Une république « En Marche » vers la cuisine et les casseroles habituelles

Finalement, après seulement quelques semaines, la vie politique française retrouve toutes ses habitudes, sa cuisine et ses casseroles.
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Une république « En Marche » vers la cuisine et les casseroles habituelles

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 2 juin 2017
- A +

Les législatives approchent à grands pas et grâce à Emmanuel Macron (♪ Gloria In Excelsis Déééhhooo ♩ ♫), la vie politique française vient de se renouveler complètement : des têtes nouvelles apparaissent, un sang neuf irrigue les listes électorales, et surtout, toutes ces vieilles vilaines méthodes, ces petites affaires pas propres qui entachaient les mandats d’élus républicains, ont maintenant disparu. Ou presque.

Tout avait pourtant bien commencé puisque, nous avait-on dit, les investitures de chaque candidat seraient passées au peigne fin.

Malheureusement, improviser un parti politique entraîne parfois des petits effets de bord et la précipitation provoque de temps en temps quelques soucis : malgré les efforts plus ou moins réels pour s’assurer que les candidats de La République En Marche (LREM) sont tous d’une probité exemplaire, on commence à accumuler les écarts.

Certes, peut-être la sur-représentation de cas louches dans les rangs des candidats LREM tient-elle d’une plus grande attention de la presse à cette nouvelle formation politique, mais elle reste logique : il serait en effet surprenant que les médias ne regardent pas plus attentivement ceux qui ont fait bruyamment profession de probité et de morale, quitte d’ailleurs à pousser une prochaine loi (dite, justement, de moralisation de la vie politique). Il y a bien évidemment le fait que les autres partis, dans la place depuis un moment, savent assez bien passer sous le radar médiatique et judiciaire et qu’en conséquence, le nombre plus restreint de cas tordus dans leurs rangs ne le doit pas à une honnêteté plus grande, mais plutôt à une meilleure habileté.

Soit. Cependant, l’accumulation chez LREM donne un peu à réfléchir (et je ne parle pas des transfuges plus ou moins subtils). Jugez plutôt :

Pierre Cabaré, candidat LREM à Toulouse, a malheureusement déjà été condamné, en 2003, à un an d’inéligibilité. C’est tout de même gênant, à tel point qu’il a été désinvesti. Cela fait un peu désordre, non ?

Houmria Berrada, candidate LREM dans la deuxième circonscription du Nord, a été condamnée pour falsification de diplômes. Sacrebleu, c’est ballot.

Émilie Guerel, candidate LREM dans la septième circonscription du Var, est elle visée pour une plainte pour escroquerie à l’assurance maladie. Flûte et zut.

Stéphanie Jannin, candidate LREM de la deuxième circonscription de l’Hérault, est quant à elle auditionnée pour une prise illégale d’intérêt. Sapristi.

Olivier Serva, candidat LREM dans la première circonscription de la Guadeloupe, se retrouve lui emberlificoté dans ses propos gênants, puisqu’il a qualifié l’homosexualité d' »abomination ». Saperlipopette.

Christian Gérin, candidat LREM de la cinquième circonscription de Charente-Maritime, aurait quelque peu dérapé dans des tweets que la LICRA n’a pas manqué d’épingler. La République en Marche a décidé de trottiner sans lui, en lui retirant son investiture. Oups.

On pourrait en rajouter, je pense que les semaines qui viennent permettront d’explorer de nouvelles dimensions dans le domaine, mais le constat de base reste le même : manifestement, recruter des députés au pied levé n’attire pas toujours que la fine fleur citoyenne, loin s’en faut.

Dans ce cadre, il va être difficile de trouver un nombre décent de députés sans casseroles pour présider à la rédaction de cette fameuse loi de moralisation de la vie politique… À moins bien sûr que le génie de Macron se révèle précisément dans ce genre de petites péripéties : peut-être notre nouveau président (♪ Gloire et paix aux hommes de bonne volontééhhhééeu ♩ ♫) s’est-il finement dit qu’on ne faisait jamais meilleur garde-chasse qu’avec d’anciens braconniers ? Si tel est le cas, on peut être rassurés : la prochaine assemblée sera, à n’en pas douter, aussi solidement dotée de bon garde-chasses que les précédentes, renouvellement politique compris.

Et de la même façon que ces investitures furent nettoyées de tous les vilains canards boiteux dont le peuple français ne veut plus, c’est dit, c’est certain, ne discutez pas, les autorités d’En Marche ont largement épluché les historiques des ministres de ce gouvernement affûté comme une lame de samouraï. Autrement dit, tout comme ces législatives qui, finalement, permettent de lever une quantité tout à fait banale de lièvres dodus et de faire tintinnabuler une proportion franchement standard de casseroles cuivrées, le gouvernement contient ses canards douteux malgré l’assurance pourtant répétée que les ministres avaient bien tous passés le solide test de propreté. Zut derechef.

Voilà donc Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes, qui se retrouve visée, avec 18 autres députés européens, par une enquête préliminaire pour des emplois fictifs présumés de collaborateurs au Parlement européen. De façon amusante, l’actuel Garde des sceaux – un certain François Bayrou – a eu la lumineuse idée de retweeter le communiqué de presse de défense que la ministre avait pondu, ce qui, pour quelqu’un qui représente la Justice, laisse perplexe, voire provoque une petite polémique des familles.

Venant de Bayrou, on ne sera pas trop surpris, l’individu n’ayant jamais démontré la moindre compétence quelconque, ni en matière de politique ni en matière de maroquin ministériel. Ce qui en revanche ne laisse pas de surprendre est l’engluement de plus en plus profond d’un autre ministre dans une affaire au fumet insistant : Richard Ferrand patauge maintenant depuis deux semaines suite aux révélations du Canard Enchaîné, l’impliquant dans une affaire immobilière sinon illégale mais au moins moralement litigieuse, et dont les développements, quotidiens, tiennent toute la presse en haleine.

Et c’est là que les choses prennent une tournure intéressante, puisque, selon notre président Macron (♪ Que son chemin soit jonché de pétales de rooOooses ♩ ♫), le cas Ferrand ne devrait pas déclencher une telle tempête médiatique et, pour tout dire, la presse devrait s’arrêter un peu de s’ériger ainsi en arbitre de la morale. En attendant, le procureur de Brest a, après plusieurs jours d’atermoiements, décidé d’ouvrir une enquête pour de bon.

Tout ceci est fort croustillant, tant la symétrie avec la campagne électorale présidentielle s’impose à l’esprit de tous. Alors que Fillon (et dans une certaine mesure, Le Pen) a fait directement les frais d’une tempête médiatique sans le moindre frein, et qu’il était alors aisé de trouver, dans les rangs des adversaires politiques, à commencer par le camp Macron, des Pères La Morale fort prompts à réclamer la démission du candidat Républicain, on retrouve maintenant les mêmes Tartuffes rouspéter que la presse ferait un peu trop son travail.

Mais voilà : tout le problème de cette République française, qu’elle soit En Marche ou simplement en déroute, c’est sa morale extraordinairement élastique, cette morale élastique qui permet aux journalistes d’employer de grosses louches de 2 Poids, 2 Mesures, de juger, de moraliser alors que leur rôle devrait normalement se contenter d’informer ; cette morale élastique qui a permis à la presse de chasser Fillon en meute, et de se montrer nettement plus mesurée et prudente avec Ferrand et qui, maintenant que les Français commencent à demander des comptes, se sent bien obligée d’investiguer un peu.

Mais cette morale élastique existe aussi du côté politique qui permet au gouvernement d’afficher sa solidarité avec Ferrand, alors même qu’il n’y a aucun doute que la moralité des opérations immobilières menées classe l’individu exactement dans la même case que Fillon et ses emplois familiaux ou ses généreux dons de costumes. Cette morale élastique permet tour à tour de faire campagne pour la moralité et la transparence dont s’est gargarisé Macron (♪ Gloria pouët pouët ♩ ♫), et de crier maintenant à la dictature de la transparence. Pourtant, la transparence des pièces de l’enquête judiciaire du PNF, qui fuitaient dans la presse avec une facilité déconcertante, n’a pas défrisé ceux qui, maintenant, sont tout fripés d’outrance. Et ceux-là même qui couinent devant cette tempête médiatique n’hésitaient pas à qualifier de vilains complotistes ceux qui, à l’époque, notaient le saccage par la même presse et la même justice de la présomption d’innocence.

Croustillant retour de bâton qui illustre que cette moralisation de la vie politique est, encore une fois, une magnifique symphonie pour pipeaux. À ce titre, quelle crédibilité peut encore prétendre avoir le ministre de la Justice, le reste du gouvernement et la prochaine Assemblée lorsqu’il s’agira de voter telle loi ?

Enfin, s’il ne faut qu’une paire de semaines pour déjà constater d’inquiétantes dérives de la République En Marche, n’est-il pas légitime de s’inquiéter lorsque, munie d’une majorité absolue à l’Assemblée, cette République décidera de passer Au Trot ?


—-
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  • Oh que oui, on pourrait en rajouter, et facilement.
    Thierry Robert a été brièvement investi EM, avant qu’on se rende compte de son casier judiciaire.
    Alain Tourret, un autre député, semble avoir utilisé ses frais de mandat pour des intérêts personnels.
    Et vous faites trop d’honneur à C. Gérin, il n’est pas le seul à se voir retirer l’investiture les toutes premiers jours pour cause de dérapages pas vraiment contrôlés: il y a aussi Haouaria Hadj-Chikh, qui a tenu encore moins. Latifa Chay (proche de l’UOIF) ou la suppléante Fella Meslem (candidate en Algérie sur une liste islamiste) ont eu plus de chance.
    On peut se rappeler aussi, un peu dans un autre registre, de ceux qui ont décliné l’investiture (comme Mourad Boudjellal), malgré une procédure à priori basée sur des candidatures explicites. Ou comme Gantzer, illustration de la république des copains. Mais bon, l’honneur est sauf, la belle-fille du président ou la fille de l’ancien maire de Nancy y sont toujours.
    Et ça peut continuer, cette liste n’est pas complète…
    La question devient plutôt « est-ce qu’il y a des candidats propres chez LREM? », tellement l’effet boule de neige prend de l’ampleur.

    • @durru

      Y-a t-il des candidats propres tout court ?
      Ceux qui ont cru, encore, à toutes ces histoires politiques de renouvellement, de lutte contre le « mal », de prophétie climatique… vont-ils enfin ouvrir les yeux ? Ou continuer à errer dans les contradictions et la « double pensée »?

      • Par principe, je n’aime pas les généralisations ou les essentialisations. Je dirais donc que si, il doit y avoir des candidats « propres ». Mais de là à avoir une majorité d’élus « propres », il y a un monde…
        De toute façon, il n’y qu’un seul moyen viable de régler le problème de façon significative: réduire au strict minimum le périmètre d’intervention de l’Etat et donc de ses représentants.

    • au dernière nouvelle , Anne Genetet ( LREM ) aurait financé sa campagne électorale pour les législatives avec le soutiens de deux sociétés privés ( publicis groupe et bnp paribas ) ; Mariani a vivement réagi ( sputnik ) ;

  • A rebours des discours débordants de moraline que nous servent la presse et nos élus, je ne suis pas sûr que « l’honnêteté » soit un critère déterminant pour la qualité d’un politique.
    Pour diriger l’Etat, vaut-il mieux un honnête crétin ou un type brillant qui fera payer ses costumes aux frais des contribuables? le débat est ouvert…
    De plus, et surtout, empêcher les gens condamnés de se présenter aux élections est un boulevard ouvert aux manipulations judiciaires. Or l’indépendance de la justice est un principe, pas un état de fait.
    C’est un coup fréquent des régimes autoritaires de faire condamner des opposants pour les empêcher de se représenter. A mon sens, c’est donc uniquement aux citoyens de se prononcer au moment de leur vote. S’ils souhaitent élire un repris de justice ou un escroc notoire, tant pis pour eux, mais ils doivent aussi pouvoir voter pour un homme qu’ils estiment injustement condamné.

    • @Bruno Dandolo
      Bonjour,
      Vous notez plusieurs entorses à la Déclaration des Droits de l’Homme que la clique politicienne précédente, et actuelle, a pétiné de ses gros godillots. L’indépendance de la Justice est plus qu’un principe : c’est un Pouvoir, au même titre que l’exécutif et le législatif. Seulement, nos politiciens ont créé le Pouvoir Administratif (qui est très fort) et ils ont mis le Pouvoir Judiciaire sous la coupe réglée d’un agent du Pouvoir éxécutif (le Ministre de la Justice).

       » l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, » Cela a été noté il y a maintenant 228 ans, et on est toujours à des classes de privilégiés qui veulent diriger et contrôler la vie des gens. La Monarchie et le Clergé en une seule et même strate.

    • Moins d’état et tout ira mieux, quel que soit le pingouin nommé à l’Élysée ❗

      • J’ajouterais un plaidoyer pour le mandat unique et non renouvelable à chaque degré de l’exécutif, qui congédierait enfin le carriérisme politique et le vase clos des énarques.

  • Ah, la cuisine politique française 🙂 inénarrable ❗ Ses savoureuses sauces aigre-douce, ses cuissons THT ou le plat ressort croustillant ou cramé la plupart du temps…

    A faire inscrire au patrimoine immatériel à l’UNESCO 🙂

  • N’oublions pas que la démocratie a été inventée par l’aristocratie athénienne pour calmer les pécheurs et paysans en les faisant élire leurs meneurs à des postes administratifs tout aussi inutiles que grassement payés.

    Les partis politiques n’ont qu’un seul but : s’assurer de la prise du gâteau à se partager. Et après, il y en a qui réclament un parti libéral, comme si ça pouvait exister.

    Tout parti politique est socialiste par définition et croire que des humains peuvent tout d’un coup renoncer à la priorité de leurs intérêts individuels le jour où on leur donne le droit de piocher dans la caisse en toute impunité est juste d’une très grande naïveté pour ne pas dire plus.

    Tant que les gens dans ce pays croiront à la fable de la démocratie et ne rétabliront pas la séparation des pouvoirs … cpef

    • @Stéphane Boulots
      Bonjour,
      « out parti politique est socialiste par définition et croire que des humains peuvent tout d’un coup renoncer à la priorité de leurs intérêts individuels le jour où on leur donne le droit de piocher dans la caisse en toute impunité est juste d’une très grande naïveté pour ne pas dire plus »
      C’est pour cela qu’il faut un Etat limité, et qu’on devrait instaurer l’ETATHON. Une fois par an, comme pour le Téléthon, le Sidathon, ou autres, on peut faire venir des comiques, des célébrités pour inciter les gens à donner pour le pauvre Etat. Evidemment, il faut supprimer toutes les taxes ! Il serait intéressant de voir ce que vaut intrinsèquement l’Etat.

  • Si quelqu’un a remarqué un changement de la politique en France, qu’il me dise en quoi ?

    « Le changement, c’est maintenant » il a dit.

    Ah non c’est son prédécesseur……

    Les Francais se sont faits avoir 2 fois de suite avec le même slogan rabâché par les mêmes incompétents socialistes !!!

    • Pas de changement politique en France depuis une quarantaine d’années. Une même ligne, une même culture de l’échec, les mêmes discours réformistes qui n’aboutissent qu’à toujours plus de bureaucratie et de régression, les mêmes passe-droits, une même promesse de sortie prochaine du tunnel, et quelques figures indéboulonnables encore en lice.

  • Succulent !
    Il est impossible aux partis politiques de recruter des gens irréprochables, tout simplement parce que ça n’existent pas. L’idée d’une prétendue « moralisation » de la vie politique est une nouvelle illustration de l’utopie socialiste, basée, entre autres absurdités, sur la négation de défauts humains (jalousie, envie, cupidité, paresse) que l’application des principes socialistes ne fait que renforcer (et dont la diffusion dans l’âme humaine est à l’origine de son succès).
    L’un des objectifs affiché du socialisme est donc la « redistribution ». En France, de 60 à 70 % de la richesse produite (et non 58% et encore moins 46% comme le répètent les organismes officiels – faites le calcul -) est prélevée pour être « redistribuée », selon des critères changeants au gré des rapports de force, des modes et des lubies, par une classe parasitaire se servant généreusement au passage. Dès lors que ce vol institutionnalisé a été érigé en principe de gouvernement, il n’est guère surprenant que chacun tente d’y participer, dans la mesure de ses moyens. Comme l’écrivait Bastiat il y a déjà 160 ans, « tout le monde s’efforce de vivre au dépens de tout le monde ».
    L’abandon généralisé de toute référence au « droit » (libéral, universel et non contradictoire), entraîne une définition à géométrie variable de ce qui est licite et illicite par ceux qui ont le pouvoir, en fonction de leurs besoins. Il ne viendrait par exemple pas à l’idée aux journalistes œuvrant dans les médias financés par les contribuables de s’autodénoncer, ni aux permanents syndicaux, ni d’une manière générale, à tous ceux qui vivent de l’argent des autres.
    Dans une société socialiste la « malhonnêteté », mal définie, ou carrément définie selon des critères inverses, est donc d’autant plus répandue que la société est socialiste. Les hommes et les femmes politiques sont à l’image de ceux qui les élisent, souvent en pire, car comme l’a souligné Stéphane Boulot, droit et politique sont antinomiques, la politique étant la négation du droit. Par exemple, tout libéral qui rentre en politique cesse au moins en partie d’être libéral.
    La seule « loi de moralisation » qui vaille c’est l’abandon du socialisme, de sa spoliation « légale » et de sa « redistribution » forcée.
    PS : La situation de la France me fait de plus en plus penser à celle du Venezuela vers 1997, pays déjà gangrené par des années de socialisme et donc par la « corruption » et dont les électeurs, excédés, n’ont rien trouvé de mieux à faire que d’élire encore plus socialiste. Aujourd’hui ils s’en mordent les doigts mais se débarrasser d’une dictature socialiste est très difficile.

    • @Guy
      Bonjour,
      Comme vous le dites, se débarrasser d’une dictature socialiste est très difficile, et pour plusieurs raisons :
      – La première est que nous sommes dans une Société certes socialiste, mais surtout structurée et serrée par l’Administration ;
      – La deuxième est que nous sommes rattachés à l’Europe, en tant que pays « moteur », soi-disant, et que si la France tombe dans une guerre civile, révolte ou révolution, elle deviendra un vrai boulet pour l’Union ;
      – La troisième est que le « pouvoir du Peuple » est strictement cantonné au bulletin de vote. Entre deux élection, nous devons nous taire. Et comme au Vénézuela où Maduro nie et balaye les choix de son peuple, corrige ceux qui protestent, nos gouvernants ont fait pareil en transformant un référendum négatif, en un positif un peu plus tard et hors du pays.
      – La quatrième est que nous avons été désarmés sans broncher. Désarmés au sens légal, vu que des plus en plus de lois nous privent de nos droits fondamentaux, lesquels sont niés par les socialistes, (telles que la loi renseigenement, ou l’Etat d’urgence, le futur permis tronçonneuse, par exemple) et désarmés de fait avec les règlementations restrictives sur les armes, allant jusqu’à interdire d’avoir un couteau suisse dans sa boîte à gants, ou une pince Leatherman.

      « Quand le Peuple craint son gouvernement, il y a tyrannie. Quand le gouvernement craint le Peuple, il y a la Liberté. » – Thomas Jefferson.

      Liste de six critères permettant de définir le totalitarisme :
      – 1) Une idéologie officielle à laquelle chacun est supposé adhérer au moins passivement ;
      – 2) Un parti unique avec à sa tête un homme susceptible d’être considéré comme un dictateur ;
      – 3) Un système de terreur ou de pression soit physique, soit psychique ou morale, dirigé non seulement contre les adversaires déclarés du régime mais aussi certaines fractions désignées de la population ;
      – 4) La mainmise sur les médias ;
      – 5) Le monopole de l’utilisation des armes à feu ;
      – 6) Une direction centralisée de l’ensemble de l’économie.

      • Vous faites fausse route, la tyrannie en France, est ancrée dans la population, pas par une quelconque élite, le niveau d’amateurisme et d’incompétence de « l’élite » le prouve bien.

        C’est bien cela la servitude du socialisme : ce n’est pas une tyrannie identifiée à des têtes qu’il suffirait de faire tomber, mais une accumulation de mythes qui maintiennent la population esclave « de son plein gré ».

        Esclave à l’égalitarisme, à la laïcité anticléricale, au monopole de la violence (en gros, considérant comme normale et même comme positive la négation des libertés fondamentales que constituent les 7 premiers amendements de la constitution US, en particulier les 1°, 2° et 5°)

        Le marxisme et le rousseauisme sont très profondément ancrés dans ce pays : même la « droite libérale » considère comme sacré l’héritage soviétique du CNR et le « modèle social que le monde nous envie » …

        cpef

        • @Stéphane Boulots
          La servitude est ancrée dans la population, je vous l’accorde. Nombreux sont ceux qui aiment leurs chaînes et qui réclament à corps et à cris que d’autres portent les mêmes. Je les envoie paître mais je blâmerai surtout ceux qui les leur font porter en leur faisant croire qu’ils sont plus libres avec. Après des décennies à entendre que seul l’Etat peut prendre soin de tous, à la place de chacun, il y a beaucoup de gens formatés maintenant. Nombreux aussi sont ceux qui voient la Liberté comme le fait de marcher sur autrui pour son propre intérêt.
          Nous trouvons notre caste dirigeante incompétente parce qu’elle est fort comptétente pour appliquer le socialisme.

          Sans même aller jusqu’à citer les amendements américains, même si cela est juste et pertinent, les articles 1 et 2 de la DDHC sont eux aussi piétinés. D’ailleurs, aucun des articles de cette Déclaration n’est plus respecté à ce jour.

          En gros, je suis d’accord avec vous, à part sur un point : la tyrannie. Pour moi, elle est liée à un gouvernement, c’est lui qui l’applique, pas le peuple.

        • @Stéphane Boulots
          Je salue votre commentaire. Nous vivons sur des mythes entretenus comme un catéchisme franchouillard que chacun intègre en tant que système de valeurs, et qui n’en sont pas moins des mythes. Les « vertus républicaines », la tolérance, le « vivre ensemble », une laïcité qui dans les faits n’existe pas, une soi-disant « exception culturelle » qui serait la risée de nos voisins s’ils s’intéressaient un tant soit peu à nos prétentions culturelles. Un égalitarisme qui tient du mythe – dans la mesure où n’importe quel jeune qui n’est pas issu de la classe moyenne ou de la bourgeoisie, et qui prétendrait intégrer les milieux si clos du Droit ou du médical, voire des arts plastiques, vérifiera à ses dépens qu’il n’est d’égalité des chances dans ce pays que dans les professions de foi mille fois rabâchées.
          Esclave d’une illusion démocratique où sa seule latitude est de glisser un bulletin dans une urne lors de ces messes ponctuelles célébrées à la gloire d’un dieu fictif appelé le « suffrage universel », la population n’a plus que le choix entre le médiocre et le nul, et l’obligation entre temps de déléguer son mécontentement à des brontosaures hérissés de drapeaux rouges, ou à un outil de pseudo-subversion fabriqué de toutes pièces par les pouvoirs qu’elle persiste à maintenir en place pour son plus grand malheur. Esclave de ses amuseurs et de ses penseurs en rond. Esclave des miettes de possibles qui lui sont consenties au titre de la liberté d’association sans but lucratif. Esclave d’un dogme qui lui a été assené depuis le berceau, selon lequel c’est mal de vouloir faire de l’argent, et le désintéressement ça traduit une grandeur d’âme. De sorte que ce soient toujours les mêmes qui aient toute latitude de faire de l’argent. Sous les applaudissements de la population.

  • La semaine dernière, j’ai pris l’avion pour Saint-Pétersbourg.
    J’avais mon petit couteau multifonctions sur moi, la PAF m’a coincé pendant 1h00 pour finalement accepter que je passe avec.

    Tout ca à cause de nouvelles réglementations liberticides.

    • @Olivier RPCh
      Bonsoir,
      Vous avez eu la chance qu’elle ne vous le confisque pas, et qu’elle ne vous charge pas pour port d’arme. Cette loi/règlementation n’est pas toute récente.

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