Les méthodes douteuses d’un militant Asselineau sur Internet

Les plus petits candidats sont les plus prompts à faire n’importe quoi pour se faire entendre. Exemple avec un militant UPR (François Asselineau) sur Facebook.

Par Alexis Vintray.

Parmi les onze candidats à la présidence de la République, les plus petits sont bien souvent les plus déterminés à faire n’importe quoi pour se faire entendre, entre événements décalés et affichages sauvage. Le militantisme sur Internet n’échappe pas à cette tendance, avec des dérives, par exemple dans les équipes d’un François Asselineau (UPR) qui patine difficilement à… 0%.

Détournement de pages Facebook

Ainsi, un militant UPR a tenté de transformer mardi soir une page humoristique existante et sur un sujet sans rapport avec son candidat en une page à la gloire de ce dernier : posts exclusifs de messages à la gloire du-dit candidat, photo de François Asselineau en une, demande de renommage de la page et effacement de tous les posts précédents de la page (sauf un).

Une tentative qui a l’effet amusant d’afficher la photo de François Asselineau avec en dessous le message « pétition pour la greffe d’un cerveau », puisque le renommage de la page n’a pas été (encore ?) accepté par Facebook. On fait vite l’erreur de lire que le bénéficiaire de la greffe du cerveau serait celui dont la photo est présente sur la page et non l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy…

Une pratique condamnable voire illégale

Hic, de taille, à cette pratique, elle est probablement illégale (publicité mensongère) et assurément éthiquement condamnable. C’est comme si vous faisiez aimer à un végétarien une page « non à la viande » et que le lendemain cette page était renommée « vive la viande » avec des photos de steak. Ou comme si une page « Fier d’être communiste » devenait le lendemain « fier d’être nazi », toutes proportions gardées évidemment.

Si la demande de renommage était acceptée par Facebook, plusieurs milliers de personnes se retrouveraient ainsi à « liker » une page à la gloire de François Asselineau sans jamais l’avoir demandé.

Nous avons interrogé directement Facebook sur leur politique vis-à-vis de ces pratiques. La société n’a pas encore réagi à l’heure de la mise en ligne de cet article.

Des internautes exaspérés et qui le manifestent

Les abonnés à la page n’ont pas tardé à manifester leur énervement voire à menacer devant de telles pratiques :

En quelques heures la page est passée de plus de 6 000 « fans » à 5 614 (à 10h45), au fur et à mesure que les internautes s’en désinscrivaient.

Des pratiques assumées par le militant tenant la page

Le niveau des réponses du militant UPR animant la page est d’ailleurs tout à fait dans la veine du style du président du parti, en s’inspirant du dictionnaire (là où Asselineau, lui, cite abondamment les traités).

Le tout en reconnaissant ouvertement le détournement de la page initiale, pour se justifier dans un style approximatif, d’une pratique douteuse face aux « banques et lobbys financiers » (Macron) ou au « franc maçon Mélenchon ».

Interrogés par Twitter, l’UPR n’a pas répondu à nos sollicitations à l’heure de la mise en ligne de cet article, en particulier pour confirmer ou infirmer si le parti de François Asselineau valide ces pratiques.