Déclaration de patrimoine : les tortueuses explications d’Emmanuel Macron

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Déclaration de patrimoine : les tortueuses explications d’Emmanuel Macron

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 12 avril 2017
- A +

Une tribune extérieure de Xavier Mignot.

Dans cette campagne présidentielle où les éclaboussures judiciaires continuent d’occulter les projets, Emmanuel Macron paraît saintement épargné. Même Philippe Poutou, qui vilipendait mardi les supposés forfaits de François Fillon et Marine Le Pen, a complaisamment ménagé le « dynamique » quadra. Ironique cadeau du lumpenprolétaire au banquier d’affaires.

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La probité de M. Macron n’est pourtant pas indubitable. Sa déclaration de patrimoine a, on le sait, excité de légitimes soupçons que viennent désormais nourrir les explications chaotiques avancées par le candidat lors de L’Émission politique la semaine dernière.

Patrimoine d’Emmanuel Macron : les faits

Rappelons très brièvement les termes de cette controverse. En 2014, M. Macron a déclaré un patrimoine net de € 200.000, alors qu’il avait perçu plus de 3 millions d’euros en travaillant à la banque Rothschild. Singulière disparition.

Sommé de s’expliquer, M. Macron a, dans un premier temps, accablé l’impôt. Victime facile, que chacun aime rouer de coups, et qu’on tient volontiers pour prima causa de toutes les calamités publiques. Mais, passée la commisération qu’inspirent les grands brûlés de la ponction fiscale, cette dérobade a paru un peu courtaude : même en France, un tel niveau de prélèvements obligatoires n’est pas crédible.

Macron face à Pujadas

Acculé jeudi par David Pujadas, d’après les savants calculs duquel il devait lui en rester au bas mot 1,2 million, M. Macron a changé son fusil d’épaule, pour se livrer aux contorsions les plus extravagantes.

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Macron lui répond d’abord qu’il a fait des « travaux » sur sa propriété. Là, on reste sans voix, pétrifié par cette tentative d’enfumage dont l’audace est une injure à l’entendement du téléspectateur. Pujadas – qui est ce soir-là d’une humeur inobséquieuse – ne laisse pas passer l’énormité, rétorquant dare-dare que de tels travaux ont dû faire augmenter la valeur de sa propriété foncière. C’est une évidence : la sortie de cash est nécessairement neutralisée grosso modo par une appréciation corrélative de la valeur du bien. Seule la composition de son patrimoine a pu s’en trouver altérée : moins de liquidités, plus de valeur immobilière ; la valeur nette globale reste, elle, à peu près identique.

Pris comme une daurade et voulant s’extirper promptement de ces rets menaçants, le candidat change brutalement de stratégie et se met à invoquer « beaucoup d’endettement », en précisant, larme à l’œil : « moi, mes parents ne m’ont pas financé. » Un numéro si gracieusement interprété qu’on l’eût cru fils de l’Assistance publique ; son père est en fait professeur de neurologie en CHU. D’où une impécuniosité familiale qu’on devine profonde.

Mais admettons peut-être l’avarice paternelle, et donc l’emprunt filial : en tout état de cause, le remboursement d’un tel prêt, aussi considérable qu’il puisse être, ne saurait aucunement justifier le million disparu. Car la somme qu’on rembourse à son prêteur, c’est une somme qu’on a jadis reçue de lui… Autrement dit, M. Macron n’a fait que translater le problème : s’il a utilisé son million pour rembourser un prêt, encore faudra-t-il expliquer où est donc passé le capital de ce prêt. On regrette qu’il ait pu, par un si grossier tour de passe-passe, mettre a quia le pauvre David Pujadas.

Où est passé l’argent d’Emmanuel Macron ?

On est alors conduit à formuler une série d’hypothèses qui permettraient de résoudre cette mystérieuse équation ; chacune d’elles est peu rassurante si M. Macron devait être élu en mai :

1° Il a contracté des prêts usuriers, et le million disparu est parti tout entier dans les intérêts ; funeste augure pour la dette publique de notre pays.

2° Il a fait des investissements désastreux où son million se serait effrité ; non moins funeste augure pour la politique économique qu’il voudra impulser.

3° Il a mangé son million, assouvissant quelque secrète passion pour les grandes tables ou les putes de luxe. Craignons qu’une telle prodigalité n’inspire les budgets de l’État et vienne creuser encore les déficits publics.

4° Il a fortuitement oublié de déclarer son million. Un escamotage à haut risque qu’à ce stade rien ne permet de confirmer et dont on espère qu’il a eu l’intelligence politique, sinon éthique, de ne pas le commettre.

Quelle que soit la conclusion, aucune n’est rassurante… Espérons que le candidat saura apporter enfin des réponses convaincantes à des doutes légitimes.

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  • Bref! Encore un escroc!

  • François Gerber
    12 avril 2017 at 13 h 17 min

    Il existe une autre possibilité : il a cramé le pognon dans le fonctionnement de son parti et la pré campagne. Dans ce cas, pourquoi ne le dit-il pas ?

    • – il passe pour un pauvre, car cette somme disparait des actifs,
      – il échappe pour un temps à l’ISF.
      Et le magot ne va ré-apparaitre que quand le contribuable lui remboursera ses comptes de campage.

  • Emmanuel MACRON reconnait avoir engrangé des sommes considérables correspondant à des commissions versées dans le cadre de ses fonctions bancaires antérieures.
    La non déclaration de ces sommes au titre de l’ISF prouve qu’il a utilisé un moyen de défiscalisation. Une ficelle inconnue des spécialistes de la fiscalité française
    En France on en a vu d’autres….

  • Que croyez-vous ❓
    Les morues ne vont pas lâcher le pouvoir, non ❓

  • sur le travaux dans l’immobiliers, souvent une rénovation lourne n’est pas valorisée par le marché.
    J’ai le cas de 3 maison de 300k non louable +400k de travaux dont la valeur est en gros de 500k final, mais louable….

    un peu HS ici mais j’ai observé que la valorisation d’une maison est a peu près le prix des travaux au black, ou fait main.

    ne pas confondre d’ailleurs gain de valeur par travaux, et juste montée des prix comme à paris.

    sinon pour Macron, défiscalisation légale et campagne ruineuse me semblent logique.

    la politique c’est ruineux pour le candidat, ce qui peut expliquer comment certain élus se recavent sur la bête.

  • J’ai cru comprendre que Macron aurait financé des travaux dans la maison de sa femme au Touquet. Légalement, il a une créance sur la succession de son épouse, sauf s’il lui a donné l’argent, mais alors il a du déclarer la donation.

    C’est l’omission de cette créance qui poserait problème. Il aurait financé 10 000 € de travaux de peinture, c’est un cadeau d’usage. Mais on parle de 500 000 € (à vérifier) et là l’omission ne pourrait être qualifié de simple oubli…

    • Aristote,
      Merci pour les précisions que vous apportez.
      Je pense que, pour éviter une situation équivoque, MACRON devrait jouer la carte de la transparence ce qui serait l’occasion, à la veille des déclarations ISF, de nous donner des explications sur le mode opératoire qu’il a utilisé avec la bienveillance de l’administration fiscale.
      Ce type d’ingénierie pourrait faire jurisprudence et permettre aux multimillionnaires d’échapper à l’ISF et d’éviter ainsi à certains des poursuites « judiciaires » pour fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale.

  • Le-Grand-Méchant-L
    12 avril 2017 at 19 h 07 min

    L’excellent Charles Gave a répondu de manière fort claire sur le site de l’Institut des Libertés à la question « comment faire disparaître 2 millions d’euros »…., grosso modo soit manip boursière pour enregistrer une grosse perte sur une opération en France que l’on a bien vue venir parce qu’on esqt bien renseigné, avec l’opération inverse effectuée simultanément par un bon ami à l’étranger,… soit achat d’oeuvre d’art à un richissime mécène qui lui finance sa campagne avec l’argent de la transaction. L’article est savoureux et sa lecture vivement recommandée, comme à l’accoutumée du reste quand Monsieur Gave prend sa plume:
    http://institutdeslibertes.org/la-question-de-la-semaine-comment-et-pourquoi-faire-disparaitre-deux-millions-deuro/

    • Effectivement, c’est du grand Charles. Juste dommage qu’il n’ait pas traité le cas des filles de joies, Brigitte n’étant plus d’une première fraîcheur.

    • Merci pour le lien .
      Toujours un plaisir de lire Charles Gave , surtout quand il y a un peut de piquant !

      Pour revenir à l’article, les montants sont énormes et une petite perquisition pour expliquer le trou béant dans les comptes serait opportune …

  • Dans l’ecclésiaste on aurait pu lire : Il faut que le vautour vole et le pigeon aussi

  • Et le PNF dans tout ça . Il y a bien deux poids, deux mesures. Bien chanceux, ce Macron.

  • Les commentaires sont fermés.

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