Pas de croissance sans liberté des prix !

La croissance économique ne peut se faire si l’Etat contrôle les prix.

Par Eustace Davie.
Un article de Libre Afrique

Lorsqu’ils sont laissés libres, les prix orientent toutes les ressources, y compris le travail et le capital, vers leurs utilisations les plus productives. Si l’on examine une économie et que l’on fait l’inventaire de tous les échanges volontaires, faits dans un contexte de paix, sans entraves bureaucratiques, avec des prix libres, on peut qualifier ces échanges de capitalistiques. Mais met au défi quiconque de démontrer que ces activités capitalistiques causeraient du tort à la population dans son ensemble.

L’art de fausser les pistes avec une rhétorique malhonnête

Certains critiquent dans le vide le capitalisme, il est donc important de revenir sur sa définition pour repositionner le débat. On peut définir le capitalisme, les marchés libres, la libre entreprise et la liberté économique comme étant un échange volontaire entre individus sans intervention d’une partie tierce. À partir de là, comment qualifier ces activités de diaboliques ?

Il est vrai que les ennemis de l’échange volontaire tenteront toujours de le diaboliser. Cette attitude a été décrite par Friedrich Hayek comme « une confusion de langage » qui selon lui était délibérée.

Un bon exemple historique est le terme inflation. Dans les années 1900, quand vous parliez d’inflation, tout le monde savait qu’il s’agissait d’une augmentation fâcheuse de la masse monétaire, ce qui entraînait une augmentation générale des prix.

Maintenant, si vous utilisez le mot inflation, tout le monde le réduit à la seule augmentation générale des prix. Ainsi, le même mot, à un siècle d’intervalle, en est venu à signifier à la fois la cause et la conséquence. Est-il surprenant que très peu de gens comprennent le phénomène économique de l’inflation ?

Un État n’a pas la capacité de contrôler et planifier les échanges de tout un pays

Une vérité économique profonde est que l’État n’a pas la capacité de superviser et contrôler toute l’économie d’un pays. Ce qui manque fondamentalement à un État entièrement socialiste, c’est le système de prix qui permet de déterminer la valeur des choses à un moment donné, et dans un contexte donné.

Souvenons nous qu’en plus de nouvelles inventions, l’Union Soviétique avait été obligée de voler à l’Ouest des prix comparatifs, émanant de la liberté d’échange, de la loi de l’offre et de la demande. Le contrôle des prix et les prix administrés, par exemple, provoquent des distorsions majeures et faussent l’économie.

Notons qu’en s’inspirant des prix sur les marchés occidentaux, les Soviétiques avaient oublié un point majeur : la nécessaire contextualisation d’un prix. Les prix peuvent en effet drastiquement changer selon l’importance de la demande et de l’offre. Imaginons le prix d’un simple verre d’eau lorsque vous êtes perdu en plein désert ! Une véritable fortune !

L’économiste Ludwig von Mises a dit à ce sujet que l’échec du système socialiste est d’une clarté sans précédent dans l’histoire de la pensée humaine.

Les socialistes doivent admettre que rien ne pourra remplacer la loi de l’offre et de la demande. Pour se justifier aujourd’hui, les ils tentent d’allier le verrouillage étatique et un pale système incluant des prix et de la concurrence.

Mises fait alors la différence entre les partisans du socialisme avec et sans compréhension de l’économie.

Cela ne concerne, bien sûr, que les socialistes ou les communistes qui, comme les professeurs H.D. Dickinson et Oskar Lange, sont familiers avec la pensée économique.

Selon lui, la grande foule des intellectuels sourds n’abandonnera jamais ses croyances superstitieuses.

Il ironise en ajoutant qu’ ils veulent que les gens jouent au marché comme les enfants jouent à la guerre, au petit train ou à l’école. Ils ne comprennent pas comment ces jeux d’enfants diffèrent de la vraie chose qu’ils essaient d’imiter.

En bref, aucun politicien ne peut avoir la prétention de tout planifier.

Malgré toutes leurs interventions dans le fonctionnement des marchés, les socialistes ne pourront jamais empêcher les gens de commercer les uns avec les autres selon leurs désirs, besoins et goûts. Les résultats montrent d’ailleurs que la majorité prend des décisions qui vont dans le sens de l’amélioration de sa vie, non l’inverse.

Besoin cruel de liberté

Si l’on prend l’exemple de l’Afrique du Sud, le gouvernement et l’administration interfèrent constamment pour fixer de nombreux prix, croyant à tort que, ce faisant, ils peuvent améliorer la vie des consommateurs.

Le gouvernement actuel perpétue les pratiques socialistes du gouvernement de l’apartheid en les accentuant. Ils accusent le capitalisme d’être responsable du chaos, au lieu de reconnaître que le problème réside dans leurs interférences sur un large éventail de prix, notamment les prix du travail, les produits pharmaceutiques, les véhicules automobiles, l’électricité, les polices d’assurance, l’affiliation médicale, les frais bancaires, etc.

Ces pratiques sont très risquées. C’est seulement en abrogeant cet interventionnisme que le pays retrouvera le chemin de la croissance économique, de la réduction du chômage et de la diminution de la pauvreté.

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