Carburants : la CGT tente une nouvelle fois de prendre en otages les Français

La CGT tente une nouvelle fois de priver les Français de carburants pour arriver à ses fins clientélistes. Des méthodes choquantes.

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Manifestation du 2 Octobre 2010 - CGT by Maya-Anaïs Y. (CC BY 2.0)

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Carburants : la CGT tente une nouvelle fois de prendre en otages les Français

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 27 mai 2017
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Par Patrick Aulnas.

Comme au printemps dernier, la CGT utilise le chantage à la pénurie de carburant pour obtenir des avantages pour une catégorie professionnelle très spécifique, les conducteurs de poids lourds transportant des matières dangereuses. Il ne s’agit pas d’une grève des conducteurs conforme aux règles légales mais d’un blocage des dépôts de carburant. Le caractère politique d’une telle action n’échappe à personne et doit être souligné.

Le recul de la CGT la conduit à la radicalisation

La CFDT a conquis la première place des organisations syndicales de salariés dans le secteur privé aux élections professionnelles. La CGT est en net recul dans beaucoup de grandes entreprises qui constituaient ses bastions comme EDF ou la SNCF. Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, pensait enrayer ce déclin par des actions dures très relayées par les médias. Mais cette stratégie de radicalisation est un échec. On l’a vu au printemps 2016.

Philippe Martinez et la lutte des classes

Les syndicats réformistes ont le vent en poupe car la lutte des classes a du plomb dans l’aile. Ce concept marxiste renvoie à l’époque où le Parti communiste était une organisation puissante dont le score à l’élection présidentielle dépassait les 20% des suffrages exprimés. Mais cela remonte à un demi-siècle (Jacques Duclos : 21,27% en 1969). Autant dire l’Antiquité grecque pour les jeunes générations de salariés.

Philippe Martinez avait 8 ans à l’époque et la lutte des classes peut sans doute lui rappeler de bons souvenirs d’enfance. Mais notre monde change plus vite que jamais. La nostalgie n’est pas bonne conseillère en matière stratégique. Les actions de blocage des raffineries prenant prétexte de revendications catégorielles apparaissent aujourd’hui disproportionnées. On ne peut pas chercher à bloquer tout un pays pour des augmentations de salaire. La lutte des classes se transforme trop visiblement en odieux chantage.

En ligne de mire la réforme du Code du travail

Le blocage des dépôts de carburant n’est qu’un galop d’essai en vue de septembre 2017. L’objectif politique de cette action de printemps vise la réforme qui aboutira à l’automne prochain, celle du Code du travail. Deux aspects principaux de cette réforme rencontrent l’opposition farouche de la CGT. Le premier est l’assouplissement du dialogue social qui pourra se situer plus facilement au niveau de l’entreprise, alors que le niveau de la branche d’activité est aujourd’hui largement privilégié.

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Beaucoup d’accords d’entreprises sont d’ores et déjà signés par les représentants locaux de la CGT, mais au niveau des branches, ce sont les leaders nationaux qui décident sur les critères qui ne sont pas exclusivement professionnels. Les aspects stratégiques, voire politiques, sont pris en considération. Privilégier la négociation d’entreprise, c’est donc remettre en cause le leadership national de la CGT. Casus belli !

Les indemnités élevées pour protéger ceux qui ont un emploi

Le deuxième aspect conflictuel de la réforme concerne la limitation des indemnités pour rupture abusive du contrat de travail. Il faut être clair et précis dans ce domaine : les indemnités de licenciement, rigoureusement définies par le droit conventionnel ou, à défaut, par le Code du travail, ne sont pas concernées par la réforme. Mais quand le licenciement est reconnu abusif par le tribunal des prud’hommes, le montant de l’indemnité spécifique (ce sont des dommages-intérêts) peut être très variable et parfois beaucoup trop élevé pour une petite entreprise. Elle peut être contrainte au dépôt de bilan pour un licenciement abusif. Quand on connaît la complexité actuelle du droit du travail, le risque est très élevé pour de petites entreprises ne disposant pas des spécialistes pointus d’une direction des ressources humaines. Conséquence : pour ne pas avoir à licencier, les petits patrons n’embauchent qu’au compte-goutte et le chômage flambe en France.

La CGT ne veut absolument pas de cette réforme. Les raisons invoquées devant les médias masquent des motivations moins avouables. Il s’agit en effet de protéger les salariés sous CDI en mettant des barrières financières au licenciement. Cette position constante de la CGT conduit évidemment à entraver l’accès à l’emploi de la jeunesse qui doit se contenter de CDD à répétition ou de contrats d’intérim. Mais les militants CGT sont principalement des salariés sous CDI. Les intérêts des militants prévalent bien entendu sur ceux de la jeunesse précarisée. Ainsi va le monde syndical.

Le conservatisme syndical

Les syndicats radicaux, CGT et Union syndicale Solidaires (SUD), regroupent de moins en moins de salariés. Ils compensent leur faiblesse par des actions violentes visant à entraver l’activité. En dehors du petit milieu de l’extrême-gauche militante, leur image se dégrade et ils apparaissent comme les derniers survivants d’un monde révolu. En s’arc-boutant sur les « droits acquis » dans une société en évolution rapide, ils affichent leur conservatisme comme une devise.

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  • La CGT me fait penser -toutes choses inégales par ailleurs- à ceux qui voudraient nous appliquer un Code civil datant du VIIème siècle.
    La CGT ne remonte qu’au XIXème d’où ils ne sont jamais sortis.
    Comme dirait Caton l’ancien, delenda est CGT! Ce qu’apparemment Macron veut tenter de faire en ruinant les syndicats (arrêt du paritarisme et refonte de la formation professionnelle). PLutôt bien vu sur la plan du discours. On verra aux actes.

  • C’est certainement à cause des syndicats comme CGT/FO qu’en France il y a si peu de salariés syndiqués ! Il faut remarquer, qu’actuellement, les milieux où les taus de syndiqués est important c’est là où les intéressés ont des avantages incandescents (des compensations historiques qui sont devenus au fil du temps des privilèges) Par exemple pour quelle raison un chauffeur, non (il n’y a plus de chaufferie) un conducteur de TGV à un salaire de cadre alors que qu’un routier est payé au lance-pierres ? Primes de charbon ou autres…
    Pour avoir des syndicats un peu plus « à la page » ne faudrait-il pas que pour postuler à un titre de représentant ou délégué syndical la personne ait suivi (sinon un peu pratiquer) la gestion d’entreprise et de finances des entreprises ?
    Pour les syndicats bons résultats signifient augmentation des salaires, et si les résultats sont moins bons c’est de la faute aux salauds de patrons et d’actionnaires.

    • Le problème des syndicats est uniquement un problème de financement..si seuls les syndiqués mettaient au pot on aurait des syndicats de qualité..idem pour les politiques…..mais voilà , pour cela il faudrait déclarer pour qui on paie , la CNIL veille à ce que les secrets soient bien gardés.

    • C’est assez peu évoqué, mais je crois qu’une des causes à la fois de la faible syndicalisation et de cette syndicratie politisée, est l’existence de l’inspection du travail en France, qui fait ce qui devrait être le boulot des syndicats, défendre les empoloyés individuellement. Les syndicats se retrouvent donc non pas à défendre leurs syndiqués, mais obligés pour exister de se placer à un échelon au dessus c’est à dire bien souvent à parler de politique générale du travail avec le gouvernement.

  • bloquer une raffinerie ou un dépôt, c’est de l’entrave au travail et à la liberté de circulation : c’est donc un délit punissable comme tel. Il suffit donc de faire respecter la loi : cela tombe bien, c’est le boulot de l’exécutif…

    • Et vous y croyez? C’est bien. C’est qui, déjà, le Ministre de l’Intérieur? Ca serait pas un certain Gérard Collomb, socialiste?

      • Autrement dit les casseurs gauchistes, et autres antifas d’opérette, vont pouvoir continuer tranquillement leurs exactions et leurs violences!

        • Attention, les casseurs ne sont pas nécessairement les syndicalistes, j’aurai tendance à penser qu’il s’agit de groupe venant se greffer aux manif syndicales ou non. Quand on en prend un , pas de prison mais un stage obligatoire de 1 an dans la légion pour refaire les routes et les infrastructures en Guyane par exemple. Un endroit pas facile à vivre mais ou une activité profitable « au candidat » et à la communauté… ON ne va pas les tuer pour leur apprendre à vivre quand même ! Si c’est un syndicaliste, même motif même punition et le syndicat concerné à l’amende

    • C’est un délit, en effet. La législation sur les syndicats interdit explicitement les grèves politiques et les blocages des outils de Travail. La violation de ces deux points entraîné normalement la dissolution du syndicat en question : il suffit d’appliquer le droit, une seule fois, pour l’exemple.
      Bien entendu, par la suite, le pays est mis à feu et à sang par ces syndicalistes sanguinaires et violents, les forces de l’ordre et l’armée doivent intervenir, la guerre civile menace, Daesh revendiqué le blocage des raffineries…

  • Bref, ce sont des mafieux, qui exercent le chantage pour des raisons personnelles!

  • On aimerait savoir ce que peuvent se raconter un président et un syndicat….ils parlent de quoi de stratégie électorale de gros sous ou d’amélioration des conditions de vie des protègés de la République ?

  • La france est un pays viscéralement marxiste depuis 1945, lorsque, pour éviter d’avoir à choisir entre un coup d’état de l’URSS d’une part et une occupation militaire Américaine d’autre part, De Gaulle a donner les clefs de l’économie française aux communistes. 70 ans plus tard, les syndicats communistes (CGT et autres) qui tiennent les organismes de protections sociales archaiques et les « services publiques » ne veulent pas lâcher le morceaux (renforcés par le relatif succès de Mélenchon). Je pense que la méthode douce de nos énarques « socio-libéraux » va encore échouer. Pour réformer ce foutus pays, il n’y a, malheureusement, qu’une méthode…la méthode Chilienne ou Tatchérienne : faire un catalogue de réforme vraiment libérale…puis tenir 6 mois à un an face une grève général…et envoyer l’armée si nécessaire…Je ne crois pas que Macron, Edouard Philippe et Bayrou( couché devant les syndicats de profs) aient le bon profil pour ça…?!

    • Pensez-vous que vous auriez une chance d’être élu en présentant votre catalogue ? C’est parce qu’il n’y a aucune possibilité de changement que beaucoup de français émigrent. Nous verrons ce qui va sortir des législatives mais c’est plutôt l’effondrement du pays qui permettra de sortir de cette société post-communiste corsétée par la haute fonction publique qui a pris le pouvoir depuis une quarantaine d’années.

  • Les syndicats pourraient-ils être financés en fonction de leur nombre d’encartés par une partie de la TVA ou la CSG et arrêter les prélèvements sauvages sur la formation et la Sécu ?

    • Euh, le financement par les encartés suffit, pas besoin de fonds publics !

      • @PukuraTane
        Hélas, les fonds publics font déjà parti des financements des syndicats. Je suis d’accord avec vous, l’argent public ne devrait pas servir à financer les syndicats, ni même les partis politiques d’ailleurs.

  • Les syndicats sont des organisations terroristes, il faut les interdire.

  • Olivier RPCh : Bravo, on ne peux pas dire mieux !

    • On ne peut pas dire mieux (pardon pour la faute)

      • Emile Sabords : Justement je ne parle pas d’élection, je pense que la France est, malheureusement, irréformable, en profondeur et à court terme, de façon démocratique.
        Je vois 3 scénarios possibles pour réformer en profondeur :
        -1 le scénario urgent et pas très démocratique, en gros une « dictature libérale » type Pinochet.
        -2 le scénario idéal mais qui nécessite de la patience : création d’un mouvement médiatique ou d’un parti libéral assumé (proposant notamment la libéralisation de la protection sociale et la fin de la sécu) qui arrive à convaincre peu à peu sur 10 à 20 ans et que les politiques professionnels finiront par suivre.
        3- élire un vrai coco comme Mélenchon pour accélérer le pourrissement et que les français dégoutés par le vrai socialisme (après 5 ans de chômage et d’inflation massive comme au Vénézuela) se convertissent massivement au vrai libéralisme.

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