Le droit à l’auto-détermination de la Catalogne

La constitution ne devrait pas permettre à l’Espagne de tenir une nation en otage, tout comme aucune constitution ne devrait permettre l’esclavage.

Par le Minarchiste.

En 2015, j’avais publié un article intitulé « Qu’est-ce qu’un pays » dans lequel j’affirmais que lorsque plusieurs nations cohabitent au sein d’un même pays et que le gouvernement central est trop interventionniste, le risque de sécession, voire même de guerre civile, est augmenté.

La Catalogne, une région d’Espagne dont la capitale est Barcelone, est en train de suivre le chemin de la sécession. Une bonne partie de la population est favorable à l’indépendance du reste de l’Espagne et souhaiterait s’exprimer démocratiquement sur cette question lors d’un référendum.

Pourtant, le gouvernement Espagnol s’y oppose fortement et a même rendu le référendum illégal, emprisonnant les organisateurs politiques impliqués, détruisant les bulletins de vote et les urnes, évinçant avec force les électeurs des bureaux de vote avant de fermer ceux-ci et utilisant la violence pour réprimer des manifestations pacifiques. Bref, cet État se conduit comme une dictature totalitaire.

Des 5.5 millions d’électeurs éligibles, 2.4 millions ont voté dans ce référendum illégal et le résultat fut à 89% en faveur de l’indépendance. Ceux qui étaient contre ont, en grande majorité, boycotté l’événement.

Si on prend comme hypothèse que tous les autres électeurs auraient voté contre et que le taux de participation aurait été de 80%, cela implique un résultat à 49% en faveur de la sécession. On peut donc prétendre que le Oui aurait très bien pu l’emporter.

La Catalogne comprend 15% de la population de l’Espagne, mais génère 20% du PIB. Cette province génère davantage de taxes que de dépenses pour le gouvernement central. Sa sécession aurait donc un impact négatif sur la cote de crédit de l’Espagne et serait un problème significatif pour les grandes banques espagnoles et européennes. C’est en partie pour cela que l’administration Rajoy s’oppose à tout prix au référendum.

L’auto-détermination est un droit fondamental

Le gouvernement espagnol refuse de permettre le référendum affirmant que celui-ci est interdit par la constitution. Pour changer la constitution, il faudrait le support du reste de l’Espagne, ce qui n’arrivera jamais puisque ce n’est pas dans son intérêt. Cette situation est inacceptable.

La constitution ne devrait pas permettre à l’Espagne de tenir une nation en otage, tout comme aucune constitution ne devrait permettre l’esclavage. Le droit à l’auto-détermination est un droit naturel et fondamental qui ne peut être bloqué par aucune constitution.

Les Catalans cherchent à se libérer d’un gouvernement qu’ils jugent oppressif par des moyens démocratiques. C’est leur droit. Des référendums de sécession ont aussi eu lieu au Canada et au Royaume-Uni sans voir un comportement aussi oppressif de la part de l’État.

De plus petits pays plus propices à la liberté individuelle

Il est difficile d’évaluer quel genre de gouvernement émanerait de ce nouveau pays, mais les sécessions sont généralement une bonne chose pour la liberté individuelle. Plus un gouvernement est local et couvre une aire géographique petite, plus il sera à l’écoute des besoins spécifiques de sa population.

Un petit pays ne peut pas être auto-suffisant, donc il doit commercer avec le reste du monde, ce qui le force à favoriser la liberté économique. Plus il y a de petits pays, plus il y a de concurrence.

Finalement, les plus petits pays sont moins enclins à devenir des puissances militaires intervenant avec force à l’extérieur de leurs frontières car ils ne sont pas capable de lever une armée menaçante à l’échelle mondiale (il y a bien sûr l’exception à la règle qu’est la Corée du Nord).

Considérant que les petits pays doivent coopérer avec les autres sur le plan du commerce international, ceux-ci ont forcement tendance à être plus pacifiques (notez que la Corée du Nord ne pratique pas beaucoup le commerce international).

La plupart des dirigeants des pays du G7, y compris ceux du Canada, n’ont pas officiellement reconnu le droit de la Catalogne à voter sur sa souveraineté, ni condamné le gouvernement Espagnol pour son inacceptable répression. Il faut croire que les grands pays de ce monde ne cessent de mettre la démocratie sur un pied d’estale, mais lorsqu’il est question de sécession, leurs ardeurs démocratiques sont fortement atténuées…

Tout politicien craint que son domaine d’influence ne soit rétréci, résultant en une baisse de son prestige et de son budget.

J’encourage les libertariens à supporter le referendum Catalan.

Sources:

http://www.zerohedge.com/news/2017-10-05/everything-you-need-know-about-catalan-independence-referendum

https://www.economist.com/news/europe/21729996-government-mishandles-catalan-defiance-imminent-threat-unity-spain

https://fee.org/articles/secession-is-sweeping-the-world-and-we-should-let-it/

Sur le web