Sondage législatives : les Français plébiscitent la proportionnelle

Les élections législatives révèlent, à la lumière des événements des derniers mois, toute la complexité des enjeux politiques français.

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Sondage législatives : les Français plébiscitent la proportionnelle

Publié le 15 juin 2017
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Par la Rédaction de Contrepoints

Un sondage BVA pour l’Obs des 13 et 14 juin 20171 s’intéresse à quelques unes des questions politiques qui animent l’entre-deux tours des élections législatives 2017.

Législatives : la proportionnelle plébiscitée

Dans les sujets politiques récurrents, il est bien plus souvent question de proposer « une dose de proportionnelle » aux élections législatives qu’il n’est question de réellement l’instaurer. Le problème est d’actualité puisque le système politique français est en train de générer un écart considérable entre les rapports de force constatés au premier tour de l’élection présidentielle comme des élections législatives d’une part, et les projections de composition de l’Assemblée Nationale d’autre part.

Projection du résultat du second tour des législatives et comparaison avec les rapports de force du premier tour et de la présidentielle 2017.
Projection du résultat du second tour des législatives et comparaison avec les rapports de force du premier tour et de la présidentielle 2017.

La France Insoumise et le Front National semblent particulièrement lésés par le système de représentativité. Pour autant, il faut noter qu’une faible participation n’est pas sans impact, étant données les règles de qualification pour le second tour qui prennent en compte le pourcentage d’inscrits et non d’exprimés. La barre pour la qualification au second tour était donc particulièrement haute en 2017, empêchant certains candidats de provoquer des triangulaires, bien plus favorables aux outsiders. Les 71% de Français qui se disent plutôt favorables au scrutin proportionnel sont-ils conscients de cette prise en compte implicite de la participation ? Ce n’est pas certain si l’on en juge à la très forte abstention… En tout cas, l’option proportionnelle rencontre un franc succès chez les électeurs des extrêmes, moins bien représentés.

Opinions sur la mise en place d'un scrutin proportionnel pour les élections législatives.
Opinions sur la mise en place d’un scrutin proportionnel pour les élections législatives.

Cet écart entre les résultats du scrutin, marqué par l’abstention, et les enquêtes d’opinion, de forte participation, se retrouve dans la part des Français qui pensent que l’obtention d’une majorité absolue pour LREM serait une mauvaise chose : ils sont 54% alors que c’est cette étiquette qui est arrivée largement en tête…

La déroute du Parti Socialiste

Le Parti Socialiste n’est, conséquemment à son délitement, plus du tout perçu comme une opposition réelle et efficace à la majorité présidentielle qui se dessine. La France Insoumise est perçue comme telle par 42% des Français, suivie des Républicains (32%) et du Front National (18%). Le Parti Socialiste ne recueille que 4%.

Crédibilité de l'opposition des différents partis suite aux élections législatives.
Crédibilité de l’opposition des différents partis suite aux élections législatives.

91% des Français pensent par ailleurs que le Parti Socialiste traverse une crise profonde mais ils ne sont que 45% à penser qu’il faut qu’il change de nom.

La vie politique en trompe-l’œil

Le fonctionnement de la vie politique française est, ces derniers mois, bien plus facile à analyser qu’à prévoir. Il faut dire que beaucoup d’éléments camouflent les faits.

Premièrement, les fortes personnalités des candidats de l’élection présidentielle donnent une prime aux partis qu’ils représentent et l’on ne retrouve pas cette prime lorsqu’il s’agit d’envoyer quelques centaines de candidats dans les circonscriptions. La seule prime qui reste valable est celle conférée au Président élu, les Français n’étant définitivement pas convaincus par la perspective d’une cohabitation dès le début du mandat.

Deuxièmement, l’abstention, inédite pour des élections législatives, amplifie le problème souvent évoqué de la représentativité de l’Assemblée Nationale. Il apparaît alors qu’une dose de proportionnelle, dont l’effet ne révolutionnerait la plupart du temps pas le visage de l’Assemblée de dimanche soir, n’est pas nécessairement le seul levier pour améliorer cette représentativité.

Enfin l’ensemble des commentateurs constate la mort du Parti Socialiste et s’interroge sur son avenir. Il n’en a aucun : son aile modérée a bien voulu rejoindre le Président nouvellement élu. Son aile dure n’a pas voulu rejoindre la France Insoumise. Ainsi, il ne s’agit que d’une question de dénomination car au fond, cette scission a tout simplement clarifié le positionnement du personnel politique de gauche, précédemment coincé par l’ancienne Union des Gauches qui disposait d’une cohérence toute électoraliste à défaut d’être idéologique.

À travers ces quelques exemples, on remarque qu’en politique comme ailleurs, il ne faut pas simplement s’arrêter à « ce que l’on voit »…

  1. Étude réalisée par l’Institut BVA auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet du 13 au 14 juin 2017. Échantillon de 1191 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus dont 308 sympathisants de la gauche (dont 145 sympathisants de la France insoumise et 78 sympathisants du Parti socialiste), 244 sympathisants de la République en Marche !, 260 sympathisants de la droite (dont 198 sympathisants Les Républicains), et 180 sympathisants du Front National. La représentativité de l’échantillon a été assurée grâce à la méthode des quotas et un redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et CSP de l’interviewé, régions,
    catégorie d’agglomération, ainsi qu’un redressement sur la CSP du chef de famille.
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  • le fait est connu et reconnu depuis des lustres. Mais comme pour tout problème français, on nous sort une solution alambiquée pour expliquer qu’on ne peut rien faire. et va-z-y que j’t’envoie de la « proportionnelle partielle » et gnagnagni et gnagnagna, et autres délires d’Enarques (genre CICE, règlementation de la TVA, droit du travail, etc….).
    Alors qu’en fait la seule bonne solution est à la fois simple et génératrice d’économies fabuleuses :

    on élit les députés en scrutin uninominal EN UN TOUR.

    C’est facile, c’est pas cher, et ça peut rapporter gros.
    Le premier arrivé est élu.
    On évite les « fronts républicains » de mes nouilles
    On divise par deux les frais de campagne
    On arrête de subventionner ceux qui ont eu 1% des voix
    etc…

    • Ben voyons ! Et après, comment ça se passe ? les lois sont votées à la proportionnelle ?
      Vous êtes trop jeune pour avoir connu les 3ème (bien sûr) et 4ème république ? 4 gouvernements par an certaines années ?
      Je crois qu’un des (très) graves problèmes que nous avons en France est le manque d’éducation ! On n’apprend plus l’histoire et on ne peut donc s’enrichir des leçons des échecs passés. On n’apprends pas l’économie et on plébiscite dès lors le programme de Mélanchon qui nous mènerait d’évidence et en quelques mois, droit au mur (oui, je vous rappelle que la richesse, celle que Mélanchon veut distribuer, n’est pas créée par l’état mais par les entreprises, lesquelles ne survivent et se développent que grâce aux entrepreneurs : ôtez la possibilité de s’enrichir aux entrepreneurs et ils iront créer leur boite à l’étranger : c’est tellement évident !).
      Je lis de plus en plus d’âneries sur CONTREPOINT : c’est inquiétant ?

      • oui, moi aussi j’ai l’impression de lire de plus en plus d »âneries » dans Contrepoints. On va mettre ça sur le compte de la longueur et de la vivacité de l’épisode politique en voie d’achèvement dimanche : il a dû user la capacité d’analyse et la lucidité de certains qui se croient obligés d’écrire un billet même quand il vaudrait mieux attendre et voir.

        • @ Rica
          J’avais 8 ans quand la constitution de la Vième est née, le 4/10/1058.

          J’ai assez vite compris qu’un pays gouverné par un président-général parlant lui-même au nom de toute la France, Algérie et DOM-TOM, paraissait plutôt « exotique ».

          Depuis 1969 et la disparition de ce personnage hors normes, le miracle ne s’est pas reproduit!

          Et le pays reste depuis 1958 (60 ans, l’an prochain) avec un exécutif plus fort que la représentation parlementaire, ce qui, paradoxalement, ne semble gêner le souci démocratique de personne, en France!

      • Appeler « ânerie » un concept qu’on ne maîtrise pas, c’est un handicap qui s’appelle la mal comprenance. Déjà illustré par l’adage chinois « quand on montre la lune avec le doigt, l’imbécile regarde le doigt », vous enrichissez encore le propos, en tapant pile poil à côté. Qui a parlé de proportionnelle ? pas moi. Le système électoral que je décris est celui le l’Angleterre dont personne n’a jamais dit qu’il était « proportionnel ». C’est même juste le contraire.
        Je passe sur votre prétention à mieux connaître l’histoire que moi vous appuyant sur le fait que vous auriez « connu » les 3eme et 4eme républiques, ce qui vous situe à un âge où les facultés commencent à décliner. Enfin vous me portez des affinités Mélenchonistes (MélEnchon, et pas MélAnchon, ignare !) injustifiées, juste pour masquer votre absence totale de réflexion sur le sujet.
        En conclusion, votre but n’était pas de débattre mais juste de m’empêcher d’entrer dans votre petit club quitte à utiliser l’insulte. C’est loupé.

    • Il serait plus parlant de préciser que ce système, effectivement bien rôdé un peu partout, est fortement majoritaire, et non proportionnel. Si il avait été en place aujourd’hui, « En Marche » aurait une majorité écrasante de sièges (voir la carte des « en tête au premier tour », qui auraient donc été élus dans ce système)

  • La possible (nous verrons dimanche soir) forte majorité présidentielle est source le nombre de débats dont celui-ci sur la proportionnelle. Les futurs opposants crient au déni de démocratie, alors qu’ils ont toujours eu, à droite comme gauche, une majorité présidentielle à leur profit. Cela décrédibilise leur indignation !

    • @ Yves Montenay
      Vous ne pouvez pas comparer les résultats d’élections majoritaires à 2 tours (« un pour choisir, un pour éliminer ») avec une proportionnelle à un tour! Ça n’a pas de sens: vous n’avez pas le choix du candidat député proposé par votre parti habituel, qu’il soit « parachuté » ou pas!

      Et le régime de la Vième est bien trop confortable quand on est au pouvoir pour envisager de le modifier! C’est donc une revendication de perdant!

  • – Si aucun des postulants au 2e tour ne vous convient et si vous ne souhaiter pas vous abstenir… il existe sur Google, des bulletins nuls prêts et faciles à imprimer https://www.google.fr/search?q=bulletin+blanc+%C3%A0+imprimer&client=firefox-b&sa=X&tbm=isch&tbo=u&source=univ&ved=0ahUKEwj8y82Z6sbUAhUFblAKHeMZBkgQsAQIKQ&biw=981&bih=680#imgrc=hIlRiRqr12wZxM:

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