[Tribune] L’impasse du « ni Macron, ni Le Pen »

Dimanche, le vote doit être franc et limpide en faveur d’Emmanuel Macron. Sortir de l’atonie ambiante et se mettre en course contre l’affront national est une urgence !

Par Benjamin Boscher.

Cette fois le risque est là, bien là ! Chacun le sent, dimanche prochain la France joue sa peau, sa survie, sa vertu. Le péril n’est pas fictif. Rehaussé d’un carré blond, sur le qui-vive, le danger Le Pen est à quelques encablures d’une victoire que l’on doit craindre.

Écarter ou sous-estimer cette issue, n’est plus possible. À nos portes, cette menace latente se tient droite, indubitable et alarmante.

Depuis le premier tour, les courbes des sondages évoluent. L’illusion Le Pen gagne du terrain. On décrit très sérieusement ce qui pourrait advenir le 7 mai prochain : un phénomène d’abstention différencié, des reports qui s’opèrent – des Républicains aux insoumis -, un vote blanc plus fort que jamais.

L’impasse du Ni Macron, ni Le Pen

On entend cette petite musique qui monte et qui s’amuse à mettre sur le même plan deux candidatures bien différentes, sinon totalement opposées. Ce “ni Macron ni Le Pen” est une impasse flagrante et dangereuse.

Il agit en acte de renoncement à ce qui constitue pourtant un choix clair. Le temps des opinions, c’était celui du premier tour. Il était là pour cela. Chacun a pu s’exprimer, l’abstention y était faible. Mais à présent, le temps est à la conscience du bien commun.

Le vote FN, ce baiser de la mort, est sans avenir. Ceux qui l’attisent, ces caciques d’un parti héréditaire, savent ce qu’ils font. Ils sont des rhéteurs de la peur, des ficeliers du passé, des combattants du changement.

Le projet néfaste du Front national

Aux difficultés éprouvées par ceux qui bossent à perte ; à la colère de ceux lésés par notre économie ; aux jeunes, immergés dans ce monde quotidiennement ouvert et divers, surendettés par leurs études qui s’inquiètent d’accéder au job qu’ils méritent ; à tous ceux-là, ils ne leur promettent aucune solution.

Le projet du Front national est un affront national. Il est celui qui nie la réalité d’un monde où les économies s’entremêlent, qui propose une aventure monétaire menant droit à l’inflation, qui promet des perfusions d’argent public sans limite, qui ne parle pas d’innovation ou de révolution numérique, qui accroît considérablement la dette nationale, qui renonce aux alliances qui ont permis la paix, qui favorise la fuite des capitaux et des talents, qui entame notre cohésion nationale, qui instrumentalise ouvertement la laïcité.

Contre la société de défiance

Ce projet préfère la défiance à la confiance, la distinction au rassemblement, la démagogie aux solutions, l’exclusion à la fraternité. Ce projet qui déploie comme enseigne de guerre l’étendard du déclin est une faillite morale, politique, économique.

Le clan des abstentionnistes et du bulletin blanc fait l’inconscient pari d’une victoire aléatoire et favorise par là même le risque FN. Chacun sait que les partisans sous le charme de Le Pen affronteront dimanche la solitude de l’isoloir, en masse.

Seul voter En Marche! permet d’éviter le ravalement d’une France en bleu marine.

Chacun sait que ce vote ne vaut pas blanc-seing. Il est heureusement possible d’y trouver un intérêt. Macron versus Le Pen, c’est la relance de l’Europe face au Frexit, c’est davantage de liberté économique face à l’omniprésence de nouveaux contrôles, c’est la prudence budgétaire face à l’ouverture des mannes financières de l’État.

Promesse républicaine

Aussi, Emmanuel Macron et son mouvement incarnent sans doute une forme de promesse républicaine à laquelle beaucoup refusent de souscrire, trop marqués par les déceptions d’hier. Le leader d’En Marche! fait le pari d’un temps politique moins tribal, moins clanique, moins sectaire à laquelle la France n’est plus habituée, prisonnière des camps politiques et des silos partisans.

Dimanche la France urbaine, des quartiers et des petits villages, sera scrutée partout ailleurs. Elle peut se montrer résiliente, une nouvelle fois. Comme elle l’a toujours fait.

À la difficulté des crises traversées, la France a toujours opposé des succès téméraires.

À la défiance des temps, elle a toujours autorisé des soifs d’optimisme.

À la précarité de certaines situations, elle a su répondre par des résultats de progrès.

À la terreur trop souvent perpétrée, elle s’est appuyée sur son humanité.

Gouverner sera rude et naturellement, les législatives constitueront la troisième mi-temps de ce match présidentiel imprévisible.

Mais dimanche, le vote doit être franc et limpide en faveur d’Emmanuel Macron. Sortir de l’atonie ambiante et se mettre en course contre l’affront national est une urgence !