Hommage à Liu Xiaobo, un vrai héros

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Liu Xiaobo, capture d'écran France 24.

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Hommage à Liu Xiaobo, un vrai héros

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 16 juillet 2017
- A +

Par Philippe Bilger.

Nuit de Chine.

Tous ces mots qu’on utilise, sans savoir, dans les pays où l’on ne risque rien.

Dissidence, opposition, contestation, censure, étouffement, dictature, police de la pensée, résistance, courage.

Tous ces mots qui servent à nous faire croire, dans nos démocraties imparfaites mais si rassurantes, que nous sommes des combattants, des militants, que notre quotidienneté est menacée et que nous sommes quasiment des héros en défilant, en manifestant et en protestant.

Tous ces mots qui viennent apposer leur sceau usurpé, en face de pouvoirs complaisants, sur une réalité acceptable quand la terreur, la vraie, est ailleurs et que le martyr, en l’occurrence, est mort en Chine.

Et que l’universel, les droits qu’il incarnait sont en deuil.

Liu Xiaobo
Remise du prix Nobel 2010 a Liu Xiaobo interdit de cérémonie by kunshou(CC BY-SA 2.0)

Liu Xiaobo, le plus célèbre dissident chinois, prix Nobel de la paix, est mort sous bonne garde, après huit ans d’incarcération, atteint d’un cancer du foie, après que ses demandes de transfert à l’étranger ont été refusées (Le Figaro).

Un authentique héros, lui.

Enseignant à l’Université Columbia à New York, à la veille de Tian’anmen Liu Xiaobo revient d’urgence pour participer au mouvement démocratique. Il aidera des étudiants à échapper à la répression. Prison de haute sécurité de Qincheng. Comme il ne respecte pas l’amnésie d’État qui interdit de parler des « événements du 4 juin 1989 », trois ans dans un camp de travail.

Près de vingt-huit ans plus tard, la dictature chinoise n’a rien oublié. Pour son cancer détecté au mois de mai 2017, hors de question qu’il soit soigné à l’étranger. Il mourra en Chine.

Liu Xiaobo est mort.

Pour ce mort très vivant, le coeur innombrable qui, au-delà des frontières et des partis, s’attache à la patrie de l’humain, de la liberté et de la dignité, est en souffrance, en deuil.

C’était déjà Liu Xiaobo qui affirmait en 1988 :

Choisir l’occidentalisation, c’est choisir d’être humain.

Articles et poèmes, « des phrases belles et fluides, des écrits bien équilibrés ».

Pour la liberté politique.

Résistance, courage, démocratie, vérité, justice.

Ces mots magnifiques dévoyés à force d’être banalisés dans nos Républiques, si magnifiquement sublimés et portés par ce mort très vivant.

L’universel est en deuil.

Sur le web

Voir les commentaires (11)

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Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • Maître Bilger, chacun choisit ses héros. Ensuite, les grands mots n’ont pas à être opposés aux faits, notamment pour cause de stratégie politique hypocrite. Ce que font régulièrement les hérauts de pays dont la politique repose sur la subordination économique. La doctrine morale est d’une toute autre nature.
    Alors, les grands mots doivent accompagner les faits, qui sont le reflet des réalités, et non les subvertir, sous peine de perdre toute leur substance.
    Ainsi, vous n’avez pas à dissocier les manifestants de démocraties imparfaites des manifestants de démocraties populaires, car il n’y a aucune différence de nature, mais seulement d’échelle. Quand à leurs objectifs, ils sont ce que les temps leurs présentent. Ce qui les rend, au fond, si semblables.
    Alors, une présentation sincère tient compte des avis divergents, puissent-ils être émis par quelque autorité que ce soit. Ce sont les faits qui trancheront ce qui doit en être retenu. Car la vérité ne se recoupe pas. Seule l’inexactitude est identifiable comme telle, condamnable comme telle, même dans la nuance.
    C’est d’autant plus à respecter dans les temps et les lieux où battre sa coulpe et culpabiliser tient lieu de morale, voire de raison d’État pour ceux qu’il guide. C’est pourtant ainsi que la démocratie s’égare.

    • Vos propos communistes sont une honte! En Chine les dissidents meurent pour la liberté ! En France les CGTistes ont constitué une mafia, financée par les contribuables. Quant à la sujétion économique c’est du bidon. Vous êtes libre de démissionner si les conditions de travail ne vous plaisent pas, et vous signez un contrat qui lie l’employeur et l’employé.

      • Je soutiens que les manifestants de toutes régions ou régimes se valent bien, quoique les risques assumés divergent assurément. Ce sont pour vous des  »propos communistes » ! ?
        Sinon, le cancer du foie est aussi contre la démocratie ?

  • דוב קרבי dov kravi
    16 juillet 2017 at 11 h 18 min

    Les postures des révolutionnaires en peau de lapin, antifas en leur miroir et autres insoumis de la gueule sont émétiques.

  • Hugo von Graffenberg
    16 juillet 2017 at 14 h 37 min

    Bonjour,

    Pourquoi ne pas lancer une grande campagne internationale de signature de la CHARTE 08?

  • Était-il sérieux lorsqu’il écrivit « choisir l’occidentalisation, c’est choisir d’être humain » ? Ou bien força-t-il un peu trop sur le mei kuei lu chiew au moment d’écrire ces sottises ?

    • Je pense que cette phrase est une réponse à la doxa officielle du Parti communiste Chinois qui veut que la démocratie libérale que l’on connaît grosso modo en occident n’est pas applicable à la Chine, et que les partisans de cette démocratie libérale trahissent donc la culture chinoise. La déclaration de Liu Xiabao s’oppose frontalement à cet argument largement biaisé. Je ne crois pas qu’il faille y voir une volonté de se débarrasser de la culture chinoise et de la remplacer par la nôtre – la « révolution culturelle » n’est pas de son côté, vous le savez sûrement.

      • La « démocratie libérale que l’on connaît grosso modo en occident » ? Quelle démocratie libérale ? Où ça ?

    • @ Modern Coding
      Si vous ne comprenez pas évitez de vous ridiculiser en le faisant remarquer.
      Quand il évoque l’occidentalisation il parle d’un état d’esprit libre de sujétion, opposé à la mentalité asiatique oppressante où l’individu n’existe pas. C’est la famille et la société qui ont une primauté absolu sur l’individu.
      Bref ce qu’il désire c’est la liberté qui est la notre!

      • C’est vrai que respecter la famille et la société, c’est une atteinte à la liberté ! Ce que vous pouvez être lourd, avec votre doxa et vos œillères …

        • Merci Gosseyn de rétablir une évidence que n’importe quel gamin de dix sait comprendre.

          À la lecture des propos de Virgile, on se demande si ce n’est pas lui qui devrait éviter de se ridiculiser en se faisant remarquer par les idioties qu’il écrit !

          Surtout quand il parle de la « liberté qui est la n[ô]tre » :

          – il est vrai que nous jouissons d’une liberté infinie d’expression, surtout avec la loi Gayssot sous le coup de laquelle de plus en plus de Français tombent, forçant ces derniers à fuir à l’étranger

          – il est vrai que nous jouissons d’une liberté infinie d’entreprendre, surtout avec une fiscalité et une bureaucratie écrasantes

          Il nous parle d’un « état d’esprit libre de sujétion » ? Mais oui, bien sûr ! Avec une « élite » qui nous dit quoi penser, quoi manger ou quoi vêtir en criant gare à celui ou celle qui s’écarte du « droit » chemin.

          Par ailleurs, il ne doit pas connaître l’Asie – mis à part les quelques clichés véhiculés par la télévision – pour parler d’une « mentalité asiatique oppressante où l’individu n’existe pas ». J’habite en Asie et je peux vous dire que globalement, les Asiatiques sont beaucoup plus libres qu’on ne le croit, plus libres que les Européens.

          Quant à la « famille et la société qui ont une primauté absolu[e] sur l’individu », il est vrai qu’en Occident, il n’existe aucune société ayant primauté absolue sur l’individu et que le nombre de familles ayant primauté absolue sur l’individu est de zéro.

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