Mémoire des cellules, de Marc Agron

L’histoire d’une relation ambiguë sur fond d’art et d’expositions.

Par Francis Richard.

Le pavillon représentant l’oeuvre de R. à la Biennale, retenait entre ses murs 200 000 litres d’eau. Un bassin vert pâle, style piscine olympique d’eau stagnante nauséabonde accueillait les visiteurs pantois.

Cette oeuvre est intitulée L’autonomie croissante des humains sur leur corps et l’immortalité du numérique. Il y a de quoi rester pantois, même lorsque, comme Maximilien, on écrit des textes sous pseudo pour un journal d’art.

Seul dans la vie

Maximilien est seul dans la vie. Alma est repartie. Alors l’écriture, tout juste alimentaire, lui convient très bien : c’est la seule activité qu’il pouvait accomplir en solitaire, où l’inexactitude n’était pas immédiatement jugée et sanctionnée.

Son journal l’a envoyé à la Biennale parce que tous les autres journalistes étaient occupés par des affaires autrement plus sérieuses que l’art à Venise… Le fait est qu’il est effondré qu’une telle installation représente son pays…

De retour ici, il entreprend des recherches sur R., la soi-disant artiste, avec l’envie de commettre des actes radicaux (à l’explosif…) contre ses œuvres, ce qui ne lui ressemble guère, car il est d’un naturel plutôt timide et sans éclat.

Une femme sous un autre jour

Une exposition des œuvres de ladite R. a lieu dans la ville voisine. Il se rend au vernissage et fait sa connaissance : il lui obéit quand elle lui demande de la raccompagner et découvre qu’elle n’est pas celle qu’il imaginait :

Comment cette femme arrogante, vindicative, mondaine, artiste capable des pires atrocités dans le domaine de l’art contemporain pouvait être aussi cet être fragile et raffiné ?

Au lieu d’interroger Pamela (le prénom de R.) sur son art, de visiter son atelier et de rassembler des éléments pour composer son article, mal à l’aise, prétextant un mal de tête, Maximilien préfère quitter des lieux qui lui donnent le tournis.

Contre les criminels de l’art

Ce départ précipité étonne Pamela, sans doute la déçoit : elle pensait que Maximilien s’intéressait à elle… Elle lui envoie donc un message explicite auquel il ne répond pas. Et pour cause, son téléphone n’a plus de batterie…

Maximilien n’a plus de nouvelles de Pamela : il sait qu’elle est partie pour Tokyo et qu’au retour elle rendra visite à Rome, à son oncle, le cardinal. Il a alors la velléité d’entrer en résistance contre les criminels de l’art, telle que R.

A l’évidence il y a des atomes crochus entre Maximilien et Pamela. Mais le lecteur ne peut imaginer qu’il y ait autre chose, ce que Marc Agron, dans ce livre un peu vache, mais finalement tendre, appelle la Mémoire des cellules

Marc Agron, Mémoire des cellules, L’âge d’homme, 128 pages. Disponible le 9 novembre prochain.

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