Endettement des banques : c’est vous qui devrez les sauver !

L’Union européenne voudrait légiférer sur le gel des dépôts bancaires. C’est vous qui paierez la prochaine crise.

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Stethoscope and piggy bank by 401(K) 2012(CC BY-SA 2.0)

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Endettement des banques : c’est vous qui devrez les sauver !

Publié le 18 septembre 2017
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Par Simone Wapler.

Je vous parlais précédemment du gel des dépôts bancaires. La Communauté européenne voudrait mettre en place une loi spoliatrice afin de protéger les privilégiés du système actuel, les détenteurs d’une licence bancaire.

Avoir une licence bancaire permet à certains de prêter de l’argent qui n’existe pas encore et de réclamer des intérêts. Les « risques », c’est-à-dire la perte des fonds propres des actionnaires, sont couverts par une banque centrale et/ou des gouvernements qui détiennent le pouvoir de pressurer des contribuables.

Les profits (l’encaissement des intérêts) sont pour les banquiers.

Ce système profite en premier lieu aux financiers mais aussi aux politiciens qui y trouvent un moyen de financement de leurs promesses électorales et leurs dépenses de redistribution. On ne mord pas la main qui vous nourrit et les banques prêtent volontiers aux gouvernements dépensiers.

Ce système est fondamentalement inflationniste car il multiplie la « monnaie », le crédit. Une partie des profits engrangés vient gonfler les fonds propres. Les prêts étant un multiple des fonds propres, le crédit se multiplie.

10 ans plus tard, encore plus de crédit et toujours plus subprimes

2008 était une crise de surendettement et de solvabilité. 10 ans plus tard, l’endettement a été encore multiplié et la solvabilité se dégrade (solvabilité que vous pourriez, dans un premier temps, assimiler à la croissance).

Voici quelques chiffres pour illustrer mes propos.

  • L’endettement mondial vient d’atteindre 217 000 milliards de dollars alors qu’il n’était que de 142 000 milliards de dollars il y a 10 ans.
  • Dans ces derniers 12 mois, la dette américaine a augmenté de 2 000 milliards de dollars.
  • Le shadow banking, la finance pratiquée par des établissements non bancaires, atteint 100 000 milliards de dollars alors qu’elle ne pesait en 2007 « que » 50 000 milliards de dollars.
  • La foi aveugle dans la doctrine keynésienne a permis de donner 5 000 milliards de dollars pour sauver les banques zombies et 40% du PIB mondial ont été injectés en plans de relance divers.
  • Dans le même temps, le Dow Jones a triplé depuis son point bas de 2009, l’indice Nasdaq a quadruplé.

En 10 ans, la croissance a-t-elle fait des flammes, les résultats des entreprises et les revenus des ménages se sont-ils envolés ?

Non.

Les revenus des ménages stagnent comme les salaires et les actions des entreprises se payent à des prix exorbitants en regard de leurs bénéfices. 3 $ ou 3 € de dette publique achètent misérablement 1 $ ou 1 € de PIB supplémentaire. En France, par exemple, la production manufacturière reste à un niveau 10% inférieur à celui qu’il était en 2007. Elle a baissé aussi en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni. Elle est quasi identique en Allemagne.

Sans croissance, comment rembourser les intérêts des prêts ?

Créances douteuses et déflation

En réalité, le stock de créances douteuses gonfle inexorablement tandis que les contribuables sont exsangues…

Le schéma est le suivant :

  • Les banques prêtent de l’argent qui n’existe pas encore.
  • Elles perçoivent des intérêts.
  • Les intérêts et les plus-values perçues sur les hausses des actifs résultant du crédit facile viennent gonfler les fonds propres.
  • Les banques peuvent donc prêter encore plus car leur licence bancaire leur permet de prêter de 10 à 30 fois leurs fonds propres.

Mais si des prêts ne sont pas honorés, que se passe-t-il ? C’est l’horrible (vous dit-on) déflation.

  • Le crédit ne gonfle plus, il diminue.
  • Il y a moins d’acheteurs potentiels pour une même chose.
  • Les prix surgonflés de l’immobilier, des actions et des obligations baissent.
  • Les banques affichent des pertes.
  • Les fonds propres sont amputés.
  • Les banques sont techniquement en faillite.

Créances douteuses -> pertes pour les banques -> danger pour le système -> pression fiscale ou spoliation à l’horizon pour vous car vous devez sauver ce système absurde qui vous ruine.

184 « kerviels » de créances douteuses dans les banques européennes

Quelques autres chiffres, cette fois sur les créances douteuses :

Les Echos du mardi 1er août citent une étude du cabinet comptable Deloitte et mentionnent 921 milliards d’euros pour la Zone euro. C’est 184 kerviels !

Les instances souhaitent que les banques se débarrassent de ce fardeau en les revendant sur le marché ou même en évoquant la constitution d’une bad bank européenne.

Les banques devraient sortir de leurs bilans 100 milliards d’euros cette année. Mais, selon Deloitte, elles sont très en retard. Normal, personne ne se bouscule pour reprendre le fardeau et tout le monde espère qu’il terminera dans un bilan de banque centrale.

Les conditions économiques sont tellement riantes que des banques espagnoles et italiennes ont à nouveau dû être nationalisées, sauvées, « rachetées ».

C’est vous qui devrez sauver les banques

Vous comprenez donc la nécessité de finaliser une législation qui permettra de prolonger encore la vie des banques zombies et de l’escroquerie du système monétaire actuel.

Interdiction du cash et gel possible des dépôts en cas de crise, tout sera alors en place pour vous faire payer la prochaine crise.

Bien entendu, les médias présentent ces législations (Sapin 2, gel des dépôts, bannissement du cash) sous des angles flatteurs.

Dans Capital :

Cette réflexion sur un potentiel gel des retraits ne part pas d’une mauvaise intention, au contraire. Il s’agit en effet d’éviter que des banques déjà en difficulté ne se retrouvent définitivement plombées par des retraits massifs, qu’elles ne seraient pas capables d’honorer.

Geler les retraits lorsqu’une banque est au bord du gouffre pourrait permettre d’éviter sa faillite. Si l’établissement venait à sombrer, les clients risqueraient alors bien pire, c’est-à-dire de perdre tous leurs dépôts au-delà de la garantie de 100 000 euros, rappelle Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, un think tank. Sans compter que cette fameuse garantie de 100 000 euros reste très hypothétique, comme nous l’avons déjà souligné…

Ce n’est pas une « mauvaise intention, au contraire » que de vouloir sauver les banques au détriment des déposants.

Capital, toujours :

Mais tous ne voient pas cette mesure d’un si bon œil. L’Association des marchés financiers européens (AFME), qui compte à son comité de direction des hauts responsables de nombreuses banques (BNP Paribas, Goldman Sachs, Credit Suisse…) a ainsi fait part dans un rapport publié en juin de ses craintes qu’un tel mécanisme ait l’effet inverse à celui espéré, en poussant les clients des banques à retirer leurs billes encore plus précocement.

La fuite des déposants, la grande angoisse… D’où la guerre contre le cash, les espèces.

Déposant bien enfermé = déposant bien ponctionné.

Cela dit, les autorités jouent avec le feu car les cryptomonnaies ont fait leur apparition. Étrangement, elles attirent de plus en plus de monde.

Pour plus d’informations de ce genre, c’est ici.

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  • Sans la possibilté de vider son compte, qui est d’ailleurs déjà assez compliqué, car les banques freinent des quatre fers, il est certain que les banques et les Etats viendront y piocher dedans comme à Chypre. A Chypre et en Grèce les déposants, voyant qu’on allait leur bloquer leur argent, sont allés le récupérer.
    Gel des comptes, suppression du cash, voilà un beau cadenas. Avec le prélèvement à la source, l’Etat et les banques ont les clés, et sont prioritaires.

  • Les banques ne font qu’emboiter le pas aux Etats, qui ont depuis longtemps décidé que c’est vous ou/et vos enfants qui devrez en sauver les finances, sans que nul ne proteste…

  • Déjà que les banques sont souvent nullissimes depuis toujours (Le Crédit Lyonnais, vous vous souvenez?) en plus elles sont de connivence « capitaliste » avec les politiques. La suppression du cash est le rêve totalitaire de tout gouvernant et tout banquier. Cela va arriver avec la complicité des frères Kouachi et consorts. Le révolte est inenvisageable dans nos sociétés sans colonne vertébrale. Reste l’or? Je ne sais plus…

  • Qu’ils viennent piger dans nos comptes. Ça va être un beau bordel juridique. Si mon paiement d’hypothèque ne passe pas parce qu’ils ont pigé dans mon compte, je n’aurai donc pas à être pénalisé. Idem pour les paiements d’auto ou autres paiements pré-programmés.

    • sans compter que si ton prêteur hypothécaire est ta banque et qu’elle vienne piger dans ton compte, elle risque de se pénaliser.

  • Le « kerviel » comme unité de mesure, il fallait oser.

  • dette publique de l’état 100%
    dette de l’ensemble des Banques 120 à 130%…
    a quand la prochaine crise ?????

  • Bonjour,
    Apparemment, personne n’a remarqué que les clients innocents DOIVENT payer les dégâts,
    Que les contribuables non concernés DOIVENT payer….
    Etc…..
    En fin de compte, LES SEULS qui n’ont RIEN A SUBIR, ce sont nos banquiers fous. Mais ils sont tellement modestes et pénétrés du sens du devoir dans l’épreuve, qu’il faut bien leur pardonner…..
    (((francesco schettino, le Costa « concordia », ça ne vous rappelle donc rien? et, d’ailleurs, ce n’est là, qu’une réplique identique de la Méduse et de son fameux radeau – exactement le même scenario, mêmes conséquences)))

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