Bora Bora dream, d’Émilie Boré et Daniel Abimi

Ils se sont connus dans un fitness, le California. Tous deux sont des Narcisse. Tous deux ont un rêve.

Par Francis Richard

Ils se sont connus dans un fitness, le California.

Tous deux sont des Narcisse.

Elle : « Devant le grand miroir sans charme à côté des toilettes, elle se livre à une dernière inspection. Pieds en dedans, lycra scintillant, queue de cheval serrée, bien haute. Un peu de blush, un peu de gloss – le n°7, Rose des sables, qui lui donne un air angélique. »

Lui : « Il s’est déshabillé. Son rituel. Tout nu, devant le miroir, il se pèse: 79 kilos pour 1,86 mètre. La ligne de ses muscles est fine, nerveuse. Il se regarde, cherche le défaut. Au bout d’un moment, il enfile son T-shirt. A chaque inspiration, il le sent adhérer à sa peau. Il se sent grandir. »

Si ces deux corps s’unissent, ils formeront un beau couple, assurément, la belle qui se pavane et qu’une goutte de Dior J’adore habille, et la bête qui bombe le torse et dont l’indice de masse corporelle est dans la cible.

Tous deux ont un dream.

Lui, c’est une île, Bora Bora, représentée sur une carte postale : « une longue bande de sable, l’océan transparent, le ciel bleu et, en médaillon, une tortue des mers. »

Elle, « c’est un mari avec une plastique de rêve, le père de son enfant, de son fils – ce sera forcément un garçon… Junior. »

Mais les rêves ne sont-ils pas différents des promesses, puisqu’ils n’engagent que ceux qui les font et puisque la vraie vie se charge de les dissiper, ne laissant aux rêveurs que des vestiges bien réels qui les leur rappellent?

Bora Bora dream, Émilie Boré et Daniel Abimi, 64 pages BSN Press

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