Le Posthumanisme, la nouvelle apocalypse ?

Confrontons-nous aux questions que pose le transhumaniste. Car son intérêt réside dans les interrogations qu’elle suscite.

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Le Posthumanisme, la nouvelle apocalypse ?

Publié le 23 décembre 2017
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Par Jean-Michel Arnaud et Félicité de Maupéou.

Et si ce n’était plus tant la fin des temps qui était imminente mais bien la fin de l’humain, annoncée par le posthumanisme ? Né dès les années 1970, ce courant international n’est plus une fiction mais une science, visant à augmenter, par les biotechnologies, nos capacités physiques et psychiques.

Mais jusqu’où ? Le posthumanisme entend modifier notre essence vers une humanité élargie aux robots, aux humanoïdes, aux clones.

Doit-on alors s’alarmer avec Stephen Hawking, qu’il soit apocalyptique et mette « fin à l’humanité » ? Ou doit-on voir dans le posthumanisme, l’apocalypse qui verrait l’homme se révéler et arriver au terme de son évolution ?

 
Se poser ces questions est urgent, car cette 4ème  révolution, nommée « robolution transhumaniste » a déjà eu lieu.

Technologies prêtes-à-porter

Notre corps est déjà augmenté d’exosquelettes, ces extensions biotechnologiques contrôlées par la pensée, militaires ou médicales, dont le marché mondial pèsera 3,3 milliards de dollars en 2025. Notre peau est drapée de wearable, ces technologies prêtes-à-porter (textiles, lunettes, montres, bracelets connectés) qui en 2016 représentaient déjà 253 millions d’euros en France. 
Notre chair peut aussi être implantée de puces électroniques, telle que celle des salariés d’une société américaine, qui paient désormais par voie sous cutanée leur restaurant d’entreprise.
Nos organes, eux, peuvent être artificialisés : une rétine artificielle biologique a redonné la vue aux patients devenus aveugles à la suite d’une rétinite pigmentaire ; un utérus artificiel a été créé aux États-Unis pour lutter contre la mortalité des prématurés ; un cœur artificiel a été implanté, par une entreprise française, visant à allonger d’au moins cinq ans l’espérance de vie d’un malade en phase terminale.

Séquençage du génome humain

L’impression 3D permet, quant à elle, de créer des tissus biologiques, comme des cartilages, des muscles, des os à partir de cellules souches. Et si le diagnostic pré-implantatoire comme le séquençage du génome humain pouvait prévenir et guérir des maladies et anomalies, il permet désormais une fécondation in vitro à la carte, grâce à la sélection du patrimoine génétique d’un embryon. Cette sélection d’un bébé parfait induira, à terme, une modification du génome humain, gommant la biodiversité qui pourtant le protège.
 
Du corps à l’esprit, il ne restait qu’un pas que « l’ingénierie paradisiaque » a franchi, afin de contrôler les souffrances psychiques, telles que l’addictologie, la dépression, voire la pédophilie, selon le wireheading modifiant, par stimulations électriques, des zones cérébrales.

Singularité technologique

Certains présagent même que la Singularité technologique, cette possibilité de transférer notre mémoire en une intelligence artificielle, pourrait éterniser notre esprit.
Le bio-gérontologue Aubrey de Grey, prédit que vous, qui lisez à cet instant, gagnerez 20 ans d’espérance de vie, que l’homme de mille ans est déjà né et que ceux qui naissent aujourd’hui pourront vivre l’immortalité.
D’autres augurent dans cette mort de la mort, un suicide de l’humanité tandis que le docteur Laurent Alexandre se demande si l’homme ne se serait pas déjà fait Dieu. De son côté, le roi d’Arabie Saoudite vient de naturaliser Sophia, un robot humanoïde qui a plus de droits… qu’une vraie femme, n’étant pas obligé de porter le voile intégral.

La révolution transhumaniste est en marche

 
Cette révolution transhumaniste est en marche. Elle comporte des risques. Il nous reste cependant le choix des armes, au-delà des guerres intestines qui opposent technophiles et technophobes, conservateurs et progressistes, chrétiens et athées, capitalistes et accelérationistes autour de la question de savoir si il faut « tout interdire » au nom de la nature humaine – mais laquelle ? –  ou « tout autoriser », au risque d’une humanité hybride normée.
 
Confrontons-nous aux questions que pose le transhumaniste. Car son intérêt réside dans les interrogations qu’elle suscite. Le posthumanisme peut-il paradoxalement, devenir un nouveau mythe salutaire pour l’homme ? Ou bien la mainmise des GAFA, ces géants du web, sur le posthumanisme annonce-t-elle l’avènement de la marchandisation ultime de l’homme ?
Finalement, le transhumanisme, pour quoi faire ? Le surhomme de demain, pourquoi faire ? Nous faut-il vraiment changer l’homme pour être pleinement humain ?
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  • Ce qui est intéressant est qu’un mouvement contraire est en marche, le retour à la nature, la décroissance.

    • et pour cause ! jetez un oeil sur la vidéo de christope cros houpor un crack monstre se prépare , vous allez comprendre !

    • Un retour à la nature prêché par des gens qui, non seulement ne connaissent strictement rien à la nature, mais qui en refusent les lois et règles, car la nature c’est la loi du plus fort qui ne survit quand dévorant les plus faibles, suivant la chaîne alimentaire! Les écologistes déclinistes ne sont que des moutons de Panurge inconscients, car décroissance veut dire chômage et pauvreté, puisque c’est la croissance qui nous fait travailler. Nous y sommes déjà en France, le secteur industriel est tombé de 32% à 12%, nos parts dans le marché européen de 18,5 à 12% et il y a 7 millions de gens sans emploi et entre 8 et 10 millions de pauvres, suivant le seuil de pauvreté choisi.

  • Le transhumanisme c’est l’eugénisme de demain et aussi l’avènement de “la marque de la bête” de l’apocalypse de Jean 13 qui concerne un changement mondial où l’on ne pourra plus acheter ni vendre sans être génétiquement marqué. Cette modification de l’ADN humain avec aussi l’implant d’une nano puce dans la main (type implant party) pour l’identification et faire des achats ne présage rien de bon. La dictature de demain aura plus de moyens que les nazis ont pu rêver … L’immoralité Faustienne promise sera un leurre et un piège pour l’humanité.

  • Les commentaires sont fermés.

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