Richard Thaler, paternaliste libertarien, Prix Nobel d’économie

Paternalisme libertarien : « paternalisme » car l’objectif est d’influencer votre choix et « libertarien » car vous avez toujours le choix d’aller ailleurs !

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Richard Thaler, paternaliste libertarien, Prix Nobel d’économie

Publié le 9 octobre 2017
- A +

Par Thomas Renault.

Supposons que vous arriviez à la cafétéria de votre école, et qu’au lieu de la disposition classique des différents plats, la direction de votre établissement a décidé de mettre en avant les salades et plats équilibrés, tout en vous laissant toujours le choix d’aller prendre un burger-frites si vous le souhaitez, mais en mettant le stand de burger à l’étage.

Cet exemple tout simple est une application de ce qu’est le paternalisme libertarien : paternalisme car l’objectif est d’influencer votre choix et libertarien car vous avez toujours le choix de manger un burger si vous le désirez. Il n’y a pas d’interdiction, à la différence du paternalisme pur, lorsque votre père vous disait « Kevin tu manges ta salade ou je t’en colle une ! »

Les individus ne sont pas rationnels

Cette notion de paternalisme libertarien a été développée par l’économiste Richard Thaler et le juriste et philosophe américain Cass Sunstein.

La base de cette théorie est que contrairement à la théorie économique classique, les individus ne sont pas totalement rationnels. Pour des raisons diverses et variées (biais cognitifs, biais heuristiques…), leurs choix ne sont donc pas toujours optimaux.

Le paternalisme libertarien s’appuie donc sur :

  • Un large panel d’expériences et de recherches en économie et en psychologie, proche de l’actuel économie comportementale ou finance comportementale, afin de comprendre pourquoi les individus font des choix parfois non-rationnels entraînant une diminution de leur bien-être.
  • La notion d’architecture des choix, afin de revoir la façon dont sont présentées les différentes options qui s’offrent à vous pour vous orienter vers le choix optimal, mais sans diminuer le nombre total de choix donc en théorie, sans limiter le niveau de liberté.

Pour faire simple, vous avez encore le choix entre le même nombre d’alternatives, mais celles qui paraissent le mieux vont être mises en avant afin d’influencer votre choix.

Mais comment définir ce qui est un choix optimal et comment être certain que le but du paternalisme libertarien est in fine d’améliorer le bien-être des individus et non pas de les manipuler davantage pour imposer certains choix ?

Les coups de pouce (Nudge étant le titre du best-seller de Sunstein & Thaler à ce sujet) proposés dans le cadre du paternalisme libertarien tendent à diriger les individus vers des situations qui semblent très largement acceptées par la population. Par exemple, être en bonne santé est un état souhaité par la grande majorité des individus ; et pour être en bonne santé à court et/ou à long terme, il semble donc préférable de ne pas fumer, de manger à peu près équilibré et de faire du sport. Le paternalisme libertarien aura donc comme objectif, via la mise en place d’une nouvelle architecture de choix, d’influencer les individus vers des choix quotidiens (faire du sport, moins fumer…) ayant comme objectif de répondre au besoin évoqué par les individus, celui d’être en bonne santé et donc aussi au bien-être général de la société.

Ne pas limiter les libertés individuelles

Une notion importante du paternalisme libertarien consiste à ne pas diminuer les libertés individuelles. Pour reprendre un excellent article d’Adrien Barton, Définition et éthique du paternalisme libertarien :

Là où une intervention paternaliste classique interfère avec la liberté d’un agent, une intervention paternaliste libertarienne interfère avec son autonomie.

L’autonomie est définie comme ayant deux dimensions :

  • L’indépendance, qui signifie qu’un individu puisse effectuer des choix indépendamment de la manipulation d’autrui.
  • L’auto-régulation, qui fait qu’un individu agit en accord avec des règles qu’il s’est lui-même fixées.

En suivant cette définition, et bien qu’il soit possible de trouver des exceptions, le paternalisme libertarien a donc tendance à diminuer l’indépendance des choix, mais à améliorer l’auto-régulation des individus. Combien de fois vous-êtes vous dit « cette année je mange sain » avant de succomber à l’odeur artificielle de pain en passant devant une boulangerie ?

Nudge et marketing

Le marketing influence en permanence le niveau d’indépendance des agents en tendant d’ailleurs bien souvent à aller à l’encontre aussi de l’auto-régulation et donc à fortement diminuer l’autonomie des individus (par exemple en vous incitant à manger toujours plus, allant à l’encontre de votre règle de ne pas être obèse).

Tout comme le marketing, le paternalisme libertarien essaye d’influencer les décisions des agents mais avec comme objectif d’améliorer leur bien-être selon une certaine vision commune du bien-être, il est vrai, ce qui peut d’ailleurs poser d’autres problèmes, en aidant l’auto-régulation.

D’un point de vue éthique, et pour ne pas entraver la liberté et l’autonomie des agents, il faudrait que les différents choix d’architecture soient transparents et/ou acceptés par la majorité.

Par exemple dans votre cantine, il pourrait y avoir un vote afin de savoir si ses utilisateurs souhaitent que les fruits soient mis en avant afin de les encourager à en consommer davantage, et/ou qu’un panneau expliquant clairement pourquoi les fruits sont présentés avant les autres desserts soit affiché à l’entrée de la cafétéria.

Illustration

Un exemple concret d’application de cette théorie est le système d’épargne retraite par capitalisation aux USA (401K plan).

D’un point de vue du bien-être individuel, chacun doit disposer d’un certain capital lui permettant de vivre lorsqu’il ne sera plus en mesure de travailler. Cependant, différentes recherches montrent qu’il existe des difficultés à réaliser des choix intertemporels impliquant un renoncement présent pour un gain futur, comme c’est le cas lorsque l’on met de côté de l’argent pour sa retraite. Certains ont par exemple tendance à minimiser les probabilités les concernant comme par exemple la probabilité d’avoir un accident.

Dans cette situation, le paternalisme libertarien a donc pour objectif d’influencer les individus pour les aider à mieux gérer leur argent, afin de leur éviter de se trouver à la rue au moment de la retraite, ou en cas d’accident. Cependant, il est important que quelqu’un souhaitant profiter à 100 % du présent sans se soucier de l’avenir puisse le faire s’il le désire car c’est un choix de vie, s’il préfère se payer une Porsche à 20 ans et finir sa vie dans la rue, très bien…

Auparavant aux USA, quelqu’un souhaitant cotiser à un système d’épargne par capitalisation devait cocher l’option YES sur un formulaire (par défaut, l’option retenue était donc NO). Désormais, l’option YES est cochée par défaut ; le choix de ne pas cotiser est toujours présent et donc celui de gérer son capital autrement ; mais une personne non-informée ou ayant la flemme de lire les documents sera automatiquement inscrite à ce plan, ce dernier devant en moyenne améliorer son bien-être intertemporel.

Conclusion

Le paternalisme libertarien a donc comme objectif final d’améliorer le bien-être des personnes, sans diminuer les libertés individuelles. Les dérives de « manipulations » (politique ou via des lobbys) existent clairement, mais dans de nombreux cas, le paternalisme libertarien semble être « la meilleure moins mauvaise option » pour permettre de faire des choix maximisant son bien-être intertemporel. Pour éviter ces dérives, il est important que les différentes méthodes et choix d’architecture mis en place pour « influencer le choix rationnel » soient transparents et connus de tous. Par exemple au moment de l’application du choix par défaut du YES au plan de système d’épargne retraite, il aurait été préférable que le changement d’architecture et les raisons de ce changement soient clairement expliqués, afin que chacun puisse participer réellement à l’amélioration de son bien-être sans (trop) diminuer son  niveau d’autonomie, et en évitant d’être infantilisé.

Cet article a été publié une première fois en 2015.


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  • Pour quelle raison un société doit elle influencer d’ une manière ou d’ une autre ses citoyens? Je reste persuadé que le meilleur système est celui de la pleine liberté avec une information sur les risques encourus. Yes pour la porsche à 20 ans mais je dois savoir à quoi je m’ expose pour la suite en toute connaissance. Car après tout chacun peut croire en sa bonne étoile et se dire qu’ à 30 ans on aura fait fortune (ou à 40 ou 50) et qu’ il sera toujours temps de s’ occuper de ses vieux jours. Les businessmen qui ont parfois tout réinvesti pour d’ autres aventures n’ ont pas forcément pensé à leur vieux jours.

    • Pourquoi ? parce qu’il n’est pas rationnel de s’informer sur la totalité des conséquences (risques et bénéfices) de choix aussi banals que la nourriture, l’heure de lever, l’ordre de passage au carrefour . Il est donc rationnel d’avoir un coordinateur bien informé (on l’espère !) qu’on va suivre … ou pas. Il y en a toujours de toute façon, il suffit de voir ce qui se passe en matière de mode.

      • « un coordinateur bien informé (on l’espère !) » : c’est bien le problème, sans parler des bonnes ou mauvaises intentions, respectivement affichées et cachées, du paternaliste de service. Comment savoir ? Le problème semble insoluble. En effet, à moins d’admettre une hiérarchie préalable entre les individus, si on reconnaît qu’ils ne sont pas naturellement doués de rationalité dans leur ensemble, comment admettre que l’un d’entre eux le sera plus que les autres pour justifier la moindre once de paternalisme ?

        Une solution émerge si on admet la concurrence entre les diverses « bonnes intentions » possibles. Pour cela, jusqu’à preuve du contraire, rien de mieux que l’heureuse combinaison du marché libre et de la tradition. Pour rester dans l’exemple de la cantine, le paternalisme libertarien implique la possibilité de plusieurs cantines en concurrence, chacune mettant en avant ses propres obsessions hygiénistes, feuille de salade et carotte millimétrée pour les chétifs volontaires, viande, féculents et sauces grasses à gogo pour les rugbymen (ceux de la mêlée).

        • @Cavaignac :

          Je vous rejoint entièrement : le paternalisme n’est qu’une tentative (une de plus) pour justifier l’ordre et la rationalité généralisatrice (zones de confort de l’esprit), tentative qui et a inévitablement comme conséquence la destruction de la diversité.

          La vérité unique et universelle est un miroir aux alouettes et les libertariens purement rationalistes sont constamment confrontés à cette contradiction : la liberté n’est pas rationnelle, la liberté ne fait pas bon ménage avec la vérité unique et universelle que la raison encense.

          « Mangez cinq fruits et légumes, bien saignants de préférence … »

    • @ Oc qui dit : « Je reste persuadé que le meilleur système est celui de la pleine liberté avec une information sur les risques encourus. »
      Je suis tout à fait d’accord avec vous. C’est à mon sens le rôle maximal que devrait se réserver l’Etat. Se contenter d’informer.
      Résumons :
      – le libertarien veut une société où il peut s’acheter une voiture sans ceinture de sécurité
      – le parternaliste libertarien impose la présence d’une ceinture de sécurité dans toutes les voitures vendues, mais ne force personne à la porter
      – l’Etat français impose le port de la ceinture…
      A ce stade, en général, la contradiction arrive sous la forme : « oui, mais je n’ai pas envie de payer vos frais d’hôpital si vous ne bouclez pas votre ceinture, ou alors si on vous laisse le choix, payez-vous même vos dépenses de santé… ».
      A quoi je réponds invariablement : « moi, pourtant, j’accepte de payer pour votre cancer du poumon et je ne tiens pas à vous interdire de fumer ».
      En somme, je paie pour ton cancer, tu paies pour mes côtes cassées. Et moyennant financement réciproque, tout le monde garde sa liberté. La liberté a un coût auquel nous avons tous intérêt à consentir, car la liberté n’a pas de prix !…

  • Ce qui est énorme, c’est que dans un autre article paru aujourd’hui sur contrepoints, on nous explique que quand l’Etat fait des recommandations sur la manière de manger (sans pour autant restreindre les choix), c’est naze.

    Vous êtes trop forts sur contrepoints.

    • Ben oui nous les libéraux, on n’est pas des petits soldats melanchoniste comme vous. On a plusieurs visions du monde; Je sais c’est naze, un seul chef une seule idée c’est plus simple.

      • entre claquer des millions pour inonder les médias de conseils sur « comment bien manger » qui se révèlent faux une fois sur deux et cocher telle ou telle case par défaut sur une déclaration, il y a dela marge 🙂

      • lol, la seule vision que vous avez c’est celle de votre nombril.

        • Simvetanylen nous fait ici preuve d’un sarcasme. Il répond a un argument clair: « Non, nous ne sommes pas en contradiction mal assumée nous sommes en débat et nous confrontons des idées » répond Gillib en substance. Et c’est bien répondu. Simvetanylen répond ensuite avec un sarcasme double de jugement de valeur à l’encontre Gillib. On voit qui argumente et qui est ici pour nous troller avec sa haine crétine et son dogmatisme bedonnant. Simvetanylen vous êtes désagréable parce que vous arrivez ici avec plus de haine que d’arguments et vous ne faites que provoquer vos interlocuteurs. Je trouve votre action méprisable.

    • Ce qui est énorme, c’est votre incapacité à comprendre que le rôle de l’Etat n’a jamais été et ne sera jamais de s’occuper du sujet. Ce ne sont pas les recommandations sanitaires en soi qui font débat, mais le fait que l’Etat s’en mêle, alors qu’il est parfaitement incompétent pour les émettre, comme dans tous les domaines non régaliens qu’il usurpe au quotidien. Autrement dit, manger 5 fruits ou légumes par jour n’est pas en débat. En revanche, le messager est définitivement déconsidéré. Que le faquin étatique fasse silence !

      L’honnête citoyen conviendra aisément que l’Obèse commet un foutage de gueule olympique quand il ose recommander la maigreur…

      • Bien sur que c’est le rôle de l’Etat de protéger ses citoyens.

        • Protéger de quoi ? Des abus de pouvoir manifestes de l’Obèse et de ses sbires ?

          • Non, du pouvoir manifeste de certaines entreprises comme McDonald sur les citoyens qui travaillent 10h par jour et ont d’autres sujets en tête que de s’occuper de leur diète.

            • Selon Simvetanylen, la majorité des français ne peut pas avoir une approche intelligente de son alimentation après 10h de taf. Bon déjà avec les 35h ca ne doit pas si souvent que ça e^tre une problème…
              Mais quel mépris! Vous prenez les français pour des inaptes pour ne pas dire des crétins irrécupérables… Vous pensez que les français ne sont même pas capables de se nourrir correctement! Voila où en est votre niveau de respect pour autrui. Vous pensez que ce sont des gens aussi responsables que des enfants de 10 ans et qu’ils doivent manger ce que des gens plus intelligents leur dit de manger. Nous avons vraiment ici un bel exemple d’arrogance menant au despotisme. Simvetanylen, c’est un Yaka… Yaka faire comme il nous dot de faire et tout ira bien. Ce mec se moque des différences. Sa compassion pour le travailleur cache du mépris et une excuse pour le mettre au pas. Sa haine du capital l’empêche de voir que Mc Do correspond aussi à une certaine demande en terme de nourriture. C’est l’attitude par excellence qui mène au despotisme.

            • quel pouvoir? si manifeste que je ne le vois pas …

  • Je comprends l’idée générale du « paternalisme libertarien », sauf que j’ai de la difficulté à comprendre le contexte économique de la chose.

    Il me semble que tout ceci relève de phénomènes culturels, de coutumes, de savoirs et d’expériemntations qui évoluent naturellement dans toutes les organisations humaines, dans les entreprises, dans les gouvernements, dans les familles, etc…

    En somme, chaque groupe d’humains, mis dans un contexte, échangent de l’information et des expériences et finissent par adhérer naturellement à une structure décisionnelle qui détermine ce qui serait un choix optimal (strictement du point de vue du groupe) et choisit quel coup de pouce mettre en place.

    Thomas Renault croit parler d’économie alors que sans le savoir il s’agit d’un texte qui porte sur la mémétique.

    • En y réfléchissant, il ressort de ce texte un aspect important étudié en économie: la gouvernance.

      Quand vous parlez de « société qui influence ses citoyens », il est nécessaire de contextualiser chaque société et chaque forme de rassemblements d’humains. Une société est composée d’un nombre de grands groupes, eux-même composés de groupes plus petits et ainsi de suite jusuq’à l’individu. On ne peut pas simplement tout englober les sous-groupes dans une seule entité et imaginer un coordonateur qui applique un « choix optimal » universel.

      Chaque individu a sa propre conception de l’optimal de son propre point de vue (ex: manger de la viande).

      Quand l’individu se joint à un groupe (le premier niveau étant souvent la famille), il échange de l’information avec les autres membres et, selon le processus de décision collective, le groupe détermine à son tour ce qui est « optimal » pour le groupe. (Parfois les parents imposent une dictature, parfois les enfants ont droit de vote sur le parfum des glaces… le mécanisme de décision de groupe est un tout autre sujet).

      Ce qui est optimal pour le groupe pour une question donnée n’est pas toujours ce que l’individu percevait d’optimal pour lui-même en tant q’individu seul (ex: manger de la salade).

      Sauf qu’ultimement, c’est toujours l’individu qui garde le choix de déterminer si il est préférable d’être un « individu seul » ou un « individu faisant parti du groupe », d’où un éventuel compromis, une acceptation de « manger de la salade » pour obtenir d’autres avantages collatéraux (comme éviter de vivre dans un orphelinat).

      Il en và de même pour toutes les structures humaines. Chaque individu percoit un optimal (pour lui-même) de son point de vue. Chaque sous-groupe percoit un autre optimal (pour le sous-groupe) et chaque groupe percoit un optimal (pour le groupe). Ainsi, la relation entre une entité d’un niveau donné avec l’entité du niveau supérieur sera toujours sujette au problème principal-agent.

      Même dans une décision démocratique à 100% participative (le président d’assemblée faisant office d’agent), chaque individu (principal) peut volontairement omettre de l’information ou mentir pour influencer ce que le groupe percevra comme « optimal ». Il en revient donc ultimement à chaque individu (chaque principal) d’interagir avec le groupe afin de positionner l’optimal le plus près possible du sien.

      Dans le cas d’une démocratie par représentation, le processus est similaire excepté qu’un représentant élu agira à titre de neurone central dans le traitement de l’information entre les principaux.

      L’essentiel de l’approche libertarienne est toujours la même dans le problème principal-agent:
      1- L’agent ne doit jamais avoir la prérogative de fixer lui-même la limite du niveau de détail de l’information que le principal peut obtenir. En d’autres mots, le président de l’assemblée ne choisit pas lui-même quand passer au vote. Le représentant élu ne choisit pas lui-même quelles informations il filtre entre les principaux.
      2- Tout principal a à tout moment la liberté de quitter le groupe.

  • Il y a encore mieux que le paternalisme libertarien, c’est la panarchie. Ce n’est plus un père, un élu, un érudit qui dicte le meilleur, mais la concurrence des différentes sociétés. Il n’y a plus besoin de faire un choix « optimal », c’est l’expérience et le temps qui le feront pour chacun. A réfléchir.

  • « Mangez cinq fruits et légumes par jour » ou quand c’est moi qui fait les trucs que je reproche aux autres … ben c’est bien.

    Pourquoi pas l’hypnose ou les messages pendant le sommeil pendant qu’on y est ?

  • Je préfère à tout jamais le paternalisme quel qu’il soit au front populaire qui depuis 1936 obère l’avenir de la France et a crée une gangue quasi indestructible qui a fait de nous des assistés

  • « Un exemple concret d’application de cette théorie est le système d’épargne retraite par capitalisation aux USA (« 401K plan »). D’un point de vue du bien-être individuel, un individu doit disposer d’un certain capital lui permettant de vivre lorsqu’il ne sera plus capable de travailler. Cependant, différentes recherches montrent que les individus ont des difficultés à réaliser des choix intertemporels impliquant un renoncement présent pour un gain futur (comme c’est le cas lorsque l’on met de côté de l’argent pour sa retraite) et ont par exemple tendance à minimiser les probabilités les concernant (par exemple la probabilité d’avoir un accident). Dans cette situation, le paternalisme libertarien a donc comme objectif d’influencer les individus pour les aider à mieux gérer leur argent, afin de leur éviter de se retrouver à la rue au moment de la retraite ou en cas d’accident. Cependant, il est important qu’un individu souhaitant profiter à 100% du présent sans se soucier de l’avenir puisse le faire s’il le désire (c’est un choix de vie, s’il préfère se payer une Porsche à 20 ans et finir sa vie dans la rue, très bien !). Auparavant aux USA, un individu souhaitant cotiser à un système d’épargne par capitalisation « 401K » devait cocher l’option « YES » sur un formulaire (par défaut, l’option retenue était donc « NO »). Désormais, l’option « YES » est cochée par défaut ; l’individu a toujours le choix de ne pas cotiser s’il le souhaite (et donc de gérer son capital autrement) mais un individu non-informé ou ayant la flemme de lire les papiers sera automatiquement inscrit à ce plan, car cela devrait « en moyenne » améliorer son bien-être intertemporel. »

    Alimenter un compte épargne sans le moindre contrôle, la moindre attention, ça n’est pas capitaliser, c’est jouer à la roulette avec son argent. C’est comme si par défaut on incitait les gens à jouer au loto. Ca n’a aucun intérêt.

    L’Etat ne peut pas être paternaliste. Le paternalisme de l’Etat, c’est justement le vers dans le fruit qui permet à des minorités de dépossèder petit à petit la masse des citoyens de leur outil. Les bénéfices attendus des nudges ne pourront jamais compenser les dommages qui découleront de la possibilité de manipuler les masses.

    • « D’un point de vue du bien-être individuel, un individu doit disposer d’un certain capital lui permettant de vivre lorsque ne sera plus capable de travailler. » bof… eh ben il meurt

  • Le paternalisme comme l’étatisme n’a pas vocation à aider les élites ou les forts qui n’en n’ont que faire comme les auteurs des commentaires ci-dessus, Ils ont vocation à aider les faibles, les étourdis ou irresponsables contre eux-mêmes.
    Ou bien encore faire bénéficier, au plus grand nombre, de l’expérience collective.

    • Ce serait une fascinante perspective de décliner aux grands principes démocratiques votre constat qu’il existerait « des faibles, des étourdis ou des irresponsables contre eux-mêmes », autant de jugements de valeur absolument passionnants.

      On ne voit pas bien en effet comment ces citoyens de seconde zone, si on vous suit sur ce chemin cahoteux longeant le gouffre, pourraient valablement choisir leurs dirigeants paternalistes, au risque de voter « contre eux-mêmes ». Un parti unique, peut-être ? Ou comme en France, un ramassis de pseudo-partis, d’un extrême à l’autre en passant par le centre, vagues courants de la même obsession collectiviste, aux propositions programmatiques tellement similaires que leurs oppositions de connivence ont dépassé depuis longtemps le ridicule le plus absolu aux yeux des deux-tiers du corps électoral ?

      A propos, puisqu’il n’y a toujours pas d’opposition dans ce pays, n’oubliez pas de ne pas voter en masse aux prochaines départementales (ou si vraiment la balade postprandiale vous apparaît préférable à une bonne sieste, de voter blanc ou nul) !

    • qui juge de ça?
      faible en quoi fort en quoi?

  • Vivement le tabac vendu dans des magasins installés en zone campagnarde, à un bon km de tout accès motorisé, alors ! Chiche ?

  • De même que la démocratie est le moins pire des systèmes, le paternalisme libertarien est la plus douce des coercitions.

  • bizarre, le problème est l’idée même d’optimisation.

    quand vous avez plusieurs paramètres il n’y a pas d’optimisation objective possible.

    Je ne veux pas optimiser ma durée de vie…ni même ma santé, au pire on peut m^me penser que le fait que les gens préfèrent le plasir immédiat à la prévoyance est une garantie » évolutionnelle  » ce qui apparaît comme rationnel dans une situation donnée ne l’est pas si la situation change..et elle change toujours.

    Il faut une bonne dose de perversion pour penser que les gens ne pensent qu’à leur santé quand ils mangent.
    Il faut une bonne dose de perversion pour laisser à penser à une personne qu’il doit économiser pour sa retraite.

    que veut dire optimiser dans l’absolu?
    Je comprends que les constructivistes vont se ruer là dessus pour expliquer pourquoi il FAUT être paternaliste…
    Je devrais lire l'(auteru bien entendu mais ce qui en filtre dans les médias est stupéfiant.

  • Très bon article mais je ne suis pas convaincu par ce concept de paternalisme libertarien.

    Car puisque l’on parle d’économie, qu’en est-il des coûts supplémentaires induits par ce concept ?
    Je ne parle pas forcément des coûts en argent, mais des coûts en énergie, en temps, en complexité, etc…
    En gros les coûts cachés.

    Par exemple, dans le cas présenté de la cafétéria, il y a un premier coût lié à la collecte d’informations. Puisque avant, tout les plats étaient présents au même endroit, l’information était donc complète et directement accessible. Si maintenant je veux un burger-frites, je débarque à la cafétéria, ils ne sont pas là, je dois initialement trouver l’information d’où se trouvent les burgers-frites.
    Je dois ensuite conserver cette connaissance, en plus de l’emplacement de la cafétéria. J’ai donc complexifié mon « graphe de connaissances », sans qu’il y en ait une valeur ajoutée.
    Je dois ensuite me rendre au second étage pour aller prendre mon burger-frite, ce qui me coûte du temps et de l’énergie supplémentaire.

    Ce que j’essaie de montrer peut paraitre stupide mais on a ici trois éléments essentiels : la difficulté d’accès à l’information, la complexité d’un système et la mise en place d’obstacles pour bloquer les alternatives à ce système.

    Tout le monde ici aura reconnu ces trois éléments qui sont la base des monopoles, des rentes, de la lourdeur de l’État par la multiplications de lois et d’administrations, etc…
    Tout ce qui va à l’encontre d’un marché libre et de la liberté des citoyens.
    Malgré ce qu’essaie de démontrer l’auteur, il ne me semble pas que la liberté soit conservée par ce concept.

    Je ne vois dès lors pas comment peuvent s’assembler paternalisme et libertarianisme.

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