Le Drian aux affaires étrangères, Goulard aux armées : drôle de couple !

Que penser de la nomination de Sylvie Goulard au ministère des armées et de Jean-Yves Le Drian aux Affaires étrangères ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le Drian aux affaires étrangères, Goulard aux armées : drôle de couple !

Publié le 17 mai 2017
- A +

Par Jean-Baptiste Noé.

Il était attendu que Jean-Yves Le Drian restât au gouvernement pour ses bons et loyaux services pour Emmanuel Macron dès le début de ses aventures électorales. Qu’il aille au ministère des Affaires étrangères n’est pas une trop mauvaise chose.

Il remplacera utilement le pâle et incolore Jean-Marc Ayrault. De plus, c’est lui qui gère le dossier africain depuis le début du quinquennat Hollande, Laurent Fabius n’ayant jamais touché ce dossier. Entre la Syrie et la conférence sur le climat, il avait d’autres problèmes à résoudre. Le Drian s’est donc largement occupé de diplomatie tout en gérant directement les armées.

On ne parle plus de défense

On peut en revanche s’étonner de la nomination de Sylvie Goulard au ministère des Armées. Notons d’ores et déjà le changement sémantique : on ne parle plus de la Défense. Autrefois, on l’appelait le ministère de la Guerre.

On a échappé de peu au ministère de la Paix. Mais Mme Goulard n’est pas la plus compétente sur ce ministère. Son domaine, c’est l’Europe. Elle est députée européenne et elle a été le bras droit de Romano Prodi. Au jeu des chaises musicales, on aura compris qu’il fallait donner l’Europe à Marielle de Sarnez ; le prix de la trahison de François Bayrou.

Surtout, on ne peut s’empêcher de penser que cette nomination est un moyen, pour Jean-Yves Le Drian, de garder la main sur les armées. Après cinq années passées à ce ministère, il le connaît comme sa poche quand son successeur en est ignorant.

Gérant les Affaires étrangères, il pourra ainsi s’occuper de la diplomatie française tout en gardant un œil et la main sur les armées. En somme, il inverse son rôle par rapport au couple qu’il formait avec Laurent Fabius. C’est l’avantage du renouveau en politique : les vieux peuvent facilement contrôler les jeunes qui débarquent dans la place.

Voir les commentaires (8)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (8)
  • Ma première réaction en lisant l’intitulé des deux ministères a été dans le même sens que cette intéressante analyse – c’est JYLD qui va rester le boss – avec un développement annexe (qui me paraît important).
    – Ministère des Armées : ça sonne ministère technique, et non ministère régalien. Donc potentiellement soumis à un autre domaine – comme la diplomatie – et non instrument de souveraineté en soi. (A titre personnel cela m’inquiète tout en ne faisant que confirmer ma compréhension de la « vision » d’E. Macron, d’ailleurs)

    Mais c’est encore plus inquiétant en voyant la seconde partie :
    – Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères.
    1. L’Europe est première, pas un élément (certes important puisqu’il était précisé à part et pas simplement inclus, dans l’intitulé précédent du ministère). Cela va dans le même sens, d’une dilution – ou en tout cas, que c’est en tant qu’Européens, voire en tant qu’Europe, que nous sommes dans le monde.

    En outre, depuis Fabius, les affaires étrangères, auxquelles il avait voulu rattacher le commerce extérieur piqué à Bercy, était devenu plus un ministère VRP qu’un ministère de la diplomatie de la France. Le nouveau ministre va pouvoir continuer à vendre des armes à nos « amis » tout pareil, ça a été l’essentiel de son action depuis cinq ans après tout.

    Tout cela est fort inquiétant décidément.

    • @ humpty-dumpty

      Ça me parait pourtant translucide!

      Madame S.Goulard, est proche de l’Union Européenne.

      Quel est l’avantage français prétendu depuis le Brexit?

      L’armée, évidemment!

      Et le projet déjà clairement exprimé d’une « défense » européenne (avec leadership français, bien sûr!): idée à « vendre » à l’Union … contre des « facilités et patiences financières »!

      Croyez-vous vraiment que vos partenaires vont se détourner de l’OTAN? Ou sera-ce D.Trump qui nous laisserait tomber?

    • Je crois que vous, et l’auteur de l’article, tapez à côté. Le logiciel Macron c’est 1) troisième voie « social-libéral » 2) Europe fédérale. Une fois qu’on a ces deux faces de la pensée « macronienne », tout devient plus logique. Ministre des Armées, car Défense européenne. Goulard fait partie des membres fondateurs de Spinelli, qui défend depuis des années une Europe fédérale et une Armée européenne. Ce sont des signaux envoyés à Berlin. Macron aura besoin d’un souffle pour mener les réformes, et ce souffle s’appelle l’argent des allemands. Dans les négociations qui vont suivre, pour que la France se réforme et que l’Europe se réforme également, y aura sur la table la Défense européenne. Rappelons, au passage, que c’est la France qui a toujours été le blocage pour avoir une Europe de la Défense. Sylvie Goulard est une « éminence grise » sur la scène européenne et est dans les petits papiers des allemands, tandis que Le Drian est l’un des rares socialistes a souhaité une Europe de la Défense. C’est ça la cohérence du projet de Macron : l’Europe fédérale. Cette Europe fédérale passera par une réforme en profondeur de la France, du marché de l’emploi et des finances publiques. Ça ne sera pas la panaché libérale, mais comme je le dis souvent à mes amis libéraux : vous êtes trop impatients, le grand soir libéral n’est pas pour demain, mais des réformes encourageantes peuvent être menée par le gouvernement Philippe. La politique, c’est l’art de décevoir. Personne ne saura jamais si François Fillon aurait été en capacité de mener le tiers du quart de ce qu’il promettait, car il y aurait eu direct un troisième tour social, des blocages en permanence, une confiance difficile à obtenir, et surtout, je tiens à rappeler à mes « camarades » libéraux que le programme de Fillon n’était pas spécialement plus libéral et qu’il avait déjà fait quelques belles reculades… Soyons constructifs et patients.

    • Ce titre de ministère des Armées était employé sous de Gaulle, c’est ensuite qu’il est devenu ministère de la défense, en 1974, avec Giscard.

  • À Bruxelles le message a été parfaitement reçu : Sylvie Goulard à la tête de l’armée = projet de défense européenne sur la table avec une ééénorme envie d’avancer
    Plutôt une bonne chose selon moi

    • @ Premtalika

      « Bonne chose » pour qui?

      Vous espérez vendre des Rafales à toute l’Europe? Un peu gros, non?

      C’est souvent la France qui a limité l’Union Européenne au nom de sa « souveraineté » (l’Europe des nations de Ch.De Gaulle, avec de beaux restes!) en ne donnant aucune suite à ses engagements solennels.

      Qui peut ignorer que la France souhaite une Europe à la française rêvée si souvent dans votre histoire, par l’armée, comme d’habitude!

      C’est un peu gros! Vous ne trouvez pas?

  • L’UE a le projet de récupérer pour l’Union le droit de veto français au Conseil de Sécurité des Nations Unies, vu que le départ en cours des anglais ne laisse plus que le nôtre à dépouiller. Egalement, le départ des anglais ne laisse que la France à avoir une dissuasion nucléaire, même si l’OTAN peut être un substitut pour certains pays européens. Comme pour Airbus ou Arianespace, on va assister à un lent glissement de nos compétences vers une mise en commun puis un transfert du plus utile, par exemple vers Hambourg ou Brême… On peut penser ce que l’on veut de ces derniers vestiges de pouvoir international de la France, l’organisation sous-jacente de la Défense, des Affaires Etrangères et des affaires européennes semble indiquer les prémisses de ce glissement. Et probablement pour quelques valises de QE de la BCE et un oeil bienveillant d’Angela sur notre niveau d’endettement. Triste…

    • @ vitevu

      Ben oui! La plus belle fille du monde ne peut « vendre » que ce qu’elle a!

      Des rafales en compétition avec les drones et des airbus qui ne sont français qu’en France, mais pourtant bien européens depuis toujours.

      Par contre, l’Allemagne ne projette pas de payer votre dette ni combler votre déficit budgétaire chronique depuis … votre engagement de le réduire: 1997!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Victorieuse à la présidentielle mais fortement contestée après les élections législatives, la Macronie va devoir transiger, négocier et réinvestir le champ parlementaire. Et ce n’est pas vraiment dans ses habitudes.

Le triomphe d’Emmanuel Macron en 2017 est aussi le triomphe de l’hyperprésidentialisation du régime. Porté en triomphe par les médias et bénéficiant d’une confortable majorité à l’Assemblée, le nouveau président peut s’imaginer Jupiter. Il s’entoure de technocrates chargés d’appliquer à la lettre ses consignes et exige l’ob... Poursuivre la lecture

casier Législatives coute
0
Sauvegarder cet article

Ce n’est pas Macron, aujourd’hui, c’est la démocratie qui est en marche. Depuis l’heureuse surprise du deuxième tour de l’élection législative, nous retrouvons enfin un équilibre des pouvoirs tel que l’avait défendu Montesquieu dans L’Esprit des lois.

C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser, et pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.

C’est chose faite depuis le 19 juin.

Malgré la position privilégiée que ... Poursuivre la lecture

53,7 % de Français ont refusé de participer au second tour des législatives. Le message est on ne peut plus clair et limpide : 53,7 % des Français ne s’intéressent pas à la désignation du pouvoir.

On pouvait donc penser que le message soit entendu, que le pouvoir fasse preuve d’humilité, réfléchisse, se remette en question… Que nenni ! À peine le chiffre a-t-il été constaté qu’aussitôt, la fureur politicienne a repris le haut de l’affiche.

Il vient pourtant de se prendre une sacré claque, le « en même temps », le « dire une chos... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles