Un jour en ville, de Daniel Tschumy

Un roman qui se vit comme une balade dans Lausanne en Suisse…

Par Francis Richard.

Ce jour-là, Loïc, le narrateur, la cinquantaine, fait une balade après avoir quitté son ami Robin, placé dans une institution. Il fait une échappée loin de sa famille et suit un itinéraire qui n’a rien d’improvisé, à travers Lausanne, désencombrée.

Pour lui, ce dimanche de septembre est Un jour en ville, un jour de pause, [sa] mémoire survolant le passé à sa guise pour ignorer certaines zones et zoomer au contraire sur d’autres, leurs détails approchés de tout près.

35 ans de sa vie

Ce sont trente-cinq ans de sa vie qui remontent à la surface de sa mémoire : des lieux où il a habité, des lieux où a habité son ami Robin, des lieux qu’ils ont fréquenté ensemble, depuis qu’en 1978, ce dernier a initié Loïc à la course à pied…

Robin et Loïc étaient alors devenus fans de deux athlètes britanniques rivaux, qui leur ressemblaient, ou auquels ils cherchaient à ressembler. Robin était fan de Steve Ovett, un talent brut comme lui ; Loïc, de Sebastian Coe, un artiste, fluide, aérien.

Depuis cette époque, pendant près de vingt ans, les deux amis vont courir ensemble jusqu’à ce que Robin connaisse des problèmes de couple, puis de santé, alors que c’était lui le sportif infatigable, qui incitait Loïc à toujours se dépasser…

Des vicissitudes passées

Dans sa vie personnelle, Loïc ne va pas non plus être épargné et sa balade dans certaines zones de la ville lui rappellera les vicissitudes qu’il a traversées lui aussi. La fin novembre 2008 étant d’ailleurs douloureuse pour les deux amis…

Peut-être que ce qui sauve Loïc, à cinquante ans passés, c’est de pouvoir encore courir, même s’il n’accomplit pas d’exploits. À la course qui aura rythmé son existence pendant des lustres, il ajoutera un autre rythme, à la fin, celui de l’écriture :

Le bonheur de ces deux rythmes, l’un prenant le relais de l’autre lorsque je me trouve à bout de souffle, sur mon sentier ou sur ma page. Oui, chaque fois que possible, il faut écrire après la course et courir après l’écriture.

Visite de Lausanne

Le troisième rythme, celui de la lecture, procure du bonheur à son ami Robin… et au lecteur, qui, s’il connaît bien Lausanne, la revisite volontiers avec Daniel Tschumy : qu’il la connaisse ou non, ce roman l’incite vivement à parcourir la ville à son tour…

Daniel Tschumy, Un jour en ville, 184 pages  Bernard Campiche Editeur

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