Chk
          Bonsoir,
          « la démocratie c’est faire croire aux gens qu’ils choisissent, alors que de facto si 60% choisissent X, ca laisse 40% de gens qui n’auront pas Y. »
          C’est ce qui se passe en France. C’est pour cela que j’ai écrit que c’était une farce voire une escroquerie.
          Ca laisse effectivement 40%de gens qui n’auront pas Y. Je fais la comparaison qu’un élu, même le président de la république, n’est qu’un représentant : comme un délégué de classe. Un délégué de classe, lors des conseils de classe, ne représente pas seulement ceux qui auront voté pour lui.
          Comme l’écrit MichelC la démocratie en France est crasseuse. Elle est dégueulasse, parce qu’elle est distordue par ceux qui en vivent.

          • @Chk
            Edit
            Pour rappel, notre président a été élu avec 43% des voix des inscrits. Son « score » de 66% est une arnaque. N’ont été comptabilisées que les voix pour E. Macron et M. LePen, et là on arrive à 66% pour Macron. Avec les abstentions, les votes nuls (dont les blancs) il est à 43%. D2jà, soustraire les votes blancs c’est une tricherie électorale, donc les élections sont pipées.

      • Si si démo… démo quoi ❓ Démocrassie, pleine de crasse idéologique 🙁

    • Qui vous a dit que la France est une démocratie. La France est une République Populaire Socialiste Corrompue!

  • Il est vrai que tous ces coups de canifs urbains dans la propriété privée sont assez déconcertants : dans une métropole, vous n’êtes plus libre de faire ce que vous voulez de vos biens. Le louer 6 mois par an via Airbnb ? Pas possible. Posséder un petit pied à terre sans matraquage fiscal ? De plus en plus dure. Vous y rendre dans votre vieille voiture qui fonctionne encore parfaitement ? D’accord mais à condition d’éviter les heures de bureau, si vous ne voulez pas un PV…

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