Comment donner aux jeunes le goût de l’entreprise

Un entretien avec Nicolas Lecaussin, directeur de l’Iref, créateur d’Entrepreneur Junior et auteur de « Jean Martin et la machine à pain » aux éditions Libréchange.

Nicolas Lecaussin, vous êtes le créateur de Entrepreneur Junior : quelle est son ambition ? Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de vous adresser aux plus jeunes pour parler de l’esprit d’entreprise ?

Il existe déjà des thinks tanks efficaces et des blogs libéraux mais rien pour les plus jeunes. En m’inspirant de ce qui a été fait aux États-Unis, j’ai créé cette association avec l’objectif de compenser les défauts de notre système éducatif. Lorsque vous avez une école dominée par les gauchistes et impossible à réformer car phagocytée par les syndicats, je me suis dit qu’il faudrait agir autrement. Faire de la pédagogie entrepreneuriale de manière ludique c’est une manière d’habituer les enfants au monde de l’entreprise, de leur faire comprendre qu’il existe aussi un autre monde que celui de l’État et de leur inculquer l’envie d’entreprendre.

Vous venez d’écrire et de publier Jean Martin et la machine à pain aux éditions Libréchange, qui raconte les péripéties du héros confronté à des difficultés que tous les entrepreneurs français connaissent bien : les raconter sous forme d’histoire aux enfants, c’est aussi une manière de leur faire prendre conscience de la situation du pays ?

Lors des dernières élections présidentielles, plus de 50 % des jeunes ont voté pour Mélenchon et Marine Le Pen. C’est extrêmement inquiétant et cela montre qu’ils préfèrent l’interventionnisme d’État et le protectionnisme à la libre entreprise. Mais ce n’est pas étonnant quand on regarde ce qu’ils apprennent à l’école : c’est l’État qui crée le bonheur et c’est l’entreprise qui opprime ! Il faut remédier à cela en essayant de changer les esprits dès le plus jeune âge. D’où le rôle d’Entrepreneur Junior et de cette première publication.

Jean Martin et la machine à pain n’est pas seulement un livre engagé, il est richement illustré et écrit sous forme poétique. L’art, la poésie, la culture populaire sont-ils trop négligés par les libéraux pour toucher leur public ?

Je pense effectivement qu’il faudrait répandre les idées de liberté par tous les moyens. Car le grand avantage dont profitent nos ennemis, les étatistes, c’est qu’ils ont pour eux une grande partie des médias et de l’école. Faire de la « propagande » libérale par tous les moyens – art, livres pour enfants et ados, films, etc.. – et profiter de l’internet pour gagner la bataille des idées. J’espère que ce petit livre n’est que le premier d’une série consacrée au libéralisme, au communisme, à l’État, à Bastiat… expliqués aux enfants et aux ados. Avec l’espoir qu’un jour, ils seront décidés à faire les réformes libérales dont la France a besoin.

Nicolas Lecaussin, Jean Martin et la machine à pain, éditions Libréchange, 2017.