Numérique : 7 clefs sur l’avenir de l’homme

L’homme à venir sera le fruit de la révolution numérique. Quelle sera sa capacité à construire sa liberté et son bonheur dans un monde réinventé par des plateformes technologiques ultra-puissantes, Google et Facebook en tête ?

Par Farid Gueham.
Un article de Trop Libre

Les plateformes digitales ont bouleversé notre capacité à communiquer, à consommer l’information en temps réel, à satisfaire nos besoins et nos désirs, jusqu’à nous affranchir des frontières spatiales et temporelles, « avec les objets connectés, c’est l’être humain lui-même qui s’apprête à changer radicalement ». 

De nouvelles interfaces donnent accès au savoir et à l’information, tout en engendrant un nouveau langage, une nouvelle manière dont l’humain perçoit le monde. Pour Pierre Calmard, auteur de l’« homme à venir », la première clé de la transformation numérique est la communication nécessaire à la vie.

Inégalités à l’ère digitale

Des inégalités seront transposables à l’ère digitale : « les plateformes digitales permettront ainsi d’informer rapidement et en profondeur ceux qui comprennent la technologie, ou a minima savent l’utiliser. Elles mettent à disposition, à portée de clics, les découvertes, les innovations, les traitements curatifs, les informations clés pour anticiper l’évolution du monde, tout ce qui permettra aux élus du savoir de devancer inexorablement leurs congénères moins éduqués ». La technologie numérique décuple le pouvoir, la matière numérique fait de l’homme un créateur de mondes.

Nous sommes les consommateurs d’un niveau et d’une densité d’information inédits dans l’histoire. Les marques, les institutions et dans certains cas, les individus, existent essentiellement à travers la mise en place d’une stratégie de communication.

Et les médias, depuis leur origine, n’ont assuré leur existence qu’à travers trois sources de revenus : les citoyens, les gouvernements et les recettes publicitaires.

Évolution des médias

Mais les frontières qui structurent le monde des médias ne sont pas figées, et la publicité est aujourd’hui intégrée dans des contenus hybrides et ludiques, ceux des youtubers, des bloggers « l’inaptitude au changement constitue sans doute la raison essentielle de l’effritement du modèle actuel des médias. Se réformer est extrêmement complexe ; c’est une question de culture d ‘entreprise. Comment rester agile et inventif quand la méthode que l’on applique fonctionne depuis longtemps ? ». 

L’industrie des médias n’épouse pas assez rapidement les changements du monde monde tel qu’il se dessine aujourd’hui.

Les clés sur la liberté comme horizon.

Corollaire de cette accélération dans notre communication, la fin de l’anonymat : pour Pierre Calmard, la liberté est en danger et les plateformes digitales disposent de moyens toujours plus sophistiqués pour suivre à la trace les individus connectés.

Les promesses de la révolution digitale ont tendance à éclipser l’impératif de liberté comme une revendication, un apprentissage et un combat pour le citoyen. « Plus que jamais, une révolte de l’être est nécessaire pour qu’il puisse affronter son avenir. Une révolte individuelle positive : une révolution pour permettre l’avènement d’un homme à venir plus libre que son ancêtre humain ». 

Et si la recherche de la liberté allait de pair avec un retour à l’essence de l’homme ? C’est en quelque sorte le message du festival Burning Man, un retour aux sources d’une humanité profonde, tangible, faite d ‘expérience concrète du corps sensible.

Le bonheur ici et maintenant.

L’homme à venir ne sera pas une immaculée conception mais une pure construction, un « golem », pétri des legs de la condition humaine post-numérique« Les plateformes numériques structurent le monde post-digital. Un paysage hybride, mêlant le biologique et la technologie, la matière naturelle et la « méta-matière » recalculée. Un paysage dans lequel le temps et l’espace seront déformés, dans lequel évolueront des hyper-individualités dotées de consciences d’un degré supérieur à l’homme », précise Pierre Calmard.

Plus qu’une révolution, et si l’homme écrivait, sans même le savoir, sa « réévolution », son combat personnel contre l’obscurantisme et pour l’adaptation qui ne trouvera d’issue que dans deux scénarios possibles : la mutation biotechnologique, ou la fin de l’espèce ?

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