Gouvernement Philippe : mais où est donc le ministère de la Boulangerie-Pâtisserie ?

En refusant de créer un ministère de la boulangerie et de la pâtisserie, le gouvernement exprime son mépris du pain et des Français ! Un article humoristique qui en dit long sur la mentalité de certaines revendications…

Par Ferghane Azihari.

Comme tous les commentateurs politiques, j’ai suivi avec attention l’attribution des portefeuilles ministériels au sein du Gouvernement d’Édouard Philippe. C’est en effet un moment clef pour le pays puisque chacun sait qu’en France, un secteur ou une activité qui n’a pas son ministère dédié est irrémédiablement voué à décliner puis disparaître.

Le ministère : là où toute la vie se détermine

L’attribution des portefeuilles permet donc d’identifier avec précision les priorités du gouvernement et de jauger le dévouement du président de la République vis-à-vis d’un certain nombre d’enjeux.

Or, là encore, comme chacun sait, la probabilité qu’un secteur, qu’une activité ou qu’une cause se développe est intrinsèquement liée à l’implication des hommes politiques et des multiples bureaucrates qui peuplent les administrations centrales situées à Paris.

Ainsi j’ai été soulagé de voir que Monsieur Macron n’a pas supprimé le ministère de la Culture. Rappelons que le ministère des Affaires culturelles est né en 1959. Or chacun sait qu’avant 1959, la France n’avait pas de culture.

Il a fallu créer ce ministère pour que des artistes français se mettent enfin à écrire, à peindre, à composer, et à créer de manière générale. Et il y a fort à parier que sans ce ministère (sans subventions, quotas et autres réglementations qui régissent la sphère culturelle), nous serions tous des incultes incapables d’accéder à toute cette nourriture spirituelle sans laquelle la vie serait particulièrement triste. Tout ceci est particulièrement vrai à l’âge d’internet.

J’ai également été rassuré de constater l’existence d’un ministère des Sports. Étant moi-même un grand fan de tennis et de natation, j’aurais été bien embêté de voir ces activités disparaître.

J’observe également le maintien du ministère du Travail. Dans un pays avec 10 % de chômage, il est heureux que ce ministère subsiste. On a beaucoup critiqué le gouvernement sur le terrain du chômage, mais il y a fort à parier que sans lui, il y aurait encore moins de travail.

Quelques bémols : des enjeux négligés

Si la composition du gouvernement Philippe paraît équilibrée, il y a tout de même lieu de regretter quelques négligences. Le Figaro pointe avec perspicacité les nombreuses « incertitudes » qui pèsent sur certains secteurs en raison de l’absence de portefeuille dédié. C’est notamment le cas du logement. Il est vrai que jusqu’à maintenant, l’existence d’un ministère du Logement garantissait la prospérité du secteur, notamment dans les grandes villes françaises.

Simplement, je voudrais attirer votre attention sur une négligence encore plus inquiétante. J’ai beau avoir cherché, je ne l’ai pas trouvé. Je veux bien évidemment parler du ministère de la Boulangerie-Pâtisserie.

Chacun sait que ce secteur entretient le prestige de la culture et de la gastronomie françaises à travers le monde. En France, on consomme en moyenne 120 grammes de pain par jour et par personne. Le secteur emploie notamment 30 000 boulangers sans compter tous les emplois qui gravitent autour de la panification et de la pâtisserie.

Sans ministère dédié à la Boulangerie-Pâtisserie, nous risquons d’assister au déclin de l’industrie. Veut-on vraiment d’une France sans éclairs au chocolat ? Pour assurer la sécurité alimentaire des Français concernant l’approvisionnement de pain, il nous faut une politique ambitieuse à l’échelle nationale, voire européenne.

Or on voit mal comment une telle politique indispensable à la prospérité du secteur pourra être menée en l’absence d’un ministère de plein-exercice. En refusant de créer un ministère de la Boulangerie-Pâtisserie, Emmanuel Macron et Édouard Philippe affichent leur mépris pour le pain et le mode de vie français. Préparons-nous à dire au revoir au cliché du Français qui se balade toute la journée avec une baguette à la main.