Le mémo Google : des vérités qui dérangent

Google Logo in Building43 By: Robert Scoble - CC BY 2.0

Les questions posées par l’ancien salarié de Google sur la sous-représentation des femmes dans la tech sont légitimes. En voici un résumé.

Par la rédaction de Contrepoints.

En juillet dernier James Damore, employé à Google, a fait circuler en interne un mémo d’une dizaine de pages. Une fuite d’information a par la suite rendu le document disponible au public, déclenchant un torrent d’indignation puis le renvoi de l’auteur. Que peut bien contenir ce mémo pour justifier de telles réactions ? Pour le savoir la meilleure solution est encore de le lire, le texte est court et très clair. Pour les pressés et les allergiques à l’anglais, voici un résumé des principaux points qu’il développe.

Mémo Google : des vérités qui dérangent

Google a un biais de gauche. Un tel biais n’est pas grave en soi tant qu’il est contrebalancé par une pluralité d’idées, mais à Google de telles remises en cause sont étouffées par une hégémonie idéologique. Cela cause une généralisation d’attitudes néfastes telles que le fait de considérer que toute différence de résultat, par exemple une faible proportion de femmes dans certaines professions, est forcément due à une injustice qu’il faut combattre.

Or on peut expliquer de telles différences sans imaginer un complot sexiste. D’après le modèle des Big Five (qui est l’un des mieux établis en psychologie de la personnalité), les femmes ont en moyenne : (1) Un plus haut score d’Ouverture et d’Extraversion qui explique leur tendance à préférer les domaines sociaux et artistiques plutôt que techniques. (2) Un plus haut score d’Agréabilité et de Névrotisme qui les rend plus réticentes à s’imposer et moins tolérantes aux milieux professionnels très compétitifs.

Ces différences n’ont qu’un impact sur les statistiques globales et ne sont d’aucune utilité pour juger le caractère d’une femme en particulier. Elles sont consistantes partout dans le monde, ce qui élimine une explication purement culturelle. Au contraire elles sont plus importantes dans les pays plus développés où chacun est encouragé à mener sa vie selon ses choix.

Un autre facteur fondamental est la recherche de statut, qui est la principale mesure selon laquelle les hommes sont jugés par les femmes en tant que partenaires potentiels. C’est pourquoi ils sont plus susceptibles de se retrouver dans une profession mieux payée mais stressante, voire dangereuse.

Une fois établie la vraie raison pour laquelle les femmes tendent à éviter certains domaines, on peut essayer de rendre ces domaines plus attractifs pour elles (par exemple en multipliant les projets coopératifs à Google), en gardant à l’esprit toutefois que ces aménagement ne peuvent avoir qu’un impact limité (un programmeur passera toujours la majorité de son temps seul devant un écran) et qu’ils ne doivent pas aller jusqu’à nuire à l’environnement professionnel pour des raisons idéologiques (par exemple en supprimant toute compétition).

Au lieu de cela, Google s’acharne à combattre d’inexistants biais sexistes à l’aide de pratiques discriminatoires (« programmes de sensibilisation » obligatoires pour les hommes, discrimination positive et quotas, chasse aux « micro-agressions »…) et à faire taire par tous les moyens toute opinion divergente de la doxa gauchiste selon laquelle tout est culturel. Le dernier exemple en date de cet autoritarisme politiquement correct étant, bien entendu, le renvoi de Damore pour avoir osé soulever ces problèmes.

Une telle réponse à des questions qu’il est légitime de poser pose de graves questions sur la réalité de la promotion d’idées diverses chez Google.