4 vérités sur les travailleurs détachés

Réglementer encore plus le système des travailleurs détachés ne fera que renforcer le travail au noir et poussera des entreprises à délocaliser.

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4 vérités sur les travailleurs détachés

Publié le 3 novembre 2017
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Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Loin d’être une victoire, la récente décision concernant la directive de 1996 sur le travail détaché n’a pas essentiellement changé le système comme le souhaitait la France. Les transformations ont été minimes et ne vont pas affecter, au moins à court terme, le travail détaché. Ce qu’il faudrait c’est une réforme en profondeur du marché du travail français et de l’État.

Beaucoup de bruit pour rien

Ce qui a été surtout modifié par les ministres du Travail européens concerne la durée du détachement car un salarié ne pourra être détaché que pendant 12 mois au maximum sur une mission (24 mois auparavant).

Sachant que la durée moyenne d’une mission est de 4 mois et que ce plafond de 12 mois pourra être relevé de 6 mois à la demande du pays d’accueil, les conséquences seront insignifiantes. Par ailleurs, malgré les demandes de la France, les transporteurs routiers ne sont pas concernés par le compromis européen.

La réalité des statistiques sur les travailleurs détachés

Les travailleurs détachés ne représentent que 0.7 % de la main d’œuvre européenne, voire 0.2 % en termes d’emplois à plein temps (source Eurostat). En 2015, on en comptait 2,05 millions en Europe, dont 35.9 % dans le secteur de la construction. Environ 50 % (même 80 % dans certains cas) de ces travailleurs proviennent des pays voisins.

L’Allemagne accueille (officiellement) 460.000 travailleurs détachés et la France environ 180.000, trois fois moins. En France, les pays d’origine sont : la Pologne (17 %), le Portugal (16 %), l’Espagne (15 %), la Belgique (13.2%) et l’Allemagne (12%), ce qui montre une certaine diversité, loin des données caricaturales véhiculées par les politiques.

Les secteurs concernés sont surtout le BTP (39.6 %) et l’Industrie et les services (16.5 %). Mais notre pays envoie aussi 140 000 travailleurs hors des frontières, ce qui en fait le troisième pays européen en nombre de ressortissants travaillant à l’étranger.

Une hypocrisie politique

Lors des dernières élections présidentielles, tous les politiques se sont prononcés contre cette directive, accusant les autres pays européens de « dumping social ». Il s’agit là d’une véritable astuce de leur part afin de ne pas véritablement réformer le marché du travail français.

Paradoxalement, la plupart des politiques parlent d’Europe à longueur de journée et en réalité ne cessent de la critiquer en la prenant pour bouc émissaire. Ils oublient qu’à la base du traité de Rome de 1957 se trouvait la libre circulation des capitaux, des biens et des personnes.

Un principe inaliénable. Le cirque autour des travailleurs détachés en rappelle un autre concernant les footballeurs et le fameux arrêté Bosman de 1995. À l’époque on a voulu interdire – ou limiter drastiquement cette pratique – aux clubs européens d’acheter des joueurs étrangers.

Résultat ? Après de nombreuses rencontres « au sommet », les footballeurs sont aujourd’hui considérés comme libres de jouer dans le club de leur choix.

Réformer le marché du travail et le « dumping de l’État »

Si un chef d’entreprise français doit payer pratiquement 100 % de charges sur un salaire net, son équivalent slovaque ou roumain en paye 50 % de moins. Déjà, les différences des cotisations patronales sur les salaires entre la France et l’Allemagne dépassent 20 points !

Le SMIC français – qui s’applique d’ailleurs aux travailleurs détachés – représente 63 % du salaire médian contre 50 % en Allemagne. Il faudrait donc baisser les charges et les cotisations en France, réformer en profondeur le Code du travail pour devenir compétitifs au niveau européen.

Vanter notre modèle social qui repose sur le chômage de masse relève du mépris. Comment peut-on vouloir imposer aux autres un système qui affiche un taux de chômage à 9.8 % (plus de deux fois plus élevé qu’en Allemagne) et même 24 % pour ce qui est des jeunes (4 fois plus élevé qu’en Allemagne !) ?

Ce « combat » contre les autres pays européens est donc un véritable « cache-sexe » pour ne pas réformer. Il serait sans doute préférable de supprimer d’abord ces 40 000 fonctionnaires détachés que sont les fonctionnaires-syndicalistes payés avec l’argent des contribuables par leur administration d’origine sans qu’ils y travaillent.

Et de remédier à la situation des 200 000 enseignants environ qui, selon la Cour des comptes, seraient sans affectation tout en continuant à être payés ! Et de vérifier les charges de la SNCF qui emploie 570 personnes dans son département communication alors qu’elle reçoit 12 Mds d’euros de subventions publiques par an ! C’est ce qu’on pourrait appeler le « dumping étatiste ».

Attention : les pays de l’Est s’enrichissent !

Le Brexit, les dernières élections en Allemagne, en Autriche ou en République tchèque, les événements en Catalogne, dévoilent des peuples mécontents envers une Europe bureaucratique, réglementaire et immigrationniste. Ce sont des signaux très forts à l’adresse de Bruxelles qui devrait comprendre les mutations idéologiques d’aujourd’hui.

Ce n’est pas en entravant le travail détaché que les technocrates régleront les situations mais en créant les conditions d’une concurrence saine. Dans les années 1990, on parlait surtout du « dumping social des Chinois ».

Aujourd’hui, les touristes chinois envahissent l’Europe et l’on estime que plus de 300 millions d’entre eux ont le niveau de vie de la classe moyenne européenne. La croissance économique dans les pays de l’Est de l’Europe est inévitable et il faut l’encourager, non pas en réglementant, mais en libéralisant.

Le tableau ci-dessous montre l’évolution du salaire moyen entre 2014 et 2017 dans quelques pays fournisseurs de travailleurs détachés. La hausse est impressionnante et apporte la preuve d’un enrichissement inexorable de ces pays.

Evolution du salaire moyen (2014-2017)
POLOGNE 752 euros + 9 %
ROUMANIE 515 euros + 22%
BULGARIE 406 euros + 17 %
Eurostat (2017)

Enfin, réglementer encore plus le système des travailleurs détachés ne fera que renforcer le travail au noir et poussera des entreprises à délocaliser. Vouloir s’attaquer au « dumping social » c’est fausser encore plus le marché. Les politiques le comprendront-ils un jour ?

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  • quand vous gratter …et malgré l’euphorie d’une victoire sur le travailleur détaché en Europe. .c »est de l’enfumage …faire croire que cela va changer….dans la continuité. ..en mode management ENA ..Escroquerie morale. .
    La politique de l’esbrouffe ,et ,il y en a pour 5 ans…

    • Totalement d’accord. La seule evolution est le plafonement des mission a 18 mois, sachant que la quasi-totalite des missions duraient deja moins de 18 mois jusqu’a present. Et le transport routier n’est pas concerne par ce changement alors que c’est le principal utilisateurs de travailleurs detaches (avec le BTP).
      Le seul objectif de tout cette agitation consiste a faire croire que l’UE est reformable, et ainsi desarmer les partisans du Frexit.

    • @ Lou fabe
      Je ne suis pas sûr du tout que les travailleurs détachés empêchent E.Macron de dormir! Il en espérait des impôts et cotisations sociales: les détachés gagnent leur vie! C’est raté mais il fallait s’y attendre: les autres pays ne sont pas du tout décidés à combler le déficit français! Ni l’inverse!
      Il faut se rendre compte qu’E.Macron fait « bonne figure » à ou avec l’étranger en faisant semblant que la France va bien, tout en cherchant comment l’étranger pourrait payer pour les Français: c’est « mission impossible »! Et manifestement, l’ancien premier secrétaire du PS, son « ami », lui a caché « des chiens de sa chienne » dans l’héritage!

  • Vous avez raison de rappeler le principe de libre circulation des capitaux, des biens et des personnes au sein de l’UE.
    Dommage que ce beau principe soit étouffé par la bureaucratie.

    • ce qui est assez cocasse c’est qu’au sein même des pays qui ont « adhéré » au projet européen il est vraisemblable que la circulation des capitaux ,des biens et des personnes n’était sans doute pas effective mais subissait des entraves fussent elles subtiles.

      • @ jacques lemiere
        C’est le problème européen: le conseil des chefs d’état et de gouvernement (purement exécutif et variant, pour chaque pays, selon les élections, leurs dates …) y a une importance exagérée qu’on peu tenter progressivement de modifier pour augmenter le pouvoir et l’importance du parlement européen, plus démocratique et vrai législatif légitime! (Mais combien de Français connaissent le nom de leur député européen, souvent absent en séance comme c’est la règle connue et moquée pour les Français à Bruxelles.)

        Le problème de la France qui se veut « leader européen » de droit « divin », a du mal à en respecter les règles, décidées en commun avec droit de véto, règles qui ont d’ailleurs été approuvées par le parlement français! Mais, en France, le démon souverainiste aime se rebeller contre toute initiative étrangère, fut-elle un texte approuvé par le président et son gouvernement, le parlement européen où 10% des députés environ sont français et le parlement national (sénat et assemblée nationale)! Que demande le peuple? Le droit, encore et toujours de dire non?

  • Bah , il faut garder l’illusion que le syndicalisme français existe…et faire des réformes …si c’est la volonté de ce gvt..mais c’est encore une illusion…car , après tout , tout ces gens sont contre tout changement de leurs habitudes….on s’demande comment pourrait fonctionner les grand travaux sans travailleurs détachés et après tout , si ils nous coûtent moins chers c’est moins d’impôts pour les francais.

  • Jacques Péter.. vous avez raison sauf que l »ÉTAT FRANÇAIS n »accepte pas les directive Européenne. ..par exemple :les cigarettes l’Europe autorisation de 10 cartouches c’est maintenant 2 cartouches maxi…les politiques sont pour quand cela les arrangent…la France fait partie des 4 ou 5 les plus condamnés par la cour Européenne pour non application avec des astreintes financieres…
    comme pour RDS la cour Européenne à considérer que c’était un impôt ils l’information coupé avec une CSG non imposable avec une astreinte qui est minoré. …
    la démagogie à des limites.Au départ. .avant de faire une loi sur les travailleurs détaché le bon et le mauvais..
    demande au journal MONDE lorsqu »ils ont refait leurs siège dont le marché avec Bouygues qui employés des travailleurs détachés. ..ce journal qui vous fait la morale .cela a été découvert par l’inspection du travail lors d’un control lui interdisant l’accès du chantier…

    .

    • @ Lou fabe
      Ben oui! La France triche avec l’U.E., dans son propre intérêt, tant que c’est possible, jusqu’à condamnation de la pratique: ce qui est pris est pris!

      Pas de chance pour la taxe de 3%, sur les sociétés pour la distribution de dividendes condamnée en France comme par la cour de justice européenne: ils devront rembourser!

  • Bonjour

    J’ai jamais compris ce système, un salarié peut venir travailler en France, mais il suit la loi française, donc le SMIC et les charges sociales françaises, même sans ouverture de droit ou avec délai de carence.
    Je suis pour la territorialité du droit.
    Après que le SMIC soit aboli et les cotisations libres, on peut rêver.

    • Je n’y comprends rien non plus, mais que vise-t-on avec l’Europe si ce n’est à permettre à chacun et à chaque entreprise de travailler dans la totalité de l’UE comme s’il était dans son pays d’origine ? Alors, supposons un ouvrier autrichien employé par une entreprise italienne à construire un pont entre la Suède et le Danemark, vous réglez ça comment ?

      • Une entreprise italienne paye son bureau d’étude en Italie suivant la loi Italienne (smic it+ impot it), la construction coté Suèdois loi suèdoise , coté danois loi danoise.
        Si il y a une malfaçon, quel est le tribunal compétent? Italien Suèdois Danois, ou le lieu de la signature du contrat ?

        • Finalement, c’était plus simple avant l’Europe, et il y avait moins de chances que les deux moitiés du pont ne se rencontrent jamais !
          Il me semble pourtant que les Etats ne devraient légiférer sur le travail que pour les abus et non pour les barèmes, que ces abus et leur traitement n’ont pas de raison de différer d’un Etat à l’autre de l’UE, et que le reste ne devrait concerner que l’entreprise et son salarié…

          • @ MichelO
            Oui mais la France voudrait bien faire comme les USA: taxer tout citoyen américain, partout dans le monde, sans aucun égard des taxes et impôts déjà payés sur place.

            Sauf que la France fait partie de l’U.E. et a accepté, voté et signé ses directives « fédérales », approuvées par le parlement européen et le parlement national: c’est purement démocratique.

            • Oui, j’imagine que la France adorerait taxer tout citoyen américain 🙂
              Je crois surtout que la France, en effet, souhaite maintenir son modèle social extrême et prétendument enviable et se dispenser des efforts de convergence vers un standard européen médian. Bien sûr, l’UE paie une expansion trop laxiste pour intégrer trop rapidement des pays trop éloignés des critères de son coeur. Mais la France devrait en tirer la leçon que s’accrocher à ses différences, quelles qu’elles soient, est une grande source de problèmes.

              • @ MichelO
                Je ne crois pas avoir caché que je crois que l’Union Européenne doit être notre carte de visite pour discuter avec les différents « blocs », U.S.A., Inde , Chine, ex-URSS, mais demain, une entente africaine, une autre en Amérique du sud, une autre avec la Corée du sud, etc …

                Une France isolée qui perdrait la confiance des pays partenaires devenant concurrents, n’a aucune chance, dans le monde! Solidaire dans l’UE ou l’€zone, elle sera prise au sérieux: le prix d’entrée est l’application du pacte de stabilité: non seulement, ce n’est pas cher mais en plus cela lui rapportera vite! Ce quinquennat est le moment pour resserrer les boulons et le président n’en a pas peur: ce sera bien plus difficile de remonter la pente dans 4 1/2 ans!

    • @ gillib
      Eh bien non!: un étranger paie en France, des « revenus français » mais peut payer ses cotisations sociales dans son pays si il y a aussi des revenus professionnels. Si un Polonais « détaché » sur un chantier, en France, mais payé en Pologne, par sa société polonaise, il payera ses impôts en Pologne et ses cotisations sociales aussi!
      Si ce Polonais (indépendant, par exemple) réside et travaille en France, il payera impôts et cotisations selon les lois françaises.
      Votre raisonnement n’est plus du tout d’actualité: que ferait un pilote de ligne? Un marin?

      Le territoire devient européen: l’U.E. n’est pas achevée à cause des chefs d’états et de gouvernements qui ne veulent pas s’entendre: c’est eux qui décident encore beaucoup trop, dans l’U.E. et ne veulent pas y renoncer!

      • pas d’accord gillib a raison sur un point, la naïveté apparente de son point révèle les problèmes de l’interventionnisme dans l’économie

        si on accepte le principe du smic dans un pays…alors en effet appliquons le aux travailleurs détachés….si on accepte la sécu autrement dit que les riches payent les soins des pauvres .;alors allons y..

        la majeure partie de notre fiscalité est redistributrice ( et à crédit par dessus le marché)… le travailleur détaché est un excellent révélateur.
        SI on accepte la logique du smic…on exige sa mise ne place dans leurope..pareil pour la sécu. q’uon rigole…

        Un tuyeau de plus sur l’usine à gaz…

        • @ jacques lemiere

          Tout dépend!
          En travaillant en France (et « pas pour l’argent »), j’ai vite compris que je devrais y payer mes impôts sur le revenu: normal! Par contre je me suis fait une activité professionnelle quasi symbolique dans mon pays qui m’a permis de cotiser socialement au Luxembourg. Il m’a fallu 3 coups de fil pour expliquer ça (législation, convention …) au fonctionnaire, hautain, qui ne me croyait pas: en lui donnant les codes de cette convention bilatérale et ceux des formulaires ad hoc, après informations prises par l’interlocuteur, l’affaire fut finalement réglée et, retraité, je ne m’en mords pas les doigts!

          Pour le reste il y aura bien harmonisation des différents types de taxes,mais pas des taux, avant longtemps! La concurrence fiscale est un attrait non négligeable et l’U.E. favorise la concurrence qui diminue les prix!

    • @ gillib
      Vous êtes pour « la territorialité du droit »:grand bien vous fasse, sauf que la France a 3 territorialités: l’européenne, la Française avec ou sans l’Alsace, la « France d’outre-mer » en plus des endroits de l’étranger où se trouve l’armée française en uniforme.

      Vous ne croyez pas que la France a déjà suffisamment à gérer, avec tout ça?

      Après 4 ans de sécurité sociale française, grâce à une activité symbolique d’indépendant dans mon pays j’ai rapatrié ma « protection sociale » en travaillant encore en France, en payant ma fiscalité sur mes revenus français, bien sûr, mais en exonérant une partie de mes cotisations sociale dans mes frais professionnels et sans plus de souci de la CSG comme de la CRDS! Eh oui, on apprend à faire ses choix vers un chemin le moins imposable!

  • On oublie un gros détail : depuis 1996, il y a eu la monnaie unique appliquée à des pays qui n’ont pas les mêmes niveaux de vie, les mêmes taux d’intérêts, les mêmes législations sociale, etc… Une fois de plus, on se trompe de cible : le problème n’est pas le salarié étranger mais la monnaie unique. N’en déplaise aux xénophobes de service genre Mélenchon.

    • @ Théo31
      Qu’on paie ses impôts ou ses cotisations sociales n’a rien à voir avec la monnaie utilisé, sauf les frais de change en moins et les virements bancaires européens gratuits!

  • mykilus ..l’Europe ne fonctionne pas ..trop de différence entre les pays européens..fiscalité..sociale ..nous sommes le 2eme pays européen derrière l’Italie du PIB..
    ITALIE 138% ..France 96%…quand nous donnons des leçons aux autres ..qu’il soit capable de réduire la depense publique 57%..
    là j’en doute et bientot les prochaines élections.. ..
    la seule chose jusqu’à maintenant l’Europe à apporter c’est la PAIX

    • @ Lou Fabe

      Vous écrivez que l’Europe (vous entendez l’UE, je suppose) a apporté la paix. C’est une assertion simplificatrice et, en fait, globalement erronée.

      Même si ce n’est pas  » tendance  » de rappeler ceci, il est incontestable que l’arme nucléaire a été (et reste encore) de très loin la première raison de la paix qu’a connue la plus grande partie de l’Europe (car il y a des exceptions dont la plus tragique fut l’ex-Yougoslavie : mais il s’agit à chaque fois d’  » angles morts  » non couverts par une dissuasion nucléaire) : les armes étasuniennes et russes ont sanctuarisé les territoires des deux blocs antagonistes (OTAN – Pacte de Varsovie) sans compter l’existence de l’arme nucléaire française (cf. le concept du pouvoir égalisateur de l’atome brillamment développé par le général Gallois). Depuis la chute de l’empire soviétique, les tentations bellicistes se retrouvent presque uniquement dans certaines zones de l’Europe orientale… ce qui explique au passage pourquoi Baltes et Polonais s’accrochent farouchement aux basques des États-Unis quitte à s’asseoir impunément sur des règles de solidarité élémentaires avec d’autres pays européens.

      L’épuisement des nations européennes à l’issue de la seconde guerre mondiale explique aussi que les tentations guerrières aient – Dieu merci ! – perdu tout attrait depuis 1945. Au passage, la situation en 1918 était très différente avec la moitié des pays européens européens contestant les traités, à commencer par l’Allemagne, certes vaincue par les armes (d’abord françaises) mais plus puissante et ayant proportionnellement subi moins de pertes que la France (pas une parcelle du sol allemand n’a vu de combat), dont les crocs avaient été à peine limés et qui bénéficia du soutien irresponsable des anglo-étasuniens dès les années 1920…

      Dans ce contexte, l’UE a parallèlement contribué au dialogue continu entre un nombre croissant de pays européens. Mais en faire l’artisan de la paix – ou, au moins, de l’absence de guerre – en Europe est inexact et relève plutôt de la propagande européiste que d’une analyse poussée de l’histoire des relations internationales depuis 1945.

      • @ Liger
        La paix se décide entre bénéfice poentiel et acceptation d’en payer le prix en devises et en confort de vie humaine!

        La paix européenne vient du dialogue entre nations voulant s’associer: ce n’est pas facile et c’est long: donc ça crée un espoir sous-tendu de relations « humaines » (à un moment ou à un autre), en faveur du commerce facilité en zone de libre échange forcément commune. Quand on constate, chacun pour son pays, les 60 ans de paix et de prospérité croissante, on ne peut résoudre à partir en guerre que par « affinité personnelle », pour défendre les trésors tels que la liberté ou sa famille, ou la protection territoriale nationale pour éviter la spoliation!

        Mais WW3, je crois, a bien commencé depuis un bon bout de temps mais sur le plan économique et « sans pitié »!

    • @ Lou fabe
      Ne confondez pas la France avec l’U.E. dont elle est un mauvais élève avec l’Espagne et l’U.K. sans plus d’importance actuelle!

      Sinon, l’U.E. va mieux ( 5% de croissance prévue pour mon pays en 2017 et 2018, un taux de chômage entre 6 et 6,5% de la population active, dette à 20% de PIB et budget prévu avec bonni!).
      Pour la « paix », méfiez-vous! WW3 est déjà engagée (à mon avis, et depuis un bon moment!) mais sur le plan économique, cette fois! Le report de signature du T.A.F.T.A. en est un signal européen, envers notre allié militaire dans l’OTAN/Nato, signe d’une identité commune européenne de poids face à l’étranger alors qu’un « frexit » vous condamnerait à un isolement difficilement soutenable!

    • @ Lou fabe
      La PAIX est un énorme facteur de prospérité!!!
      La France veut le leadership européen (« avec Angela » disait N.Sarkozy, « in petto »! Du temps où il sauvait, tout seul (ou presque), comme un grand, définitivement la Grèce tous les 2 mois, pendant près d’un an! – message en Français à visée nationale exclusive -). Mais ce pays n’hésite pas à imposer ses bonnes idées sans les suivre pour autant!
      138% et 96% sont bien les chiffres respectifs de
      dette / PIB annuel? Alors que 57% de PIB est la somme prélevée par l’état français et qui sera dispatchée à sa guise!

      De fait 57% pour l’état contre 45% en Allemagne, ça fait tache!
      Mais, pas d’illusion! Tout le monde européen peut voir ces chiffres! La France vit au-dessus de ses moyens: ce n’est pas nouveau, comme elle n’a plus 1 cent qui ne soit emprunté.

  • Liger. ..je voulais dire que depuis l’Europe réunie. .il n’y a pas de pays en guerre dans l’union européenne. ..mais cette Europe à été construite trop vite…

    • Certes.

      Pour parler franc, l’UE est de plus en plus une construction imposée frauduleusement et antidémocratiquement aux peuples d’Europe dont on ne veut pas entendre la voix : en particulier, depuis que M. Sarkozy a fait voter en 2007 le traité de Lisbonne qui est identique à 95% au texte que le peuple français avait rejeté par une nette majorité en 2005, ces institutions n’ont plus aucune légitimité.
      D’ailleurs, c’est une dangereuse illusion d’imaginer que 27 pays aussi différents doivent toujours avoir les mêmes intérêts : par exemple, si j’étais balte ou polonais, je ferais passer la fidélité à l’OTAN et la vassalité vis-à-vis des États-Unis avant tout, y compris les mômeries  » européennes  » parce qu’il n’y a pas d’autre sécurité pour ces nations alors que, contrairement au reste de l’Europe, elles sont exposées à un risque potentiel extérieur non négligeable ; mais, en tant que Français, je considère l’OTAN comme une machine à asservir les pays d’Europe aux États-Unis et il faut donc l’affaiblir comme Richelieu lutta contre la tentaculaire maison des Habsbourg. Et je développerais notamment les relations avec la Russie au lieu, comme le minable locataire de l’Élysée de 2012 à 2017, de violer la parole de la France et refusant de vendre des navires commandés par la Russie, ce qui n’a pas amélioré d’un iota la situation de l’Ukraine ni changer le caractère russe de la Crimée ; par contre, cette infamie fera le bonheur de nos concurrents pendant longtemps.

      Enfin, il ne faut jamais oublier que les 2 plus belles réussites des pays européens, Ariane et Airbus, se sont construites en-dehors de l’UE et d’abord grâce à la coopération franco-allemande : si on avait essayé de monter ces projets dans le cadre de l’UE, ils auraient été indéfiniment bloqués par les nombreux ennuques à la solde des États-Unis comme la Belgique et les Pays-Bas, en fait comme presque tous ces nombreux pays européens  » grâce  » auxquels l’OTAN constitue la référence essentielle en matière de défense dans les institutions de l’UE. Bref, ce conglomérat informe arrive à des résultats quand il s’agit d’harmoniser les prises de courant ; mais quand il se mêle de politique de haut niveau (diplomatie, défense, …), ce sous-machin se transforme en bourbier impuissant qui handicape ou neutralise les efforts des États voulant mener une vraie politique sans demander la permission à Washington.

      • @ Liger
        La France, votre pays, ou en tout cas les Français, vos compatriotes, sont très faibles en culture et connaissance et compréhension du fonctionnement de l’Union Européenne: il ne connaissent le plus souvent pas le nom du député réputé les représenter à Bruxelles ou à Strasbourg!
        Pourtant l’U.E. un site internet apte à répondre à énormément de vos questions!

        Depuis le brexit décidé,on sait qu’aucun pays membres n’est « obligé » de rester dans l’Union! Donc si vos compatriotes en majorité reprochent encore une « trahison » de N.Sarkozy face au résultat de votre référendum de 2005 (?), la possibilité d’un Frexit est une branche de l’alternative!

        L’Union Européenne n’est en rien responsable des agissements de votre président, »agité du bocal » non reconduit aux élections. Le problème est donc bien franco-franchouillard, pas du tout d’origine européenne: l’U.E. respecte les principes de la démocratie bien plus que la France avec ses électeurs nationaux!

        Il serait temps que la France fasse ses choix:
        *Non l’UE ne sera pas construite par les seuls Français
        *Donc il est essentiel que la France choisisse et tranche enfin le dilemme entre pays souverainiste ou membre de l’U.E. solidaire
        * À ce propos, il serait bien que la France suivent les consignes européennes approuvées par son président de la république au conseil européen, donc ses euro-députés, au parlement européen son commissaire européen,à la commission européenne et son sénat national et son assemblée nationale!

        Pour le reste j’adore votre prose nationaliste, chauvine et révoltée usant et franchement abusant de tout prétexte (accusations non précisées contre un pays voisin ou un autre ( pas très éloigné) pour vous opposer à tout ce qui n’est pas français pour forcément, en fin de course, approuver les présidents, les gouvernements, soit la « politique » qui vous a conduit, vous et votre pays dans une impasse économique idiote, clairement définie macro-économiquement! En fait, grâce à votre création de boucs émissaires vous dégageant de toute responsabilité coupable rejetée sur d’autres de nationalité différente, dont bien sûr, le « grand satan » USA, coupable d’être plus grand et autrement plus important que la France, dans le monde!

        Vous n’avez pas de chance, dans votre emportement: Airbus et Ariane sont des projets « européens » auxquels il est vrai les Allemands ont bien participé mais la Belgique ( d’ « eunuques ») aussi comme les Néerlandais au moins pour « Ariane », alors que pour Airbus, on retrouve vos eunuques, des Allemands, des Britanniques et des Espagnols.
        Mais nous savons depuis longtemps qu’un exploit sera signé d’un « made in France » mais qu’un crash sera qualifié « d’un avion européen »! Comme le vol 296 d’Air France à Habsheim en 1988!

        Quant à la politique, payer des projets par de la dette est évidemment imbécile et lâche: des Français meurent tous les jours en abandonnant la dette de l’état aux suivants, dette dont ils auront bien pu « profiter »! Et non, finalement, l’U.E. ni l’€-zone n’ont pour vocation de régler vos comptes avec ces USA enviés!
        Pourtant Yves Duteil « semble » vous donner raison:

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Par Claude Sicard.

Par décret, le congé paternité vient de passer de 11 à 25 jours. Il devient en partie obligatoire et passer de 3 à 28 jours. C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron.

Le Medef s’en inquiète à juste titre, estimant que cette nouvelle mesure va coûter entre 300 et 500 millions d’euros aux entreprises françaises et ne va pas manquer de créer un surcroît de difficultés pour les entreprises, tout particulièrement les PME.

Par contre, la gent féminine s’en réjouit.

Ainsi, Christine Lagarde, ... Poursuivre la lecture

Par Nelly Guet.

La tromperie a assez duré. Les élèves doivent savoir à quoi correspond la valeur d’un diplôme, notamment celui qui est censé sanctionner la fin de leurs études secondaires.

Éducation - économie : un tandem méconnu en France

Il est un pays, la France, où le ministre de l’Éducation ne parle jamais dans ses discours à l’intention des professionnels de l’éducation de son pays et même aussi, le cas échéant, de pays étrangers invités, de la situation économique du pays. Il est apparemment de bon ton dans notre pays de ... Poursuivre la lecture

Par Mohamed Mouti. Un article de l'Iref-Europe

Des interactions sociales ressenties comme injustes suscitent généralement une demande de rectification par la loi. Mais ce type d’intervention n’est pas sans coût et a des conséquences imprévisibles.

Le 28 octobre, la Commission européenne a lancé une procédure législative visant à garantir un "salaire minimum adéquat" dans les États membres de l’UE en réponse à la pandémie de coronavirus, afin d’aider les travailleurs touchés par la crise. Il serait exigé que les pays de l’UE fixe... Poursuivre la lecture

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