Retour d’expat’ : les joies de l’administration française

Hico Supercell Texas by Kelly DeLay(CC BY-NC 2.0)

Le retour d’expatriation réserve plein de surprises. Pas forcément très bonnes.

Par Sophie Auzerau.

Comme vous le savez sans doute, je suis de retour dans la mère patrie. Et comme vous l’avez sans doute compris, je n’étais pas vraiment pressée de rentrer.

Quand l’expat’ pense que ça va bien se passer

Comme bon nombre d’expats, j’ai découvert que l’on en apprend beaucoup sur soi dans le départ mais aussi dans le retour. C’est donc intentionnellement que je me suis effacée depuis quelques mois, attendant que ma colère et ma frustration baissent pour vous relater l’aventure sans fin et sans joie qu’est l’impatriation pour moi.

J’ai entendu des récits de retours heureux et faciles. Admirative mais envieuse, je me suis nourrie d’articles expliquant que le secret d’un retour réussi c’est de s’y préparer, et je me gausse. Un retour réussi, c’est un retour choisi. Point.

Quoi qu’il en soit, bel expat’ sur le retour, ne m’accuse pas de doucher ton enthousiasme, de toute façon, si je ne le fais pas quelqu’un d’autre s’en chargera.

Sache que l’administration, où que tu te caches, saura toujours te débusquer pour te fournir ce dont tu as le plus besoin : un sas de dépression.

Dans notre cas, c’est le Consulat qui s’est dévoué et nous a préparés avec joie et bonheur aux retrouvailles avec l’administration française. Mais commençons par le commencement.

L’école française… du XXème siècle

Très rapidement au printemps dernier, nous avons du planifier un voyage d’une semaine en France pour la première semaine de mai pour permettre à Miss N. de passer des tests d’entrée en 6ème internationale.

Ce qui est fort pratique c’est qu’une école à vocation internationale demande à ses jeunes postulants de venir du bout du monde pour passer un test sur place. Sachant qu’à l’autre bout du monde, il y a des cours, des examens de fin d’année et des cérémonies de remise de diplômes.

C’est donc la gueule enfarinée par le décalage horaire que Miss N. a passé les tests de son école actuelle pour laquelle on a compris qu’il vaut mieux être un « international local ». Vingt heures d’avion pour deux heures de test, c’est cher et fatigant mais surtout audacieux.

Sachant que le lycée de notre fils teste les enfants dans leur école du bout du monde et sur skype, je crois être en droit de me poser cette question sensée : « What the fuck ? »

C’est bien avant le départ, en mars, que l’Homme a découvert la date d’expiration des passeports de notre descendance. Et oui, sache expat’ au coeur pur, que ta progéniture a un passeport à la date de péremption plus courte que la tienne, parce qu’à la différence de tes enfants, tu ne grandis plus, tu vieillis.

On a pénétré dans le sas de dépression le jour où l’on a téléphoné au Consulat, un peu inquiets, car le vol de mai était déjà réservé. C’est avec la plus grande bienveillance qu’une employée de notre Consulat s’est empressée de nous rassurer : «  Nous avons des élections à organiser, nous avons d’autres choses plus urgentes à traiter ! »

On a donc eu recours à des solutions dites « parallèles » pour accélérer la demande et déposer les dossiers un matin à 7 heures, à quatre heures de route de Fort Worth.

Un Consulat à cheval sur les dates et les horaires

J’avais les mains moites et le coeur battant quand on s’est pointé au Consulat, mais ce n’était rien à côté du jour où l’on a appris qu’il faudrait retourner à Houston pour récupérer les passeports, en présence des enfants deux jours avant le départ.

Nous avons eu beau demander si l’on pouvait passer à un autre moment, c’était impossible. Notre fils, le joueur de trompette, a donc raté son examen de sciences pour aller au Consulat. Huit heures de route pour trois minutes de rendez-vous. Trois minutes pour se voir délivrer le sésame.

Trois minutes.

Trois minutes qui lui ont fait rater un examen de quatre heures qu’il a dû repasser le lendemain, date du concours entre les Bands de la région, pour lequel il jouait un solo. Pas d’examen, pas de band, la politique est très claire. Mais quand tu as quinze ans et que tu estimes que ton seul truc en plus, c’est ton talent musical, c’est dur à avaler.

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