Otto, l’homme réécrit, de Marc-Antoine Mathieu

Marc-Antoine Mathieu, anthologie de l’œuvre d’un dessinateur fascinant et hors norme (4).

Par Johan Rivalland.

Noël approche… le moment de trouver des idées de cadeaux aussi.

Présentation de quelques-unes des créations d’un auteur bien singulier et hors norme dans l’univers de la Bande dessinée. D’une originalité incroyable et une imagination sans pareil.

Otto, l’homme réécrit

À chaque nouvelle sortie d’un album de Marc-Antoine Mathieu, on se demande ce qu’il va proposer cette fois. Chaque nouvelle création de sa part est, en effet, une innovation, une idée nouvelle, un procédé nouveau.

Lorsque j’ai reçu ce livre, j’ai découvert d’abord un coffret, dans lequel était glissé ce qui qu’apparente bien à une œuvre d’art. La BD, que certains considèrent comme étant le 9ème art  trouve bien ici ses fondements et toute sa résonnance, pour ne pas dire l’effet-miroir dans lequel on peut percevoir plus que son reflet, ses dimensions multiples. Car il sera question dans cette histoire de jeux de miroirs, mais aussi de liberté.

Les hommes se trompent en ce qu’ils se croient libres ; et cette opinion consiste en cela seul qu’ils ont conscience de leurs actions et sont ignorants des causes par où ils sont déterminés.

Cette citation de Baruch Spinoza, dans l’ Éthique , livre II, apposée au dos du coffret, ainsi qu’en épigraphe du livre, recèle un mystère et une profondeur qui va trouver son illustration à travers cette narration.

Mythe de Sisyphe

Celle d’un artiste en plein doute qui se lance dans une quête, aux confins de lui-même. Une quête qui a tout du mythe de Sisyphe et conduit à la recherche du sens de l’existence, de nos origines, de la part de déterminisme qui peut être en nous, de notre liberté.

Et surtout qui mènera plus que jamais notre personnage à la conscience de sa petitesse, du caractère relativement insignifiant de sa vie, aux confins du hasard et de la nécessité.

Quelque part entre l’être et le non-être, le réel et le non-réel ; le fruit d’une nébuleuse dont il tente de percer les secrets susceptibles de mener à la seule exactitude. Jusqu’aux sources de l’humanité. À mi-chemin entre l’infiniment grand et l’infiniment petit.

Un nouveau chef d’œuvre à la fois artistique (et en noir et blanc), philosophique, métaphysique, onirique, d’inspiration scientifique, qui nous emmène vers les chemins escarpés de l’intelligence émotionnelle, les labyrinthes du conscient et du subconscient, la complexité et la recherche de sens.

Un récit flamboyant sur l’individualité et les mystères de l’existence. Un voyage vers une expérience surprenante et hors du commun, à laquelle le personnage d’otto va se prêter en se livrant corps et âme.

À découvrir.