Expérimentation du 80 km/h : un trucage scandaleux

Vitesse by www.twin-loc.fr(CC BY 2.0)

L’expérimentation des 80 km/h a été faussée par d’importants travaux d’aménagement sur les tronçons testés.

Une tribune de la Ligue de défense des conducteurs

On sait désormais pourquoi les résultats de l’expérimentation de l’abaissement de la vitesse à 80 km/h n’ont pas été divulgués : dès le départ, cette dernière a été faussée par les pouvoirs publics avec des travaux d’aménagement ! La Ligue de Défense des Conducteurs demande l’arrêt de cette mascarade idéologique, et le retrait d’une mesure passéiste et parfaitement inutile.

Le 24 novembre dernier, dans un communiqué intitulé « Le silence coupable des pouvoirs publics », la Ligue de Défense des Conducteurs s’étonnait que six mois après la fin de l’expérimentation, aucun résultat ne soit publié.

La réponse est venue, non pas des pouvoirs publics, mais des journalistes d’Auto Plus relayés par Le Point, qui ont révélé que des aménagements de chaussées et la pose de systèmes de sécurité ont été réalisés sur les tronçons d’expérimentation pendant l’expérimentation.

Des travaux qui ont faussé l’expérimentation

Autrement dit : l’expérimentation soi-disant scientifique, qui était censée démontrer les bienfaits d’un abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h a été totalement faussée.

D’autant que ces aménagements ne sont pas minces ! Sur les nationales 151 et 57 d’importants travaux d’amélioration de la chaussée ont été engagés dès le début de l’expérience. Et sur la nationale 7, l’enrobé a été rafraîchi, un giratoire a été créé, la circulation a été interrompue pendant la nuit et la signalisation au sol à été rénovée.

Oui. Il y a tout simplement eu les réparations et aménagements de route que réclament à cor et à cri les élus locaux et les conducteurs à la place de la répression par les baisses de vitesse et par les radars !

Si ces aménagements ont été faits à la demande des administrations ayant commandité l’expérimentation, les faits sont d’une extrême gravité.

C’est ce que souligne Pierre-Olivier Cavey, directeur des études et des campagnes de la Ligue de Défense des Conducteurs.

Et s’ils ont été réalisés pour apporter cette fois-ci une réelle et nécessaire amélioration de la sécurité des personnes empruntant ces routes, c’est louable. Mais il fallait dans ce cas stopper net l’expérimentation.

Mais on évoque quand même les résultats de cette expérimentation

Loin d’arrêter cette pseudo-expérimentation, les pouvoirs publics l’ont maintenue. Ils ont tenu secret ces aménagements et se sont bien gardés, six mois durant de conclure à la nullité du test.

Pire enfin, interrogé sur France Info sur les résultats de l’expérimentation, le délégué à la Sécurité routière Emmanuel Barbe a tenté de masquer le fait que l’expérimentation est totalement faussée pour ne pas dire bidon :

Les résultats sont favorables en termes d’accidentalité, mais je refuse de m’en prévaloir, car deux ans et sur un tronçon aussi court ce n’est pas suffisant pour faire une bonne étude d’accidentalité.

Non, la baisse des accidents, dont le Délégué se garde bien de préciser l’ampleur, n’est pas le « résultat » de la baisse à 80 km/h.

Cette soi-disant expérimentation n’a aucune valeur.

Il serait temps d’en finir avec cette mascarade bien plus idéologique que scientifique et entendre les conducteurs qui, eux, forts de leur expérience sur la route, refusent catégoriquement cette régression absurde », affirme Pierre-Olivier Cavey. Que l’État fasse son travail ! Qu’il entretienne et répare les routes, qu’il aménage les intersections dangereuses !

Voilà, selon la Ligue de Défense des Conducteurs, une véritable solution efficace de sécurité routière, si le gouvernement veut vraiment sauver des vies sur les routes.