La crise qui vient (et que personne ne voit)

De nombreux signaux nous laissent à penser qu’une crise est en train d’arriver et qu’elle sera violente, il faut donc adapter sa stratégie d’investissement en conséquence.

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La crise qui vient (et que personne ne voit)

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 14 septembre 2017
- A +

Par Eddie Willers.

J’ai pris le temps, il y a peu, de lire le mémo du 26 juillet dernier d’Howard Marks, fondateur de la société de gestion Oaktree Capital. Howard Marks publie régulièrement des notes dans lesquelles il détaille son sentiment vis-à-vis des marchés financiers. Ce dernier mémo a fait beaucoup de bruit car sa thèse est difficile à entendre.

De nombreux signaux nous laissent à penser qu’une crise est en train d’arriver et qu’elle sera violente, il faut donc adapter sa stratégie d’investissement en conséquence. Les signaux qu’analyse Howard Marks correspondent majoritairement à des changements de comportement des investisseurs.

Quelque chose cloche

Dans un contexte de rendements bas, ces derniers prennent toujours plus de risques, parfois totalement décorrélés des espérances réelles de gains. Tout le monde a conscience que quelque chose cloche, que les valorisations sont excessivement élevées.

La hype actuelle des crypto-monnaies est d’ailleurs pour moi le signe ultime que les investisseurs ont décidé de découpler espérance de gain et valeur intrinsèque d’un actif. Pour autant, tout le monde continue à investir en imaginant que les arbres poussent jusqu’au ciel.

Je partage de nombreux points de l’analyse d’Howard Marks, cependant en lisant ce mémo, je reste sur ma faim. Le fondateur d’Oaktree se contente de dire que l’économie fonctionne par cycles au cours desquels les investisseurs deviennent parfois trop optimistes et c’est à ce moment que s’opère la correction. Néanmoins il manque à mon sens une étape d’analyse : pourquoi est-ce que les investisseurs deviennent à un moment trop optimistes ?

Le rôle des banques centrales

À mon sens, la réponse est à chercher du côté de nos banques centrales. Depuis plus de 2 ans, la BCE a décidé de “napalmer” les marchés financiers avec ses euros fraîchement imprimés. Les taux d’intérêts négatifs qu’elle impose aux banques se retranscrivent dans d’importants niveaux de malinvestissement.

Le coût du financement étant artificiellement peu cher, des projets aux résultats moyens affichent tout à coup des espérances de rendement tout à fait acceptables. Le risque lié à l’endettement est abaissé. Bref, nos banques centrales ont décidé de passer un coup de peinture sur un mur couvert de salpêtre.

Au départ, tout le monde est heureux car le salon retrouve un peu de couleur, pour autant le problème n’est pas réglé. Pire, il n’est pas traité et risque d’occasionner des dégâts bien plus importants. Nous sommes aujourd’hui dans une phase où les investisseurs continuent de danser dans un beau salon et nient l’existence du problème.

Une crise du capitalisme ?

Le jour où la crise arrivera, on vous annoncera que c’est encore une crise du capitalisme. Que de toutes manières il ne fait que créer crise sur crise, misère et désolation. On occultera évidemment de vous faire part de la responsabilité immense des banques centrales dans cette crise. On vous proposera même de s’en remettre à elle pour nous sortir à nouveau de ce mauvais pas.

Elle vous proposeront alors de racheter tous les actifs pourris que les banques auront à leurs bilans (risque systémique oblige) à grands coups d’euros et de dollars nouvellement imprimés. Les épargnants qui auront déjà été durement secoués par la baisse de la valeur de leur portefeuille boursier seront rasés gratis grâce à une jolie inflation.

Bien que je reproche à Mark Howards de ne pas être allé plus loin dans son analyse, je partage ses conclusions. Dans les situations où le marché sur-valorise des actifs, il faut être encore plus exigeant sur la qualité de ces derniers.

Stratégie risquée

Parier sur la baisse d’un marché est pour moi la stratégie la plus risquée qu’il soit. Même si les valorisations actuelles sont dans l’ensemble très élevées, je n’ai aucune idée du moment où les autres investisseurs décideront de corriger leur position. Bien que je sois convaincu que les niveaux actuels sont stratosphériques, je ne suis pas un adepte des stratégies “Achetez” ou “Vendez-tout !”.

Olivier Delamarche dont je partage de très nombreuses analyses en a fait les frais sur la gestion de ses fonds Platinium. Il était convaincu que les indices étaient gonflés par l’action des banques centrales et que la bulle éclaterait. En attendant, la valeur des indices boursiers continue de grimper, se soldant par d’importantes pertes pour ses fonds.

En revanche, je suis convaincu qu’il faut savoir investir avec une “marge de sécurité” suffisante qui peut se traduire par différentes approches selon tout un chacun. Je vous laisserai faire vos recherches sur ce point.

In fine, oui une crise arrive, oui elle est de la responsabilité des banquiers centraux et oui elle risque d’être difficile. Il conviendra alors de corriger les erreurs qui ont été faites en 2009 et de laisser le marché revenir à des niveaux de valorisation cohérents. En somme, être capitalistes à défaut de l’avoir été auparavant.

Si cela vous intéresse, ci-dessous le mémo d’Howard Marks :

https://www.oaktreecapital.com/docs/default-source/memos/there-they-go-again-again.pdf?sfvrsn=6

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  • Intéressant article. le comportement des banques centrales est en effet effarant mais il vise essentiellement à financer la bulle étatique de beaucoup de pays (France, USA, Chine…) et son corollaire, l’endettement faramineux. A force de payer des emplois fictifs de fonctionnaires et des prestation sociales abusives (clientélisme systémique), on va créer une le Grand Soir de l’étatisme, dont nous autres libéraux productifs paieront la facture financière et morale, comme d’habitude. N’oublions jamais que la crise des subprimes de 2008 trouve sa cause essentielle sinon exclusive dans les folies de deux institutions étatiques américaines (Fannie Mae et Freddie Mac pour les intimes)… Si on a les reins solides c’est le moment de jouer « le Big Short » et de parier sur l’effondrement des marchés…

    • La bonne blague. Mais les marchés n’ont pas eu besoin d’état pour accorder des prêts à des contribuables non solvables. Par contre ils on eu besoin d’état pour les renflouer, sans quoi, petit homo libéral productif que vous êtes, vous auriez été complètement plumé de vos rentes.

      • @ Tigrou666
        Oui, mais il n’y aura pas de bis du renflouage des banques par les états: c’est prévu! Les banques commerciales seront autorisées à se servir sur les dépôts des clients, avec une limite de 100 000€ garantis, par personne, tous comptes confondus! (Est-il besoin de dire que les fonds provisionnés pour garantir cette somme de 100 000 €, seront insuffisants?)

        Il est donc déraisonnable de laisser de l’argent à la banque, sauf le strict minimum nécessaire.

        L’article décrit bien plus des conséquences prévisibles que la « révélation » d’une prochaine « crise inattendue ». Il faut être innocent de penser qu’on peut emprunter avec un taux 0 voire négatif ou imprimer des billets en rachetant des « valeurs peu garanties »! Bien sûr qu’il faudra bien payer l’addition, au moins par de l’inflation!

        Donc oui, il est possible d’en profiter en acquérant des « put’s » (options de vente) et, mais c’est plus risqué, des call’s (options d’achat) pour des valeurs « sûres », au plus bas. C’est bien sûr réservé aux grands habitués de la bourse, très bien informés (et je ne suis pas de ceux-là).

        Pour les autres, il vaut mieux acheter des biens concrets et durables qui garderont leur valeur ou la verront augmenter (avec l’inflation).

      • Amusant propos, je n’ai jamais bénéficié de rentes, mais en revanche j’ai bien constaté la fermeture du robinet des facilités de caisse de mon entreprise par banques (alors que mon risque-entreprise et mes bilans se sont en fait améliorés)… Les banquent continuent à boursicoter avec le « stock de risque » qu’elles peuvent encore utiliser , c’est tout ce qu’elle savent faire (ou pas!).

      • Un peu faux ce que vous dites. En fait, les lois imposaient aux banques de prêter de l’argent à des gens insolvables si elles voulaient aussi participer aux appels d’offres publics dans la construction, comme par exemple le Community Reinvestment Act (CRA) ou « Loi de financement communautaire » loi américaine portant sur les relations entre banques ou autres grands organismes financiers de dépôts et communautés de minorités visibles. Votée en 1977 sous Jimmy Carter, elle a été modifiée et élargie en 1997 sous le gouvernement de Bill Clinton. Citons aussi le US Department of Housing and Urban Development, HUD, un truc public donc, qui avait pour objectif de promouvoir la propriété immobilière notamment pour les ménages les plus pauvres. En 1992, afin de lui donner un levier d’action, il fut décidé que le HUD serait l’organisme de tutelle de Freddie Mac et Fannie Mae. La mesure entra en vigueur en 1993, à l’arrivée de Bill Clinton… D’autre part, il n’y a pas eu à proprement parler de bulle immobilière aux USA, mais plutôt dans certains états des USA. Le Texas, par exemple, n’a connu ni bulle ni crise.

      • Un peu faux ce que vous dites, Tigrou. En fait, les lois imposaient aux banques de prêter de l’argent à des gens insolvables si elles voulaient aussi participer aux appels d’offres publics dans la construction, comme par exemple le Community Reinvestment Act (CRA) ou « Loi de financement communautaire » loi américaine portant sur les relations entre banques ou autres grands organismes financiers de dépôts et communautés de minorités visibles. Votée en 1977 sous Jimmy Carter, elle a été modifiée et élargie en 1997 sous le gouvernement de Bill Clinton. Citons aussi le US Department of Housing and Urban Development, HUD, un truc public donc, qui avait pour objectif de promouvoir la propriété immobilière notamment pour les ménages les plus pauvres. En 1992, afin de lui donner un levier d’action, il fut décidé que le HUD serait l’organisme de tutelle de Freddie Mac et Fannie Mae. La mesure entra en vigueur en 1993, à l’arrivée de Bill Clinton… D’autre part, il n’y a pas eu à proprement parler de bulle immobilière aux USA, mais plutôt dans certains états des USA. Le Texas, par exemple, n’a connu ni bulle ni crise.

        Quant aux « marchés » qui auraient été renfloués par les états,il fallait surtout sauver les miches de tout ce petit monde de copinages et de connivences, de FMac et FMae jusqu’aux banques des copains d’école. Bref, du bon vieux « capitalisme de connivence », qu’on devrait plutôt appeler le clientélisme socialiste, tant il est peu capitaliste.

  • Bon article mais je décèle une petite contradiction : si la crise se présente telle que vous la décrivez, quelle va être selon vous l’impact sur le cryptomonnaies ? Pas difficile de deviner…
    Je pense que le bitcoin a au moins autant, si ce n’est plus, de « valeur intrinsèque » que l’euro qui ne cesse d’être manipulé. En tout cas on constate que depuis sa création il n’a cessé de prendre de la valeur. Je pense que dans 20 ans il sera toujours là; quant à l’euro, qui vivra verra…

  • Pas d’implosion des marchés, mais implosion de l’Euro, ce qui fait que les avoirs en actions seront un peu secoués, mais probablement moins que ceux qui détiennent de l’Euro cash. Les entreprises saines verront leur cours remonter après le plongeon.

    • @ MichelC
      Rien n’est moins sûr! C’est bien la bourse qui surchauffe (une action est plus concrète que du papier monnaie adossé sur la seule « confiance »). L’€ n’a fait que suivre le $, avec un retard, et le yuan ou renminbi a suivi. (Ils se sont sans doute entendus). Donc non les actions ne sont pas à l’abri: du concret, le papier-monnaie est évidemment plus risqué,sauf celui de certains pays, quoique! Vous connaissez les entreprises qui se relèveront assez vite et celles qui resteront sur le carreau?

  • ce qui est amusant c’est que tout cela n’empêche pas le monde de tourner, aucun bien et service ne manque, qu’il y ait de l’argent ou pas qu’il y ait des dettes ou pas.
    A part d’avoir le monde réel en otage et le sucer, à quoi sert ce parasitisme financier.
    .
    Il n’aide plus l’économie réelle, ça se saurait.
    .
    A quand une fiance saine et durable ?

  • A quand réduire les dépenses publique..
    par contre taxés. ..là, pas de problème.. .

  • Je ne comprends pas bien : « …les indices (boursiers) atteignent des niveaux « stratosphériques »…. Le CAC 40 est actuellement aux environs de 5200 points. Avant la crise de 2008, ne dépassait-il pas les 7000 points ?

  • « Néanmoins il manque à mon sens une étape d’analyse : pourquoi est-ce que les investisseurs deviennent à un moment trop optimistes ? »

    Banque centrale
    Responsabilité limitée
    Taxe du capital et subvention des dettes

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